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Interventions sur le corps humain :
questions bioéthiques sur la dignité humaine

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse - sur les enjeux bioéthiques liés à la dignité de l'être humain et aux interventions sur le corps humain au cours de la vie :

Greffes et bio-médecine : des progrès scientifiques spectaculaires permettant des avancées majeures pour l'humanité

...plus d'informations sur la recherche et l'expérimentation sur le vivant

La première greffe totale du visage est française

Le Figaro - 27 juillet 2010 - Tristan Vey
Le 26 et 27 juin, la première greffe totale de visage jamais réalisée s'est déroulée avec succès en France. C'est le professeur Lantieri, du CHU Henri-Mondor, à Créteil, qui en est l'auteur. Jérôme, le patient, se porte bien. [...] Cela faisait deux ans que ce dernier attendait ce nouveau visage. Atteint de neurofibromatose, une maladie génétique dégénérative qui déforme le visage de manière spectaculaire, cet ancien régisseur était dans l'incapacité de mener une vie normale. Preuve en est, son syndrome est aussi appelé «maladie d'Elephant Man», en référence à John Merrick, un Britannique qui en était victime à la fin du 19e siècle et qui était partout présenté comme un phénomène de foire. Avec cette nouvelle apparence, il déclarait dans Envoyé spécial en 2008, vouloir «se fondre dans la foule, être comme n'importe qui».
La première partie de l'opération a consisté à récupérer l'ensemble du visage d'une personne récemment décédée - quelques heures - dont la couleur de la peau et le groupe sanguin coïncidaient avec ceux de Jérôme : 7 heures de travail. Le seconde partie était la transplantation à proprement parler et la reconnexion des veines et des muscles du visage greffé à ceux du patient : 12 heures. L'ensemble aura mobilisé moins d'une dizaine de personnes.
[...] Après que les professeurs Devauchelle et Dubernard ont effectué la première greffe partielle de visage sur Isabelle Dionoire en novembre 2005, c'est encore un Français qui rentre dans l'histoire de la discipline. Le professeur Lantieri a en effet réussi ce pari un peu fou : Jérôme, dont la greffe aurait bien prise, est désormais capable de pleurer les larmes d'un autre. Excepté les globes oculaires, c'est bien un nouveau visage dans son ensemble - paupières mobiles et glandes lacrymales incluses qu'il a pu contempler dans la glace à son réveil. Incapable de parler à ce moment-là ou de sourire avant la nécessaire rééducation qui l'attendait, le jeune homme aurait communiqué sa satisfaction en levant les deux pouces. [...]
Si la greffe semble avoir pris (de la barbe aurait déjà repoussé sur le nouveau visage) et que, désormais, le patient «marche, mange, parle», le risque de rejet ou d'infection n'est pas complètement écarté, explique au Parisien, le professeur du CHU Henri-Mondor. Et du point de vue psychologique, Jérôme sera «évidemment suivi». Depuis les premières polémiques soulevées en 2005 sur la capacité des patients à s'approprier une nouvelle apparence, les choses ont évolué. «On sait aujourd'hui que le nouveau visage prend les formes de l'ossatures du receveur et qu'il n'y a aucun risque de confusion» avec la personne décédée, soutient le professeur Lantieri.
Après cette cinquième transplantation, la plus spectaculaire, le professeur Lantieri a bouclé son premier protocole de recherche. Il a obtenu fin mai l'autorisation de procéder à cinq autres greffes. Cette fois-ci, il aimerait se pencher sur le cas des grands brûlés qui posent encore certains problèmes techniques.

Prélèvements et greffes d'organes : dons d'organes de son vivant ou à sa mort ?

Le combat d'un demi-frère pour pouvoir sauver sa sœur

Le Figaro - 27 janvier 2011 - Pauline Fréour
Un homme souhaite donner un rein à sa demi-sœur biologique, mais l'agence de biomédecine refuse au motif que le lien familial n'est pas reconnu juridiquement. [...] Jean-Pierre Serrurier, qui a le même père que Martine Courrier, est en effet né d'une relation extra-conjugale et n'a jamais été reconnu par son géniteur biologique. [...] Les experts font valoir la loi de bioéthique qui autorise depuis 2005 le prélèvement d'un organe sur un donneur vivant pour un parent, un frère ou une sœur, un enfant, un grand-parent, un oncle ou une tante, un cousin, le conjoint d'un parent ou toute personne vivant avec le malade depuis au moins deux ans. Or, Jean-Pierre Serrurier a été reconnu en 1966 par le nouveau compagnon de sa mère, ce qui rend donc impossible la création d'un lien de filiation juridique.
Martine et Jean-Pierre objectent qu'ils ont délivré à l'agence des analyses génétiques prouvant leur lien biologique, ainsi qu'une attestation de leur père reconnaissant ce fils sur le tard. Le tribunal de grande instance de Nancy a également reconnu le lien de parenté.

Instrumentalisation du corps de l'enfant à naître : le bébé médicament

...plus d'informations sur les questions bioéthiques liées à la procréation

Le premier "bébé-médicament" né en France fait débat

Le Point - 8 février 2011 - Reuters, Yves Clarisse
L'annonce mardi de la naissance du premier "bébé-médicament" né en France fait débat avec des réserves émises notamment par les milieux catholiques.
Baptisé Umut-Talha, "notre espoir" en turc, l'enfant né le 26 janvier à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart pourrait sauver, grâce à une greffe de cellules, un frère aîné atteint d'une maladie génétique grave.
L'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a mis en garde sur LCI contre les dangers d'une "instrumentalisation d'un être humain au service des autres".
[...] "Je salue la prouesse technique mais je lance un cri d'alarme car en réalité la question qui est posée ici c'est l'instrumentalisation de la personne conçue simplement pour rendre service, pour être utilisée", a déclaré [la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin]. "En tant que tel il se posera toujours la question de savoir : 'est-ce que, véritablement, j'ai été voulu pour moi-même ?'"
"Il y a une instrumentalisation, une sélection des embryons, ça me rappelle un certain nombre de philosophies eugéniques. On a franchi un pas excessivement grave", a-t-elle ajouté. "Il faut que le politique fasse attention parce que l'homme devient un objet de consommation et un matériau comme n'importe lequel."
Le professeur René Frydman, chef du service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Antoine-Béclère, a expliqué la technique à l'origine de la naissance du "bébé-médicament", baptisée diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI). "Cela consiste à prélever une cellule d'un embryon obtenu in vitro et à pouvoir faire un diagnostic génétique sur cette cellule" afin de savoir "si cet embryon est atteint, indemne ou porteur mais sain de la maladie", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.
La DPI a été autorisée en France, sous certaines conditions, en 1994, et son application au "bébé-médicament" est légalement possible depuis 2004.
L'annonce de la naissance de ce "bébé-médicament" intervient le jour du début de la révision de la loi bioéthique à l'Assemblée nationale. [...] Le professeur Frydman avait déjà testé les limites des lois actuelles sur la bioéthique avec la naissance en novembre à l'hôpital Antoine-Béclère, pour la première fois en France, de deux bébés issus d'ovocytes congelés.

Tugdual Derville : ce qu'on ne dit pas sur le "bébé-médicament"

Valeurs Actuelles - 9 février 2011 - Tugdual Derville, propos recueillis par Marine Allabatre
A quelques jours de l’ouverture du débat sur la bioéthique, le 26 janvier, naissait le premier bébé-médicament à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart. Le petit Umut-Talha, (“Notre espoir” en turc), pourrait sauver, à l’aide d’une greffe de cellule, sa sœur atteinte d’une maladie génétique grave. Une "première" qui suscite des débats éthiques. [...]
Nous constatons qu’il y a eu une instrumentalisation de cette histoire : elle nous est présentée comme un conte de fée miraculeux, mais on cache qu’il y a eu dix tentatives pour dix autres familles, qui ont échoué ; on cache aussi qu’à l’occasion de ces dix tentatives, plusieurs centaines d’embryons ont été conçus, triés, implantés pour certains, avec des fausses couches, et détruits.
[...] Les embryons conçus sont triés selon ce qu’on appelle le double DPI (diagnostique préimplantatoire), c’est-à-dire selon deux critères : ils doivent être indemnes de l’infection qu’on veut soigner, et compatibles immunologiquement avec le frère ou la sœur malade. On aboutit à la naissance d’un bébé, pour laquelle on se réjouit, bien sûr, mais de telle manière qu’il a fallu créer et trier de nombreux êtres humains dans toutes sortes de tentatives. Pour les autres bébés-médicaments qu’on a essayé de “créer” ainsi, ce ne sont pas des bébés du double espoir, mais au contraire des faux espoirs qu’on a entretenus pour les familles… On a joué avec elles aux apprentis sorciers.
Le bébé qui vient de naître n’est-il pas, en l’occurrence, le "bébé du double espoir", puisque les parents célèbrent en même temps la naissance du bébé et la possible guérison de sa grande sœur ? Cela semble effectivement le cas. Mais on ne peut pas taire l’instrumentalisation de sa vie, de son existence, dès sa conception. Ce petit bébé est conçu avec une lourde mission : il n’est pas forcément conçu pour lui-même, même si on peut espérer qu’il sera vraiment accueilli et choyé, il est conçu pour sauver. Et qu’il y parvienne ou pas, cela fait peser sur lui quelque chose qui n’est pas de l’ordre du respect de sa dignité. A partir du moment où on conçoit un être humain pour une action spécifique, où est la place de sa vrai dignité ? Quelles questions va-t-il légitimement se poser lorsque petit à petit il comprendra qu’il n’a pas été voulu pour lui-même mais pour un autre ? Et il le comprend sûrement, parce que la psychologie des tout-petits est extrêmement fine.
[...] A-t-on une alternative pour guérir un grand-frère ou une grande sœur malade ? Oui, car non seulement la disposition de la loi bioéthique du 6 août 2004, qui permet ce système de bébé-médicament, a provoqué un basculement éthique grave, mais encore elle est inutile. C’est le sang du cordon ombilical du nouveau-né qu’on a prélevé pour pouvoir faire une greffe et, on peut l’espérer, sauver son grand frère. Or, avec les banques de cordon ombilical qui sont encore insuffisamment développées en France, on peut très vraisemblablement trouver un donneur immuno-compatible avec le grand frère ou la grande sœur… c’est une question d’organisation. Et nous dénonçons, à l’Alliance pour les Droits de la Vie, le retard de la France en matière de prélèvement du sang du cordon alors qu’on a 820 000 naissances par an.

Marchandisation et commercialisation du corps des femmes

Mères porteuses - Le marché clandestin

L'Express - 15 septembre 2005 - Anne Vidalie
La France interdit d'y recourir, mais les couples en mal d'enfant cherchent par tous les moyens à contourner la législation. Certains passent par les pays qui autorisent cette pratique. D'autres trouvent ici même des ventres à louer. Un bébé, mais à quel prix?
[...] La France ne plaisante pas avec la procréation médicalement assistée (PMA), étroitement corsetée. «Les pouvoirs publics veulent éviter les trafics d'enfants, explique la juriste Françoise Dekeuwer-Défossez, spécialiste du droit de la famille. Or la gestation pour autrui [GPA] est considérée comme de la vente de bébés.» Pour se soustraire à l'interdit, des couples de Français vont chercher une mère porteuse dans les pays qui les autorisent. D'autres, désespérés de devoir patienter deux à trois ans pour un don d'ovocytes, se rendent là où la rémunération des donneuses est acceptée. Quelques-uns violent carrément la loi en recrutant des mères porteuses en France.
[...] Depuis qu'elle a déposé son annonce sur un site à la fin de juillet, [Marie] a reçu plusieurs propositions: «Des couples homos, des femmes ménopausées ou privées d'utérus.» Prix estimé pour son utérus et ses ovules: entre 15 000 et 20 000 euros. Elle précise vite qu'elle n'a pas encore choisi. Qui sait, les enchères continueront peut-être à monter…?
[...] Malgré les fausses couches et les échecs à répétition, les traitements pénibles et l'attente déçue, le désir d'enfant les tenaille. Rien ne les arrête. Ni le triste témoignage d'Aura, qui raconte sur Internet comment la mère porteuse, à la naissance du bébé, lui a dit: «Je ne veux pas vous donner le bébé, il est à moi et vous n'avez aucun droit.» Ni l'histoire de la petite Donna, dont la mère porteuse, belge, avait annoncé le décès in utero aux parents commanditaires, avant de la revendre à sa naissance, au début de l'année, à un couple de Néerlandais. «A force de frustration, on finit par envisager d'aller contre la loi de notre pays, plaide Pascale, qui cherche une mère porteuse, ici ou en Belgique. Depuis trois ans que je fais des FIV en vain, j'ai l'impression de n'être qu'un numéro dans le centre de PMA qui me suit. Le soutien psychologique est inexistant!»
[...] Le mieux ficelé des contrats ne met pas toujours à l'abri des déconvenues. En 2002, Françoise, 49 ans, avait trouvé, dans le Massachusetts, une mère porteuse qui acceptait de se faire inséminer le sperme de son mari - «La solution la plus simple», pensait-elle. Une célibataire, mère de deux enfants, qui avait besoin d'argent. Son site s'appelait Womb-for-rent - «Utérus à louer» … «Elle nous a demandé un prix exorbitant, 30 000 dollars.» Puis elle a menacé de garder l'enfant. «A présent, s'agace Françoise, elle voudrait que je dise à mon fils qu'il a deux mamans, que je l'envoie en vacances chez elle.»

Dignité du corps humain, en vie ou sans vie

Des cadavres humains mis en vente sur Internet

Le Figaro - 10 novembre 2010 - Olfa Khamira
Le créateur de l'exposition controversée «Body worlds» relance la polémique. Après avoir défrayé la chronique et choqué l'opinion en exhibant des cadavres, dans plusieurs pays à travers le monde, le docteur Von Hagens a décidé de mettre en vente des corps dans une boutique en ligne : www.plastination-products.com. Depuis le 3 novembre, il est ainsi possible de débourser 70.000 euros pour un cadavre entier ou 22.000 euros pour une tête d'homme. [...] L'Eglise catholique allemande a condamné cette initiative, en demandant aux politiques d'interdire ce commerce. «La dignité d'un être humain ne prend pas fin au moment de sa mort. Là, les corps sont traités comme des choses. Cela pose beaucoup de question en terme de dignité humaine», déplore un évêque allemand [...].
Gunther Von Hagens regrette la polémique suscitée par son projet : «Aux Etats-Unis, je suis un scientifique reconnu. J'y ai reçu des prix, mais en Allemagne, je ne suis pas assez consensuel, je dérange.» Le scientifique allemand, qui est devenu multimillionnaire, a inventé la technique dite de plastination consistant à préserver des tissus biologiques en remplaçant les différents liquides organiques par de la silicone. L'anatomiste allemand affirme, pour ce faire, avoir recours à des donations, principalement faites par des citoyens allemands, via l'Institut de plastination d'Heidelberg. En septembre 2010, une autre exposition exploitant la technique de plastination, intitulée «Our Body/A corps ouvert» avait par ailleurs été interdite en France, la justice ayant estimé que l'exhibition de cadavres humains à des fins commerciales était indécente et à ce titre, illégale.

Pour aller plus loin

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La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.
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