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Polémique sur des méthodes de lobbying indignes d'un débat politique démocratique sur les enjeux bioéthiques

La fin justifie-t-elle les moyens ?

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse - sur la puissance de lobbying et les méthodes douteuses des lobbies et associations extrêmes prêts à tout pour imposer leur idéologie sur la bioéthique et l'euthanasie - excès, dérives et dérapages :

Les techniques douteuses de l'ADMD, lobby pro-euthanasie emblématique : sondage truqué, débat truqué, conflit d'intérêt

analyse L'ADMD (association pour le droit à mourir dans la dignité) est représentative dans le débat sur l'euthanasie des méthodes extrêmes de lobbying et de manipulation, indignes du débat démocratique :

Mortel lobby

La Vie - 20 janvier 2011 - Jean-Pierre Denis
Plus d'un Français sur deux reconnaît qu'il est « insuffisamment informé » sur les soins palliatifs. Plus d'un Français sur deux se dit « conscient des risques de dérive » que comporterait une légalisation de l'euthanasie. Voilà quelques-uns des résultats d'un sondage dont nous révélions la teneur dès dimanche 16 janvier [...]. Ils obligent à un effort de simple honnêteté intellectuelle. Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire - avec, parfois, le concours de médias peu regardants -, les Français ne réclament pas de manière unanime la légalisation du suicide assisté. La question n'est pas tranchée. La légalisation n'est pas inéluctable.
Certes, la demande d'euthanasie existe. Qui jurerait sans tartufferie qu'il ne la formulera en aucun cas, pour lui-même ou pour un proche ? Qui voudrait ignorer qu'il existe des situations limites, à laquelle la conscience de chacun peine à répondre ? Qui a envie de souffrir ou de faire souffrir au-delà de la raison ? Commençons donc par entendre cette demande qui pourrait être la nôtre, ainsi que le font d'ailleurs la plupart des médecins ou des infirmières. Essayons ensuite d'y répondre de la manière la plus digne.
La dignité, justement, consiste à rappeler que l'accompagnement des personnes en fin de vie existe, même s'il demeure trop limité. Elle invite ensuite à ne pas oublier jamais qu'on sait aujourd'hui mieux lutter contre la souffrance. Elle exige enfin que l'on rappelle sans cesse l'humanité de l'homme. Celle-ci rayonne jusqu'au bout, fût-ce dans le plus faible et le plus découragé des corps. « La plupart du temps, les demandes d'euthanasie ne s'expriment plus lorsque les patients bénéficient de soins palliatifs avec une prise en charge adaptée », rappelle ainsi le Dr Anne Richard. C'est un point décisif, que ne sauraient occulter les cas extrêmes si souvent médiatisés.
Comment expliquer alors ce nouveau débat au Sénat, en principe le 25 janvier, pour une question maintes fois abordée et tranchée ? Ici, il faut bien évoquer l'oeuvre d'un lobby que le développement des soins palliatifs ne mobilise pas beaucoup. Un lobby qui, sans cesse, remet le sujet sur le tapis, comme s'il refusait d'admettre la portée de la loi Leonetti sur la fin de vie - adoptée à l'unanimité, faut-il le rappeler, en 2005. Oui, je parle de lobby et, en France, on n'aime pas ce mot. Mais voici un fait, pris parmi tant d'autres : Muguette Dini, la présidente de la commission sénatoriale qui va discuter de la proposition de loi, parraine personnellement l'Association pour le droit à mourir dans la dignité... laquelle a pour unique but la légalisation de l'euthanasie. Bonjour la neutralité des débats !
La question, pourtant, invite au dépassement des idéologies. Elle traverse beaucoup d'entre nous. Elle transcende les clivages habituels. Au Sénat, d'ailleurs, un socialiste, un communiste et un UMP mènent ensemble l'offensive pour l'euthanasie. Inversement, les réticences qui tentent de se faire entendre ne sont pas d'ordre religieux, même si la position de l'Église catholique est connue. Comme l'a dit un jour Robert Badinter, « le droit à la vie est le premier des droits de l'homme ». Il se trouve d'ailleurs expressément garanti par les textes fondateurs de l'Onu et de l'Europe. Il justifie, notons-le au passage, l'abolition de la peine de mort. Personne ne peut disposer de la vie d'autrui, pas même avec le prétendu « consentement éclairé » de l'individu. Passer du droit à la vie au droit à la mort reviendrait donc tout bonnement à renverser les droits de l'homme. Les Français, pourtant mal informés, sont plus nombreux qu'on ne le croit à le pressentir. Quant à nos sénateurs, ils ne peuvent décemment pas l'ignorer.

La mort et les sondages

Le Monde - 19 janvier 2011 - Sandrine Blanchard
Etes-vous plutôt soins palliatifs ou euthanasie ? C'est la bataille des sondages, même sur le délicat sujet de la fin de vie. Alors que le Sénat examinera, mardi 25 janvier, trois propositions de loi relatives à l'aide active à mourir, les pro-euthanasie brandissent des études en faveur de l'euthanasie et les pro-soins palliatifs en faveur... des soins palliatifs. Etonnant, non !
Un sondage d'OpinionWay pour la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), publié lundi 17 janvier, montre que 60 % des Français considèrent "le développement de soins palliatifs de qualité" comme "la priorité en termes de fin de vie", bien avant la légalisation de l'euthanasie (38 %). En octobre 2010, un sondage IFOP publié dans Sud-Ouest et largement relayé par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) indiquait que 94 % des Français approuvent une législation qui autoriserait l'euthanasie "dans un cadre réglementé". Alors qui croire, quel est le bon échantillon ? Et quelles sont les bonnes questions à poser, car c'est aussi affaire de formulation... A regarder de près ces sondages, tous nous disent une chose toute simple : que personne ne veut souffrir, que la vie est trop courte pour que les derniers jours soient un cauchemar. La vie, vraiment, jusqu'aux ultimes instants. Sinon, à quoi bon ? Derrière le mot "dignité", brandi aussi bien par les opposants que par les défenseurs de l'euthanasie, c'est le refus de la souffrance qui prime. L'euthanasie pour ne pas souffrir, les soins palliatifs pour "ne pas avoir de douleurs".
Mais quelle est la vraie valeur de ces sondages si la majorité des Français ne connaissent pas la loi sur la fin de vie votée en avril 2005 ? Or, c'est le cas : 53 % des personnes interrogées se déclarent "insuffisamment informées sur ce que sont les soins palliatifs" et 68 % ne savent pas qu'il existe une loi interdisant l'acharnement thérapeutique et reconnaissant le droit de "laisser mourir" ! Le Médiateur de la République s'était récemment inquiété de cette méconnaissance de la législation.
Et puis, qui connaît le 0 811 020 300, la ligne Azur inaugurée en mai 2005, au lendemain de la promulgation de la loi, par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la santé ? "Bonjour, vous êtes bien à la ligne "accompagner la fin de la vie, s'informer, en parler", nos services sont ouverts du lundi au vendredi de 14 h 30 à 19 h 30." Restreint, comme plage horaire ! Cette ligne téléphonique conçue pour que chacun puisse connaître les nouveaux droits des malades en fin de vie est un échec, quasi organisé, car elle n'a jamais bénéficié d'une quelconque publicité. Sous prétexte qu'il est trop difficile de parler de la mort...

Fin de vie : plaidoyer pour un dialogue serein et un débat responsable

Le Monde - 24 janvier 2011 - François Fillon (premier ministre)
La question de la légalisation en France de l'euthanasie est revenue ces derniers jours dans le débat public, à l'occasion de l'adoption d'une proposition de loi par la commission des affaires sociales du Sénat. La Haute Assemblée sera amenée à se prononcer sur ce texte cette semaine. Dissipons tout de suite un malentendu. "Aide active à mourir", "assistance médicalisée pour mourir" : derrière les formules, c'est bien la question de l'euthanasie, c'est-à-dire celle de l'acte consistant à mettre fin à la vie d'une personne, qui est posée, et il appartient à chacun, en conscience, d'en mesurer toutes les conséquences.

Attitude voltairienne : mensonge et manipulation de l'opinion publique pour faire avancer "la cause"

François Marie Arouet, dit Voltaire : Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal; c’est une très grande vertu, quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps mais hardiment et toujours.

analyse Que penser de ces personnes qui travestissent la réalité et manipulent l'oinion publique à des fins partisanes, pour imposer leurs idées ? Les questions touchant à la vie et à la mort ne sont-elles pas trop sensibles et trop complexes pour que l'on puisse se permettre de prendre des décisions politiques sur la base de l'émotion publique provoquée par des informations déformées, exagérées, trichant avec les faits réels ?

Un témoignage choc sur Vincent Humbert

Le Parisien - 29 novembre 2007 - Le Parisien
Hervé Messager, kiné de Vincent Humbert à Berck, prend la parole pour « rétablir certaines vérités » quatre ans après. [...] A le croire, l'état de Vincent Humbert a été déformé, exagéré et des pans de la réalité de la vie du jeune homme et de Marie Humbert occultés.

« Ce gamin avait encore plein de choses à vivre »

Le Parisien - 29 novembre 2007 - Hervé Messager, propos recueillis par Corinne Thébault
Vincent Humbert est mort il y a plus de quatre ans. Pourquoi vous réveiller maintenant ? "Depuis 2003, j'ai essayé de parler, d'écrire à droite à gauche dans les journaux locaux mais je n'étais pas entendu parce que je crois que j'étais à contre-courant. Avec le téléfilm qui sort lundi, je veux que l'on dise enfin la vérité sur l'affaire Humbert, même si elle n'est pas belle."

Tuer en douceur ou la barbarie silencieuse

La Vie - 25 janvier 2011 - Mgr Bernard Ginoux
Il n'est pas possible de tenir pour certaine une demande de mort. Ces dernières années l'un ou l'autre cas de situations extrêmes (affaires Humbert, Sébire ) exploitées médiatiquement où il y avait une demande publique d'aide à mourir ont montré, une fois l'émotion passée, l'ambiguïté de ces cas. Ils sont d'ailleurs très rares et aussitôt survalorisés parce que les militants de l'euthanasie en ont besoin pour justifier leur revendication.

...plus d'informations sur le débat sur l'euthanasie

Hypocrisie et déni de réalité au Planning Familial sur le syndrome post-abortif

«Le recours à l'avortement ne doit plus culpabiliser»

Le Figaro - 18 janvier 2008 - Maïté Albagly (secrétaire générale du Planning familial), propos recueillis par Laure Daussy
Le Planning familial lance vendredi une campagne sur « la sexualité, la contraception, et l'avortement », en Ile-de-France. Maïté Albagly, secrétaire générale du Planning familial, explique pourquoi.
[...] «Tout d'abord, l'IVG n'est pas un drame en soi. C'est un soulagement pour les femmes qui veulent le faire. Ce qui est à éviter, ce sont les grossesses non prévues.
Elles sont souvent dues à un problème de discours sur la contraception. La société est abreuvée de films X, et de l'autre côté, elle est sous-informée sur la sexualité, sur le respect de l'autre, sur le plaisir et le désir. La sexualité est encore trop souvent taboue dans les familles. Par exemple, les jeunes filles doivent parfois cacher leur plaquette de pilule…
Le ministère de l'Education doit donc pallier ce manque d'information sur la sexualité et la contraception, en faisant plus d'interventions dans les collèges et lycées. Il faut une approche globale : parler de sexualité et de contraception à la fois, sans oublier la dimension de plaisir et de désir.»

analyse On est surpris de n'entendre que les termes « sexualité », « respect de l'autre », « plaisir », « désir » : « amour » et « sentiment » sont-ils tabous au Planning Familial ?
On voit bien la négation du réel, comme le montre l'article suivant...

Avortement : le soutien psychologique n'est plus tabou

La Vie - 2 mars 2011 - Sophie Marinopoulos (psychanalyste), propos recueillis par Armelle Breton et Claire Legros
Trente six ans après le vote de la loi Veil, qui a dépénalisé l'avortement en France et dix ans après la loi Aubry qui aporté de 10 à 12 semaines le délai légal de l'IVG, les passions autour de l'interruption de grossesse sont-elles en train de s'apaiser ? Le colloque organisé lundi 7 mars sur les "nouveaux enjeux de l'IVG" par le laboratoire Nordic Pharma, principal distributeur du RU 486, la pilule abortive, témoigne en tout cas d'une évolution. Aux côtés d'intervenants plutôt classiques sur un tel sujet, médecins, sociologues ou présidente du Planning familial, on trouve en toute fin d'après-midi une intervention de la psychanalyste Sophie Marinopoulos, dont l'intitulé aurait fait sursauter il y a trente ans : "Pour une prise en compte de la douleur psychique". [...]
Pourquoi est-ce important de permettre aux femmes de parler de cet événement de leur vie ?
La légalisation de l'IVG a permis que les femmes ne risquent plus leur vie, comme c'était le cas du temps des avortements clandestins. Mais si on a réussi la prise en charge du corps physique, celle du corps psychique est reléguée au second plan. On ne permet pas aux femmes de s'arrêter sur le chaos émotionnel auquel elles sont confrontées, d'interroger leur désir de grossesse puis son évitement, de questionner les voeux inconscients qui se cachent parfois derrière les souhaits conscients... Quel que soit le choix des femmes, l'IVG est un événement qui fait trace et auquel elles doivent pouvoir faire place, au risque sinon d'handicaper leur féminité et leur maternité future. Dans mes consultations sur l'infertilité psychique, je rencontre souvent des femmes ayant vécu un avortement et qui ont pensé pourvoir continuer leur vie comme si de rien n'était.
Comment se manifeste cette souffrance ?
Elle ne se voit pas, ne s'entend pas, n'est pas rationnelle. Pourtant elle s'exprime ! Sur le mode somatique, comportemental, relationnel, à travers des maux de ventre, de tête, des pleurs, ou une certaine irritabilité. Les femmes en souffrance sont tristes ou se replient sur elles-mêmes, longtemps parfois après une IVG. Il ne faut pas banaliser ces symptômes, mais au contraire mettre ces maux en mots.
Etes vous pour le retour de l'entretien préalable ?
C'est essentiel. La première version de la loi Veil prévoyait un entretien psychologique obligatoire avant l'IVG. Il a été supprimé en 2001, parce qu'à l'époque on l'a confondu avec une approche morale. Sur ce sujet, il ne s'agit pas d'être sur une posture de jugement, mais de signfiant. Je plaide donc pour un vrai temps d'auscultation émotionnel. A l'hôpital, comme en privé, trop peu de praticiens évoquent ces questions avec leurs patientes. Réintroduire l'entretien préalable me paraît donc indispensable. Le psychisme appartient totalement à notre vie.

Les actions irraisonnées d'une masse de militants pro-euthanasie "mis en condition" au point de défendre l'indéfendable sans se poser de questions... ?

analyse Une famille s'est constituée partie civile contre le Docteur Bonnemaison, accusé d'euthanasie sur des personnes âgées. Que donc penser des 45.000 signataires de la pétition de soutien au docteur Bonnemaison ? Qu'ils défendent la position qu'un médecin peut décider seul de mettre fin à la vie et passer à l'acte, contre l'avis du malade et de sa famille ?

Bayonne : "Les personnes décédées n'étaient pas en grande souffrance"

Le Journal du Dimanche - 21 août 2011 - Jean-Pierre Vergès
Pour Marc Mariée, procureur adjoint de Bayonne, le mouvement de soutien en faveur du Dr Nicolas Bonnemaison est en décalage avec la réalité du dossier. Selon lui, les personnes décédées à l'hôpital n'étaient pas en état de grande souffrance.
"Je veux bien qu'il y ait un grand débat général sur l'euthanasie, mais aujourd'hui, il n'est pas établi dans le dossier judiciaire que les personnes décédées à l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) aient été en situation de grande souffrance". [...] Marc Mariée, le procureur adjoint bayonnais, cachait mal son agacement envers le grand mouvement de soutien sur Internet en faveur du Dr Nicolas Bonnemaison, 50 ans, qui a avoué avoir abrégé "les souffrances" de quatre personnes âgées et en fin de vie depuis le printemps 2011. "Il y a des raccourcis médiatiques qui ne correspondent pas à la réalité des faits", martèle-t-il sans vouloir déflorer le secret de l'instruction.
Selon ce magistrat, à l'origine des poursuites contre le chef de l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD), rien, sur un plan strictement médical ou humain, ne justifiait d'accélérer la mort de ces patients. "La loi Leonetti stipule qu'en cas d'euthanasie passive, il faut le consentement du malade ou de sa famille et un avis collégial de médecins; je n'ai rien de tout cela dans le dossier", ajoute-t-il. Selon les premiers éléments de l'enquête, les familles des quatre patients qui ont reçu des injections létales n'ont pas été prévenues des intentions du Dr Bonnemaison. "Le mari de l'une des personnes décédées a indiqué à un journal local qu'on ne lui avait rien demandé", confirme d'ailleurs Marc Mariée. [...] Alors que le groupe de soutien au Dr Nicolas Bonnemaison sur Facebook revendique 16.000 personnes et qu'une pétition réunit 36.000 signatures, Marc Mariée tient à justifier l'opportunité des poursuites. " [...] C'est une équipe de gens habitués à soigner ces personnes en fin de vie qui ont fait des rapports techniques et très circonstanciés et qui se sont émus des actes commis par ce docteur".

Euthanasié à l'insu de son plein gré

Témoignage Chrétien - 16 septembre 2011 - Agnès Noël
L'affaire du docteur Nicolas Bonnemaison est prétexte à relancer encore une fois le débat sur l'euthanasie. On oublie que les malades achevés par le médecin n'avaient pas demandé à mourir.
[...] Cette histoire divise depuis un mois la société et le monde des médecins. Plus de 300 personnes se sont rassemblées le 16 août au sein du centre hospitalier où exerçait le Dr Bonnemaison, pour manifester leur solidarité. Celle-ci semble davantage apportée à un collègue estimé pour son humanité qu'à ses actes proprement dits.
Un comité de soutien sur Facebook et une pétition en ligne avec plus de 45 000 signatures, déclare « oui à l'aide du corps médical pour mourir dans la dignité et non dans la souffrance ». L'avocat de la défense se replie d'ailleurs derrière l'argument : « On n'est pas là pour mettre en prison un malfrat, on est là pour débattre de l'euthanasie. »
Le seul hic dans cette affaire est qu'il ne s'agit pas d'un débat sur l'euthanasie. Celle-ci supposerait une demande de la personne en souffrance d'arrêter son traitement ou, si celle-ci ne peut se manifester, de sa famille. Or les personnes euthanasiées n'auraient pas demandé à mourir.
Elles auraient été, rapporte le Journal du Di­manche, « stabilisées » et ne souffraient pas. Le médecin a agi seul, sans prévenir personne.

...plus d'informations sur l'affaire Nicolas Bonnemaison

La politique des petits pas : une stratégie de lobbying sur la durée, reposant sur l'instrumentalisation de la justice

Mères porteuses: la justice rend une décision en demi-teinte

Libération - 18 mars 2010 - C.B.
Pas une victoire, pas une défaite non plus, un «petit pas», à entendre les époux Mennesson. Le couple, qui bataille depuis 10 ans pour la reconnaissance de l'état civil de leurs jumelles nées d'une mère porteuse aux Etats-Unis, voit comme «une avancée» la décision rendue ce jeudi par la cour d'appel de Paris.
La cour leur a donné raison sur un point, «le principal», selon Sylvie et Dominique Mennesson: le lien de filiation des deux jumelles avec le couple est confirmé. Elle est en revanche allée dans le sens du ministère public en demandant l'annulation de la transcription à l'état civil français.
Au final, un arrêt en demi-teinte qui ne «répond pas complètement aux espérances», a commenté dans le hall du palais de justice de Paris Me Nathalie Boudjerada, l'avocate du couple. «On avance pas à pas. On va continuer, forcément», lui a fait écho Sylvie Mennesson, à demi-soulagée par l'issue de cette nouvelle étape.

analyse Cet article montre bien que la principale préoccupation des partisans des mères porteuses est de faire avancer "leur cause", par la politique des petits pas. Ce n'est pas le bien des enfants.

Le cheval de Troie des partisans de la gestation pour autrui

Le Monde - 4 avril 2011 - Sylviane Agacinski (philosophe, membre du collectif No Body for Sale)
Le combat des époux Mennesson pour la transcription à l'état civil français des enfants nés d'une mère porteuse en Californie a fait couler beaucoup d'encre. Mais c'est un combat en trompe-l'oeil qui ne dit pas ses véritables enjeux. Il s'agit en fait de contourner la loi française et de faire admettre progressivement dans notre pays la légalisation de la gestation pour autrui (GPA).
On sait que ces enfants sont nées d'une fécondation in vitro utilisant les gamètes du père et d'une amie du couple, la gestation ayant été assurée par une mère de substitution rémunérée par les "parents d'intention" selon les tarifs californiens.
Ces deux petites filles ont un état civil et des passeports américains, l'exercice de l'autorité parentale des époux Mennesson n'est contestée par personne, et les enfants sont les héritières de leurs parents, conformément à l'état civil établi aux Etats-Unis. Elles peuvent donc mener une vie familiale normale, ce dont on doit évidemment se réjouir.
Cependant, la transcription de leur filiation à l'état civil français n'a pas été acceptée jusqu'ici, puisqu'elle est contraire aux lois en vigueur. Faut-il s'en indigner ? Rien n'est moins sûr.
L'enjeu de ce problème de droit n'est pas seulement le respect de la loi : il est de savoir si la loi est juste ou non. Le code civil français reconnaît aux personnes un droit au respect de leur corps et il garantit ce droit en empêchant qu'on puisse faire du corps humain un objet d'échange. C'est pourquoi la maternité de substitution est interdite.
Si ces principes sont justes, doivent-ils être remis en cause par des intérêts ou des motifs subjectifs, aussi compréhensibles soient-ils, comme le désir d'enfant ? Doivent-ils être remis en cause parce qu'ils ne sont pas reconnus ailleurs ? Faut-il donner raison, par des moyens judiciaires, à tout couple utilisant une mère porteuse à l'étranger, qui a donc délibérément contourné la législation en vigueur ?
Location des ventres
Il est en effet évident que la reconnaissance en France, par l'état civil, d'enfants nés d'une mère porteuse à l'étranger, reviendrait ipso facto à admettre les gestations pour autrui pratiquées hors de nos frontières. Cette reconnaissance conduirait à s'incliner à l'avenir, purement et simplement, devant le fait accompli, quelles que soient les conditions plus ou moins indignes dans lesquelles les femmes auront été exploitées ailleurs.
Cependant, pour la première fois, le 8 mars, le parquet général a ouvert la voie à une reconnaissance des enfants nés d'une mère porteuse à l'étranger par l'état civil français. Le ministère public a invoqué le droit européen, notamment l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), selon lequel toute personne a "droit au respect de sa vie privée et familiale".
En quoi ce droit, au contenu très flou, permettrait-il de légitimer l'usage des mères de substitution ? En quoi devrait-il permettre de donner au corps des femmes une valeur marchande, comme c'est le cas lors d'une gestation pour autrui ? En rien. L'interpréter en ce sens est purement arbitraire.
La question est donc simple : faut-il renoncer à des principes faits pour protéger les femmes les plus vulnérables et plier notre droit au fait de la location des ventres dans certains pays ? Faut-il abdiquer devant l'extension du marché des corps, ou bien lutter pour l'abolition de ces marchés, là où ils existent ?
La décision que prendra prochainement la Cour de cassation sera hautement significative de la voie dans laquelle nous pourrions nous engager. Ne nous y trompons pas : le combat qui semble mené au nom de "l'intérêt supérieur de l'enfant" est un cheval de Troie actionné par les partisans de la légalisation de la gestation pour autrui pour mieux assiéger le code civil.

analyse Décision en date du 6 avril 2011 sur l'affaire mentionnée dans l'article : la cour de cassation n'a pas suivi l'avis du parquet général et ne donne par le droit d'inscrire les enfants nés de mères porteuses à l'état civil

Pour aller plus loin

Pour chaque extrait, le lien vers l'article complet est disponible en cliquant sur le titre.
La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.

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