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Recherche scientifique sur les biotechnologies et expérimentation sur le vivant : progrès légitime, mais risque de dérive bioéthique (clonage, embryon ...)

La recherche scientifique permet des progrès extraordinaires, et l'amélioration quasi continuelle de nos conditions de vie nous le prouve tous les jours. Mais cela légitime-t-il les abus ? Toute limite est-elle bonne à dépasser ? La fin justifie-t-elle les moyens ?
Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse en cours d'enrichissement - sur des sujets tels que le clonage thérapeutique et reproductif, la recherche sur l'embryon, le génie génétique et le brevetage du vivant, la recherche biomédicale et l'expression du consentement, les tests génétiques et la médecine prédictive, le diagnostic prénatal et le diagnostic préimplantatoire, les techniques d’expérimentation ou de sélection sur l’embryon humain, et illustrant les dangers que rencontrent les chercheurs et les orientations à privilégier pour préparer l'avenir :

analyse La recherche scientifique permet des progrès extraordinaires, et l'amélioration quasi continuelle de nos conditions de vie nous le prouve tous les jours. Mais cela légitime-t-il les abus ? Toute limite est-elle bonne à dépasser ? La fin justifie-t-elle les moyens ?

Des découvertes médicales et des progrès scientifiques récents spectaculaires ouvrant de nouvelles perspectives pour l'humanité

La première greffe totale du visage est française

Le Figaro - 27 juillet 2010 - Tristan Vey
Le 26 et 27 juin, la première greffe totale de visage jamais réalisée s'est déroulée avec succès en France. C'est le professeur Lantieri, du CHU Henri-Mondor, à Créteil, qui en est l'auteur. Jérôme, le patient, se porte bien. [...] Cela faisait deux ans que ce dernier attendait ce nouveau visage. Atteint de neurofibromatose, une maladie génétique dégénérative qui déforme le visage de manière spectaculaire, cet ancien régisseur était dans l'incapacité de mener une vie normale. Preuve en est, son syndrome est aussi appelé «maladie d'Elephant Man», en référence à John Merrick, un Britannique qui en était victime à la fin du 19e siècle et qui était partout présenté comme un phénomène de foire. Avec cette nouvelle apparence, il déclarait dans Envoyé spécial en 2008, vouloir «se fondre dans la foule, être comme n'importe qui».
La première partie de l'opération a consisté à récupérer l'ensemble du visage d'une personne récemment décédée - quelques heures - dont la couleur de la peau et le groupe sanguin coïncidaient avec ceux de Jérôme : 7 heures de travail. Le seconde partie était la transplantation à proprement parler et la reconnexion des veines et des muscles du visage greffé à ceux du patient : 12 heures. L'ensemble aura mobilisé moins d'une dizaine de personnes.
[...] Après que les professeurs Devauchelle et Dubernard ont effectué la première greffe partielle de visage sur Isabelle Dionoire en novembre 2005, c'est encore un Français qui rentre dans l'histoire de la discipline. Le professeur Lantieri a en effet réussi ce pari un peu fou : Jérôme, dont la greffe aurait bien prise, est désormais capable de pleurer les larmes d'un autre. Excepté les globes oculaires, c'est bien un nouveau visage dans son ensemble - paupières mobiles et glandes lacrymales incluses qu'il a pu contempler dans la glace à son réveil. Incapable de parler à ce moment-là ou de sourire avant la nécessaire rééducation qui l'attendait, le jeune homme aurait communiqué sa satisfaction en levant les deux pouces. [...]
Si la greffe semble avoir pris (de la barbe aurait déjà repoussé sur le nouveau visage) et que, désormais, le patient «marche, mange, parle», le risque de rejet ou d'infection n'est pas complètement écarté, explique au Parisien, le professeur du CHU Henri-Mondor. Et du point de vue psychologique, Jérôme sera «évidemment suivi». Depuis les premières polémiques soulevées en 2005 sur la capacité des patients à s'approprier une nouvelle apparence, les choses ont évolué. «On sait aujourd'hui que le nouveau visage prend les formes de l'ossatures du receveur et qu'il n'y a aucun risque de confusion» avec la personne décédée, soutient le professeur Lantieri.
Après cette cinquième transplantation, la plus spectaculaire, le professeur Lantieri a bouclé son premier protocole de recherche. Il a obtenu fin mai l'autorisation de procéder à cinq autres greffes. Cette fois-ci, il aimerait se pencher sur le cas des grands brûlés qui posent encore certains problèmes techniques.

Les risques de dérive de la recherche en biotechnologie : fraude scientifique et manque d'éthique

analyse Faut-il re-moraliser la recherche scientifique pour la sauver de ses excès et de ses dérives, qui sinon pourraient un jour se retourner contre elle ?

Ils ont démasqué le docteur Hwang

Le Nouvel Observateur - 12 janvier 2006 - Michel de Pracontal
Le 19 mai 2005, la revue « Science » publie sur son site web un scoop retentissant : un article du Coréen Woo-suk Hwang décrivant la création de onze lignées de cellules souches humaines par clonage. «Révolution scientifique» pour le Français Marc Peschanski, c'est une «percée que l'on n'attendait pas avant des dizaines d'années » selon Gerald Schatten, de l'Université de Pittsburgh. Le même Schatten n'a pas fini de se mordre les doigts : coauteur de l'article de Hwang, il a engagé sa crédibilité sur ce qui se révèle la fraude scientifique de la décennie !

La folle arnaque du docteur Hwang

Le Nouvel Observateur - 30 août 2007 - Michel de Pracontal
Manipulateur génétique ou génie de la manipulation ? Le biologiste coréen célébré par le magazine «Science» comme un pionnier du clonage thérapeutique, adulé dans son pays comme un héros national, était un formidable imposteur.

Clonage humain : la fraude irréparable du Pr Hwang

Le Figaro - 15 octobre 2007 - Martine Perez
La chute du scientifique coréen risque d’entraîner une suspicion sur la recherche en biotechnologie en Asie, peu regardante en matière d’éthique et sur les revues scientifiques pourtant de haut niveau qui ont publié ses résultats frauduleux. Cette affaire doit aussi mettre en cause la pression qui s’exerce désormais sur les chercheurs les plus brillants pour produire des résultats spectaculaires.

La priorité : s'orienter vers des moyens de recherche "justes" respectant les limites bioéthiques de la recherche (statut de l'embryon, ...)

analyse La fin justifie-t-elle les moyens ? Doit-on privilégier les vies à naître, au risque de ne pas améliorer la vieillesse ? Ou la vieillesse, au risque de la vie à naître ?
La recherche biotechnologique est compatible avec l'éthique et la dignité de la personne humaine sans détruire de vie humaine, à condition d'en faire une priorité, de s'en donner les moyens et de fixer des limites

Recherche sur l'embryon humain : business ou santé publique ?

Le Monde - 25 mai 2011 - Laurent Aventin (économiste de la santé), Alexandra Henrion Caude (chercheur à l'INSERM), Alain Privat (ancien chercheur à l'INSERM)
La recherche sur les cellules embryonnaires humaines impliquant la destruction de l'embryon humain pose un problème éthique. Souvent considéré par l'opinion publique comme une affaire de spécialistes, cet enjeu reste éloigné des préoccupations des citoyens. Pourtant, il engage l'avenir de la société. La notion de "progrès thérapeutique" associée à ces recherches et l'affichage de mécanismes de contrôle comme ceux de l'Agence de Biomédecine et de l'AFSSAPS alimentent un sentiment de confiance. Initialement en filigrane, les enjeux véritables de ces recherches, portés notamment par Les Entreprises du Médicament émergent. Ils sont d'abord commerciaux. Et ils sont considérables.
Les cellules embryonnaires humaines : quelle utilité thérapeutique ? L'enjeu scientifique des hES qui ont été découvertes en 1990 n'est plus prioritairement de parvenir à des thérapies, objectif difficile à atteindre, mais d'utiliser ces cellules pour modéliser des maladies et cribler des molécules au profit de l'industrie pharmaceutique. Pour ces travaux de recherche, les cellules humaines induites pluripotentes (iPS) découvertes fin 2007 concurrencent efficacement les cellules embryonnaires humaines, sans poser de problème éthique. Issues des cellules de la peau des patients, les iPS ont permis de modéliser plus d'une dizaine de maladies en seulement 3 ans. Les annonces qui affirmeraient le contraire enferment les patients, les familles, l'opinion publique, les médias et les responsables politiques dans l'idée erronée selon laquelle la recherche sur les maladies génétiques ne pourrait désormais progresser que grâce aux embryons humains.
L'embryon humain, un "matériau" rentable ? En moyenne, le développement d'un nouveau médicament pour les grandes entreprises pharmaceutiques prend 15 ans et coûte environ 650 millions de dollars. Cela signifie qu'en utilisant les cellules souches embryonnaires pour tester de nouvelles molécules, l'industrie pharmaceutique pourrait réduire ses investissements sur les essais en supprimant des étapes coûteuses, notamment celles sur le modèle animal. L'industrie pharmaceutique mondiale pourrait économiser environ 8 milliards de dollars par an actuellement nécessaires à la modélisation de nouvelles molécules thérapeutiques. Or, cette même économie pourrait être réalisée en utilisant des iPS.
Un enjeu réel : la brevetabilité du vivant. Le 10 mars 2011, la cour de Justice de l'Union Européenne a rendu public l'avis de son procureur Yves Bot sur la brevetabilité et l'utilisation à des fins industrielles ou commerciales de l'embryon humain et des hES. Ses conclusions, fondées sur la directive 98/44 de l'Union Européenne, sont en contradiction avec les arguments des partisans d'une libéralisation de la recherche sur l'embryon humain. L'avis refuse en effet toute utilisation commerciale ou industrielle de l'embryon. Il inclut dans la protection qui est due au corps humain, les recherches sur les lignées de cellules souches embryonnaires.
La tentation utilitariste de la médecine constatée aujourd'hui dans nos sociétés, et que l'on retrouve en pointillé dans un nombre grandissant de débats, se justifie toujours au nom du progrès, mais lequel ? Comment ce progrès peut-il se prévaloir d'une idéologie qui réduit la science à un outil de valorisation économique et industrielle des résultats et de leur utilité ? A coup sûr, une politique réduite à l'utilitarisme et au pragmatisme sans valeurs conduirait à l'abandon des préoccupations éthiques ; celles-là même qui garantissent une certaine indépendance des scientifiques vis-à-vis des intérêts économiques.

La justice européenne interdit de breveter la destruction d'embryons humains

Le Point - 18 octobre 2011 - AFP
La Cour européenne de justice a interdit mardi de breveter à des fins de recherche scientifique un procédé utilisant un embryon humain et entraînant sa destruction, un arrêt appelé à avoir des conséquences pour l'industrie pharmaceutique et biotechnologique notamment. Les juges européens ont exclu toute possibilité de brevetabilité dès lors que "le respect de la personne humaine pourrait en être affecté". L'arrêt rendu mardi prend position dans le débat sur le financement de la recherche impliquant le prélèvement de cellules sur les embryons.
La juridiction de Luxembourg avait été saisie par la Cour fédérale de justice en Allemagne sur l'interprétation de la notion d'embryon humain, après l'annulation, à la demande de Greenpeace, d'un brevet portant sur un procédé permettant d'obtenir des cellules dites précurseurs neurales, à partir de cellules souches d'embryons humains et utilisées pour traiter des maladies neurologiques. Selon les juges, "doit être exclu de la brevetabilité un procédé qui, en utilisant le prélèvement de cellules souches obtenues à partir d'un embryon humain au stade du blastocyste, entraîne la destruction de l'embryon". "Ne pas exclure de la brevetabilité une telle invention revendiquée aurait pour conséquence de permettre au demandeur d'un brevet d'éluder l'interdiction de brevetabilité par une rédaction habile de la revendication", ont souligné les juges.
Mais "l'utilisation à des fins thérapeutiques ou de diagnostic, applicable à l'embryon humain et utile à celui-ci, peut faire l'objet d'un brevet", ont-ils en revanche précisé. La Cour cite comme exemples l'utilisation à des fins thérapeutiques ou de diagnostic qui s'appliquent à l'embryon humain et lui sont utiles pour corriger une malformation et améliorer ses chances de vie. La notion d'embryon humain doit être comprise "largement", ont insisté les juges européens.
"Tout ovule humain doit, dès le stade de sa fécondation, être considéré comme un embryon humain dès lors que cette fécondation est de nature à déclencher le processus de développement d'un être humain", ont-ils statué. "L'ovule humain non fécondé, dans lequel le noyau d'une cellule humaine mature a été implanté, et l'ovule humain non fécondé, induit à se diviser et à se développer par voie de parthénogenèse, doivent également être qualifiés d'embryon humain", ont-ils ajouté. "Même si ces organismes n'ont pas fait l'objet, à proprement parler, d'une fécondation, ils sont par l'effet de la technique utilisée pour les obtenir, de nature à déclencher le processus de développement d'un être humain comme l'embryon créé par fécondation d'un ovule", ont-ils décidé.
La Cour européenne de Justice considère que "l'octroi d'un brevet à une invention implique, en principe, son exploitation industrielle et commerciale". "À cet égard, l'utilisation d'embryons humains à des fins de recherche scientifique qui ferait l'objet d'une demande de brevet ne saurait être distinguée d'une exploitation industrielle et commerciale et, ainsi, échapper à l'exclusion de la brevetabilité", ont estimé les juges. La Cour a en conséquence conclu que "la recherche scientifique impliquant l'utilisation d'embryons humains ne peut pas accéder à la protection du droit des brevets". Le Parlement français s'est prononcé en juin pour l'interdiction de la recherche sur l'embryon et sur les cellules souches embryonnaires. Le Vatican, hostile au prélèvement des cellules d'embryon, s'est en revanche dit favorable à la recherche sur les cellules souches adultes dans la promotion des maladies dégénératives.

La transmutation de cellules adultes en cellules souches

Le Figaro - 31 décembre 2007 - AFP
La possibilité d'obtenir des cellules réparatrices sans avoir à passer par la culture d'embryons lève des verrous éthiques à la recherche. [...] Deux équipes de chercheurs, l'une américaine et l'autre japonaise, ont réussi à faire régresser des cellules de peau humaine en cellules souches. Similaires aux cellules em­bryonnaires, ces cellules pluri­potentes induites (IPS) devraient permettre d'étudier le développement embryonnaire et les fonctions des tissus humains. [...] Potentiellement, les cellules souches peuvent guérir ou traiter des maladies, puisqu'elles peuvent se transformer en n'importe quelle cellule du corps et remplacer des cellules endommagées en permettant la reconstitution de tissus ou d'organes.
La recherche sur les cellules souches était jusqu'à présent extrêmement controversée, car il fallait détruire des embryons viables pour extraire les cellules souches. Cette nouvelle voie de recherche n'est donc pas seulement une avancée technique, mais aussi une avancée politique comme le souligne la ­re­vue Science.
Après avoir pris connaissance de ces travaux, l'Écossais Ian Wilmut, le «père» de Dolly (la pre­mière brebis clonée) qui a été anobli [...] par la reine d'Angleterre, a décidé d'abandonner ses recherches sur le clonage d'embryons et de se lancer sur cette nouvelle piste, jugeant qu'elle ouvre «une nouvelle ère» pour la biologie.
L'un des principaux avantages de cette technique est sa simplicité : quatre gènes suffisent pour faire régresser les cellules de peau en cellules souches, ce qui peut s'effectuer dans un laboratoire standard. Les chercheurs se veulent néanmoins prudents. «Cette recherche ne fait que commencer, nous comprenons difficilement comment ces cellules fonctionnent» , ex­plique James Thomson, de l'université du Wisconsin à Madison, qui dirigeait l'une des deux équipes ayant fait cette découverte.

Des cellules souches produites sans embryon

Le Figaro - 3 avril 2009 - Pierre Kaldy
Une équipe américaine est parvenue à «reprogrammer» de banales cellules humaines dans le but de réparer des organes défaillants. Jusqu'à présent, la seule source de cellules souches pluripotentes, c'est-à-dire capables de se différencier en n'importe quelle cellule de l'organisme (sang, os, muscle…), était l'embryon de quelques jours. L'utilisation d'embryons humains surnuméraires, provenant de couples ayant eu recours à une fécondation in vitro, avait suscité un débat éthique et poussé le président George W. Bush à interdire, en 2001, tout financement fédéral pour l'établissement de nouvelles lignées de cellules souches embryonnaires humaines. Ironie de l'histoire : moins de trois semaines après l'abrogation par le président Barack Obama du veto de son prédécesseur, James Thomson et son équipe ont annoncé, le 26 mars dernier dans la revue Science, qu'ils ont obtenu le même résultat en partant de n'importe quelle cellule de l'organisme. Et qu'il n'est donc plus nécessaire de recourir à des embryons humains !

Pour aller plus loin

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