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La désinformation, un risque pour la démocratie, la liberté d'opinion et la liberté d'expression

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse - sur la désinformation : pour façonner les esprits (ciblant notamment l'Eglise catholique, l'Histoire de France, les faits contredisant une idéologie dominante, les écarts au politiquement correct), ou pour utiliser les médias dans un but utilitariste :

Journalistes manipulateurs ou manipulation utilitariste des médias ?

WikiLeaks : la presse française vue par l'ambassade des Etats-Unis

Le Monde - 15 décembre 2010 - Xavier Ternisien
"Les grands journalistes français sont souvent issus des mêmes écoles élitistes que beaucoup de responsables gouvernementaux. Ces journalistes ne considèrent pas forcément que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place. Nombre d'entre eux se voient plutôt comme des intellectuels, préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que de reporter des faits".
L'ambassade ajoute que "le secteur privé des médias en France - en presse écrite et audiovisuelle - continue d'être dominé par un petit nombre de conglomérats, et les médias français sont plus régulés et soumis aux pressions politiques et commerciales que leurs équivalents américains".

La vérité, ce diamant fragile, par Christophe Deloire

Le Monde - 5 avril 2010 - Christophe Deloire (directeur du Centre de formation des journalistes - CFJ)
En ces temps de crise, la vérité est une valeur sérieusement en baisse. Cette bonne vieille vérité que l'on croyait venue à bout des mythologies, des chimères, des idéologies, vaut désormais moins qu'une incantation de chanteur ou un boniment d'actrice. La France est un pays étrange, sécularisé, dans lequel la vieille morale bourgeoise a été quasi éradiquée, mais où il semble régner plus que jamais la distinction entre les observations qui ont le droit de cité et celles qui en sont bannies. Comme dans les vieilles familles, "toutes les vérités n'y sont pas bonnes à dire". [...]
Qui s'attache aujourd'hui à distinguer simplement le vrai du faux ? La vérité est sans doute une construction du réel, puisqu'elle repose sur un choix immanquablement subjectif de faits, mais elle ne souffre pas la négation du réel, ni la récusation des faits gênants. Ce devrait être le rôle premier des journalistes, de collecter tous les indices possibles pour comprendre le monde et la société, plutôt que de s'instituer en clercs proférant un prêchi-prêcha "responsable" et "moral". Si les journalistes s'avisaient seulement de lever le voile sur la réalité, peut-être seraient-ils plus populaires.
Autant que la crise économique, la défaite de la vérité, et son corollaire, la crise de la liberté d'expression, exaspèrent les Français. Sur certains sujets, le peuple (lecteurs et électeurs) ne supporte plus les leçons administrées par nos clercs autoproclamés. Sur l'immigration, la délinquance, la mondialisation, l'Europe, les communautarismes, les conflits d'intérêt, etc., les Français demandent que les médias leur disent la vérité (c'est-à-dire des vérités qui peuvent être différentes en fonction des lignes éditoriales), au lieu de s'évertuer à empêcher la révélation de faits bruts.
Il est absurde de s'étonner de la "dépression" française. Sans tomber dans la psychologie de bazar, tout corps social dont l'expression est retenue, auquel le déni de réalité est imposé, finit rongé de l'intérieur.
Une fois les éléments sur la place publique, les Français sont assez intelligents pour réfléchir. Quiconque pense le contraire doit proposer aussitôt l'établissement d'un despotisme éclairé à la place de la démocratie.
[...] Sur son blog, Brice Couturier, l'animateur de l'émission "Du grain à moudre", sur France culture, écrit à raison que la gauche bobo est désormais "bimi" : bien intentionnée, mal informée. On pourrait ajouter que la droite l'est autant. Il n'est point besoin d'avoir lu La Fabrique du consentement, de Noam Chomsky et Edward Herman, sur "la propagande médiatique en démocratie", pour savoir qu'en adeptes du "deux poids deux mesures", les médias peuvent colporter des intérêts particuliers, qu'ils soient nationaux, particuliers, ou de classe, sous couvert d'une doctrine de bonnes intentions.
[...] Comme disait Gandhi, la vérité est "dure comme le diamant et fragile comme la fleur de pêcher". Plutôt que de nous aiguiller tels des magistrats du bien et du mal, les journalistes devraient nous aider à comprendre simplement ce que nous sommes, dans quel monde nous vivons.
L'on se demande parfois qui, de George Orwell, l'auteur de 1984, ou d'Aldous Huxley, celui du Meilleur des mondes, avait le mieux imaginé le monde futur. En tout cas, dans la France de 2010, pas besoin de Big Brother, le divertissement semble pris infiniment plus au sérieux que l'établissement laborieux des faits. Les journalistes devraient choisir leur camp tant qu'il en est encore temps. Les sunlights du spectacle ou la recherche dans les laboratoires du réel.

Nagui : "Jack Lang m'a saoulé !"

Le Point - 12 mars 2010 - Emmanuel Berretta
Jack Lang m'a passé 25 coups de fil avant les Victoires pour que je parle de lui et qu'on le montre à l'antenne... Ce que les téléspectateurs ne voient pas, c'est que dès qu'ils ont été cités à l'antenne, la plupart des politiques quittent la salle. Jack Lang n'est pas resté jusqu'au bout de la cérémonie. Et c'est tous les ans comme ça...

Affaire Clotilde Reiss : l'Elysée a exagéré la médiation de la Syrie

Le Monde - 1 décembre 2010 - Natalie Nougayrède
Pendant plus de dix mois, de juillet 2009 à mai 2010, le sort de Clotilde Reiss, la jeune chercheuse française arrêté en Iran pour "espionnage", a tenu l'opinion en haleine en France, mis la diplomatie en alerte, et accentué la détérioration des relations entre Paris et Téhéran. Le tout sous le regard attentif des diplomates des Etats-Unis. Les documents américains obtenus par WikiLeaks et consultés par Le Monde révèlent certains dessous de cette crise. Ils décrivent comment l'Elysée a expliqué sa stratégie aux Américains, allant jusqu'à leur donner des conseils pour le traitement de leurs propres cas d' "otages" en Iran (un petit groupe de randonneurs). Ils montrent comment les responsables français ont cherché à convaincre Washington que la libération de la jeune Française n'avait pas eu pour contrepartie la remise en liberté de Majid Kakavand, un Iranien détenu en France et recherché par la justice américaine pour trafic de matériaux au bénéfice du programme nucléaire iranien. Enfin, ils placent sous une lumière crue la façon dont la présidence française a cherché à manipuler les médias pour accréditer l'idée que le président syrien, Bachar Al-Assad, avait joué un rôle central dans la libération de Clotilde Reiss. En réalité, il n'en fut rien.
[...] Durant la détention de Clotilde Reiss en Iran, l'Elysée ne ménage pas ses efforts, au moyen de communiqués et de "fuites" organisées dans les médias, pour faire croire que le président syrien Bachar Al-Assad joue un rôle "important" et "influent" de "médiateur". Les Américains observent cette activité non sans ironie, et constatent que la manipulation porte ses fruits puisque plusieurs articles de presse répercutent la version officielle française.
Un télégramme daté du 25 août 2009 évoque "le 'blitz' médiatique des officiels français". Sur quoi se fonde tant de "gratitude" exprimée envers M. Assad, se demande l'ambassade à Paris. "Malgré leurs déclarations pleines de louanges, les officiels français reconnaissent en privé qu'ils n'ont qu'une vague notion de ce que les Syriens ont réellement fait".
Le document se penche ensuite sur les raisons qui ont poussé l'Elysée à verser dans cette fiction. L'intense effort de communication "vise à valider la politique de Sarkozy d'ouverture à la Syrie", analyse-t-il. [...] En "exagérant le rôle syrien", Paris cherche à "démontrer à la Syrie quelles louanges elle peut s'attirer en jouant un rôle constructif dans la région". L'objectif est aussi de "semer des graines de discorde entre la Syrie et l'Iran". L'ambassade américaine le sait de bonne source. Le 11 août, François Richier lui a confié : "bien sûr, nous ne savons pas si les Syriens ont fait quoi que ce soit. Mais nous les avons remerciés quand même. Cela devrait au moins semer la confusion chez les Iraniens".

Informations fausses et manipulation politique, idéologique, intellectuelle : la propagande antichrétienne, archétype d'une campagne de désinformation continue

Servitudes et grandeur de Benoît XVI

Le Point - 21 janvier 2010 - Bernard-Henri Lévy
Il faudrait quand même que l'on arrête avec la mauvaise foi, les partis pris et, pour tout dire, la désinformation dès qu'il est question de Benoît XVI.
Il y a eu ces sous-entendus appuyés, quand ce ne furent pas ces grosses blagues, sur le « pape allemand », le « post-nazi » ensoutané, celui que les Guignols de l'info surnommaient carrément Adolf II (et ce parce qu'il fut enrôlé, comme tous les enfants et adolescents de son âge, dans les mouvements de jeunesse du régime).
Il y a eu le truquage pur et simple des textes - à propos, par exemple, de son voyage à Auschwitz de 2006 où l'on prétendit et où, le temps passant, les souvenirs devenant plus incertains, l'on répéta, là aussi, en boucle qu'il aurait évoqué les 6 millions de morts polonais, victimes d'une simple « bande de criminels », sans préciser que la moitié d'entre eux étaient juifs (la contre-vérité est, ici, proprement sidérante puisque Benoît XVI parla bel et bien, ce jour-là, des « puissants du IIIe Reich » tentant d'« éliminer » le « peuple juif » du « rang des nations de la terre » - cf. Le Monde du 30 mai 2006).
Et puis voici, aujourd'hui, le record, j'allais dire le pompon, avec cette visite à la synagogue de Rome, venue après ses deux visites aux synagogues de Cologne et de New York et où le même choeur de désinformateurs n'a pas attendu qu'il ait franchi le Tibre pour annoncer, urbi et orbi, qu'il n'avait ni trouvé les mots qu'il fallait ni accompli les gestes qui convenaient - et qu'il avait, donc, raté son coup...
Alors, puisque l'événement est encore chaud, on me permettra de mettre, ici, quelques points sur quelques i. [...]
De Benoît XVI reprenant, mot pour mot, les termes de la prière de Jean-Paul II, il y a dix ans, au Mur des lamentations, de Benoît XVI demandant donc « pardon » au peuple juif pogromisé par la fureur d'un antisémitisme [...] et formulant les choses, je le répète, en lisant le propre texte de Jean-Paul II, il faut arrêter de répéter, comme des ânes, qu'il est en-retrait-sur-son-prédécesseur.
A Benoît XVI déclarant enfin, après une deuxième station devant l'inscription commémorant l'attentat commis en 1982, à Rome, par des extrémistes palestiniens, que le dialogue judéo-catholique engagé par Vatican II est désormais « irrévocable », à Benoît XVI annonçant qu'il entend « approfondir » et « développer » le « débat entre égaux » qu'est le débat avec ces « frères aînés » que sont les juifs, on peut faire tous les procès que l'on veut mais pas celui de « geler » le processus engagé par Jean XXIII.

Et quant à l'affaire Pie XII...
Je reviendrai, s'il le faut, sur la très complexe affaire Pie XII.
Je reviendrai sur le cas de Rolf Hochhuth, auteur de ce fameux « Vicaire » qui lança, en 1963, la polémique autour des « silences de Pie XII ».
Je reviendrai sur le fait, en particulier, que ce bouillant justicier est aussi un négationniste patenté, condamné plusieurs fois comme tel [...].
Pour l'heure je veux juste rappeler, comme vient de le refaire Laurent Dispot, dans la revue que je dirige, La Règle du jeu , que le terrible Pie XII fut, en 1937, alors qu'il n'était encore que le cardinal Pacelli, le coauteur de l'encyclique « Avec une brûlante inquiétude » qui demeure, aujourd'hui encore, l'un des manifestes antinazis les plus éloquents de l'époque.
Pour l'heure, on doit à l'exactitude historique de préciser qu'avant d'opter pour l'action clandestine et le secret, avant d'ouvrir donc, sans le dire, ses couvents aux juifs romains traqués par les nervis fascistes, le « silencieux » Pie XII prononça des allocutions radiophoniques (celles, par exemple, de Noël 1941 et 1942) qui lui valurent, après sa mort, l'hommage d'une Golda Meir qui savait ce que parler veut dire et ne craignit pas de déclarer : « pendant les dix ans de la terreur nazie, alors que notre peuple souffrait un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux. »
Et, pour l'heure, on s'étonnera surtout que, de l'assourdissant silence qui se fit, dans le monde entier, autour de la Shoah, on fasse porter tout le poids, ou presque, sur celui des Souverains du moment qui a) n'avait ni canons ni avions à sa disposition ; b) ne ménagea pas ses efforts pour, nous disent la plupart des historiens sérieux, partager avec ceux qui en disposaient les informations dont il avait connaissance ; c) sauva, lui, effectivement, à Rome mais aussi ailleurs, un grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale.

analyse Pour mémoire, Golda Meir (connue aussi sous le nom de Golda Meirson) a participé à la création de l'État d'Israël, a été ministre des affaires étrangères, et a été le quatrième premier ministre d'Israël de 1969 à 1974.

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Pie XII : et si Marianne se trompait?

Marianne 2 - 11 janvier 2010 - Roland Hureaux
De fait, le vrai mystère de Pie XII n'est pas tant son comportement pendant la guerre que la lecture qui en est faite soixante ans après. Comment ce pape qui fit de son vivant l'objet d'éloges unanimes du monde juif (Ben Gourion, Golda Meir, Albert Einstein, Léo Kubowitski, secrétaire du Congrès juif mondial, le gand rabbin de Rome etc) et non juif, peut être aujourd'hui ainsi vilipendé ?
Le basculement s'est fait avec la pièce « Le Vicaire » (1963), oeuvre littéraire et non historique due à un personnage douteux, proche des milieux négationnistes. Il coïncide surtout avec l'émergence de la génération d'après-guerre dont l'irresponsabilité en tant de domaines avait besoin d'un paravent idéologique : identifier, dans la ligne de l'Ecole de Francfort et au rebours du vécu des contemporains, nazisme et tradition en fut une des clefs de voûte.

analyse Au-delà des extraits cités, l'argumentaire exposé dans le reste de l'article est convaincant (à lire en cliquant sur le titre).

...plus d'informations sur la légende noire de Pie XII

Anders Behring Breivik est-il chrétien ?

La Vie - 26 juillet 2011 - Jean-Pierre Denis
Les mots ont-ils encore un sens ? À peine la nouvelle de l’horrible massacre en Norvège était-elle connue que l’on nous présentait Anders Behring Breivik comme un "fondamentaliste chrétien". La police norvégienne, qui avait mis 1h30 pour parvenir sur la scène du crime, se montrait d’une extrême célérité pour nous fournir une clé de lecture. "Fondamentaliste chrétien", "fondamentaliste chrétien", "fondamentaliste chrétien"... Ça y est, c’est entré dans nos pauvres cervelles ! Nous avons retenu ce que l’on voulait que l’on retienne.
Mais, au fait, de quoi parle-t-on?? Le fondamentalisme est un courant religieux réactionnaire qui prône une compréhension stricte et littérale du texte sacré. Un "fondamentaliste chrétien", par exemple, considérera que le récit de la création du monde en sept jours doit être pris au pied de la lettre, comme un compte rendu historique précis. Tout cela est objectivement bien loin de l’univers d’Anders Behring Breivik...
Oui, mais vous ne pouvez nier qu’il s’agit d’un chrétien, me répondra-t-on. Parce qu’il a été baptisé et croit dans le Dieu trinitaire, sans doute ? Ou parce qu’il essaie de vivre selon l’Évangile ? Non, vous n’y êtes pas du tout. Si Anders Behring Breivik nous est présenté ainsi, c’est parce qu’il aurait coché la case "chrétien" sur sa page Facebook. Étrange et nouvelle façon de définir l’appartenance religieuse ! Pour faire bonne mesure, on ajoute qu’il hait les musulmans, qu’il rêve de croisade et de Templiers, qu’il déteste le "multiculturalisme". Voilà la "définition" du christianisme que l’on veut, au passage, faire gober à l’opinion internationale ! Personnellement, dans mon Église, jamais personne ne m’a présenté la foi de cette manière...
Breivik, n’est pas plus "chrétien" qu’il n’est "fondamentaliste". Dans son cerveau malade flottent, tordues, perverties, anachroniques, des images et des symboles qu’il croit propres à légitimer sa haine. Ces images et ces symboles, il a peut-être cru les trouver dans le trouble miroir que Ben Laden tendit à l’Occident un certain 11-Septembre. Comme les terroristes islamiques, il rêve d’un monde divisé en civilisations homogènes et antagoniques.
Raciste, il est surtout un malade de la "pureté", cette obsession dont Jésus invite si souvent à se méfier, cette hérésie que l’Église a le plus souvent combattue (sauf, hélas, durant l’Inquisition). Sa haine obsessionnelle exprime un refus de ce métissage culturel qui devient le propre de l’Occident. Les sociétés ouvertes et sécularisées provoquent un certain sentiment de perte. Ce n’est pas un trop-plein de religion que l’on constate (le fameux fondamentalisme) mais, au contraire, un vide identitaire où certains sombrent corps et âme.
La dérive sanglante du tueur norvégien doit aussi à la sous-culture du jeu vidéo et d’un certain cinéma – y compris, tiens, tiens, Lars von Trier, réalisateur de Dogville (cité par le tueur comme un de ses films favoris sur son profil Facebook), qui, au dernier festival de Cannes, faisait l’éloge de Hitler. Serial killer plus que terroriste, par son comportement il se rapproche de ces tireurs fous qui massacrent sur les campus américains.
Solitaires, prisonniers de fantasmes de puissance, incapables d’aimer ou de se laisser aimer, refusant plus encore d’espérer, ces frustrés recouvrent d’oripeaux pseudo-politiques le trou béant de leur existence. Leur violence exprime sans doute le mal-être de sociétés ­faussement insouciantes, où l’on croit naïvement que la promesse de prospérité et de "qualité de vie" peut combler un tel gouffre.

analyse Fondamentaliste chrétien, Anders Behring Breivik ? Et pourquoi pas extrémiste franc-maçon ? C'est en effet ce que semble suggérer une photo publiée dans son manifeste, reprise par le Daily Mail : cette photo montre Anders Behring Breivik portant les Décors maçonniques de Maître Maçon (Anders Behring Breivik a bien évidemment été exclu de la franc-maçonnerie après le massacre d'Oslo) Ces deux accusations sont aussi absurdes l'une que l'autre ! Encore faut-il le rappeler. Et le rappeler aussi fortement que la contre-vérité précédente a pu imprégner les esprits.

Théâtre - Golgota Picnic: intégristes et défenseurs de la liberté d'expression se font face à Toulouse

Libération - 19 novembre 2011 - AFP
Catholiques intégristes et défenseurs de la liberté d'expression, séparés par un imposant dispositif policier, se sont mesurés à distance samedi à Toulouse, les uns pour désigner le spectacle "Golgota Picnic" à la vindicte publique, les autres pour faire barrage à ce qu'ils considèrent comme de l'obscurantisme.
Un cordon d'environ 200 CRS, gendarmes mobiles et policiers, s'est déployé autour du rassemblement des intégristes, soumis à des provocations de petits groupes de jeunes, et les forces de l'ordre sont intervenues ponctuellement pour éviter que les choses ne dégénèrent.
Car le glacis mis en place par les autorités entre les fondamentalistes et les contre-manifestants n'a pas empêché ces jeunes de scander des slogans provocateurs comme "Néron, reviens, y a encore des chrétiens" ou "deux planches, trois clous, voilà la solution" auprès des catholiques en prière sur la place Saint-Cyprien.
"En réparation des offenses faites à Notre Seigneur Jésus-Christ", environ 750 personnes, d'après la police, 2.000 selon les organisateurs, chantaient et priaient à genoux parmi les lumignons, derrière une croix et une banderole "la France est chrétienne et doit le rester".
Opposant un front impassible aux invectives, cette foule d'adultes, d'enfants et de prêtres surmontée de drapeaux frappés du sacré-coeur s'est dispersée sans heurts et sans avoir approché le Théâtre Garonne, à plusieurs centaines de mètres de là.
C'est là que se joue la pièce loufoque et désespérée de l'Argentin Rodrigo Garcia jusqu'à dimanche, avant d'aller au Théâtre du Rond-Point à Paris en décembre.
Depuis son arrivée en France mercredi et même avant, "Golgota Picnic", avec la lecture provocante qu'il donne des Evangiles, sa scène de crucifixion trash, sa peinture du Christ et son épilogue musical interprété par un pianiste nu sur scène, concentre l'indignation exprimée depuis plusieurs semaines par les intégristes catholiques devant des spectacles qu'ils jugent blasphématoires.
"Les catholiques de France sont de plus en plus nombreux à être exaspérés par cette christianophobie ambiante", a dit à l'AFP Alain Escada, secrétaire général de l'Institut civitas, porte-étendard de la contestation.
"Que l'on traite le Christ de putain de diable, qu'on le rende responsable du terrorisme, que l'on se moque de la crucifixion d'une façon aussi sordide, quasiment pornographique, c'est le comble de l'ignominie", a ajouté le responsable de cette organisation qui se défend de toute proximité avec l'extrême droite.
Comme elles l'avaient fait mercredi, des formations de gauche et d'extrême gauche ont formé une sorte de cordon sanitaire auprès du théâtre, contre une censure moyenâgeuse.
Environ 400 défenseurs de la liberté d'expression se sont ainsi rassemblés, selon la police et les organisateurs.
[...] Le spectacle, qui affiche complet tous les soirs, n'a pas été perturbé jusqu'alors.

analyse Désinformation par le titre : comment décrypter le titre de l'article et de la dépêche AFP en en lisant le contenu ?
Les « intégristes » ? Une « foule d'adultes, d'enfants et de prêtres », « opposant un front impassible aux invectives », et qui « s'est dispersée sans heurts et sans avoir approché le Théâtre Garonne ».
Les « défenseurs de la liberté d'expression » ? « Des formations de gauche et d'extrême gauche », criant leur haine et scandant « des slogans provocateurs comme "Néron, reviens, y a encore des chrétiens" ou "deux planches, trois clous, voilà la solution" auprès des catholiques en prière »
Un véritable appel public au meurtre par des organisations gauchistes s'auto-proclamant « défenseurs de la liberté d'expression » ! Comment les médias osent-ils leur donner ce nom ? Comment peuvent-ils ne pas s'indigner de propos publics extrémistes d'une telle violence intolérante ?

...plus d'informations sur la multiplication des provocations antichrétiennes en France et en Europe

La puissance de certains lobbies leur permet d'imposer tabous et informations tronquées : l'exemple de la lutte contre le sida en Afrique en Angola

Sida : l'Église ne proscrit pas le préservatif

Le Figaro - 24 mars 2009 - Jean-Marie Guénois
En première page de l'édition du dimanche 22 mars [de L'Osservatore Romano], un article sur «Église et sida» reconnaît que le préservatif est efficace «à 97 % contre l'infection» dans les meilleures conditions d'utilisation et «à 87 %» dans des conditions communes, comme en Afrique. Et le journal de citer l'expérience de l'Ouganda où des campagnes soutenues par le gouvernement, dites «ABC», ont été lancées contre le sida : «A» comme abstinence, «B» comme fidélité (be faithful), «C» comme préservatif (condom).
L'article précise [...] que les effets de cette campagne sont spectaculaires. L'Ouganda est ainsi «l'unique pays d'Afrique qui a obtenu de bons résultats» dans cette lutte contre le sida : «La fréquence d'infection dans la population est descendue de 15 % en 1991 à 5 % en 2001.»
«L'abstinence» en question est effectivement conseillée aux jeunes adolescents. L'âge moyen du premier rapport sexuel a ainsi été retardé de «15 à 19 ans». «La fidélité», recommandée aux couples, aurait permis de réduire de 60 % le vagabondage sexuel. La méthode prévoit, enfin, l'usage du préservatif. «Ces trois facteurs, insiste l'Osservatore Romano, ont une influence importante sur la réduction de l'incidence du sida.»
La campagne «ABC» a démontré que ce sont les deux premiers axes - lutte contre une sexualité précoce et fidélité - qui ont surtout été efficaces parce qu'ils ont créé un changement de comportement. Le préservatif restant, lui, «un recours pour ceux qui n'appliquent pas les deux premiers points de la méthode». Autrement dit, pour ce médecin catholique : «L'abstinence annule le risque pour les cas de transmissions sexuelles. La fidélité dans les rapports sexuels réduit le risque. L'usage du préservatif réduit le risque mais ne l'élimine pas.»
[...] Sa conclusion ne met donc pas en cause le préservatif, en tant que tel, mais les campagnes le proposant comme seul moyen sûr. «L'expérience de terrain démontre que dans les pays où l'on a tout misé sur le tout préservatif, il n'y a pas eu - dans la population générale - des résultats satisfaisants comme ceux obtenus en Ouganda.»

analyse La pensée unique - relayée efficacement et aiguillonnée par de puissantes associations militantes (Act-Up, Aides, ...) - impose de censurer la diffusion de ce genre d'étude scientifique et de ne proposer que le préservatif, ce qui dans les faits est criminel pour la lutte contre le sida en Afrique.

...plus d'informations sur les positions réelles de l'Eglise catholique

La création culturelle et artistique d'idées reçues et de fausses légendes (faussant la perception de la réalité) : manipulation et bourrage de crâne plus ou moins subtils

Da Vinci décodé, la recette d'un best-seller

L'Humanité - 17 mai 2006 - Alain Nicolas
On passera sur les inexactitudes, énormités et autres bourdes qui parsèment les élucubrations de Dan Brown, et que nombre d'historiens ont mises en lumière avec délectation. [...] Le problème est dans la cohérence. C'est le statut même de ce secret qui rend difficile de rentrer dans cette intrigue tortueuse. On sait que des opinions bien plus dangereuses pour l'Église, concernant le Christ, soit uniquement humain et donc indigne d'adoration, soit uniquement divin, et donc n'ayant fait que simuler sa passion rédemptrice, ont été émises et discutées en concile sans menacer sa survie. [...] En fin de compte, la lecture de ce roman vaut démonstration de la puissance de la théorie du complot. Unifier sous le label d'une conspiration politico-religieuse des thèmes aussi disparates que largement réfutés démultiplie leur efficacité romanesque, et dissuade le lecteur de faire usage d'esprit critique.

"Non ma fille, tu n'iras pas danser" : portrait d'une femme que tout entrave

Le Monde - 1 septembre 2009 - Thomas Sotinel
En France, il en va des auteurs de films comme du commun des mortels : la réunion de famille est un rituel obligé [...]. Un an après le Conte de Noël nordiste d'Arnaud Desplechin, Christophe Honoré vous convie en un manoir voisin de Saint-Brieuc.
"Non ma fille, tu n'iras pas danser" commence bien comme une chorégraphie des amours et des rancoeurs, ravivées par les retrouvailles. C'est l'un des charmes de ce film - bien plus singulier qu'il n'y paraît - que de finir comme le portrait d'une femme, qui émerge lentement, douloureusement, du chaos familial. [...] Ce personnage, Lena, est incarné par Chiara Mastroianni. Dès les premières minutes, Lena s'emploie à faire mentir le slogan qui barre la même affiche : "Vivez libre !" [...]. Or tout entrave Lena. Ses enfants, un garçon et une petite fille, sa soeur Frédérique (Marina Foïs), sa mère catholique et bretonne (Marie-Christine Barrault), son père distant (Fred Ulysse). Il faut ajouter un frère et sa petite amie, un ex-flirt et surtout un ex-mari américain (Jean-Marc Barr). [...]
Cette famille est un écosystème qui impose sa loi à ses habitants. Ces règles peuvent prendre la forme du catholicisme autoritaire de la "matriarche", à laquelle Marie-Christine Barrault prête une étroitesse d'esprit lumineuse, ou la pression collective qui s'exerce sur Lena afin qu'elle sorte de l'oisiveté qu'elle a choisie, en quittant son mari et son travail de médecin.

analyse Cette critique de film est révélatrice. L'interprétation « lumineuse » de l' « étroitesse d'esprit » du « catholicisme autoritaire de la "matriarche" », louée dans la presse, voilà de la manipulation mentale, du bourrage de crâne dont ne devraient pas se rendre complices les artistes. Dans l'esprit des spectateurs sera associée de façon insidieuse au catholicisme des notions de règles rigides et d'étroitesse d'esprit. Et les germes d'une discrimination. Le cerveau humain a en effet du mal à distinguer le virtuel (la perception des personnages virtuels de ce film) du réel : on forme de nouveaux clichés, jugés « politiquement corrects » par l'opinion médiatique. Ces images s'incrustent dans notre cerveau, dans notre inconscient, comme si c'était du vécu, alors que ça n'a jamais existé que dans l'imagination du réalisateur ou de l'auteur. L'impact des médias est démultiplié de façon sournoise si tous vont dans le même sens.

Louis XIII : le dernier grand «roi de guerre»

Le Figaro Magazine - 7 août 2009 - Jean-Christian Petitfils (historien, auteur des biographies de Louis XIII, de Louis XIV et de Louis XVI et de L'Assassinat d'Henri IV, mystères d'un crime)
Moins populaire que son père Henri IV, moins fastueux que son fils Louis XIV, Louis XIII est un monarque méconnu. Il souffre en outre du prestige immense et justifiée de son Premier ministre Richelieu. Mais il vaut mieux que sa réputation : à la fois artiste et guerrier, ce roi a exercé son métier avec conviction et sans faiblesse.
[...] Les romantiques ont noirci à plaisir le portrait. Alfred de Vigny, Victor Hugo, Alexandre Dumas le dépeignent comme un velléitaire sans charisme, un soliveau sans volonté, «esclave couronné» vampirisé par sa mère, l'ambitieuse régente Marie de Médicis, dominé par son premier favori et compagnon de chasse, Luynes, puis écrasé sous la férule impérieuse de son maire du palais, le cardinal-duc, vrai maître de la France, pétri de certitudes olympiennes, bref un roi fainéant «maigre Jupiter à la moustache pointue», ironisera Michelet. Les manuels d'histoire ont prolongé cette vision réductrice, sans s'interroger sur sa pertinence. «Richelieu, le tout-puissant cardinal, est le vrai roi», disait la légende d'un dessin figurant dans le manuel Nathan (1954-1967). Même les ouvrages de l'enseignement secondaire et supérieur n'échappent pas à ce travers. Attachés à glorifier le grand cardinal, ils évoquent la «France de Richelieu», «l'armée de Richelieu», concédant, comme le cours Malet-Isaac, que Louis XIII, «laborieux et brave», était «très jaloux de son autorité».
Quant au septième art, il n'a fait que multiplier les clichés conventionnels, notamment dans ses adaptations des Trois Mousquetaires, la palme revenant au film délirant de Ken Russell, Les Diables (1970), représentant le fils d'Henri IV en dégénéré s'amusant, au milieu de sa cour, à tirer au pistolet des protestants parés de plumes d'oiseau !
Cette légende ravageuse, aux jugements cruels et péremptoires, présente un décalage considérable avec le portrait du roi tel qu'il ressort des écrits du temps, correspondances ministérielles particulièrement celle de Richelieu, rapports des ambassadeurs, lettres privées, gazettes... Les historiens disposent en outre d'un document exceptionnel, fourmillant de précieuses anecdotes, le Journal du médecin du roi, Jean Héroard, qui, du 27 septembre 1601, date de naissance de Louis XIII, au décès du praticien en février 1628, a tout noté de son patient, depuis ses premiers gazouillis, ses bons mots, jusqu'à ses réflexions d'adulte.
[...] Sous son règne, la France se métamorphose. Elle accouche dans d'éprouvantes convulsions entre révoltes provinciales, Croquants d'Aquitaine ou Nu-pieds de Normandie de la société nouvelle et de l'Etat rationnel qui s'épanouira sous le règne suivant. La monarchie administrative, qu'on appelle improprement monarchie absolue, commence à s'installer, mettant en place les grands outils de l'Etat, les intendants, l'armée, la marine, la diplomatie, le renseignement.

analyse Au-delà des extraits cités ici, l'article développe l'oeuvre immense de Louis XIII et de Richelieu dans la première moitié du 17ème siècle.

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