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Un scandale de désinformation : le mythe du silence de Pie XII sur le sort des Juifs pendant la seconde guerre mondiale


Articles de presse de référence et argumentaire choc démasquant le mythe médiatique tenace sur le soi-disant silence de Pie XII devant l'horreur de la shoah, aussi appelé l'affaire Pie XII :

Désinformation et calomnie sur l'action du pape Pie XII, contraires à la vérité historique et dénoncées par les plus grands spécialistes de la shoah

analyse Un mythe tenace contraire à la vérité historique sur l'action de Pie XII envers les juifs, si l'on en croit des personnalités au-dessus de tout soupçon partisan telles qu'aujourd'hui le chasseur de nazis Serge Klarsfeld et à l'époque David Ben Gourion, Golda Meir, Albert Einstein, Léo Kubowitski, secrétaire du Congrès juif mondial, ou encore le gand rabbin de Rome.

Servitudes et grandeur de Benoît XVI, par Bernard-Henri Lévy

Le Point - 21 janvier 2010 - Bernard-Henri Lévy
Je reviendrai, s'il le faut, sur la très complexe affaire Pie XII.
Je reviendrai sur le cas de Rolf Hochhuth, auteur de ce fameux « Vicaire » qui lança, en 1963, la polémique autour des « silences de Pie XII ».
Je reviendrai sur le fait, en particulier, que ce bouillant justicier est aussi un négationniste patenté, condamné plusieurs fois comme tel et dont la dernière provocation consista, il y a cinq ans, dans une interview à l'hebdomadaire d'extrême droite Junge Freiheit, à prendre la défense du négateur des chambres à gaz David Irving.
Pour l'heure je veux juste rappeler, comme vient de le refaire Laurent Dispot, dans la revue que je dirige, La Règle du jeu , que le terrible Pie XII fut, en 1937, alors qu'il n'était encore que le cardinal Pacelli, le coauteur de l'encyclique « Avec une brûlante inquiétude » qui demeure, aujourd'hui encore, l'un des manifestes antinazis les plus éloquents de l'époque.
Pour l'heure, on doit à l'exactitude historique de préciser qu'avant d'opter pour l'action clandestine et le secret, avant d'ouvrir donc, sans le dire, ses couvents aux juifs romains traqués par les nervis fascistes, le « silencieux » Pie XII prononça des allocutions radiophoniques (celles, par exemple, de Noël 1941 et 1942) qui lui valurent, après sa mort, l'hommage d'une Golda Meir qui savait ce que parler veut dire et ne craignit pas de déclarer : « pendant les dix ans de la terreur nazie, alors que notre peuple souffrait un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux. »
Et, pour l'heure, on s'étonnera surtout que, de l'assourdissant silence qui se fit, dans le monde entier, autour de la Shoah, on fasse porter tout le poids, ou presque, sur celui des Souverains du moment qui a) n'avait ni canons ni avions à sa disposition ; b) ne ménagea pas ses efforts pour, nous disent la plupart des historiens sérieux, partager avec ceux qui en disposaient les informations dont il avait connaissance ; c) sauva, lui, effectivement, à Rome mais aussi ailleurs, un grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale.
Ultime retouche au Grand Livre de la sottise contemporaine : Pie ou Benoît, on peut être pape et bouc émissaire.

analyse Pour mémoire, Golda Meir (connue aussi sous le nom de Golda Meirson) a participé à la création de l'État d'Israël, a été ministre des affaires étrangères, et a été le quatrième premier ministre d'Israël de 1969 à 1974.

Serge Klarsfeld : "Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint"

Le Point - 23 décembre 2009 - Serge Klarsfeld, propos recueillis par Ségolène Gros de Larquier
Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint ! [...] Et puis, si l'on parle beaucoup de Pie XII, pourquoi ne regarde-t-on pas aussi le général de Gaulle ? Il est considéré comme un saint en France ! Eh bien, lors de l'été 1942, après la rafle du Vel' d'hiv, le général de Gaulle n'a pas élevé la voix. Pourtant, par la suite, de nombreuses autres rafles ont suivi, menées uniquement par des uniformes français et organisées par l'administration préfectorale ! Le général de Gaulle n'a pas élevé la voix pour avertir par exemple : 'Fonctionnaires, si vous arrêtez les juifs, vous serez arrêtés et traduits en justice !'
[...] Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l'Est. Le Polonais Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, est né de la volonté de Pie XII de lancer ce mouvement de résistance. Le rôle de Pie XII a aussi été diplomatique et idéologique : il a été le rédacteur de l'encyclique de 1937 condamnant le nazisme et publiée par son prédécesseur.
Pourtant, on reproche à Pie XII son silence pendant la Shoah... Tout cela est très difficile à apprécier. N'occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs. Citons par exemple ce qui s'est passé à Rome. Un millier de juifs ont été arrêtés lors d'une rafle-surprise. Pie XII n'a pas protesté à voix haute, mais il a demandé aux établissements religieux d'ouvrir leurs portes. Résultat : des milliers de juifs ont pu être sauvés. Alors que si Pie XII avait élevé la voix, quelles auraient été les conséquences ? Est-ce que cela aurait changé les choses pour les juifs ? Probablement pas. Déjà, ses déclarations pour défendre les catholiques n'ont pas été entendues puisqu'en Pologne deux millions de catholiques ont été tués. Néanmoins, une prise de parole publique aurait sûrement amélioré la propre réputation de Pie XII aujourd'hui.
Au sein du monde juif, [...] quelques-uns, comme moi, essaient de regarder quels étaient la réalité historique et le contexte de l'époque. En revanche, d'autres ne pensent pas une seconde aux milliers de catholiques tués, mais en priorité aux rabbins et aux juifs massacrés pendant la Shoah. Mais le pape, c'est avant tout le pape des catholiques. La priorité de Pie XII était de protéger les catholiques des régimes nazi et communiste.

analyse Serge Klarsfeld est un écrivain, historien et avocat de la cause des déportés en France. Son épouse Beate et lui sont connus sous le nom de « chasseurs de nazis », pour avoir emmené devant les tribunaux Klaus Barbie notamment.

Bernard-Henri Lévy défend le pape

La Vie - 22 janvier 2010 - Pierre de Rougé
Bernard-Henri Lévy, tout comme l'éditorialiste Eric Zemmour l'avait fait quelques jours auparavant sur RTL, mentionne les hommes d'Etat israéliens, comme Ben Gourion, qui considéraient Pie XII comme un "ami des juifs", et cite les propos de Golda Meir au sortir de la guerre : "pendant les dix ans de la terreur nazie, alors que notre peuple souffrait un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux". [...]
Ces déclarations apparaissent d'autant plus importantes que ces faiseurs d'opinions sont tous deux d'origine juive.

analyse Pour mémoire, David Ben Gourion a été le premier Premier ministre d'Israël entre 1948 et 1953 puis entre 1955 et 1963.

L'invention en 1963 du mythe des silences de Pie XII par le négationniste Rolf Hochhuth dans son oeuvre Le Vicaire

Bernard-Henri Lévy prend la défense de Benoît XVI et Pie XII

Le Point - 20 janvier 2010 - AFP
Le philosophe français Bernard-Henri Lévy prend la défense des papes Benoît XVI et Pie XII, des "boucs émissaires" victimes de "désinformation" (...).
Sur la question "très complexe" de Pie XII, il note que Rolf Hochhuth, auteur du livre Le Vicaire "qui, en 1963, a lancé la polémique sur les +silences de Pie XII+" est "un négationniste patenté, plusieurs fois condamné comme tel".

L'origine, les raisons et les motivations secrètes de la propagande autour de cette fausse légende noire

Pie XII : et si Marianne se trompait?

Marianne 2 - 11 janvier 2010 - Roland Hureaux
Selon une thèse devenue désormais classique, Max Weber distingue l'éthique de la responsabilité et l'éthique de la conviction. L'homme de conviction est soucieux de témoigner de ce qu'il croit juste, même si cela le prive de moyens d'action , voire a des effets pratiques négatifs. L'homme de responsabilité s'efforce de calculer dans chaque circonstance les effets positifs et négatifs de ce qu'il dit et fait et mesure ses propos en fonction de cela.
Devant ce dilemme, il est évident que, depuis toujours, les chefs de l'Eglise catholique se situent du côté de l'éthique de la responsabilité. Parce que, contrairement à ce que pourraient laisser penser certains, les bons chrétiens ne sont pas des adolescents attardés, et parce que l'Eglise catholique a des responsabilités effectives : entre 1939 et 1945, celle de millions de catholiques mais aussi de centaines de milliers de juifs réfugiés dans les institutions !
Il y a une immaturité inouïe à imaginer que le pape aurait pu prendre la parole à tort et à travers sans se préoccuper d'abord de cette responsabilité. C'est toute la différence avec [...] des intellectuels médiatiques qui peuvent [...] faire des proclamations destinées à passer dans l'histoire (y passeront-elles ? c'est une autre affaire) sans se préoccuper de leurs effets.
[...] Comme le dit Serge Klarsfeld, une prise de parole solennelle lors de la rafle des juifs de Rome aurait « sûrement amélioré la propre réputation de Pie XII aujourd'hui. » Mais quel criminel aurait-il été s'il avait, pour forger son image devant l'histoire ou même préserver l'honneur de l'institution, sacrifié la vie ne serait-ce que d'un des milliers d'enfants juifs réfugiés dans les jardins de Castel Gondolfo et de multiples couvents !
Il faut une singulière méconnaissance de ce qu'avait été le régime nazi pour imaginer que ce genre de proclamations aurait pu l'émouvoir. L'exemple souvent cité de la protestation forte des évêques hollandais face la déportation des juifs qui a attiré des représailles non seulement sur les catholiques mais surtout sur les juifs qu'ils protégeaient, est éloquent par lui-même.
[...] Comment peut-on dire aussi que le pape n'a rien dit contre le nazisme alors qu'il avait été le sherpa qui rédigea de bout en bout l'encyclique Mit brennender sorge (1937).
Il fut, dit-on, obsédé par l'anticommunisme. Parole légère s'il en est ! Oublie-t-on qu'entre août 1939 et juin 1941, Hitler et Staline sont alliés, un plan d'extermination des prêtres et des élites polonaises est à l'oeuvre et des centaines de milliers de catholiques polonais assassinés. Pas de protestation mémorable non plus. Pourquoi ? Je ne sais.
[...] De fait, le vrai mystère de Pie XII n'est pas tant son comportement pendant la guerre que la lecture qui en est faite soixante ans après. Comment ce pape qui fit de son vivant l'objet d'éloges unanimes du monde juif (Ben Gourion, Golda Meir, Albert Einstein, Léo Kubowitski, secrétaire du Congrès juif mondial, le gand rabbin de Rome etc) et non juif, peut être aujourd'hui ainsi vilipendé ?
Le basculement s'est fait avec la pièce « Le Vicaire » (1963), oeuvre littéraire et non historique due à un personnage douteux, proche des milieux négationnistes. Il coïncide surtout avec l'émergence de la génération d'après-guerre dont l'irresponsabilité en tant de domaines avait besoin d'un paravent idéologique : identifier, dans la ligne de l'Ecole de Francfort et au rebours du vécu des contemporains, nazisme et tradition en fut une des clefs de voûte.

Pour aller plus loin

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La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.
A VOIR - Chronique vidéo (3 minutes) du journaliste Eric Zemmour démontant la polémique sur le silence de Pie XII et révélant les dessous du mythe

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