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Développement durable, protection de l'environnement, préservation de la nature : enjeux économiques et financiers

Répertoire structuré d'extraits d'articles de presse de référence consacrés aux enjeux économiques environnnementaux :

Un capital nature à préserver et faire fructifier plutôt qu'à épuiser

23.500 milliards d'euros par an grâce à la biodiversité

Le Figaro - 21 octobre 2010 - Marielle Court
Présenté mercredi à Nagoya, le rapport Sukhdev prône l'intégration des services rendus par les écosystèmes dans l'économie.
La question se fait de plus en plus insistante : faut-il s'intéresser à la valeur des services rendus par les éco­systèmes ? Faut-il donner un prix à la nature ? Mercredi, la synthèse du rapport final sur l'économie de la biodiversité a été rendue publique, à la faveur du sommet international sur la biodiversité qui se tient à Nagoya (Japon) sous l'égide de l'ONU. Commandé par l'Europe à un groupe de travail piloté par l'économiste indien Pavan Sukhdev, le document, fruit de trois ans de travail, entend démontrer l'intérêt qu'il y a à évaluer ce que peut coûter la non-préservation de la biodiversité. Un travail inspiré par celui rendu en 2006 par Nicholas Stern sur le climat. «Cette nouvelle approche peut réinitialiser la boussole de l'économie et ouvrir une nouvelle ère dans laquelle la valeur des services de la nature est rendue visible et devient une composante explicite du processus de décision dans le monde politique comme dans le monde des affaires», a expliqué Pavan Sukhdev.
«Il existe aujourd'hui un très grand nombre d'études sur ces questions», précise de son côté Bernard Chevassus-au-Louis, qui a présidé une commission du conseil d'analyse stratégique sur l'économie de la biodiversité. Le rapport a été publié en 2009. Dans sa dernière lettre, le Commissariat général au développement durable, reprenant un chiffrage de la commission Sukhdev, rappelle que les services rendus par la nature sont estimés «à 23.500 milliards d'euros par an», soit la moitié du PIB mondial.
On mesure ainsi des valeurs d'usage. Le chiffre d'affaires de certains secteurs économiques est très directement lié à la biodiversité. C'est le cas pour l'industrie pharmaceutique. Aux États-Unis, dix des 25 médicaments les plus vendus sont dérivés de la biodiversité. C'est également le cas du tourisme. «La pêche récréative, toujours aux États-Unis, représente 37 milliards de dollars et un million d'emplois , explique Guillaume Sainteny, spécialiste de ces questions. La valeur d'usage des récifs coralliens dans les territoires d'outre-mer français varie entre 5 000 et 10 000 € par hectare et par an.» Dans leur synthèse, les membres de la commission Sukhdev citent également à titre d'exemple une décision de la municipalité de New York, qui, en donnant des subventions (1 à 1,5 milliard de dollars) à des agriculteurs se trouvant en amont de la ville pour éviter des pollutions, a économisé la construction d'une station d'épuration d'une valeur comprise entre 6 et 8 milliards de dollars.
Il existe de la même manière une valeur contentieuse. Plusieurs États, dont la France, ont été condamnés pour non repect des directives européennes. En 2005, Paris a dû payer 20 millions d'euros d'amende, les filets des pêcheurs n'étant pas aux normes. Par ailleurs, «la notion de préjudice écologique autonome (sans référence à un préjudice à l'homme) reconnue par le juge français lors du procès de l'Erika a été pour la première fois largement médiatisée», souligne Isabelle Doussan, juriste à l'Inra.
[...] «La notion de prix en ce qui concerne la nature n'a aucun sens», estime Jacques Weber, économiste au Cirad (Centre de coopération internationale pour le développement). Il plaide au contraire pour l'une des conclusions de la commission présidée par Bernard Chevassus-au-Louis : «Renoncer à donner des valeurs mais concevoir des méthodes de calcul des coûts de maintenance ou de restauration de la disponibilité des services écologiques». Mais il n'est pas très optimiste : «Nous sommes conscients de livrer un combat qui tient du baroud d'honneur : plus la mise en prix de la nature avancera, plus son caractère de propriété commune sera en danger de privatisation», assure-t-il.

"Il nous faut inventer une nouvelle économie s'appuyant sur le capital naturel"

Le Monde Magazine - 24 octobre 2010 - Frédéric Joignot
L'actuelle érosion des biotopes terrestres – forêts, océans, sols etc. –, jusqu'ici capables de s'auto-entretenir, nous coûte entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année – en comparaison, le FMI estime à 1 150 millions d'euros les pertes bancaires pendant la récente crise financière. En diminuant par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 par année diminueraient de 2 600 milliards d'euros les dégâts causés par le réchauffement – "sans compter, ajoute Pavan Sukhdev, les services de captation de CO2 rendus par les forêts".
Pavan Sukhdev a dressé la liste des services inestimables et mésestimés que les écosystèmes naturels nous rendent tous les jours : l'approvisionnement en nourriture, en matières premières indispensables, en eau douce, en ressources médicinales, en bois d'habitation et de chauffage, en air pur ; la régulation du climat à l'échelle locale et mondiale, la régulation des événements naturels violents, de l'érosion et de la fertilité des sols, sans oublier l'apport d'habitats protégeant la diversité des animaux terrestres.
A tous ces précieux dons de la nature, sans lesquels nous ne saurions survivre, il faut ajouter l'aide stratégique qu'elle nous fournit aujourd'hui pour réparer les destructions causées par les activités humaines, devenues comparables à des forces géologiques. "Les solutions au changement climatique se trouvent dans les ressources naturelles, explique Pavan Sukhdev. Elles sont nos alliées."
Le drame actuel des humains vient de ce qu'ils ont trop longtemps cru que les cadeaux de la nature étaient éternels et infinis. Mais surtout, la théorie économique occidentale, toute consacrée à ses profits à court terme, n'a pas jugé nécessaire de considérer la valeur de cette manne. Ce qui choque Pavan Sukhdev : "Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à l'économie, j'ai voulu élargir la notion de capital pour m'intéresser au 'capital naturel'. Découvrir quelle est la véritable 'nature de la valeur' nous mène à considérer quelle est la 'valeur de la nature'.
Il semble évident à tous que les innombrables services rendus par les écosystèmes ont une valeur. Pourtant, ceux-ci sont encore invisibles. Le taux d'oxygène constant, la régulation climatique, la dépollution par les océans n'apparaissent pas dans les comptes privés ni publics. Ils n'ont jamais été véritablement chiffrés par les acteurs économiques, ils apparaissent très peu sur les marchés, défient encore notre évaluation. Or cette invisibilité du capital naturel contribue gravement à la dégradation des écosystèmes et à la perte de la biodiversité."

La deuxième vie des algues vertes

Le Figaro - 20 juillet 2010 - Pauline Fréour
Nuisibles quand elles recouvrent les plages, les algues vertes peuvent être valorisées. Si l'épandage sur les champs reste le principal débouché, d'autres filières se développent. L'épandage constitue le principal débouché des ulva lactuca le procédé concernerait 80% de la «laitue verte» ramassée. (...) L'autre débouché majeur pour les ulves consiste à les mélanger à d'autres végétaux verts pour produire du compost. (...) Intéressantes du point de vue de leur composition, les algues sont toutefois difficiles à utiliser au niveau industriel, car leur production est irrégulière et imprévisible. Et les contraintes pour les transformer ne sont pas minces. (...) Une fois «stabilisée», la matière est éligible pour un certain nombre de transformations industrielles, souligne Yannick Lerat [responsable de la plateforme analyses et gestion des connaissances au Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva)]. «Les algues vertes peuvent intervenir dans la fabrication de nombreux produits. Cosmétiques, produits chimiques, matériaux comme le carton ou les plastiques, nourriture pour les animaux, voire pour les hommes». Autre piste envisageable, la production d'énergie. «Le processus de méthanisation, au cours duquel les algues dégagent du gaz, et donc produisent de l'énergie, au contact de bactéries, est déjà utilisé dans des projets pilotes au Japon.» (...) Les investissements restent néanmoins limités dans ce secteur car «il est difficile de construire une industrie sur une ressource dont on cherche avant tout à enrayer la production», constate Yannick Lerat. «On préfère investir dans le préventif, évidemment, mais un modèle économique commence toutefois à émerger».

L'humanité engloutit l'équivalent d'une planète et demie

Le Monde - 13 octobre 2010 - lemonde.fr
Selon le rapport "Planète vivante 2010" de l'organisation écologiste WWF,[...] l'humanité utilise désormais "l'équivalent d'une planète et demie" pour subvenir à ses besoins, principalement en raison de la "surconsommation" des pays les plus riches. L'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface de terre et le volume d'eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population sur une année, a doublé depuis 1966, ajoute l'organisation. Si rien ne change dans nos modes de consommation, l'humanité aura besoin de "deux planètes par an" en 2030, s'alarme le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le WWF souligne le rôle prépondérant des pays les plus riches dans cette évolution en relevant que, toujours sur les données de 2007, les pays membres de l'OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, "représentaient 37 % de l'empreinte écologique de l'humanité". "Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l'humanité et absorber les émissions de CO2", souligne le texte. "Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l'humanité n'utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète", ajoute-t-il.
Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweït et l'Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique, ajoute l'organisation. "La surconsommation du Nord se fait à crédit sur les ressources du Sud", souligne le WWF, dont le rapport relève également qu'"un déclin de la biodiversité est plus élevé dans les pays à faibles revenus".
Le rapport du WWF fait état d'une diminution globale de la biodiversité de 30 % entre 1970 et 2007. Dans les zones tropicales, cette diminution atteint 60 %.

Le danger d'une croissance de l'économie verte basée sur des subventions écologiques étatiques et la spéculation

L'énergie éolienne souffle sur le Texas

Le Figaro - 7 décembre 2009 - Armelle Vincent
Le poumon pétrolier des États-Unis se convertit à son tour aux énergies renouvelables, par pragmatisme plus que par conviction écologique.

L'IGF dénonce le péril financier d'une croissance débridée du photovoltaïque

Le Monde Magazine - 4 septembre 2010 - Jean-Michel Bezat
Le gouvernement a rendu public, vendredi 3 septembre, un rapport très sévère d'une mission de l'Inspection générale des finances (IGF), renforcée par deux ingénieurs des mines, sur le véritable emballement de la filière photovoltaïque en France à la fin de 2009. La multiplication des projets a décidé le ministre de l'écologie et de l'énergie, Jean-Louis Borloo, à réduire de 12 % au 1er septembre les tarifs de rachat par EDF du courant produit par ces panneaux solaires - pour la deuxième fois cette année - afin d'"éviter des effets d'aubaine spéculatifs". Car ce sont bien les clients d'EDF qui, in fine, payeront la facture à travers la contribution au service public de l'électricité (CSPE).
[...] Si l'on retient les objectifs du Grenelle de l'environnement, elle ne représentera que 0,4 % de la consommation d'énergie. Une contribution marginale à l'objectif du gouvernement, qui prévoit que 23 % de l'énergie consommée en France devra être d'origine renouvelable dans dix ans.
Cela mérite-t-il les dizaines de milliards d'euros qui lui seront consacrés si rien n'est fait ? Le coût de production d'un parc solaire (hors bâti) dépasse 200 euros par mégawattheure (MWh) pour un tarif de rachat de 314 euros et celui d'une installation sur des bâtiments de 400 euros pour un prix de rachat de 580 euros. Le prix de l'électricité sur le marché de gros était, lui, de 56 euros fin juin. Tarifs alléchants, baisse du prix des panneaux, annonce prématurée de réduction des tarifs de rachat : tout s'est conjugué pour gonfler le nombre des demandes de contrats reçues par EDF (26 200 en décembre 2009).[...] Si les pouvoirs publics n'infléchissent pas fortement la tendance, les capacités installées atteindront 17 000 MW, "entraînant un surcoût important pour les consommateurs". Il leur en coûterait 4,5 milliards par an par le biais de la CSPE, alors que le respect de la programmation des investissements (PPI) du gouvernement ne prévoit que 1,5 milliard. Un ménage se chauffant à l'électricité pourrait payer 200 euros de plus par an.

analyse L'économie verte se résume parfois à de la spéculation financière alimentée par le montant des subventions, accordées par le gouvernement sur les finances publiques, mais dont le poids financier retombera sur le dos des générations futures par la grâce du mécanisme magique de la dette publique... Bel exemple de développement durable !

L'engouement pour les agrocarburants n'est plus ce qu'il était

L'Express - 9 avril 2010 - Catherine Gouëset
Parés de toutes les vertus il y a quelques années, les agrocarburants sont aujourd'hui accusés d'affamer la planète et d'encourager la déforestation. Et leur bilan environnemental ne serait pas si "vert" qu'on a bien voulu le dire, comme le concède un rapport... récemment retiré par l'Ademe de son site Web.
[...] Novembre 2005: un rapport intergouvernemental intitulé "Optimisation du dispositif de soutien aux biocarburants" montre que les 26 000 créations d'emploi prévues dans la filière des biocarburants sont "largement surestimées".[...]
Octobre 2006: le Parlement vote un amendement instaurant un régime fiscal dérogatoire pour le biocarburant superéthanol E85.
[...] Juillet 2007: Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, dénonce l'impact des biocarburants sur la déforestation et sur la hausse des prix des produits agricoles, au moment où le président brésilien Lula Da Silva fait une tournée en Europe pour promouvoir les agrocarburants.
[...] Septembre 2007: un rapport de l'OCDE souligne les risques que font peser les agrocarburants pour la production alimentaire mondiale.
[...] Octobre 2007: le rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation critique cette politique subventionnée par de nombreux pays.
[...] Juillet 2008: selon le Guardian, un rapport interne de la Banque Mondiale estime que l'essor des biocarburants est le principal responsable du bond de 140 % des prix d'un panel de produits alimentaires constaté entre 2002 et février 2008.
L'OCDE remet en cause, dans un nouveau rapport, les politiques de soutien aux biocarburants des pays de l'hémisphère Nord, dont le coût est élevé et l'impact environnemental limité.
[...] Le Fonds monétaire international (FMI) conseille de revoir les subventions accordées pour leur développement, "surtout dans les pays développés" affirmant qu' il y a "de plus en plus d'indications que la première génération de biocarburants encouragée par ces politiques ne constitue pas une alternative écologique ni compétitive en termes de prix aux carburants tirés d'hydrocarbures".
[...] Octobre 2008: le projet de loi de finances 2009 réduit les exonérations de taxe TIPP. En 2009, la réduction passe de 0,22 à 0,135 euro par litre pour le biodiesel et de 0,27 à 0,17 euro pour l'éthanol. Avec un objectif de suppression totale de ces aides dès 2012.
[...] Août 2009: le rapport annuel sur l'industrie pétrolière montre que le succès des carburants verts a entraîné un manque à gagner fiscal de 720 millions d'euros en 2008, soit 44 % de plus que l'année précédente.
Octobre 2009: dans son rapport annuel sur l'alimentation mondiale, la FAO appelle à une révision des politiques et des subventions des pays de l'OCDE pour les agrocarburants, afin de maintenir l'objectif de sécurité alimentaire mondiale et de garantir un environnement durable.

analyse Une volonté politique, des subventions et des incitations financières très efficaces... mais aux effets globaux mal ciblés, aux impacts économiques et écologiques mondiaux mal maîtrisés. Belle illustration de précipitation politique qui, sous couvert d'écologie et de bons sentiments, s'est révélée désastreuse au plan humanitaire et environnemental !

Pourquoi la transition énergétique va détruire des centaines de milliers d'emplois

La Tribune - 25 septembre 2012 - Jean-Louis Butré (président de la Fédération Environnement Durable et président d'EPAW)
La nouvelle politique de transition énergétique lancée lors de la conférence environnementale prévoit des centaines de milliards d'investissements. Mais l'impact positif espéré sur l'emploi de cette décision est basé sur une illusion car le gouvernement ne prend pas en compte les effets induits de l'alourdissement programmé du prix de l'électricité en France et ses conséquences négatives en terme de perte de compétitivité.
La décision annoncé lors de la conférence environnementale de mettre en œuvre en France une nouvelle politique de « transition énergétique » engage la France à long terme. Elle exigera des investissements financiers de plusieurs centaines de milliards d’euros d’argent public. Pour être actée cette décision aurait du prendre en compte trois niveaux d'impacts sur l’emploi :
- les emplois directs crées dans les filières nouvelles mais aussi les destructions induites dans les autres filières énergétiques ;
- les emplois indirects, généralement ceux dans les branches sous-traitantes ;
- les emplois induits ou détruits dans les autres secteurs.
Concernant la filière de la production de l’électricité, il faut regretter que l’idéologie aient pris le pas sur le rationalisme et l’impartialité lors du vote des lois du Grenelle de l’environnement. Sous la pression des syndicats patronaux concernés, ces lois ont mis en place des objectifs et des mécanismes financiers de soutien aux énergies renouvelables qui entrainent un coût faramineux pour la collectivité, notamment par le mécanismes de rachat de l’électricité par EDF à des prix garantis sans aucun rapport avec l’économie de marché. Cette politique énergétique du Grenelle n’a pas été centrée sur les économies d’énergie et l’ensemble de toutes les « énergies renouvelables » mais sur le développement massif du solaire et surtout de l’éolien qui a pour objectif à lui seul d’atteindre 25.000 mégawatts installés en 2020 c'est-à-dire 15.000 éoliennes sur terre et plus de 1200 le long des côtes…
En réalité ce programme a été décidé sans analyser ni sa faisabilité réelle ni ses conséquences sur l’augmentation du prix de l’électricité. Seuls ont été mis en avant les avantages des créations de nouveaux emplois « dits verts». Les destructions des autres emplois ont été soigneusement masquées. La décision du nouveau gouvernement de lancer le programme de « transition énergétique » qui amplifie les erreurs passées est une erreur majeure.

Concernant la faisabilité de ce nouveau programme, la France s’est engagée dans une impasse.
Le solaire et l’éolien ne sont pas des sources de production contrôlables. Il est impossible scientifiquement de remplacer des sources d’électricité permanentes et fiables par des productions intermittentes. Tant qu'on ne saura pas stocker l'électricité, des sources aléatoires ne joueront en réalité qu'un rôle marginal et ne pourront jamais satisfaire 25 % des besoins de la France, ce qui est l'objectif annoncé maintenant par le nouveau gouvernement. Ce programme est voué à un échec. Dans le cas exemplaire de l’éolien, les promoteurs ont en effet oublié de préciser que compte tenu de l’intermittence du vent, l’énergie éolienne doit être compensée par une électricité thermique au charbon, au gaz ou au pétrole génératrice d’émissions de gaz à effet de serre. L'Allemagne cité comme exemple a les prix de l'électricité déjà parmi les plus élevés d'Europe. Pour sécuriser sa production électrique intermittente basée sur les éoliennes, ce pays essaye de sortir de ce piège en construisant le plus « discrètement possible » 23 centrales à charbon fortement polluantes.

Concernant les emplois, le lobby industriel des énergies renouvelables s’est substitué à l’Etat
Les chiffres mirifiques de création qui sont annoncés à longueur d’antenne reposent sur une définition floue et complaisante, permettant de comptabiliser n’importe quel emploi dès lors qu’il est susceptible de contribuer en partie à la sauvegarde de l’environnement. Ils ne prennent surtout pas en compte les destructions d’emplois induites.
Les promoteurs d’énergies renouvelables se sont présentés non comme des businessmen, mais comme des ONG salvatrices de l’humanité. Or, les estimations faites par des organismes indépendants démontrent que ces emplois coûtent une fortune au contribuable. Pour certains, le chiffre serait même de 200.000 euros d’argent public par emploi créé, soit beaucoup plus que la valeur ajoutée tirée de ces mêmes emplois, ce qui se traduira automatiquement par des disparitions dans d’autres filières. .
De plus, cette production d’électricité « renouvelable » est ultra-subventionnée et elle va, selon la Cour des Comptes, accroître de 30 % le prix de l'électricité des consommateurs alors que plus de 4 millions d'entre eux ne peuvent aujourd'hui assumer la facture énergétique de leur habitation. Pour les industriels consommateurs d’électricité, elle va gravement pénaliser la compétitivité de la France c'est-à-dire détruire bien plus d'emplois que ceux qu’elle ne créera. Elle risque d’entrainer une augmentation des délocalisations vers des pays aux coûts de production plus compétitifs.
D’autres analyses indépendantes confirment ces faits. L’impact sur l’emploi des mix électriques programmés par les nouvelles orientations gouvernementales (entre 2012 et 2015) implique des fortes hausses du prix de l’électricité et des conséquences très fortement négatives sur l’emploi. Certains prédisent même qu’à l’horizon 2030 ce seraient 140000 à 200000 emplois qui seraient détruits. L’Ademe, agence gouvernementale pourtant totalement inféodée aux promoteurs des énergies renouvelables, a également fourni des estimations sur les destructions d’emplois qui pourraient atteindre 85.000 pour les mêmes scénarios définis précédemment. Les résultats ne sont pas directement comparables mais ils vont dans la même direction.

Un audit du prix de l’électricité est indispensable
Ce que montrent en réalité ces analyses macro économiques, c’est surtout que le prix de l’électricité est déterminant et que les chiffres d’emplois induits ou détruits sont d’un ordre de grandeur bien supérieur aux simples emplois directs créés. Comme le demande depuis 2 ans la Fédération Environnement Durable, le nouveau gouvernement devrait faire de toute urgence un audit concernant l’électricité en France depuis 10 ans. Dans le cas de l’éolien, il constaterait le bilan déplorable engendré par l’implantation des 4000 éoliennes actuellement sur le territoire. Il découvrirait que leur taux réel de fonctionnement est beaucoup plus faible que prévu, qu’elles ont engendré une forte dégradation de la balance commerciale et enclenché une augmentation catastrophique programmée du prix de l’électricité masquée dans les comptes d’ EDF.
Le gouvernement semble avoir découvert le « pot aux roses » car il vient de lancer un chantier concernant les énergies renouvelables, dont d’après lui « le développement rapide pèserait de plus en plus sur les factures d'électricité » (dépêche AFP du 21 septembre). Ce chantier vise à désamorcer la bombe à retardement que constitue pour les consommateurs la contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe prélevée sur les factures d'électricité qui a déjà été doublée en deux ans. Et cette tendance va encore s'accélérer dans les années qui viennent. Le régulateur du secteur, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a également tiré la sonnette d'alarme à de nombreuses reprises. EDF avait annoncé en juillet que le déficit cumulé de la CSPE avait encore gonflé de 700 millions d'euros au premier semestre, atteignant un total de 4,5 milliards d'euros. Une somme pour le moment à sa charge, mais que les consommateurs sont censés régler tôt ou tard, via de futures hausses de la CSPE. La décision d'ouvrir ce chantier suit l'une des recommandations d'un rapport administratif publié en pleine conférence environnementale, qui avait jeté un pavé dans la mare en pointant l'envolée du coût de l'éolien et du solaire, et a été qualifié par leurs défenseurs de "brûlot". Selon ce rapport, le besoin de financement de la CSPE lié aux seules énergies renouvelables devrait atteindre 8 milliards d'euros en 2020, ce qui nécessiterait d'augmenter la taxe au-delà de 20 euros le mégawattheure, le double de son niveau actuel.
Dans un contexte mondial de crise où la recherche de la compétivité de notre pays est une donnée vitale, il est difficile d'imaginer une manière plus inadaptée que la poursuite de ce programme de « transition énergétique ».

Le risque d'épuisement des ressources naturelles et le business du tri sélectif, de la valorisation des déchets et du recyclage

analyse Une approche globale et coordonnée est nécessaire ; ce qui, dans la réalité, est loin d'être le cas aujourd'hui.

«Les appareils électroménagers sont volontairement fabriqués pour durer moins longtemps»

Libération - 16 septembre 2010 - Anne-Laure Wittmann, responsable de la thématique déchets aux Amis de la terre France, propos recueillis par Philippe Brochen
Le constat est alarmant. Et illustre au mieux la société de surconsommation qui est la nôtre dans les pays riches. Selon l'association Les Amis de la terre, la durée de vie actuelle des appareils électroménagers serait aujourd'hui en moyenne de 6 à 9 ans, contre 10 à 12 ans il y a une dizaine d'années, alors que, paradoxalement, les technologies n'ont de cesse de progresser.
Alors que la prévention des déchets est au coeur des Assises nationales des déchets qui se déroulent depuis ce jeudi et jusqu'à demain à Paris, l'ONG vient de rendre public un rapport intitulé «L'obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage» sur les produits électriques et électroniques. Un travail qui, selon Les Amis de la terre, «montre que les stratégies mises en place pour réduire la durée de vie des produits augmentent considérablement le volume des déchets, mais aussi contribuent à l'épuisement des ressources naturelles».

Et si le tri sélectif ne servait à rien…

Le Point - 15 septembre 2010 - Beatrice Parrino
Vous triez vos déchets. Vous lavez les bocaux de confiture, vous écrasez les briques de lait et enlevez un à un les bouchons de vos bouteilles de jus de fruits vides. Ceux en plastique, vous les ôtez et les mettez dans votre poubelle à pois dédiée aux déchets non recyclables. Le tri fini, vous descendez avec tous vos sacs dans le local à ordures, où vous vous concentrez pour les semer dans le bon bac : le jaune, le vert ou le blanc... Bravo, c'est votre contribution pour "sauver la planète". Mais vous faites peut-être ça pour rien. En 2007, 6,4 millions de tonnes de déchets recyclables ont en fait été incinérés ou enfouis. Sur les 561 kilos de déchets générés chaque année par chaque Français, seul un tiers est finalement recyclé. Pour les emballages, 60 % du gisement est officiellement recyclé. En fait, 42 %, selon une expertise livrée en avril 2009 aux ministères de l'Économie, de l'Écologie et de l'Intérieur. Pourquoi un tel écart ? Le gisement serait sous-estimé et les produits recyclés, eux, surestimés. Depuis, l'État n'a pas corrigé ce mode de calcul alors que le Grenelle de l'environnement prévoit un taux de recyclage de 75 % pour 2012.
Les raisons de cette contre-performance ? Il existe 300 consignes de tri différentes ! Ici, on jette le papier dans un bac bleu, là-bas, on opte pour le jaune. L'harmonisation des règles n'est pas prévue avant 2015. En attendant, un quart des déchets collectés de "manière sélective" est refusé par les zones de tri. Certains exploitants sont intransigeants : si un particulier jette le mauvais déchet dans le mauvais bac, toute la benne part à la décharge ! D'autres écartent l'objet du délit et expédient le reste en usines de recyclage. La nature même du déchet "impur" au recyclage est sujette à interprétations. Un journal taché de thé ? Recyclable pour les uns, perdu pour les autres. En fait, tout dépend beaucoup de la modernité des installations, le tri peut être manuel ou infrarouge. Résultat : même nos centres les plus high-tech ne traitent pas les barquettes de fraises ou les pots de yaourts. "Cela coûte moins d'incinérer certains plastiques que de les recycler, s'agace Philippe Chalmin, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Parfois, à vouloir trop en faire, on se retrouve dans des situations un peu absurdes, comme d'exporter nos déchets vers la Chine pour les recycler..."
[...] Sur le papier, tout est contrôlé. Des "éco-organismes" chapeautent la filière. Ces PME à but non lucratif perçoivent des contributions des industriels qu'elles reversent aux collectivités locales. Celles-ci peuvent soit charger une société privée de la collecte sélective soit le faire elles-mêmes. Mais là encore, à chacun sa règle. À l'instar de Besançon, trente collectivités lèvent une redevance incitative sur le principe "pollueur-payeur". Plus le contribuable produit de déchets, plus sa taxe est élevée. Un impôt qui sera généralisé d'ici 2014. Un effort financier destiné à décrocher les lauriers de champion d'Europe que lorgne le ministère de l'Écologie...

Au-delà des programmes écologistes "bisounours", une politique "100% verte" coûteuse aurait des effets catastrophiques pour l'économie et la vie quotidienne de nos concitoyens

Halte à l'écolomania !

Marianne - 10 juin 2009 - Malakine
Pourtant, un programme réellement écologiste n'aurait pas grand chose de consensuel. Le traitement pour lutter contre la consommation des ressources, freiner les émissions de gaz à effet de serre et anticiper sur la fin des hydrocarbures, serait même plutôt douloureux. La véritable doctrine de ce courant de pensée, c'est la décroissance, c'est-à-dire, consommer moins, produire moins, gagner moins, être moins nombreux, quand ce n'est pas, pour les plus radicaux, de vivre dans une yourte au fin fond de la Corrèze, se nourrir avec les produits troqués contre quelque productions artisanales à un producteur bio du village, s'éclairer à la bougie, ne pas se chauffer en hiver et chier dans un compost au fond du jardin ! La littérature des penseurs de la décroissance ne fait pas vraiment envie. Pour ceux qui s'y intéressent vraiment, je ne peux que conseiller la lecture de Jean Marc Jancovici. Personnellement, son « économie de guerre » et projet ruraliste m'a plutôt fait froid dans le dos, mais il y en a qui aiment.
Rien de tel dans le programme d'Europe Ecologie. Pas une mesure impopulaire ! Les dépenses nouvelles jaillissent à chaque page du programme, mais aucune hausse de la pression fiscale nulle part. Les taxes nouvelles seront bien évidemment compensées pour les plus fragiles. Vous travaillerez moins mais, vous verrez, vous gagnerez autant … L'élevage produit autant de gaz à effet de serre que les transports. Pourtant les écolos se sont bien gardé d'annoncer que la viande (re)deviendrait un produit de luxe pour jour de fête. On parle de véhicules propres, mais on se fait discret sur le doublement du prix de l'essence que préconisait pourtant Cohn-Bendit il y a 10 ans…! Même du point de vue qui est le sien, on cherche désespérément dans le programme d'Europe Ecologie, ce qui pourrait réellement constituer une rupture pour éviter la catastrophe annoncée. Marianne2 n'a pas tort de qualifier le programme d'Europe Ecologie de programme Bisounours.

Taxe carbone : en Suède, les entreprises sont exonérées, pas les ménages

Le Figaro - 10 septembre 2009 - Marielle Court
Pionnière de la taxe sur le CO2, la Suède ne tient pas compte des critères sociaux et géographiques. Mais les entreprises voient leurs charges allégées.
Comparaison ne vaut pas raison. Si la France, tous partis confondus, ne tarit pas d'éloges sur le modèle suédois, elle n'entend pas pour autant le transposer tel quel. «C'est un modèle qui marche en termes de diminution de gaz à effet de serre et de croissance», reconnaît Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, en visite à Stockholm cette semaine, même si le système n'est pas transposable en France, pour des raisons sociales.
«Depuis 1990, les émissions de CO2 ont diminué d'au moins 9 %, alors que le produit intérieur brut s'est accru de 44 %», a expliqué Maria Wärnberg qui, en 1991, était conseillère du ministre de l'Environnement en charge de ce dossier. Sans l'introduction de la taxe, les émissions de CO2 seraient aujourd'hui supérieures de 20 % à leur niveau actuel, assure le ministère suédois des Finances.
À l'époque, en l'absence d'un quelconque marché du carbone, le prix de la tonne de CO2 avait été fixé à 27 euros ; aujourd'hui, elle atteint 108 euros, bien plus que les 14 euros - le prix du marché - préconisés par Matignon comme point de départ pour la France.
Lorsque Chantal Jouanno demande si cette nouvelle taxe a été introduite en tenant compte de critères sociaux et géographiques, la réponse est sans ambiguïté : c'est non. Chaque Suédois, quels que soient son revenu et son lieu de résidence, supporte 100 % de la taxe carbone lorsqu'il fait le plein de sa voiture ou remplit sa cuve de mazout.
Les industries en revanche - à l'exception notamment des entreprises de service et du chauffage urbain - en sont très largement exonérées. Pour l'heure, elles ne paient que 21 %, concurrence internationale oblige, expliquent les autorités suédoises. Mais dans le cadre du plan climat adopté au printemps, une hausse a été annoncée. Ce taux devrait passer à 30 % en 2011 et à 60 % en 2015.
Il n'existe par ailleurs aucun mécanisme de redistribution de type «chèques verts». Les sommes récoltées sont versées au budget général. «En termes absolus, un ménage dans les intervalles les plus élevés de revenu paie une facture énergétique plus élevée. Mais en proportion au revenu disponible, ce sont les ménages à plus faible revenu qui ont subi la plus grande augmentation des coûts énergétiques», précise une étude.
Comment expliquer alors que cela soit passé si facilement dans l'opinion publique ? Les autorités suédoises avancent deux réponses. La première est liée à la conscience écologique forte et ancienne des habitants. «Les Suédois sont traditionnellement soucieux de protéger leur environnement», insiste Maria Wärnberg. Mais, surtout, la taxe carbone a vu le jour dans le cadre d'une réforme générale de la fiscalité. Son institution progressive s'est faite en échange d'allégement d'autres charges. La taxe sur l'énergie mais surtout les charges pesant sur le travail.

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