INFOSELEC.net, des briques d'information sélectionnées sur le Net
Flux RSS Nouveautés (RSS)

Vous êtes ici : Infos > Ecologie, Environnement et Développement Durable > Engagement citoyen

Ecologie, protection de l'environnement et préservation de la nature : mobilisation pour le développement durable et engagement citoyen

Dossiers d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

Développement durable et protection de l'environnement : la France plutôt bonne élève

La France au 7e rang mondial pour l'environnement

Le Monde - 29 mai 2010 - Grégoire Allix
La France "figure en tête des pays du G20, selon ce palmarès biennal, fondé sur un "cocktail" de vingt-cinq indicateurs, qui prend en compte aussi bien les objectifs de santé environnementale (accès à l'eau potable, pollution de l'air...) que la vitalité des écosystèmes (biodiversité, usage des pesticides, état des forêts, protection des mers, émissions de CO2...)."

L'état de l'environnement en France reste préoccupant

Le Monde - 5 juin 2010 - Gaëlle Dupont
Certaines évolutions sont positives. La qualité de l'air dans les villes s'améliore globalement, principalement grâce aux progrès technologiques des véhicules. Les émissions de gaz à effet de serre sont également en baisse.(...) Autre tendance assez favorable, la stabilisation des taux de nitrates dans les eaux superficielles. (...) Côté négatif, des tendances préoccupantes perdurent. La pollution des sols (plomb, cuivre) et celle des eaux souterraines (nitrates, pesticides) s'aggravent. La biodiversité est en crise, malgré l'accroissement des surfaces protégées.

La France 1ere ou 10e en développement durable ?

L'Express - 19 novembre 2010 - lexpress.fr
Les pays les mieux notés en matière de politique de développement durable ne sont pas forcément ceux qui accueillent les entreprises les plus performantes dans ce domaine. Tel est l'enseignement d'une étude européenne réalisée par le groupe Vigeo et Publicis Consultants, sur plus de 300 sociétés cotées dans 14 pays [...]. Ainsi, alors que la France pointe au 10e rang, loin derrière le trio de tête (Suède, Norvège, Finlande), son industrie automobile se classe première (Renault est n° 1, PSA n° 2) au regard de sa responsabilité sociale. Même constat dans l'énergie, avec EDF et GDF Suez sur les premières marches du podium.

La France en quelques chiffres insolites

Le Figaro - 24 mars 2010 - Marie Visot
L'Insee publie ce mercredi les «Tableaux de l'économie française» 2010, un condensé de chiffres sur l'Hexagone. (...) 41,2 milliards d'euros. Somme dépensée en 2007 pour les activités de protection de l'environnement - soit 2,2 % du PIB. «L'assainissement des eaux usées et la gestion des déchets représentent les deux tiers de la dépense totale», souligne l'Insee. En Europe, chaque citoyen a engendré cette année-là 522 kilos de déchets municipaux.

...plus d'informations sur les enjeux économiques du développement durable

Une volonté certaine de mobilisation et d'engagement des citoyens pour la cause écologique... mais souvent pour de fausses bonnes idées ?

analyse De nombreuses bonnes volontés s'engagent pour la défense de l'environnement, mais certaines actions menées ne sont-elles pas contre-productives ? Certaines vérités assennées à un moment donné ne se révèlent-elles pas néfastes sur le plan de l'écologie et du développement durable ?

Une "forêt fantôme" pour dénoncer la déforestation

Le Monde - 16 novembre 2009 - lemonde.fr
Dix troncs d'arbres tropicaux ont été disposés sur Trafalgar Square à Londres pour dénoncer la déforestation.
analyseL'achat d'une bonne conscience et la satisfaction d'un bon coup de pub... mais à quel coût environnemental ?

L'engouement pour les agrocarburants n'est plus ce qu'il était

L'Express - 9 avril 2010 - Catherine Gouëset
Parés de toutes les vertus il y a quelques années, les agrocarburants sont aujourd'hui accusés d'affamer la planète et d'encourager la déforestation. Et leur bilan environnemental ne serait pas si "vert" qu'on a bien voulu le dire, comme le concède un rapport... récemment retiré par l'Ademe de son site Web. Comment en est-on arrivé là?
L'engouement
Septembre 2004: le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin annonce un plan de développement des carburants d'origine végétale, qui doit aboutir d'ici à 2007 au triplement de leurs capacités de production en France.
[...] Octobre 2005: l'Assemblée nationale décide, lors de l'examen du projet de loi d'orientation agricole, de porter la part des biocarburants dans les carburants à 5,75 % au 31 décembre 2008, à 7 % au 31 décembre 2010 et à 10 % au 31 décembre 2015. Une accélération de deux ans sur le calendrier prévu initialement par les autorités européennes.[...]
Octobre 2006: le Parlement vote un amendement instaurant un régime fiscal dérogatoire pour le biocarburant superéthanol E85.
Janvier 2007: la fabrication et la commercialisation de l'E85 sont officiellement autorisées en France. Ce nouveau biocarburant est composé à 85 % d'éthanol, alcool extrait de la distillation des céréales (blé, maïs), et à 15 % d'essence classique.
Mars 2007: le Brésil, les États-Unis, la Chine et l'Union européenne annoncent, à l'ONU, la création d'un forum international des biocarburants visant à augmenter la production, la distribution et l'utilisation de produits alternatifs aux carburants fossiles.
Les doutes
Juillet 2007: Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, dénonce l'impact des biocarburants sur la déforestation et sur la hausse des prix des produits agricoles, au moment où le président brésilien Lula Da Silva fait une tournée en Europe pour promouvoir les agrocarburants.
Août 2007: une étude parue dans la revue Science cosignée par Renton Righelato, du World Land Trust, une organisation de conservation des écosystèmes, et Dominick Spracklen, de l'université de Leeds (Grande-Bretagne) souligne que les agrocarburants ne permettront pas systématiquement de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Septembre 2007: un rapport de l'OCDE souligne les risques que font peser les agrocarburants pour la production alimentaire mondiale.
Selon les calculs du Nobel Paul Crutzen publiés dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions, la production de carburants à partir de plantes, utilisatrice d'engrais, pourrait accroître les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Octobre 2007: le rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation critique cette politique subventionnée par de nombreux pays.
Décembre 2007: deux sénateurs membres de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques rendent public un rapport consacré à l'effondrement de la biodiversité. Ils réclament un moratoire sur les agrocarburants.[...]
Avril 2008: [...] L'Allemagne, qui produit deux fois plus d'agrocarburants que la France renonce au développement massif des biocarburants.[...]
Juillet 2008: selon le Guardian, un rapport interne de la Banque Mondiale estime que l'essor des biocarburants est le principal responsable du bond de 140 % des prix d'un panel de produits alimentaires constaté entre 2002 et février 2008.
L'OCDE remet en cause, dans un nouveau rapport, les politiques de soutien aux biocarburants des pays de l'hémisphère Nord, dont le coût est élevé et l'impact environnemental limité.
Une commission du Parlement européen, celle de l'environnement, appelle l'Union européenne à revoir à la baisse ses objectifs en matière d'agrocarburants. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de revoir les subventions accordées pour leur développement, "surtout dans les pays développés" affirmant qu' il y a "de plus en plus d'indications que la première génération de biocarburants encouragée par ces politiques ne constitue pas une alternative écologique ni compétitive en termes de prix aux carburants tirés d'hydrocarbures".
Septembre 2008: les députés européens décident finalement de limiter la part des agrocarburants dans l'essor programmé des énergies renouvelables, au profit de ressources moins controversées comme l'éolien, le solaire, l'hydrogène ou l'utilisation de la biomasse. [...]
Octobre 2008: le projet de loi de finances 2009 réduit les exonérations de taxe TIPP.[...] Avec un objectif de suppression totale de ces aides dès 2012. [...]
Août 2009: le rapport annuel sur l'industrie pétrolière montre que le succès des carburants verts a entraîné un manque à gagner fiscal de 720 millions d'euros en 2008, soit 44 % de plus que l'année précédente.
Octobre 2009: dans son rapport annuel sur l'alimentation mondiale, la FAO appelle à une révision des politiques et des subventions des pays de l'OCDE pour les agrocarburants, afin de maintenir l'objectif de sécurité alimentaire mondiale et de garantir un environnement durable.
7 octobre 2009: le conseil d'administration de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) valide un plan de développement des agrocarburants de deuxième génération, baptisé BioTfuel, d'un montant total de 112 millions d'euros.
8 octobre 2009: l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) diffuse un rapport d'évaluation des biocarburants mitigé. Il indique notamment que la filière dite "ETBE" (mélange d'éthanol avec de l'isobutène, qui représente 50% du bioéthanol français) ne respecte pas les exigences de la directive européenne sur les énergies renouvelables. Quelques jours plus tard, ce rapport, "considéré comme très favorable au développement de la filière par des associations écologistes qui craignent les conséquences que les agrocarburants peuvent avoir sur les terres cultivables" est retiré du site [...] "afin d'apporter les compléments nécessaires à l'étude et à sa revue critique".
8 avril 2010: un nouveau rapport de l'Ademe fait apparaître que, dans l'absolu, l'utilisation des biocarburants est plus économe en énergie que l'utilisation des énergies fossiles. L'agence reconnaît néanmoins qu'en cas de déforestation, l'impact sur l'effet de serre est le double de celui de l'essence ou du gazole remplacés.

...plus d'informations sur les polémiques des politiques écologistes

Manger «bio» n'est pas meilleur pour la santé

Le Figaro - 20 mai 2010 - Marc Mennessier
Les produits issus de l'agriculture biologique ne sont pas meilleurs pour la santé que les aliments ordinaires. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans Les Cahiers de nutrition et de diététique par deux chercheurs honoraires de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), spécialisés en nutrition humaine et sécurité alimentaire.
À noter que le cuivre, le soufre, la roténone et l'huile de neem, parfois massivement utilisés par les producteurs bio pour lutter contre certains parasites, n'ont fait à ce jour l'objet d'aucune recherche. «Or ces produits que les gens croient inoffensifs parce qu'ils sont "naturels" peuvent être aussi toxiques que certaines molécules de synthèse», souligne Léon Guéguen. Par ailleurs, si la réduction dans les cultures bio des intrants chimiques (engrais, produits phytosanitaires) favorise la production par la plante de substances antioxydantes bénéfiques pour la santé, comme les polyphénols, elle facilite aussi celle de métabolites secondaires et de toxines naturelles dont l'innocuité n'est pas garantie, estiment les deux auteurs.
S'il se confirme que le fait de manger bio n'apporte pas de bénéfice évident pour la santé, en revanche, l'impact environnemental de ce mode de production est globalement meilleur, mais, encore une fois, contrasté. [...] Mais, en pratique, ces effets positifs ne sont pas opérants du fait de l'éparpillement des parcelles bio. Pour y remédier, les académiciens proposent de «concentrer» les exploitations bio dans certains territoires sensibles, comme les bassins versants ou les zones de captage d'eau potable. Mais ce regroupement n'est pas sans risque. «Aujourd'hui, les champs bio sont en partie protégés des parasites par les agriculteurs conventionnels qui traitent tout autour, note Léon Guéguen. Si on les rassemble au même endroit, les cultures pourraient être détruites en cas de forte épidémie.»

Engagement citoyen : "des efforts contre les émissions de CO2, oui... mais pour les autres !" Un appel à la responsabilité personnelle, contre l'hypocrisie bien-pensante

analyse Avant de désigner des "responsables" et de faire la morale aux "autres", n'est-il pas d'abord de notre devoir à chacun d'agir de façon responsable ? L'hypocrisie, un piège à éviter

L'état de l'environnement en France reste préoccupant

Le Monde - 5 juin 2010 - Gaëlle Dupont
Alors que l'industrie a beaucoup réduit son impact sur l'environnement, sous la pression des pouvoirs publics, et que l'agriculture commence à faire de même, la consommation des ménages pèse davantage. Les pratiques - recours majoritaires à la voiture, demande de biens livrés rapidement (donc par la route), aspiration à la maison individuelle, multiplication des voyages - sont "en décalage" avec le souci de protection de l'environnement exprimé. Les séjours à l'étranger ont augmenté de 25 % entre 2000 et 2007, avec une forte croissance des courtes durées.

Des kilos de CO2 cachés dans nos assiettes

Le Figaro - 15 octobre 2007 - Marielle Court
Oubliant les saisons, les consommateurs achètent des fraises à Noël ou des cèpes au printemps, qui auront parcouru des milliers de kilomètres avant d'arriver sur leur table.

Pour préserver la planète, l'homme devra modifier son alimentation

Le Monde - 12 janvier 2011 - Lemonde.fr avec AFP
Selon un rapport présenté mercredi 12 janvier par des chercheurs français, les pays riches devront mettre moins de viande dans leur assiette et en finir avec le gâchis pour nourrir neuf milliards d'individus en 2050, tout en préservant les ressources de la planète.
Examinant la question de la subsistance alimentaire des êtres humains à l'horizon 2050, le rapport "Agrimonde", fruit de travaux lancés en 2006, répond par deux scénarios : l'un privilégie le bien-être immédiat et l'autre, le développement durable. Et ce dernier suppose "une vraie rupture", souligne cette étude réalisée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).
"Evidemment, ce n'est pas parce que je vais moins manger que quelqu'un du Sahel va mieux manger", nuance Sandrine Paillard, responsable de l'unité prospective de l'INRA. "Mais il est clair que si toute la planète mange comme on mange, et notamment autant de viande, la pression sur les ressources naturelles ne sera pas tenable". En moyenne, un individu a à sa disposition 3 000 kilocalories par jour. Mais les disparités sont fortes : on atteint les 4 000 dans les pays riches de l'OCDE, et même 4 500 aux Etats-Unis, contre seulement 2 300 en Afrique sub-saharienne.
Dans le scénario axé sur le développement durable, les chercheurs estiment que les 3 000 kilocalories quotidiennes doivent être réparties de façon plus équitable dans le monde. Un postulat qui permet de "ne pas augmenter la pression sur les ressources naturelles par rapport à aujourd'hui". Pour les pays du Nord, cela impliquerait de réduire la disponibilité en calories de 25 %. "Ce qui est assez énorme", commente Sandrine Paillard.
Les moyens d'y parvenir sont multiples et impliquent toute le chaîne de production et de consommation. D'abord, il s'agit de réduire "les pertes à la consommation" qui peuvent s'élever jusqu'à 30 % dans les pays riches. Dans la ligne de mire : le gaspillage, notamment celui causé par les aliments jetés après la date de consommation optimale, souvent confondue avec la date de péremption. "L'industrie agroalimentaire aussi se protège, les dates de péremption ne reflètent pas forcément la réalité de la sécurité des aliments", avance la chercheuse.
Ce scénario suppose également des politiques de santé publique "plus ambitieuses" pour lutter contre la suralimentation et les maladies associées, écrit le rapport. En 2003, 1,3 milliard d'adultes dans le monde étaient en surpoids, dont 400 millions d'obèses. Il ne s'agit donc pas seulement de moins manger mais de manger différemment, et notamment de limiter la viande : la production de ruminants a augmenté de 40 % entre 1970 et 1995. Le scénario durable suppose que la part des calories végétales représente 2 500 kilocalories sur les 3 000 journaliers.
"Dès que le régime alimentaire est caractérisé par une forte part de calories animales, la pression sur les ressources naturelles est beaucoup plus importante", rappelle Mme Paillard. Pour l'eau par exemple, le rapport souligne que, quand 100 litres d'eau sont nécessaires pour produire un kilo de pommes de terre, la quantité s'élève à 13 000 litres pour un kilo de viande de bœuf.

Taxe carbone : en Suède, les entreprises sont exonérées, pas les ménages

Le Figaro - 10 septembre 2009 - Marielle Court
Pionnière de la taxe sur le CO2, la Suède ne tient pas compte des critères sociaux et géographiques. Mais les entreprises voient leurs charges allégées.
Comparaison ne vaut pas raison. Si la France, tous partis confondus, ne tarit pas d'éloges sur le modèle suédois, elle n'entend pas pour autant le transposer tel quel. «C'est un modèle qui marche en termes de diminution de gaz à effet de serre et de croissance», reconnaît Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, en visite à Stockholm cette semaine, même si le système n'est pas transposable en France, pour des raisons sociales.
«Depuis 1990, les émissions de CO2 ont diminué d'au moins 9 %, alors que le produit intérieur brut s'est accru de 44 %», a expliqué Maria Wärnberg qui, en 1991, était conseillère du ministre de l'Environnement en charge de ce dossier. Sans l'introduction de la taxe, les émissions de CO2 seraient aujourd'hui supérieures de 20 % à leur niveau actuel, assure le ministère suédois des Finances.
À l'époque, en l'absence d'un quelconque marché du carbone, le prix de la tonne de CO2 avait été fixé à 27 euros ; aujourd'hui, elle atteint 108 euros, bien plus que les 14 euros - le prix du marché - préconisés par Matignon comme point de départ pour la France.
Lorsque Chantal Jouanno demande si cette nouvelle taxe a été introduite en tenant compte de critères sociaux et géographiques, la réponse est sans ambiguïté : c'est non. Chaque Suédois, quels que soient son revenu et son lieu de résidence, supporte 100 % de la taxe carbone lorsqu'il fait le plein de sa voiture ou remplit sa cuve de mazout.
Les industries en revanche - à l'exception notamment des entreprises de service et du chauffage urbain - en sont très largement exonérées. Pour l'heure, elles ne paient que 21 %, concurrence internationale oblige, expliquent les autorités suédoises. Mais dans le cadre du plan climat adopté au printemps, une hausse a été annoncée. Ce taux devrait passer à 30 % en 2011 et à 60 % en 2015.
Il n'existe par ailleurs aucun mécanisme de redistribution de type «chèques verts». Les sommes récoltées sont versées au budget général. «En termes absolus, un ménage dans les intervalles les plus élevés de revenu paie une facture énergétique plus élevée. Mais en proportion au revenu disponible, ce sont les ménages à plus faible revenu qui ont subi la plus grande augmentation des coûts énergétiques», précise une étude.
Comment expliquer alors que cela soit passé si facilement dans l'opinion publique ? Les autorités suédoises avancent deux réponses. La première est liée à la conscience écologique forte et ancienne des habitants. «Les Suédois sont traditionnellement soucieux de protéger leur environnement», insiste Maria Wärnberg. Mais, surtout, la taxe carbone a vu le jour dans le cadre d'une réforme générale de la fiscalité. Son institution progressive s'est faite en échange d'allégement d'autres charges. La taxe sur l'énergie mais surtout les charges pesant sur le travail.
En 1991, l'ensemble des taxes environnementales alourdissaient la fiscalité de 1,8 milliard d'euros mais, dans le même temps, les taxes sur le travail étaient réduites de 6 milliards d'euros. Reste une dernière interrogation : peut-on imaginer que cette taxe, qui a pour objectif en Suède d'inciter les habitants à changer de comportement, finisse donc par disparaître ? Pour l'heure, la Suède n'y songe pas. Même si la taxe carbone a provoqué la quasi-disparition des chauffages urbains au fioul, sa hausse constante a permis d'augmenter les rentrées budgétaires pour l'État. De 1,3 milliard en 1998, elles sont passées à 2,5 milliards en 2008. La fiscalité sur le carbone sera maintenue «tant que nous n'aurons pas atteint nos objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre», explique Elisabet Falemo, secrétaire d'État du ministère de l'Environnement. L'objectif est une baisse de 40 % en 2020 par rapport à 1990. La Ville de Stockholm pour sa part annonce qu'elle ne sera plus du tout émettrice de CO2 en 2050.

Les plastiques dans les océans viennent des machines à laver

Le Figaro - 16 septembre 2011 - Yves Miserey
La majorité des particules qui polluent les océans provient du lavage des vêtements en synthétique.
Plus de 240 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année dans le monde. Une petite partie se retrouve dans les océans sous forme de minuscules débris dont la taille ne dépasse pas 1 mm. Ils flottent à la surface de l'eau ou sont piégés dans les sédiments. Cette pollution est apparue à partir des années 1960 et, depuis, elle s'amplifie. L'an dernier, une équipe de scientifiques européens estimait qu'il y avait environ 500 tonnes de plastiques en Méditerranée parmi lesquelles beaucoup de microparticules. L'ONU et plusieurs laboratoires dans le monde se sont saisis du dossier.
Une équipe pilotée par Richard Thompson, de l'université de Plymouth (Angleterre), vient de faire une découverte inattendue : près de 80 % des particules piégées dans les sédiments sont des morceaux de fibres synthétiques issus de l'industrie textile. Dans les échantillons prélevés sur 18 sites côtiers dans les six continents, ils ont trouvé du polyester (56 %), de l'acrylique (23 %), du polypropylène (7 %), du polyéthylène (6 %) et des fibres polyamides (3 %). Autrement dit, c'est en lavant leur linge que les humains salissent les océans. Leurs travaux sont publiés en ligne dans la revue américaine Environmental Science & Technology.
[...] Les stations d'épuration ne piégeant pas ces particules ultralégères, elles descendent les cours d'eau pour finir en mer. «Il y a sûrement d'autres sources que les textiles synthétiques, reconnaît Mark Anthony Browne, le premier auteur de l'étude, comme la fragmentation des sacs ou les particules plastiques présentes dans les produits de nettoyage. Des recherches doivent encore être menées mais les industriels du textile et de l'électroménager ainsi que les spécialistes des stations d'épuration doivent s'atteler au problème». Le consommateur pourrait, lui, préférer les matières naturelles comme le coton.
Les microparticules de plastiques peuvent, selon lui, présenter un risque pour la faune marine qui les absorbe. Elles sont soupçonnées, en effet, d'attirer et de charrier des substances toxiques comme les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) ou les PCB (polychlorobiphényles). La dérive des particules plastiques modifie aussi le milieu marin car elles transportent certains planctons qui restent normalement attachés à des supports fixes, ajoute François Galgani, de la station Ifremer de Bastia.

L'humanité engloutit l'équivalent d'une planète et demie

Le Monde - 13 octobre 2010 - lemonde.fr
Selon le rapport "Planète vivante 2010" de l'organisation écologiste WWF,[...] l'humanité utilise désormais "l'équivalent d'une planète et demie" pour subvenir à ses besoins, principalement en raison de la "surconsommation" des pays les plus riches. L'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface de terre et le volume d'eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population sur une année, a doublé depuis 1966, ajoute l'organisation. Si rien ne change dans nos modes de consommation, l'humanité aura besoin de "deux planètes par an" en 2030, s'alarme le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le WWF souligne le rôle prépondérant des pays les plus riches dans cette évolution en relevant que, toujours sur les données de 2007, les pays membres de l'OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, "représentaient 37 % de l'empreinte écologique de l'humanité". "Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l'humanité et absorber les émissions de CO2", souligne le texte. "Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l'humanité n'utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète", ajoute-t-il.
Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweït et l'Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique, ajoute l'organisation. "La surconsommation du Nord se fait à crédit sur les ressources du Sud", souligne le WWF, dont le rapport relève également qu'"un déclin de la biodiversité est plus élevé dans les pays à faibles revenus".
Le rapport du WWF fait état d'une diminution globale de la biodiversité de 30 % entre 1970 et 2007. Dans les zones tropicales, cette diminution atteint 60 %.

...plus d'informations sur la communication sensationnaliste sur les prévisions écologiques

Salvano Briceno : L'homme transforme l'aléa naturel en catastrophe

Le Monde - 27 août 2010 - Salvano Briceno (directeur de la Stratégie internationale pour la réduction des catastrophes des Nations Unies), propos recueillis par Grégoire Allix
Villes et villages se vident dans la vallée de l'Indus. Des centaines de milliers de Pakistanais continuent de fuir les inondations qui ont déjà fait 1 500 morts depuis un mois. Au Pakistan comme en Russie, en Chine ou en Inde, les catastrophes naturelles ont rendu l'été meurtrier. Mais sont-elles si naturelles ? Plus que le climat ou l'environnement, "c'est l'intervention de l'homme qui crée la catastrophe", estime le Vénézuélien Salvano Briceno, qui dirige à Genève la Stratégie internationale de réduction des catastrophes des Nations unies.
"Au Pakistan comme ailleurs, on ne tient pas compte des risques naturels, vus à tort comme inévitables. On a permis aux gens de s'installer sur les bords des fleuves, dans les plaines d'inondation. Des endroits où les risques étaient pourtant bien connus. C'est la principale cause de la catastrophe. Ce n'est pas l'aléa naturel qui tue les gens. Si la plupart des victimes sont mortes dans le nord, c'est parce que la guerre avait rendu la région vulnérable et fait de nombreux déplacés."
"L'aménagement du territoire et la politique de construction portent une responsabilité essentielle dans la fabrication des catastrophes. Elles ne sont pas naturelles. C'est l'action de l'homme qui transforme l'aléa naturel en désastre."
"En Russie, la mauvaise gestion des forêts a été une des causes principales des incendies qui ont ravagé le pays. En Chine, la croissance urbaine incontrôlée et la déforestation favorisent les glissements de terrain. En Haïti, le 12 janvier, les habitants de Port-au-Prince ont été tués par leur pauvreté, pas par le tremblement de terre. Un mois plus tard, un séisme équivalent a frappé le Chili, avec infiniment moins de morts. La différence, c'est la misère, l'urbanisation des terrains à risque, l'absence de normes de construction. Chaque année, un même ouragan fait des ravages mortels à Haïti mais aucune victime à Cuba ou en République dominicaine."

...plus d'informations sur les risques de changements climatiques

Une cause d'avenir sur laquelle se mobiliser : notre environnement naturel, allié à la créativité humaine, une source inépuisable de ressources à explorer !

analyse On parle beaucoup de dangers, de catastrophes à venir, sans tenir compte de la capacité créatrice de l'être humain. Pourquoi ne pas rester positif et rappeler quelques rêves de progrès écologiques, même anecdotiques ?

«Les forêts tropicales, un pactole biochimique»

Le Figaro - 16 février 2010 - Thomas Vampouille
Partout dans le monde, les forêts tropicales primaires cèdent aux forêts secondaires, remaniées par l'homme. Grand spécialiste des forêts tropicales et de leurs canopées, le botaniste Francis Hallé explique pourquoi il faut absolument sauver ces écosystèmes en danger. Car au-delà de leur valeur écologique, elles possèdent un important potentiel économique.
Les forêts tropicales sont les réserves de vie de notre planète ! Elles sont incomparablement plus riches que les océans, qui couvrent les deux tiers du globe mais ne représentent que 15% de la biodiversité. La forêt tropicale, qui ne constitue que 6% des terres émergées, abrite en revanche au moins 75% de la biodiversité mondiale. Et au sein de ces forêts, on estime que 69% de la faune vit dans la canopée.
Le jour où les industries, pharmaceutiques notamment, s'intéresseront à leurs ressources biochimiques, les forêts primaires seront sauvées. Il faut que ces industries prennent conscience de la valeur économique de la canopée. C'est seulement en donnant un prix aux molécules des cimes des forêts tropicales qu'on arrêtera de les couper pour leurs troncs. Le bois peut être exploité à partir de plantations, alors que ce patrimoine biochimique est unique et ne peut se récolter que dans les canopées.

Les insectes, bifteck de l'avenir

Le Monde - 31 mai 2010 - Gaëlle Dupont
Substituer des larves à la viande ou au poisson est une des pistes envisagées par les Nations unies pour nourrir 9 milliards de personnes à l'horizon 2050. Le développement de la consommation d'insectes comme substitut de la viande ou du poisson fait partie des pistes étudiées très sérieusement pour assurer la sécurité alimentaire mondiale dans les décennies à venir.
analysePlutôt que de crier au loup, trouver des solutions.

La deuxième vie des algues vertes

Le Figaro - 20 juillet 2010 - Pauline Fréour
Nuisibles quand elles recouvrent les plages, les algues vertes peuvent être valorisées. Si l'épandage sur les champs reste le principal débouché, d'autres filières se développent. L'épandage constitue le principal débouché des ulva lactuca le procédé concernerait 80% de la «laitue verte» ramassée. (...) L'autre débouché majeur pour les ulves consiste à les mélanger à d'autres végétaux verts pour produire du compost. (...) Intéressantes du point de vue de leur composition, les algues sont toutefois difficiles à utiliser au niveau industriel, car leur production est irrégulière et imprévisible. Et les contraintes pour les transformer ne sont pas minces. (...) Une fois «stabilisée», la matière est éligible pour un certain nombre de transformations industrielles, souligne Yannick Lerat [responsable de la plateforme analyses et gestion des connaissances au Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva)]. «Les algues vertes peuvent intervenir dans la fabrication de nombreux produits. Cosmétiques, produits chimiques, matériaux comme le carton ou les plastiques, nourriture pour les animaux, voire pour les hommes». Autre piste envisageable, la production d'énergie. «Le processus de méthanisation, au cours duquel les algues dégagent du gaz, et donc produisent de l'énergie, au contact de bactéries, est déjà utilisé dans des projets pilotes au Japon.» (...) Les investissements restent néanmoins limités dans ce secteur car «il est difficile de construire une industrie sur une ressource dont on cherche avant tout à enrayer la production», constate Yannick Lerat. «On préfère investir dans le préventif, évidemment, mais un modèle économique commence toutefois à émerger».

Pour aller plus loin...

Pour chaque extrait, le lien vers l'article complet est disponible en cliquant sur le titre.
La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.

Copyright INFOSELEC.net 2011,
tous droits réservés
Plan du site Contact Valid XHTML 1.0 Strict, excepté sigles et bannières CSS Valide !