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Le système de soins français : manque de moyens et difficultés budgétaires de l'assurance maladie dus au gaspillage insupportable de dépenses de santé

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

La France a-t-elle "le meilleur système de santé au monde" ? En tout cas l'un des plus appréciés en Europe

Les Français satisfaits de leur système de santé

Le Monde - 21 septembre 2010 - Lemonde.fr avec AFP
Parfois critiques, les Français se déclarent néanmoins satisfaits de leur système de santé et n'iraient pas se faire soigner ailleurs, même pour moins cher, selon un baromètre européen. 61 % des Français plébiscitent leur système de santé, selon une enquête menée par le Cercle santé société (CSS), un cercle de réflexion sur l'économie de la santé, et par la société Europ Assistance. Parmi les autres pays étudiés, seuls les Autrichiens (à 86 %) et les Britanniques (à 70 %) se disent plus enthousiastes sur leur propre organisation de santé, selon cette étude, menée tous les ans depuis quatre ans. Portant sur un échantillon représentatif de 3 600 personnes réparties sur huit pays (sept pays européens et les Etats-Unis), l'enquête a été conduite entre le 1er juin et le 9 juillet 2010.

Santé : la part payée par les ménages stable depuis 1995

Le Figaro - 10 septembre 2009 - Olivier Auguste
La Sécu finance 75,5 % des soins, les complémentaires 13,7 % et les patients 9,4 %.[...] Cette étude exhaustive montre qu'en 2008 les malades ont dû sortir davantage d'argent de leur poche pour se faire soigner. La part de la «consommation de soins et de biens médicaux» (soins hospitaliers et en ville, médicaments, transports sanitaires, lunettes…) directement financée par les ménages est passée à 9,4 %, contre 9 % l'année précédente.[...] Cette tendance à la hausse a débuté en 2004. La part des ménages était alors tombée à 8,3 %.[...] En revanche, observée sur une période plus longue, la part des ménages reste stable : elle était de 9,6 % en 1995, soit 0,2 % de plus qu'actuellement ! Le «commun des patients» aura du mal à le croire. Cette stabilité découle « de deux évolutions de sens contraires », explique l'étude. Les dépenses de produits mal remboursés augmentent (médicaments pris en charge à 35 %, optique…). Mais parallèlement, le nombre de patients en affection de longue durée (cancer, diabète, hémophilie, Parkinson…) grimpe lui aussi. Or, ces 9 millions de personnes sont prises en charge à 100 % par la Sécu.

Gaspillage et dépenses inutiles : actes médicaux superflus, médicaments jetés, erreurs médicales et EIG, fraude

Médicaments : des milliards d'euros gaspillés

Le Figaro - 31 juillet 2009 - Marie-Josée Nantel
En France, des quantités énormes de médicaments finissent à la poubelle. Le conditionnement inadapté et la mauvaise observance des traitements sont notamment en cause.
Chaque Français a absorbé en 2006 pour 504 € de médicaments, soit 40 % de plus que ses voisins européens. Un record. Il est vrai que le système de remboursement par la carte Vitale n'incite pas aux économies, car ni le médecin, ni le pharmacien, ni le patient n'ont le sentiment que quelqu'un paie la facture. Surtout, beaucoup de ces remèdes traînent dans les armoires à pharmacie : pastilles contre les brûlures d'estomac, cachets contre l'insomnie, antidépresseurs pour les coups durs… Ou finissent à la poubelle. Ces médicaments prescrits, remboursés et non consommés «pourraient coûter à la France des milliards d'euros chaque année», selon les déclarations récentes d'un responsable de la Direction générale de la santé.
Pour Patrice Devillers, le président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officines (USPO), ce grand gaspillage national est dû à la mauvaise observance des traitements prescrits. «Au bout de quelques jours, les patients se sentent mieux et arrêtent de prendre les médicaments parce qu'ils se croient guéris», déplore-t-il.
Le conditionnement est le second facteur de perte. En France, tout pharmacien est tenu de délivrer le conditionnement le plus économique en fonction de l'ordonnance, mais cette obligation est souvent difficile à respecter. [...] «Le déconditionnement des médicaments serait une révolution en France», ajoute-t-il. Et il y a fort à parier qu'elle ne viendra pas de l'industrie, laquelle se taille la part du lion. Sur le prix total d'un médicament remboursable, 67,6 % reviennent à son fabricant contre 2,5 % pour le grossiste, 23,3 % pour le pharmacien et 6,6 % pour l'État. En 2008, les compagnies pharmaceutiques ont ainsi récolté plus de 30 milliards d'euros en France, premier marché d'Europe.
Pour le professeur François Chast, chef du service de pharmacie et de toxicologie de l'Hôtel-Dieu à Paris, la généralisation du tiers payant, l'absence de ticket modérateur et d'avance des frais n'incitent pas à la modération. «Il faudrait responsabiliser les malades pour chaque comprimé qu'ils prennent», suggère-t-il. Encore faudrait-il prescrire raisonnablement, ce qui n'est pas toujours le cas. Selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de novembre 2007, les prescriptions médicales excèdent les normes de 30 à 70 %. En outre, 13 % des patients demandent le rajout de médicaments sur leur ordonnance.
La Commission des affaires culturelles, familiales et sociales a reconnu récemment devant l'Assemblée nationale que «la prescription médicale en France est une facilité». Selon les entreprises du médicament (Leem) 90 % des consultations médicales se concluent par une ordonnance, contre 43 % aux Pays-Bas. L'association UFC-Que choisir estime qu'entre 2002 et 2006, la Sécurité sociale aurait pu économiser plus d'un milliard d'euros si les prescriptions de médicaments en ville avaient été plus rationnelles. La Commission a également souligné que les médecins manquent de formation. Les labos l'ont bien compris : ils consacrent chaque année 25 000 euros par médecin généraliste pour faire la promotion de leurs produits par le biais de visites médicales.
Ainsi, selon le rapport de l'Igas, près d'un médicament remboursé sur deux ne serait pas consommé. Or, en 2007, les remboursements ont coûté plus de 21 milliards d'euros à la Caisse nationale d'assurance-maladie, soit 2 % du PIB français. [...]
Du côté de l'Uspo, Patrice Devillers évalue le coût de ce gaspillage à «deux ou trois milliards» par an.

Actes médicaux inutiles : des milliards gaspillés

Le Figaro - 15 décembre 2010 - Olivier Auguste
Vieilles habitudes jamais remises en question, choix d'un examen plus lucratif qu'un autre, analyses sans autre justification que rassurer le patient... La Fédération hospitalière estime possible de soigner mieux et moins cher.
Une simple radio du crâne pour un enfant tombé de vélo ? «Si le traumatisme crânien est sans complication, cela ne sert à rien. S'il y a complication, c'est insuffisant , explique le Pr René Mornex, qui a piloté pendant un an pour la Fédération hospitalière de France (FHF) un groupe de travail sur la pertinence des actes médicaux. Pourtant, on continue d'avoir plus de 900 000 radiographies du crâne par an.» Le dépistage systématique du cancer du sein après 75 ans ? «Pour de petites lésions, qui peuvent mettre trente ans à devenir sérieuses, vous faites entrer la personne dans le monde du cancer : ponction, opération, chimiothérapie…» Quant au cancer de la prostate, «tout le monde en a un au-delà de 80 ans», mais son évolution, lente, fait que le patient dont la tumeur a été détectée à cet âge-là a plus de risques de «mourir à 100 ans abattu par un mari jaloux», ironise l'endocrinologue, ancien doyen de la faculté de médecine de Lyon. Dès lors, le dépistage débouchant sur un traitement lourd et invalidant semble superflu.
Ces exemples à l'appui, le président de la FHF relance sa croisade contre les actes inutiles. «Nous pourrions faire mieux au lieu de faire plus, assure Jean Leonetti, cardiologue et député maire UMP d'Antibes. L'objectif est qualitatif mais aussi financier. Nous pourrions avoir une baisse des dépenses de santé d'au moins 10 %.» Soit, au bas mot, plusieurs milliards d'euros - de quoi ramener les comptes de l'Assurance-maladie à l'équilibre.
René Mornex reconnaît toutefois la complexité du travail à mener. Dans 10 % des cas, les appendicectomies semblent avoir été pratiquées sans réelle indication. Mais faut-il blâmer les praticiens, sachant que l'opération est peu risquée et que, faute de décision rapide quand il y a bien appendicite, l'issue peut être fatale ? Les taux de césariennes sont supérieurs dans le privé alors que ce secteur n'accueille pas les cas de grossesse les plus complexes ; la très chic clinique de la Muette, à Paris, en pratique dans 37,7 % des accouchements, contre 20,2 % en moyenne nationale. Mais la hausse de la part des césariennes d'année en année peut aussi être liée à celle de l'âge des parturientes. [...]
La FHF, qui regroupe la quasi-totalité des hôpitaux publics, formule donc une dizaine de propositions pour tenter d'améliorer la situation. Ces pistes répondent aux causes possibles de ces dérives. Pour trancher les cas les plus clairs, «il faut rendre les “bonnes pratiques” opposables », plaide Gérard Vincent, délégué général de la FHF. Autrement dit, ne plus rembourser les examens qui ne correspondent pas aux préconisations reconnues internationalement - c'est le cas des radios en cas de traumatisme crânien simple, dont le coût dépasserait 30 millions par an, hors honoraires. «Cela serait beaucoup plus légitime que les contrôles actuels de l'Assurance-maladie», estime-t-il. De quoi provoquer un tollé parmi de nombreux syndicats médicaux, qui ont toujours refusé ce type de mesure.
La Fédération hospitalière de France demande aussi que la grille des tarifs accordée par la «Sécu» aux hôpitaux comme aux médecins de ville soit revue, pour mieux rémunérer les consultations cliniques, le travail intellectuel du médecin. Et ce afin d'éviter, par exemple, que certains endocrinologues considèrent l'échographie comme une «machine à cash» pour compenser la faible valorisation du reste de leur travail, dixit le Pr Mornex.
Si les coronographies sont deux fois et demie plus fréquentes dans la Nièvre que dans le Rhône, cela peut provenir d'enseignements différents d'une fac à l'autre. «Dans les CHU, on enseigne souvent la discipline la plus exceptionnelle, pas la plus courante, la spécialité dans la spécialité, observe le président de la Fédération. On fait chercher aux internes la pathologie la plus exceptionnelle plutôt que la plus courante.» La FHF prône le retour à une «médecine sobre», selon l'expression de René Mornex.
Il faudra aussi, pour cela, s'adresser directement aux patients pour les convaincre de renoncer aux examens, analyses et autres radios «pour rassurer» - la campagne sur les antibiotiques est citée en exemple.

Actes médicaux superflus : la peur des procès

Le Figaro - 28 décembre 2010 - Olivier Auguste
Les médecins libéraux expliquent multiplier les précautions par crainte des poursuites judiciaires. [...]
Se «couvrir». Bien plus que l'appât du gain, c'est la peur du procès qui conduit souvent les médecins à multiplier les examens complémentaires, les clichés ou les analyses en réalité peu utiles.
C'est en tout cas l'explication du syndicat d'obstétriciens libéraux Syngof. Son secrétaire général, Jean Marty, a écrit à la Fédération hospitalière de France, en réaction à son étude sur les actes médicaux superflus. «Nous partageons beaucoup de vos analyses et souhaitons nous engager dans une lutte contre ces gaspillages. Cependant, vous “mettez dans le même sac” (…) les césariennes, en voulant faire accroire que cette pratique dispendieuse incombe essentiellement au secteur privé», déplore-t-il dans ce courrier. De fait, selon la Fédération qui rassemble les hôpitaux publics, le taux d'accouchements par césarienne, en hausse constante, est 2,3 % plus élevé dans le privé. Les césariennes coûtent davantage à la «Sécu» que les accouchements classiques.
Les obstétriciens libéraux ont une «conduite défensive», argumente le Dr Marty, au vu des condamnations qui atteignent parfois 5 à 8 millions d'euros en cas de séquelles graves après des «accidents de naissance». Les praticiens sont assurés, au-delà de 3 millions, par un organisme public, mais celui-ci est théoriquement en droit de se retourner contre le médecin, d'où la crainte de la ruine. Plus couramment, les primes d'assurance des obstétriciens, qui se chiffrent de toute façon en dizaines de milliers d'euros par an - en partie couverts par une aide - s'envolent quand ils ont été attaqués en justice.
Ce problème est spécifique aux médecins libéraux puisqu'à l'hôpital public, c'est l'établissement, et non le médecin lui-même, qui endosse la responsabilité civile médicale et donc doit payer en cas de condamnation - sauf cas exceptionnel de faute «détachable de la fonction», par exemple quand un médecin d'astreinte à domicile a refusé de se déplacer malgré l'appel d'un interne.
«Nous sommes incontestablement amenés à faire beaucoup d'examens en vertu du principe de précaution : nous n'avons aucun inconvénient à prescrire beaucoup et aucun avantage à prescrire peu», conclut Jean Marty. «Nous n'avons jamais vu de condamnation pour une césarienne pratiquée à tort, abonde Nicolas Gombault, directeur général de l'assureur Le Sou Médical-MACSF. En revanche, il y a beaucoup de condamnations pour accouchement par voie basse alors qu'une souffrance fœtale justifiait une césarienne.»
[...] Un bon connaisseur du monde de la santé souligne malgré tout que d'autres raisons peuvent expliquer les césariennes. Elles sont «pratiques» pour l'obstétricien quand elles sont programmées - en journée et en semaine. Et quelques cliniques se sont constitué un véritable «marché» en répondant toujours favorablement aux demandes des futures mamans que l'accouchement par voie basse inquiète.
Les autres médecins libéraux se sentent aussi menacés par ce risque médico-judiciaire. D'où la multiplication des examens de pure précaution, et même «le refus des jeunes de choisir l'exercice libéral», assure un généraliste breton tout juste retraité. Auteur d'un tout récent rapport à Nicolas Sarkozy sur la médecine de proximité, Élisabeth Hubert reconnaît cette «crainte de la mise en cause» qui pourtant, à ses yeux, relève largement du «fantasme en ce qui concerne la médecine générale». Chirurgiens et anesthésistes, en revanche, sont régulièrement attaqués, même si les condamnations atteignent des montants moins faramineux.

Erreurs médicales : 125 000 hospitalisations de trop

Le Figaro - 15 octobre 2007 - Jean-Michel Bader
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie [...] des résultats d'une enquête faisant le constat que chaque année en France, « 125 000 à 205 000 séjours hospitaliers causés par des événements indésirables liés aux soins pourraient être évités » et ne le sont pas. [...] L'enquête statistique Eneis (étude épidémiologique nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins) a été réalisée pour la direction des hôpitaux sur 4 839 patients dans 292 unités de soins de 71 établissements. Qu'est-ce qu'un événement indésirable grave (ou EIG) ? Un petit garçon au rein malade, à qui l'on retire le rein sain, et qui doit donc être dialysé en attendant une greffe ; ce chirurgien ophtalmologiste opéré du dos, et qui du fait d'une têtière dangereuse, est devenu définitivement... aveugle d'un oeil ; des perforations intestinales ; des contaminations par un virus de l'hépatite C après endoscopie digestive ; des hémorragies, des chocs septiques ou... des électrocutions causées par le bistouri électrique au bloc opératoire.
Par extrapolation, l'étude Eneis constate que 4 % des hospitalisations sont dues aux EIG, et près de 47 % de ces admissions sont évitables. Quelques exemples : un enfant de 10 ans est hospitalisé pour déplacement sous plâtre d'une fracture du radius ; une femme de 59 ans est hospitalisée pour une embolie pulmonaire liée à un retard de prise en charge d'une phlébite.
[...] Dans le secteur de production de soins, 60 à 80 % des accidents sont dus à des erreurs humaines commises par les acteurs de première ligne. Il faut donc détecter les erreurs latentes dans les défauts du système et ce de haut en bas de la chaîne, du directeur de l'établissement à l'infirmière de bloc en passant par le chirurgien. « Les actes répétitifs peuvent faire l'objet de check-lists systématiques, elles réduisent les erreurs humaines de une sur cent à une sur mille. »
[...] Bien sûr il y a des initiatives individuelles, comme celle du Dr Marc de Leval (Great Ormond Street Hospital de Londres) : ce chirurgien cardiaque spécialiste de la transposition des gros vaisseaux chez les bébés ayant constaté le décès de sept ­patients consécutifs, s'est formé pour s'améliorer, avec un expert des facteurs humains, qui lui a montré à lui et à 21 chirurgiens cardiaques quelles petites erreurs aboutissaient à des grandes catastrophes. Son article publié en 2000 dans le Journal of Thoracic and Cardiovascular surgery a poussé bien des équipes dans le monde à améliorer le transfert des opérés en réanimation.

Arrêts maladie : la Sécu traque les fonctionnaires

Le Figaro - 20 septembre 2010 - le figaro.fr
Pendant deux ans, la Sécu va renforcer dans huit villes les contrôles sur les arrêts maladie des fonctionnaires. Ces derniers feraient état de 13 jours d'absence en moyenne contre 11 dans le privé. […] Jusqu'à présent relève le Parisien, les arrêts maladie des fonctionnaires, sont très peu étudiés. Les derniers chiffres disponibles, qui datent de 2003, font état de treize jours d'arrêt en moyenne dans le secteur contre onze jours dans le privé en 2008. Dans les collectivités territoriales, l'absentéisme est encore plus important. Selon les données de la société Dexia Sofcap, en 2009, les arrêts maladie ont progressé de 9% par rapport à l'année précédente. Et la durée moyenne a également augmenté de 4% passant de 17 jours en moyennes en 2001 à 22 jours aujourd'hui.
Le but de cette expérimentation consiste donc dans un premier temps à collecter davantage de données. Dans un second temps, les agents dont le congé s'avérerait non justifié pourraient être mis en demeure de reprendre leurs fonctions ou voir leur traitement en partie ou totalement suspendu. Après évaluation, ce dispositif devrait être généralisé en 2012.

Allocations logement, Sécurité sociale : la grande triche

Le Figaro Magazine - 4 mars 2011 - Sophie Roquelle
Notre système de protection sociale n'a plus les moyens de supporter les milliards envolés de la fraude. Un changement de culture autant que de méthode sont inévitables. [...]
Tout le monde se sert. En 2006, Claude Frémont, le directeur de la Caisse d'assurance-maladie de Nantes, pousse un dernier coup de gueule avant de claquer la porte après douze années passées à traquer les fraudeurs - des médecins pour la plupart. «La Sécu est devenue une vache à lait!» explose celui qu'on surnommait «Zorro de la Sécu», qui n'hésitait pas à dénoncer l'impuissance publique face au «lobby extraordinairement puissant des médecins». [...]
Si l'on tient compte des « erreurs » - appelées «indus» en jargon Sécu -, les sommes qui échappent aux organismes sociaux sont bien plus élevées. [...] Tous les responsables jurent la main sur le coeur récupérer la quasi-totalité de ces sommes. Les députés de la Mecss sont sceptiques. Jean-Pierre Door, élu UMP du Loiret et médecin, a fait ses calculs: «Sans les 5 milliards de fraude et les 10 milliards d'actes médicaux inutiles, l'assurance-maladie serait à l'équilibre

...plus d'informations sur la fraude aux cotisations et prestations sociales

L'argent public dilapidé dans des mesures politiques inefficaces : un manque de responsabilité et de professionnalisme des hommes et des femmes politiques ?

Grippe A : le gouvernement «était à la merci des labos»

Le Figaro - 5 août 2010 - Tristan Vey
«Surestimation constante du risque par le gouvernement», «dramatisation infondée de sa communication», «stratégie vaccinale surdimensionnée» et «gaspillage de fonds publics» : les sénateurs de l'opposition ne sont pas tendres avec le gouvernement dans le commentaire critique publié jeudi en annexe du rapport du Sénat sur la gestion de la pandémie de grippe H1N1. Plus encore que l'attitude du gouvernement, dont il a été estimé que la décision d'acheter massivement des doses de vaccins était «justifiée», ce dernier dénonce lui le comportement des laboratoires pharmaceutiques.
En juillet-août 2009, Roselyne Bachelot signe en effet des contrats pour plus de 94 millions de doses de vaccins. Mais rapidement, il devient clair que les besoins réels ont été largement surestimés. [...]
Ce sont justement ces contrats que dénonce la commission présidée par François Autain, du groupe communiste républicain, et dont le sénateur UMP Alain Milon était rapporteur. Ils se caractériseraient «par leur remarquable déséquilibre», «par la légalité douteuse de certaines de leurs clauses», et l'absence de certaines. La France s'est ainsi retrouvée avec «la responsabilité du fait de produits défectueux» sans bénéficier pour autant de garantie sur l'efficacité des vaccins, pointe le rapport. Quant aux calendriers de livraison, ils étaient «purement indicatifs» et n'engageaient pas les laboratoires. Il n'y avait par ailleurs aucune «clause de révision». Conséquences de cette position rigide des laboratoires, «le gouvernement français n'a pas eu beaucoup le choix» et s'est retrouvé «enfermé dans une situation dont il n'a pu sortir que par la résiliation des contrats». Ce qu'il a payé au prix fort.
[...] Toutes ces critiques viennent s'ajouter à celle du rapport d'enquête de l'Assemblée nationale publié mi-juillet. La campagne de vaccination y était qualifiée d' «échec de santé publique». «Près de 3,46 millions de doses de vaccins auront finalement été jetées ou mises au rebut. Le nombre de doses ainsi perdues représente plus de la moitié du nombre des personnes vaccinées (moins de 6 millions de personnes, ndlr)», notait le rapporteur.

La France s'inquiète pour son surplus de Tamiflu et de masques

Le Figaro - 5 janvier 2010 - Jean-Luc Nothias
L'antiviral pourrait rapidement devenir obsolète, alors que la France posséderait un tiers des stocks mondiaux. Si le vaccin contre la grippe, H1N1 ou autre, devient obsolète au bout d'un an, du fait de la variabilité du virus, l'antiviral Tamiflu ou son concurrent le Relenza ont eux aussi des dates de péremption, tout comme les masques de protection.
[...] Ainsi, le Pr Marc Gentilini, l'ancien chef de service des Maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et ancien président de la Croix-Rouge française, s'était élevé dès juillet dernier contre l'usage systématique préconisé du Tamiflu et contre les 2 milliards de masques achetés et «gardés je ne sais où et sur l'utilisation desquels personne ne s'interroge». Car les masques les plus efficaces sont enduits de substances qui ne sont pas éternelles. Ils risquent donc de devenir, eux aussi, obsolètes et par conséquent sans effet.

H1N1 : un coût de plus d'un milliard d'euros

Le Figaro - 5 janvier 2010 - Armelle Bohineust
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a pris mardi une décision spectaculaire en annonçant qu'elle résiliait plus de la moitié des commandes de vaccins signées entre la France et les laboratoires GSK, Sanofi-Pasteur et Novartis. Sur les 94 millions de doses prévues, 50 millions ne seront finalement pas livrées. Le gouvernement prévoit ainsi d'économiser 350 millions d'euros. Mais l'impact sera faible sur le coût global de la campagne contre la grippe A. En effet, cette réduction de moitié du coût des vaccins devrait abaisser, au mieux, de 20 % la facture totale.
À l'automne, le ministre du Budget, Éric Woerth, avait annoncé, devant l'Assemblée nationale, que les dépenses liées à la grippe A s'élèveront à «1,5 milliard d'euros», dont la moitié pour les vaccins. Une estimation jugée trop faible par la commission des finances du Sénat qui avait tablé, de son côté, sur un montant compris entre 1,8 et 2,2 milliards d'euros.

Grippe A : la France n'a toujours pas réglé ses factures

Le Monde - 5 août 2010 - Eric Nunès
Un nouveau rapport parlementaire sur la gestion de la pandémie de grippe A souligne les faiblesses de la politique du ministère de la santé face aux laboratoires pharmaceutiques. GlaxoSmithKline (GSK) n'a toujours pas reconnu la résiliation de 369,25 millions d'euros de vaccins par l'Etat ; le laboratoire pourrait saisir la justice.
La commission d'enquête du Sénat, dont le rapporteur est l'UMP Alain Milon, juge "anormal" que le gouvernement ait été "contraint" d'acheter deux fois plus de vaccins que nécessaire pour "s'empêtrer dans des contrats déséquilibrés". Présidée par François Autain (Parti de gauche), la commission souligne de nombreuses et coûteuses erreurs et dénonce "un déni de réalité dans la politique du ministère de la santé". "Les scénarios les plus pessimistes ont été privilégiés sans qu'aucun fait ne vienne les étayer et que toutes les informations rassurantes disponibles ont été écartées ou ignorées", peut-on encore lire dans le rapport.
Concernant l'achat de vaccins, les sénateurs s'étonnent que les laboratoires américains GSK et Baxter aient refusé d'inclure dans les contrats de préréservation la clause d'annulation. Une clause qui permet de résilier à son gré les commandes excédant ses besoins et que les Britanniques n'ont pas omis d'intégrer dans leur contrat. Un oubli qui coûte des millions d'euros à la France. [...]
Le rapport souligne également la docilité de l'Etat face aux laboratoires. "L'étude des contrats passés entre les autorités sanitaires et les industriels [...] peut conduire à se demander si les autorités publiques se sont montrées assez soucieuses de garder la maîtrise de la gestion des crises qui doit être la leur", explique le rapporteur. Les travaux des sénateurs confortent celui de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, présenté le 7 juin, qui dénonçait un "gaspillage des fonds publics" et "des peurs injustifiées".
Un autre point a particulièrement retenu l'attention des parlementaires : les liens d'intérêt qui auraient pu conduire des personnalités proches des instances gouvernementales et internationales à organiser un lobbying actif favorable aux industries pharmaceutiques.

Les méthodes limites de lobbying et de marketing de l'industrie pharmaceutique envers le monde médical

Les liens entre médecins et laboratoires de nouveau sur la sellette

Le Monde - 27 avril 2009 - Sandrine Blanchard
La loi qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs éventuels conflits d'intérêts avec les firmes pharmaceutiques lorsqu'ils s'expriment publiquement sur un produit de santé, "n'est pas respectée".

Des « nègres » font du marketing médical

Le Monde - 10 septembre 2010 - Le Monde
Le recours à des « nègres » pour rédiger des articles favorables à des médicaments, que signent ensuite des médecins hospitalo-universitaires, est un phénomène en expansion. Il est difficile à déceler et à quantifier, sauf lorsqu'une procédure judiciaire permet un accès complet à des documents confidentiels. C'est ce qui s'est produit à propos d'un médicament hormonal, le Prempro, utilisé aux Etats-Unis pour traiter les troubles liés à la ménopause. Des faits rapportés, mardi 7 septembre, par la revue PLoS Medicine. Quatorze mille plaintes sont en cours contre le laboratoire Wyeth (depuis racheté par Pfizer) par des femmes ayant utilisé le Prempro, qui souffrent aujourd'hui d'un cancer du sein.

La vérité sur... l'intoxication des médecins

Challenges - 10 février 2011 - Fanny Guinochet
La « loi anti-cadeaux » de 1993 encadre les pratiques des industriels de la pharmacie. Restent des brèches, où Servier, entre autres, s'est engouffré.
[...] « Révélateur des conflits d'intérêts entre les médecins et les firmes ». C'est un des problèmes que soulève le scandale du Mediator. Un sujet que les plus courageux des participants au congrès ne commentent que sous couvert d'anonymat. Ainsi, une cardiologue se défend : « Les laboratoires nous invitent à des colloques, prennent tout en charge... Ce n'est pas pour autant qu'on va prescrire leurs produits. » Alors que la Société française de cardiologie, qui organise l'événement, a cette année mis de simples lunchboxes pour le repas, un participant note que « ça n'a rien à voir avec le passé, quand nous étions conviés à des croisières sur le Nil et des dîners dans les 3-étoiles ».
Depuis une loi 1993, rebaptisée « loi anti-cadeaux », tout aurait changé. Impossible, en principe, pour un laboratoire, de « soigner » un praticien afin de l'inciter à prescrire son produit. A moins de courir le risque d'être accusé pénalement de corruption. Dissuasif ? « Disons que la loi a le mérite d'exister mais qu'elle est imparfaite », répond Philippe Even, pneumologue, fervent dénonciateur du lobby des labos.
Le texte tolère de nombreuses exceptions. Dans le cadre d'études, un industriel peut ainsi offrir des avantages à un médecin. Pour preuve, en 2006, la cour d'appel de Versailles a reconnu le droit au laboratoire Alcon France de doter des ophtalmologistes d'agendas type Palm et de téléphones - assortis d'abonnements gratuits - dans le cadre d'études menées pour le lancement du Travatan, une nouvelle spécialité pour soigner le glaucome. Le laboratoire avait argué que les téléphones avaient été mis à disposition pour faciliter le recueil des données.
Autre exception, la formation des médecins lors de colloques, voyages, séminaires... La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), chargée des contrôles, relève que « la pratique des cadeaux directs recule fortement au profit de pratiques abusives à l'occasion de manifestations professionnelles ». Et de citer une technique courante de contournement : « Le congrès annoncé comme scientifique se transformant en séjour essentiellement touristique, et la participation à des manifestations culturelles, gastronomiques ou sportives sous couvert de réunions de travail. »
Le législateur avait pourtant pris une précaution : avant d'organiser son événement, le laboratoire doit demander l'aval du Conseil de l'ordre des médecins. Seul hic, cet avis est uniquement déclaratif. Et si François Rousselot, chargé des relations entre les médecins et l'industrie de cette instance, jure que « les congrès cocotiers sont terminés », il est permis de s'interroger. Ne serait-ce que parce que cette loi anti-cadeaux ne s'applique curieusement pas du tout en Polynésie, ni en Nouvelle-Calédonie.
Surtout, pour traiter 40 000 dossiers par an, l'ordre ne dispose que d'un service de huit personnes, sans système informatique fiable. Les instances ordinales sont si démunies qu'elles ont demandé, avec le soutien du Leem (le syndicat professionnel des industriels du médicament), l'assouplissement du dispositif : depuis 2007, les entreprises peuvent s'en tenir à une seule déclaration - par périodes de douze mois - pour des manifestations régulières et répétitives. « De fait, l'ordre n'est qu'une simple chambre d'enregistrement », assure le médecin généraliste Philippe Foucras, du collectif Formindep, qui milite pour un système plus transparent. Quoi qu'il en soit, l'ordre renvoie la balle à la DGCCRF, seule habilitée à contrôler. Mais, là encore, les moyens sont dérisoires face à la puissance des industriels. Les agents de Bercy ne réalisent qu'une petite centaine de contrôles par an qui débouchent sur à peine une dizaine de procès-verbaux.
Surtout, d'après les contrôleurs, la mission serait de plus en plus complexe. Les laboratoires brouillent les pistes, sous-traitent l'organisation à des agences d'événementiel et de voyages, font financer ces opérations par des filiales établies à l'étranger. Une multiplicité d'acteurs d'autant plus difficiles à suivre que les manifestations se déroulent hors de France. Et que les agents de la DGCCRF ne peuvent mener leur enquête que sur le territoire national.
Mais il y a plus grave : la DGCCRF dit détecter des « factures fictives destinées à masquer la réalité de la prestation fournie ». « Il est facile de maquiller le chiffrage, confie le directeur d'une agence de voyages spécialisée. On soumet à l'ordre un voyage pour 100 personnes, alors qu'il n'y en aura que 50. Ce qui permet une prestation plus luxueuse. » Certains se font prendre. [...)
Enfin, la DGCCRF relève également la « falsification d'ordre du jour de congrès ». Pourtant, pour ne pas éveiller le soupçon, les laboratoires soignent le caractère scientifique de leurs manifestations. Une des astuces est de s'octroyer le label d'une société savante. « Problème : ces sociétés savantes sont totalement infiltrées par l'industrie », s'insurge Martin Hirsch, ancien directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Ainsi, si la Société française de cardiologie refuse de communiquer son budget, elle reconnaît que, lors de son dernier congrès européen, Servier a financé sa newsletter et donne chaque année 15 000 euros pour sa bourse de recherche Edouard-Coraboeuf. [...]
Le système est rodé. Rarement illégal, mais flirtant avec la ligne jaune, il n'a qu'un but : faire avaler du médicament. Cela fonctionne : les Français en sont les premiers consommateurs en Europe.

Le laboratoire Merck et «les valises de biftons»

Libération - 23 novembre 2011 - Hervé Marchon (montage vidéo), Yann Philippin (texte)
"Libération" diffuse l'enregistrement d'une réunion interne qui en dit long sur la vision décomplexée des conflits d'intérêt qui s'exprime encore au sein de certaines firmes pharmaceutiques.
La loi réformant le système de santé suite au scandale du Mediator, dont l'examen en seconde lecture a repris mardi soir à l'assemblée, prévoit que les labos seront obligés de déclarer les rémunérations qu'ils versent aux médecins.
Ce ne sera pas du luxe, vu la vision décomplexée des conflits d'intérêt qui s'exprime encore au sein de certaines firmes pharmaceutiques. C'est en tout cas ce qui ressort de l'enregistrement d'une réunion interne de MSD France (l'entité française de l'américain Merck), où le directeur médical du laboratoire évoque en souriant l'idée de payer les médecins trop critiques envers Merck avec «une valise de biftons», afin de créer un lien d'intérêt avec eux. Et d'empêcher ainsi qu'ils ne soient désignés par les autorités de santé pour évaluer les molécules du laboratoire.
Cette réunion s'est tenue le 23 juin au siège de Schering Plough France (racheté par Merck en 2009) à Courbevoie, en proche banlieue parisienne. Au menu: la prochaine évaluation de l'efficacité du Victrelis, nouveau traitement de Merck contre l'hépatite C, par la Haute autorité de santé (HAS). L'enjeu commercial est majeur, puisque l'appréciation de la HAS détermine le prix des médicaments et leur taux de remboursement par l'Assurance maladie.
Le 20 juin, trois jours avant la réunion, la HAS avait demandé, pour la première fois, à MSD, de fournir la liste des experts qu’il a rémunérés (en général des grands médecins hospitaliers), afin de ne pas les désigner pour évaluer le Victrelis.
L'enregistrement de la réunion montre que cette exigence de transparence et d'indépendance a du mal à passer au sein du labo. Le responsable des opérations cliniques ne comprend pas que les agences écartent les médecins rémunérés pour conduire les essais cliniques. «Ils vont avoir du mal à trouver des gens valables», dit un participant.
Un autre émet alors l'idée que les médecins favorables au labo ne soient plus rémunérés, afin qu'ils puissent être désignés comme experts par les agences en charge du médicament. «Là, c’est trop tard», répond le directeur médical. Vu les exigences de la HAS en matière d'indépendance, il lance alors, sur le ton de la plaisanterie, l'idée de neutraliser certains médecins en les rémunérant: «Il y a des mecs qui n’aiment vraiment pas Schering Plough et MSD, il faut aller les voir avec une valise de biftons et leur dire “écoutez on va signer un petit contrat tous les deux”. Il y en a qui vont voir l’argent arriver, ils ne vont rien comprendre.»
Interrogé par Libération, le laboratoire relativise. «MSD réaffirme avec force son attachement a la totale transparence des liens avec les experts et regrette l’amalgame fait entre un possible mauvais trait d’humour et la position du groupe sur un sujet aussi important», indique une porte-parole.
Cette conversation est toutefois révélatrice de la manière, pour le moins problématique, dont certains laboratoires envisagent leur collaboration avec les médecins. Une culture que l'affaire du Mediator ne semble pas avoir suffi à amender.

La Sécu critique le coût de médicaments récents pas toujours plus efficaces

Le Point - 13 mars 2008 - AFP
La hausse de 4,8% en 2007 des dépenses de médicaments (hors hôpital) du régime général de la Sécurité sociale (salariés) est notamment due à des produits récents, plus chers que les anciens, et pas toujours plus efficaces, a indiqué jeudi l'Assurance maladie (Cnam).
"En 2007, les dépenses de médicaments délivrés en ville représentent 15,2 milliards d'euros pour le Régime général (plus de 20 milliards d'euros en tous régimes), elles ont progressé de 4,8%" par rapport à 2006, écrit la Cnam dans une étude.
Cette croissance "est deux fois moins élevée que celle observée au début des années 2000 (+8,8% en 2001). Depuis, la croissance des dépenses de médicaments a diminué grâce notamment aux actions entreprises par l'assurance maladie avec les professionnels de santé et au développement des génériques", ajoute-t-elle.
Sur le total, la Cnam explique que les "médicaments de moins de 3 ans représentent une dépense de près de 1,4 milliard d'euros, soit une croissance de 600 millions d'euros par rapport à 2006".
"Ils contribuent ainsi à l'équivalent de 85% de la hausse totale des dépenses [...] 45% de ces dépenses supplémentaires concernent des molécules qui ne présentent pas ou peu d'amélioration du service médical rendu par rapport à l'arsenal thérapeutique préexistant", écrit-elle encore.
"Ces nouveaux produits se substituent en partie aux produits existants mais induisent également de nouvelles prescriptions et donc des dépenses supplémentaires", ajoute-t-elle.
"Ils témoignent d'une tendance particulièrement marquée en France: le report des prescriptions vers les médicaments les plus récents au détriment des molécules les plus anciennes et souvent génériquées", poursuit-elle.
La Cnam cite les cas du Lyrica, un anti-épileptique "sans amélioration du service médical rendu, (qui) enregistre la plus forte croissance en 2007: +42 millions d'euros", et du Spiriva, traitant la BPCO (broncho pneumopathie chronique obstructive), 3ème hausse la plus forte (+38 millions d'euros en 2007) pour "une amélioration du service médical rendu mineure".

Comment assurer un juste prix de commercialisation des biens et services médicaux et para-médicaux dans le cadre du système de santé public ?

En moyenne, les commerçants ont un chiffre d'affaires de 249.500 euros

Le Figaro - 29 février 2012 - Yann Le Galès
Après une année 2009 difficile, les artisans et commerçants ont redressé la tête en 2010. Selon la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA), qui a analysé 77 professions dans 11 secteurs d'activité, leur chiffre d'affaires moyen a progressé de 0,9% cette année-là pour atteindre 249.500 euros et leur résultat courant de 2,1%, à 34280 euros. Mais tous n'affichent pas les mêmes performances.
[...] Les pharmaciens ont dégagé le résultat courant le plus élevé des 77 professions, avec 125.260 euros pour un chiffre d'affaires moyen de 1.423.500 euros. Les opticiens ont amélioré de 5,8% leur résultat courant, qui atteint près de 70.000 euros pour un chiffre d'affaires de 334.400 euros. Les prothésistes dentaires n'ont amélioré leur résultat courant (47.340 euros) que de 1,1%.

En surnombre selon la Cour des comptes, les pharmaciens s'indignent

Le Point - 11 septembre 2008 - AFP
La Fédération des syndicats pharmaceutiques français (FSPF) a contesté jeudi la recommandation de la Cour des comptes de baisser les marges des officines pour diminuer leur "surnombre" sur le territoire.
La FSPF "s'indigne des recommandations concernant les pharmacies d'officine contenues dans le rapport annuel de la Cour des comptes [...] en faveur d'un ajustement des marges des pharmaciens afin d'accélérer les regroupements".
La fédération dans un communiqué rappelle que les pharmacies représentent 150.000 emplois et constituent l'"un des rares réseaux structurés d'offre de soins de proximité à même de contribuer à relever [...] le lourd défi du vieillissement de la population".
Dans son rapport sur les comptes de la Sécurité sociale en 2007, publié mercredi, la Cour des Comptes a pointé le surnombre de pharmacies en France. Elle estime que 5.172 officines sont en surnombre, soit 23% des pharmacies (en particulier dans les grandes villes).
La Cour a invité le gouvernement à "ajuster" les marges des pharmacies, jugées très avantageuses, afin de susciter des regroupements.
La FSPF "ne conteste pas qu'il existe des zones de sur-densité" mais elle estime que "ce n'est pas par l'asphyxie économique du réseau que ces officines disparaîtront".
De telles mesures "conduiront prioritairement à une déstructuration du réseau dans les zones les plus faiblement attractives, que ce soit en milieu rural ou dans les quartiers urbains sensibles", ajoute la FSPF.

Leclerc: médicaments 25% moins chers qu'en pharmacie en cas d'ouverture du marché

Le Point - 3 avril 2008 - AFP
Michel-Edouard Leclerc, patron des centres éponymes, a estimé jeudi que les médicaments à prescription facultative seraient vendus 25% moins chers dans ses parapharmacies par rapport à la moyenne, si le gouvernement ouvrait ce marché à la distribution.
[...] "Il n'y aura de modération de l'inflation des médicaments que si on met en concurrence les pharmacies et d'autres réseaux de distribution", a-t-il insisté.
Leclerc, qui vend déjà des médicaments en Italie où il a profité de la libéralisation du secteur en 2006, se montre toutefois prudent quant à la possibilité pour ses enseignes de faire de même en France.
"A ce stade, rien n'est réglé en France et Dieu sait qu'il y aura débat!", a-t-il indiqué.
Leclerc a toujours milité pour l'ouverture de nouveaux marchés à la grande distribution, au nom de la défense du pouvoir d'achat, selon lui. L'enseigne a été le premier supermarché à vendre du carburant à la fin des années 1970, après avoir remis en cause le monopole des compagnies pétrolières.
Il s'est aussi lancé dans la parapharmacie à la fin des années 1980, après avoir également bataillé contre le monopole des pharmacies dans ce secteur.

Polémique sur les prothèses dentaires importées

Le Figaro - 29 novembre 2008 - Anne Jouan
Les dents fabriquées à l'étranger, notamment en Chine, ne font l'objet en France de contrôles sanitaires ni de la part des fabricants ni des autorités de santé.
L'Ordre national des chirurgiens-dentistes estime qu'aujourd'hui, 15 % des dents en céramiques posées aux patients français sont fabriqués à l'étranger. Mais l'Union nationale patronale des prothésistes dentaires (UNPPD) avance, lui, celui de 30 %. C'est dans ce contexte que le congrès de l'Association dentaire française, qui se tient actuellement à Paris, a mis l'accent sur la difficile traçabilité des fausses dents.
Pour améliorer la situation, les pouvoirs publics ont décidé qu'en mars 2010 au plus tard, chaque prothèse devra être accompagnée de la déclaration de conformité du fabricant. Le patient pourra savoir qui a conçu sa dent en céramique. Mais l'UNPPD a une idée plus radicale. «Nous voulons que la prothèse soit facturée séparément de l'acte médical. Ceci permettrait aux patients de savoir le vrai prix de leur céramique et donc d'en connaître sa provenance», martèle Maurice Dauvois, président de l'UNPPD.
Rien d'autre finalement que ce qui se passe pour les poses de prothèses de hanche, cas pour lequel le patient connaît tout le détail de la facture qui lui est présentée. En matière de dent, on est encore loin d'une telle transparence.
«Quand les représentants du laboratoire où je me fournissais démarchaient pour me présenter leurs prothèses, ils ne m'ont jamais précisé où elles étaient fabriquées», raconte cette chirurgien-dentiste parisienne qui, depuis qu'elle a appris que les céramiques qu'elle achetait venaient de Chine, ne travaille plus avec lui. «Le certificat délivré par les fabricants chinois peut être falsifié et à mon niveau, il est impossible de vérifier la composition exacte d'une dent», relève encore cette dentiste.
Un comportement que confirme Maurice Dauvois : «Certains labos cachent qu'ils travaillent à l'étranger. Ce qui leur permet de vendre les prothèses importées au même prix que celles faites en France.» Sans oublier que ces prothèses sont accusées de tous les maux : trop de plomb, trop fragiles. Du moins par les prothésistes français, puisque le Conseil national de l'ordre des chirurgiens dentistes estime, par la voix de son président Christian Couzinou, «qu'il n'y a aucun problème avec les dents réalisées à l'étranger». Mais comment le savoir ? La réponse est très simple : aujourd'hui en France, «les contrôles sont impossibles à faire et quasi inexistants», confient des experts de la Direction générale de la santé et de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.
Pour l'instant, l'Afssaps n'a pas eu connaissance d'incident sur des prothèses d'importation, mais Jean-Claude Ghislain, directeur de l'évaluation des dispositifs médicaux, relève que «le recours à des fabricants, c'est-à-dire des responsables de la mise sur le marché, hors Union européenne, se développe. Or le statut juridique de ces opérateurs n'est pas facile à vérifier», regrette-t-il.
Yves Scialom, le patron de Labocast, le plus grand fabricant français de prothèses (il en réalise plus de 450 000 par an) explique que 95 % des dents qu'il vend sont faites à l'étranger, pour un tiers dans la filiale qu'il dirige à Madagascar et pour deux tiers en Chine, chez un sous-traitant qui emploie 3 000 personnes. «Nous avons monté notre entreprise sur un pari : puisque l'on fabrique beaucoup de choses en Chine, pourquoi pas des prothèses dentaires ?» explique-t-il. Il estime qu'un dentiste a plusieurs types de «clients» et qu'il doit donc avoir le choix entre différents produits. «La dent malgache est moins maquillée, c'est une céramique purement fonctionnelle», note-t-il. Une raison, selon lui, pour laquelle les dentistes la proposent plutôt aux patients dont les revenus sont les plus faibles, à savoir aux bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU). Il faut dire que, dans cette histoire, l'argent a une place importante. Yves Scialom confie ainsi qu'une dent fabriquée à Madagascar coûte 40 euros, 66 euros si elle vient de Chine et 115 euros si elle est «made in France». Sachant que la pose d'une couronne est facturée par le chirurgien-dentiste entre 450 et 1 000 euros au patient.
L'existence de tous ces intermédiaires pose la question de la responsabilité en cas de prothèse défaillante. Pour Christian Couzinou, si fraude il y a dans la fabrication des céramiques, elle ne peut venir «que des laboratoires mais les dentistes ne peuvent rien faire». Il semble donc urgent de mettre en place des garde-fous.

Mutuelles et opticiens en conflit

Le Figaro - 21 mars 2012 - Olivier Auguste
Le principal syndicat d'opticiens conteste les réseaux de magasins agréés, qui permettent aux assurés de diminuer leur participation financière dans l'achat de leurs lunettes.
[...] Les lunettes sont mal remboursées par la Sécu. Parmi les 15% d'adultes disant avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours de l'année précédente, un quart évoque l'optique (2e poste problématique, derrière le dentaire). Le rôle des complémentaires est donc crucial. Pour réduire le montant que leurs adhérents sortent de leur poche, tout en maîtrisant le coût des remboursements, elles passent des accords avec des opticiens, constituant des «réseaux de soins». L'opticien s'engage à pratiquer des tarifs «raisonnables» et à respecter des normes de qualité (verres, traitements antireflets, devis préalable…). En échange, la complémentaire lui promet un certain volume de clients -la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN) garantit 1 à 1,5 adhérent par jour et par magasin. Pour y parvenir, elle n'oblige pas à se rendre dans les magasins conventionnés mais y incite: absence de reste à charge, tiers payant et souvent meilleur remboursement.
Première mutuelle santé de France, particulièrement dans le collimateur des opticiens, la MGEN rembourse ainsi 25% de plus chez ses opticiens agréés. Son réseau est «fermé», c'est-à-dire limité à 1900 opticiens sur 12.000 -c'est ce qui lui permet de faire espérer à ses partenaires un surplus de clientèle. De quoi susciter des jalousies parmi les recalés? La MGEN assure qu'un opticien sur deux a postulé pour intégrer son réseau, ce qui signifierait environ 4000 déçus…

Démographie médicale, organisation hospitalière et déserts médicaux : l'organisation du système de soins à revoir ?

Les médecins en France : une démographie préoccupante

Le Monde - 23 novembre 2010 - Lemonde.fr avec AFP
Médecins âgés, mal répartis géographiquement, avec des jeunes praticiens délaissant la pratique libérale et les zones rurales : les chiffres de la démographie médicale dressent à nouveau un bilan préoccupant pour le système de soins à la française. Le nombre de médecins par rapport aux habitants n'est pourtant pas en cause : le nouvel Atlas de la démographie médicale en France, publié mardi par le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM), en recense un total de 261 378 au 1er janvier 2010, dont 216 450 en activité. En trente ans, leur nombre a augmenté de 93,1 %, bien plus que la population.
[...] Selon le président du CNOM, Michel Legmann, il faut inciter les médecins retraités à rester en fonction [...]. D'autant qu'un simple remplacement de ces médecins par des plus jeunes ne suffira pas. Ils délaissent en particulier massivement l'exercice en libéral : seulement 8,6 % des nouveaux inscrits à l'Ordre l'ont choisi, alors qu'ils étaient 50 % dans les années quatre-vingt.
Les jeunes praticiens et praticiennes se contentent de rémunérations et d'un confort matériel moins élevés, au profit d'une meilleure qualité de vie. "On n'est pas ambitieux, pas de maison de campagne, pas de vacances dans les îles. On se contente d'une vie tranquille, le moins d'astreintes possible, et on s'occupe des enfants le mercredi", constate M. Legmann.
Or, le système de soins français repose, comme l'a encore rappelé mardi, devant les députés, le ministre du travail et de la santé, Xavier Bertrand, "sur deux piliers, l'hôpital et la médecine de proximité", essentiellement libérale. C'est notamment le cas dans les zones rurales, où de plus en plus de praticiens ne trouvent plus de successeurs.
Les jeunes médecins ne veulent pas y aller. Et phénomène nouveau, les médecins étrangers – au nombre de 10 165 – non plus. Des collectivités locales ont ces dernières années fait de gros efforts pour les attirer, notamment des Roumains, devenus le groupe le plus nombreux. Mais ces praticiens ont rapidement mis la clé sous la porte, abandonnant la commune rurale et même la pratique libérale au profit d'un emploi salarié en ville. Aussi l'Ordre a-t-il mis en garde les élus contre les pratiques de certaines agences spécialisées dans le recrutement de médecins étrangers.
Autre évolution jugée "préoccupante" : la progression du nombre de médecins remplaçants: 10 006, soit + 754 % en trente ans. Plutôt jeunes (38,5 ans), de sexe féminin, la moitié travaillent moins de trois jours par semaine.
L'Ordre a enfin une nouvelle fois pointé l'inégale répartition géographique des médecins, généralistes comme spécialistes. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la mieux lotie avec 374 médecins pour 100 000 habitants, dépassant l'Ile-de-France (370) et les autres régions du Sud. Dans le bas du tableau figure la Picardie (239).

Déserts médicaux : l'ordre des médecins prône des mesures contraignantes

Le Monde - 29 mai 2012 - Le Monde.fr avec AFP
Le conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) a présenté mardi 29 mai ses recommandations pour faciliter l'accès aux soins, visant à mieux répartir les médecins sur le territoire, y compris par des mesures contraignantes. Le conseil recommande également de limiter les dépassements excessifs d'honoraires. Les "questions relatives à l'accès aux soins posent problème depuis des années", a souligné son président, Michel Legmann, évoquant les "contrées sous-médicalisées" et "la question des honoraires avec des dérives inacceptables".
"Il faut prendre ses responsabilités", a-t-il martelé, conscient que ces propositions, issues du séminaire annuel du CNOM qui s'est tenu du 10 au 13 mai, allaient "faire des mécontents". L'Ordre constate "l'échec" des mesures incitatives prises jusqu'à présent et estime que l'augmentation du numerus clausus, qui fixe un quota de médecins à former à partir de la deuxième année des études, "n'est pas la solution".
Pour la première fois, le CNOM préconise de remédier aux déserts médicaux, ces zones souvent rurales ou périurbaines où l'on manque de médecins, par la contrainte. Il s'agirait d'obliger un jeune médecin, à la sortie de ses études, à s'installer pour cinq ans dans la région où il a été formé. Les lieux d'exercice seraient déterminés à l'intérieur de chaque région sous la conduite des agences régionales de santé, "en liaison étroite avec le conseil régional de l'ordre". "Des mesures d'accompagnement, d'incitation et de promotion de carrière" devraient nécessairement être mises en place pour les médecins contraints de s'installer en zone déficitaire, selon le CNOM.
Le conseil a également décidé de s'attaquer aux dépassements d'honoraires en définissant plus clairement la mesure préconisée par le code de déontologie pour les médecins pratiquant des tarifs supérieurs à ceux de la Sécurité sociale. Le CNOM recommande désormais aux médecins en secteur 2 (honoraires libres) de réserver "au moins 30 %" de leur activité au secteur 1 (tarif de la Sécurité sociale), y compris pour l'activité libérale des praticiens hospitaliers du public. Par ailleurs, ces honoraires "ne sauraient dépasser 3 ou 4 fois le montant opposable" de la Sécurité sociale, précise également pour la première fois le conseil.
Le médecin, lorsqu'il fixe ses honoraires, doit le faire "dans le respect de certaines règles", détaille le CNOM, en tenant compte de sa notoriété, de la difficulté de l'acte, des exigences éventuelles du patient, mais également des capacités financières de celui-ci. Toutes ces recommandations ont été envoyées au gouvernement, a souligné M. Legmann, qui a sollicité un rendez-vous auprès de la ministre de la santé, Marisol Touraine.

L'hyperspécialisation des médecins remise en cause

Le Figaro - 17 novembre 2010 - Olivier Auguste
Spécialisation extrême des médecins ou proximité géographique des établissements de santé? Pour le président de la Fédération hospitalière privée (FHP), Jean-Loup Durousset, la France ne peut plus refuser de choisir. «L'hyperspécialisation pèse sur l'économie de notre système de soins. Il y a vingt ans, par exemple, un orthopédiste opérait tous les problèmes d'os. Puis il y a eu les spécialistes des membres inférieurs et des membres supérieurs. On a maintenant un chirurgien de la main, un chirurgien du coude et un chirurgien de l'épaule», explique, dans un entretien au Figaro, le représentant patronal des cliniques, qui ouvre jeudi à la Défense les dixièmes Rencontres de la FHP. Même chose pour la chirurgie viscérale, où l'on trouve par exemple des praticiens se consacrant uniquement au foie.
Conséquence: «Les coûts explosent. Pour assurer un service d'urgences chirurgicales 24 heures sur 24, il ne faudra bientôt plus trois ou quatre orthopédistes, mais trois ou quatre spécialistes de la main, autant de spécialistes du coude, de l'épaule, de la hanche ou du pied. C'est intenable pour le public comme pour le privé, sauf si on diminue en parallèle le nombre d'établissements en les regroupant.» Jean-Loup Durousset reconnaît que le coût global de cette tendance «n'a jamais été évalué». Mais «le nombre d'opérations par chirurgien a été divisée par quatre en vingt ans», affirme-t-il. «Dans le privé, ils maintiennent leurs revenus en augmentant les dépassements d'honoraires. Dans le public, cela se traduit par une hausse de la masse salariale pour des volumes stables.» Et, au final, des hôpitaux en déficit ou des dépenses supplémentaires pour l'Assurance-maladie, qui les finance.
Le président de la FHP, qui publie un livre intitulé Le privé peut-il guérir l'hôpital?, prône donc d'inverser cette tendance à la spécialisation croissante. Un discours à contre-courant de celui tenu par les autorités scientifiques ou politiques ces dernières années, pour qui la spécialisation est un gage de qualité: plus un acte est répété fréquemment, mieux il est effectué. «Je ne remets pas en cause ce principe mais il n'est pas mis en pratique, plaide Jean-Loup Durousset. En matière de cancer du côlon, le seuil de qualité devrait être fixé à 300 opérations par an, en réalité les autorisations d'exercer sont accordées dès 30 opérations par équipe de chirurgiens! Tout cela parce qu'on veut avoir des hyperspécialistes dans tous les établissements
Jean-Loup Durousset assure que de nombreux médecins sont partants pour revenir en arrière, «car à effectuer la même tâche pendant 20 ou 30 ans, ils éprouvent une lassitude que chacun peut comprendre». Mais inverser la vapeur, prévient-il, risque de se heurter aux praticiens hospitalo-universitaires, car «plus on a multiplié les spécialités, plus on a multiplié les postes de professeurs…»

Pour aller plus loin...

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