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Une caste de privilégiés modernes, héritiers et bénéficiaires de privilèges économiques et sociaux ?

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

Qui sont les privilégiés ? Les bénéficiaires d'un niveau de vie apparamment immérité (revenus, rang social) et d'avantages sociaux non justifiés

Vous avez dit privilégiés ?

Marianne - 21 novembre 2007 - Jacques Gaillard
Soyons clairs : les cheminots et consorts, en faisant grève, emmerdent l'immense majorité des Français. Mais ils rendent surtout un sacré service au pouvoir en place. Grâce à eux, il est devenu absolument indécent de poser une question cruciale : qui est privilégié en France ?
Les grèves actuelles semblent accréditer l'idée que le privilège, c'est un contrat de travail spécifique, un statut procurant une protection particulière, une garantie d'emploi, de bonnes conditions d'accès à la retraite. Certes, les « cheminots » [...] n'exercent certainement pas le pire des boulots, et ils sont carrément odieux lorsqu'ils évoquent des conditions de travail pathétiques : des millions de Français ne dorment pas tous les jours chez eux, passent des week-ends au poste, assurent des gardes et assument des responsabilités, et tout cheminot peut s'en rendre compte lorsque, frappé d'une crise lors de son shopping un dimanche matin dans la zone économique de son patelin, il trouve des infirmières en ordre de marche, de l'essence pour son auto, des renseignements sur son téléphone et mille autres damnés de la terre à son service (public). La pénibilité du travail des contrôleurs de trains, laissez-nous rire [...]
Un privilégié, si l'on cherche une définition, c'est justement celui dont les revenus et le rang social sont sans commune mesure avec son travail, ses compétences ou son utilité sociale.[...] C'est le dentiste qui, travaillant trois jours par semaine, revend impunément une prothèse douze fois le prix qu'il l'a payée au prothésiste (il « a des frais »), en aggravant au passage la note pour une mutuelle, et se demande ensuite s'il rachète une deuxième grosse BMW ou s'il prend l'option « cris de bêtes d'Afrique » dans son 4x4. Allez donc, après ça, chicaner à un cheminot une prime pour travail la nuit de Noël...
[...] Je repose la question : qui achète ces trucs [ces bateaux dont le prix d'achat, hors entretien, dépasse 500 000 Euros] ? Eh bien, je suis allé questionner un marchand. Figurez-vous que ce marché roule sur les professions libérales (pas mal d'avocats et de notaires, tous les radiologues, beaucoup de médecins : il était temps que l'on augmente leur consultation de 10%), sur les gros commerçants (on sait que ce sont des damnés de la terre, voués à des retraites pitoyables), des « entrepreneurs » (de construction) et sur des « gens de l'immobilier ». Plus une faune indéfinissable de gens qui « ont les moyens », que ce soit parce qu'ils vendent de l'andouille en gros, parce qu'ils exploitent un domaine viticole hérité, parce qu'ils ont des parts dans une société.[...] Ils se disent, pour certains, « créateurs de richesse ». C'est faux : ils jouissent de la richesse qu'on crée pour eux.

Les abus de droits sociaux par des catégories très aisées créent un sentiment d'injustice sociale au sein de la population française et de l'opinion publique

Plus de 50.000 foyers fortunés profitent des HLM

Le Figaro - 30 novembre 2010 - Mathilde Golla
Ces familles disposent de 11.200 à 13.500 euros par mois. Globalement, un locataire de HLM sur dix n'est pas à sa place.
L'information pourrait faire l'effet d'une bombe: de nombreux ménages aisés voire très fortunés occupent des logements HLM. Le phénomène est loin d'être marginal puisque près de 10% des logements sociaux sont habités par des foyers à «revenus élevés», rapporte La Tribune. D'après une récente statistique de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes), dévoilé ce lundi par le quotidien économique, 378.000 familles dont 207.000 en île de France étaient hébergées, fin 2007, en logement social alors qu'elles vivent avec au moins 5.300 euros par mois avec un enfant et 6.400 euros avec deux enfants. Ces habitations sont pourtant en théorie réservées aux ménages les plus modestes.
Et les familles les plus fortunées de France occupent également des logements sociaux. Ainsi, 53.000 ménages appartenant au 10% des foyers les plus riches de France étaient, fin 2007, logés en HLM. Concrètement, ces familles ont des revenus mensuels de 11.200 euros minimum lorsqu'elle compte un seul enfant et d'au moins 13.500 euros, avec deux enfants.
Pour expliquer ce dysfonctionnement, Thierry Repentin, président de l'Union sociale pour l'habitat indique que «cet état de fait est souvent le fruit d'une situation ancienne : des personnes ont intégré les HLM à un moment où leurs revenus étaient bien moins élevés». Or, la loi du maintien du logement social les autorise à conserver leur habitation.

Ces ministres et parlementaires qui s'accrochent à leur logement du parc social de la ville de Paris

Le Monde - 25 juin 2011 - Eric Nunès
Ils sont députés, sénateurs, maires ou anciens ministres, ils disposent de confortables revenus... et d'un logement social à Paris. Une situation " éthiquement intenable" juge Jean-Yves Mano, élu socialiste, adjoint au maire de Paris chargé du logement, alors que la ville reçoit, chaque année 120 000 demandes pour un appartement à loyer modéré du parc de la capitale, dont seulement 10 % obtiennent une réponse favorable. Un récent rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) juge que "le taux de rotation structurellement faible à Paris" est en parti dû à des occupants "'aisés" que "le coût des logements sur le marché privé" incite "à ne pas quitter leur logement social", laissant des demandeurs plus modestes chercher un logement dans le privé. Et parmi ces "aisés", on trouve nombre d'élus.
En 2008, la mairie de Paris a lancé une opération "transparence" à la suite de la révélation de l'"affaire Bolufer" du nom du directeur de cabinet de la ministre du logement de l'époque, Christine Boutin, qui occupait, boulevard du Port-Royal, un logement de 190 m2 pour un loyer très "social". L'initiative de l'hôtel de ville visait à encourager "députés, sénateurs ou membres du gouvernement" à évacuer le parc social de la ville pour aller se loger dans le privé. Mais tous n'ont pas suivi ce conseil.
Parmi les hommes et femme politiques cramponnés à un logement de la ville de Paris, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) signale Jean-Pierre Chevènement. L'ancien ministre de l'intérieur et sénateur socialiste dispose d'un appartement de 120 m² dans le 5e arrondissement de Paris pour 1 271 € par mois, et ce malgré les 7 000 euros de revenus pour son seul mandat de parlementaire. Le tarif pour un appartement similaire dans cet arrondissement prisé tourne, dans le parc privé, autour de 3 000 € par mois.
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal , bénéficie également d'un logement du parc de la RIVP : 108 m² dans le 19e arrondissement, qu'elle paye 1 524 euros par mois, un loyer là encore majoré, à sa demande selon elle, mais qui reste 20 % au-dessous des prix du marché. Son collègue de l'UMP, Alain Cousin, député de la Manche, occupe pour sa part un logement de l'Office public de l'habitat de la capitale, Paris-Habitat.
"Depuis que nous sommes aux affaires, nous avons voulu faire le ménage" assure Pierre Aïdenbaum, président de la RIVP depuis 2008. "Mais il a, encore, à Paris, des personnalités politiques qui n'ont rien à faire dans du logement social" témoigne-t-il. "Nous n'avons pas de levier juridique qui nous permet de retirer un appartement à une personne qui a légalement obtenu un logement conventionné sous prétexte qu'il est élu ou que ses revenus ont grimpé" explique Jean-Yves Mano. "Ils paient un surloyer" poursuit Pierre Aïdenbaum; mais même dans ce cas , la location dans le parc social demeure avantageuse.
Encouragés par la Mairie de Paris, plusieurs dizaines de parlementaires ont libéré des appartements, d'autres ont choisis de rester. Benoist Apparu, secrétaire d'Etat chargé du logement, occupait un logement social alors qu'il était député de la Marne. Il en a discrètement rendu les clefs lorsque l'affaire Bolufer a éclaté. Ce n'est pas le cas de son ex-collègue Fadela Amara ; l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville a conservé un logement social lors de son passage au gouvernement. Un petit appartement du 13e arrondissement (50 m², pour 525 euros par mois) qu'elle cumulait avec un logement de fonction de 120m2 dans le 7e arrondissement. Elle est aujourd'hui nommée Inspectrice générale des affaires sociales (Igas) mais conserve le logement de la RIVP.
Brigitte Kuster, élue UMP du 17e arrondissement, occupait également un logement de la ville de Paris jusqu'en 2008. Elle a rendu cet appartement pour occuper un logement privé lorsqu'elle a été élue maire d'arrondissement. Un mandat qui lui assure 4 808 euros de revenus ainsi que 1 208 euros de frais de représentation. Un choix que n'a pas partagé Michèle Bluemental, retraitée de l'éducation nationale et maire socialiste du 12e arrondissement depuis 2001, qui occupe toujours, avec son seul mari, un appartement familial de 70 m2, situé à un jet de pierre de sa mairie.
Le premier adjoint de Michèle Bluemental, Alexis Corbière, élu front de gauche, est également locataire d'un appartement de la RIVP. Il explique occuper un logement de la ville du fait de la précarité de son statut d'élu et du prix de l'immobilier parisien. "Aujourd'hui je reçois de la ville 4 000 euros par mois, mais mon mandat sera-t-il renouvelé en 2014 ? Ma famille et moi aurons alors toujours besoin d'un toit."
Une explication proche de celle fournie par l'UMP Jean-Jacques Gianesinni, élu au conseil de Paris du 19e et locataire d'un appartement de la ville dans le quartier de la Porte de Pantin : "Je n'ai pas le choix, les prix exorbitants des logements parisiens m'empêchent de faire autrement. J'ai obtenu cet appartement dans les années 1990 alors que j'étais chômeur (il est aujourd'hui collaborateur de Chantal Jouanno au ministère des sports) ; je n'ai pas l'impression de voler quoi que ce soit", déclare-t-il.
Les plafonds de revenus, pour être éligible à un logement social à Paris, se situent, pour un couple, entre 19 614 euros et 42 962 euros selon la catégorie de logement . Néanmoins, du côté de la mairie de Paris, on estime qu'il est nécessaire de ne pas faire d'amalgame entre ancien-ministres, ministres, parlementaires, d'un côté, et élus locaux dont les revenus sont jusqu'à cinq fois inférieurs.
D'autant plus que la chasse aux parlementaires ne serait maintenant que la partie immergée du scandale. "Plusieurs personnalités, au plus haut-niveau de l'Etat, ont obtenu et conservent un logement conventionné", souligne Jean-Yves Mano.

Non au cumul des privilèges (acquis) ! Politique et haute fonction publique : l'art de cumuler les avantages du statut et la rémunération élevée sans risque

Polémique autour d'ex-commissaires européens qui touchent toujours des indemnités

Le Monde - 23 septembre 2010 - lemonde.fr avec AFP
D'anciens commissaires européens continuent de toucher des indemnités destinées à les aider à retrouver un emploi après la fin de leur mandat, alors même qu'ils ont déjà une autre activité salariée, rapporte le Financial Times Deutschland jeudi. Au total, "dix-sept anciens responsables touchent encore des indemnités d'au moins 96 000 euros par an, bien qu'ils aient depuis longtemps un emploi de lobbyiste ou de politique", explique-t-il.

Vers une réforme des généreuses retraites des parlementaires ?

Le Monde - 17 juin 2010 - Eric Nunès
Le système dont bénéficient députés et sénateurs s'avère particulièrement généreux. Théoriquement, les parlementaires doivent être en mesure de justifier quarante annuités pour pouvoir prétendre, à 60 ans, à une retraite à taux plein. Néanmoins, les élus peuvent cotiser double pendant quinze ans et ensuite multiplier la cotisation de base par 1,5 pendant encore cinq ans pour liquider plus rapidement leur retraite. La double cotisation à laquelle peuvent s'astreindre les parlementaires ampute leurs revenus mensuels d'environ 1 100 euros. Il leur reste néanmoins de quoi vivre de manière aisée : une indemnité mensuelle de 7 064,84 euros brut et une indemnité dite "de frais de mandat" (5 884,91 euros pour un député, 6 209,13 euros pour un sénateur).
Bernard Accoyer propose donc de remplacer cette double cotisation, qui permet à un ancien député de toucher, à l'heure de la retraite, 1 500 euros net après seulement cinq ans de mandat, par une cotisation volontaire... sans plus de précisions.
Le président de l'Assemblée nationale a également souligné une autre spécificité du régime parlementaire : le droit de réversion. Pour les salariés du privé, en cas de décès du conjoint, son veuf ou sa veuve pourra toucher jusqu'à environ 50 % de la retraite de base du défunt si les ressources propres du survivant ne dépassent pas 1 500 euros. Le survivant d'un député ou d'un sénateur touchera, lui, 66 % de la pension... et ce quelles que soient ses ressources personnelles.
[...] Autre spécificité des parlementaires : le cumul. Un cumulard, durant sa vie politique, cumulera également les retraites. Selon Sauvegarde retraites, 75,7 % des parlementaires sont concernés. Ils bénéficient d'autant de pensions qu'ils ont additionné les mandats (locaux ou nationaux) et emplois privés ou publics.

Le très arrangeant statut de préfet en mission de service public

Le Monde - 5 mai 2011 - Le Monde.fr
Le quotidien France-Soir dénonce [...] le système de nomination des préfets "en mission de service public relevant du gouvernement", les qualifiant de "préfets fantômes". Des nominations abondamment pratiquées par François Mitterrand, Jacques Chirac et aujourd'hui Nicolas Sarkozy.
[...] Dans la pratique, ces préfets sans affectation territoriale perçoivent, en moyenne, une rémunération mensuelle brute de 6 000 euros. En cas d'élection, ils sont placés en détachement et leur salaire ne se cumule avec les rémunérations parlementaires ou d'élu local qu'à hauteur des cotisations de retraite. Mais une fois à la retraite, le préfet "fantôme" peut cumuler ses indemnités et toucher ainsi une retraite supplémentaire, qui s'élève, en moyenne, à 4 000 euros.
Après le décret du 23 décembre 1982, l'attribution de ce titre de "préfet en mission de service public" – peu fréquente jusqu'alors – connaît une subite augmentation. François Mitterrand en a ainsi nommé entre 1982 et 1995 une soixantaine. [...] Mais ce système n'a pas seulement bénéficié aux ténors socialistes. [...]
Coûteux, le système des préfets en mission de service public semble être appelé à perdurer : car, comme le résume France-Soir, "tous, à gauche comme à droite, en profitent, espèrent en profiter ou en faire profiter un ami, un jour ou l'autre. Ce qui est en réalité un scandale d'Etat bénéficie d'un habillage légal dont tous les politiques s'accommodent en silence".

Scandale : Ils n’ont jamais été préfets, mais ils en touchent la retraite

France Soir - 5 mai 2011 - Yvan Stefanovitch
Des dizaines de hauts fonctionnaires ont le titre de préfets alors qu’ils ne le sont pas. Un copinage politique qui leur permet notamment de toucher une retraite de préfet. Parmi eux, Michel Vauzelle et Michel Delebarre.
C’est un scandale français, un de ces abus qui alimentent la rancœur des citoyens contre les politiques. Un de ces arrangements entre amis que l’on cache soigneusement au citoyen, mais qui coûte cher au contribuable. Certains de nos hommes politiques et certains hauts fonctionnaires ont été nommés préfets par nos présidents de la République successifs, ils bénéficient d’avantages liés à cette fonction… mais ils n’en ont jamais exercé la moindre fonction. Parmi ces préfets fantômes, figurent deux stars de la politique, les députés et anciens ministres de François Mitterrand, Michel Vauzelle, 66 ans, et Michel Delebarre, 65 ans.
Tous deux indiquent, sur le site informatique de l’Assemblée nationale, la même profession : préfet. Pourtant, le premier est avocat de profession et le second cadre supérieur de collectivités locales. En fait, ces deux grands notables locaux du Parti socialiste qui n’ont jamais exercé les fonctions de préfet avaient été nommés à ce titre, de manière discrétionnaire, par le président François Mitterrand, en 1985 pour le premier et en 1983 pour le second. Quel intérêt de nommer un préfet fantôme ? C’est un joli cadeau… financier, facile à comprendre. Le 28 avril 2011, Michel Delebarre a fait valoir ses droits à la retraite de préfet, à l’âge de 65 ans, tout comme l’avait fait le 15 août 2010 Michel Vauzelle. Cela permet à ces deux caciques du PS de toucher aujourd’hui une pension mensuelle de 4.000 € brut, qui vient s’ajouter à leurs indemnités de parlementaires et d’élus locaux : soit 15.124 € brut (Michel Delebarre) et 9.760 € brut (Michel Vauzelle). Sans compter pour chacun une indemnité (forfaitaire) représentative de frais de mandat de député de 6.000 € net. Et cela, en toute discrétion.
D’ici quelques années, lorsqu’ils décideront d’abandonner leurs mandats, ces deux parlementaires pourront cumuler la totalité de leurs retraites de préfet, de parlementaire et d’élu local ! Soit en tout, de l’ordre de 12.000 € mensuels brut pour le premier et 10.000 pour le second. Rappelons que, selon l’Insee, le montant moyen brut des pensions en France s’élevait, en 2009, à 1.196 € par mois... Des montants et des cumuls choquants pour bon nombre des Français.
En juin 2007, à une question de l’hebdomadaire L’Express lui demandant quel était son principal défaut, Michel Delebarre avait répondu : « Je veux tout. » Tout, il l’aura bientôt. En effet, le maire de Dunkerque, président de la communauté urbaine de cette ville et préfet à la retraite abandonnera en septembre prochain son mandat de député pour être tête de liste socialiste aux sénatoriales dans le département du Nord.
Le général de Gaulle, qui ne plaisantait pas avec les finances et la morale publiques, avait mis fin à cette folie des « préfets fantômes », une folie qui perdurait depuis la création de ce corps par Napoléon Ier, en 1800. Autre temps, autres mœurs : avec l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée, en 1981, ce système de copinage, souvent basé sur des relations maçonniques, renaissait de ses cendres. La nomination de préfets « en mission de service public relevant du gouvernement » était alors autorisée par un décret du 23 décembre 1982, à hauteur de 5 % de l’effectif budgétaire du corps des préfets. Aujourd’hui, ce quota de « faux préfets » autorisés représente 7 % des 236 préfets, soit 17 préfets fantômes. Au fil du temps, cela fait des dizaines de faux préfets, nommés de manière totalement discrétionnaire et sans exiger le moindre titre ou diplôme pour exercer ces fonctions.
Au bout de quelques mois, ces préfets bidons sont nommés préfets hors cadre. Une voie de garage « royale » (utilisée également pour écarter les préfets qui déplaisent), dont on ne revient jamais, mais qui permet aux intéressés de toucher aujourd’hui 6.000 € brut mensuels [sans rien faire] en attendant la retraite ou d’être élu sénateur, voire député.
Placé alors en détachement pour exercer son mandat, le préfet parlementaire (deux fonctions officiellement incompatibles selon la loi) ne reçoit plus de l’Etat qu’un tout petit salaire correspondant exactement au paiement de ses cotisations de retraite de préfet. Ce qui a été le cas de Michel Delebarre et de Michel Vauzelle pendant plus de vingt-cinq ans. De plus, en cas d’échec électoral, chacun d’entre eux pouvait coiffer sa casquette de préfet hors cadre et percevoir son salaire plein pot, sans être affecté en poste dans un département. De 1982 à 1995, François Mitterrand a ainsi nommé près d’une soixantaine de préfets en mission de service public. Parmi eux, dix-sept étaient issus des corps de sous-préfets et administrateurs civils. Agés d’au moins soixante ans, ces vieux serviteurs de l’Etat partaient en retraite quelques mois après leur nomination, qui récompensait leurs loyaux services. Ce qui leur permettait de toucher une pension nettement supérieure à celle à laquelle ils avaient droit pour leur carrière de sous-préfet ou dans l’administration de l’Etat. La deuxième partie de ces préfets en mission de service public (une quarantaine) était en quasi-totalité des membres du PS, des élus de ce parti et des amis ou proches de l’ancien président. Parmi cette quarantaine de privilégiés, les élus ont le droit de cumuler aujourd’hui cette retraite de préfet en mission (4.000 € en moyenne) avec toutes leurs autres pensions liées à leurs mandats électoraux et des emplois privés.
Cette institution des préfets fantômes n’est en réalité qu’un des systèmes légaux de financement des deux grands partis politiques français, le PS et l’UMP. Depuis sa renaissance « mitterrandienne », le système a prospéré sous Jacques Chirac, y compris lorsque Lionel Jospin était Premier ministre. Ce cadeau présidentiel offre une sorte de garantie tous risques pour les courtisans, les poids lourds et les incontournables de ces deux formations. On recase toujours ses amis ! Voilà pourquoi, chaque mercredi, jour du Conseil des ministres, un « ami » ou un obligé du président de la République, depuis François Mitterrand, peut être nommé préfet « fantôme » chargé d’une « mission (bidon) de service publique relevant du gouvernement ».
Nicolas Sarkozy n’a pas mis fin au système. Son ancien ministre et fidèle conseiller, Brice Hortefeux, 53 ans, en bénéficie. Selon un décret pris lors du Conseil des ministres du 27 avril 1995, il a été nommé préfet, chargé d’une mission de service public relevant de l’action du gouvernement. A l’époque, à la fin des années 1990, ce fidèle de Nicolas Sarkozy tirait ses ressources de son revenu de préfet, soit 40.000 francs brut par mois, et de ses indemnités de conseiller régional d’Auvergne, soit 10.000 francs brut mensuels.
Cette promotion à un poste de préfet fantôme a suscité l’opposition du commissaire du gouvernement, Rémy Schwartz, lors de la séance publique du Conseil d’Etat de novembre 1996. En vain. Car, au bout du compte, à gauche comme à droite, personne ne remet vraiment en cause le système. Tous en profitent, espèrent en profiter ou en faire profiter un ami, un jour ou l’autre. Ce qui est en réalité un scandale d’Etat bénéficie d’un habillage légal dont tous les politiques s’accommodent en silence.

Des statuts et des avantages acquis en or hérités du passé et déconnectés des conditions actuelles de travail : le fort sentiment d'injustice créé par une société statutaire

Zoé Shepard : "Ce n'est pas un pamphlet contre la fonction publique territoriale"

Sud Ouest - 2 juillet 2010 - Dominique Richard
Je n'ai pas voulu écrire de pamphlet contre la fonction publique territoriale. Il y a des gens qui s'investissent beaucoup dans les communes et dans les petites structures. Mais à partir d'une certaine taille, ce n'est plus pareil. Dans certains services comme celui où je travaillais, en divisant les effectifs par trois, on ferait exactement la même chose.

Un agent du RER A ne conduit que 2h50 par jour

Le Figaro - 16 décembre 2009 - Fabrice Amedeo
C'est un peu la ligne reine, à la RATP. Pour accéder aux commandes du RER A, les agents de l'entreprise publique doivent avoir au moins dix ans d'ancienneté et de pratique dans le métro parisien. La moyenne d'âge des 523 conducteurs de la ligne A est de 45 ans. «Ce sont un peu nos conducteurs de TGV à nous, explique un cadre de la RATP. La ligne A du RER est une fin de carrière plus qu'intéressante pour nos agents .» Traditionnellement, le travail y était plus agréable, avec notamment moins de tronçons souterrains. Mais la saturation de la ligne et les hausses de cadences demandées par la RATP pour y faire face ont peu à peu transformé la préretraite dorée en ligne à haute tension pour ses conducteurs.
Les conditions de travail, le salaire comme les volumes horaires restent pourtant plus favorables que sur les autres lignes de la RATP. L'agent de conduite du RER A est embauché à 2 200 euros brut par mois et finit sa carrière à 2 700 euros. Ce salaire est assorti d'une prime de 633 euros que les syndicats aimeraient voir atteindre au moins 753 euros. Ils demandent en effet 120 à 150 euros de prime en plus pour compenser la hausse de productivité qui leur est demandée depuis fin 2008.
Les conducteurs travaillent 6 h 30 par jour, cinq jours sur sept. Mais ils ne passent que 2 h 50 par jour aux commandes du RER et réalisent deux allers-retours quotidiens sur la ligne. Selon les semaines, un agent de conduite peut être affecté au service de jour et débuter sa journée entre 5 heures et 6 h 15 le matin. Il peut être affecté au service d'après-midi et commencer entre 12 heures et 13 heures, ou encore au service de nuit et démarrer sa journée entre 18 heures et 19 heures. Quand il ne conduit pas, soit pendant 3 h 40 sur ses 6 h 30 de service, il peut être en formation ou en «réunion avec des cadres pour analyser des pannes». La plupart du temps, il doit juste se rendre disponible pour des déplacements de trains en gare.
[...] La plupart des conducteurs du RER partent encore en retraite à 50 ans. Ils gagnent en effet une année de cotisation tous les cinq ans du fait de la «pénibilité de leur travail». Seuls les nouveaux agents de la RATP ne bénéficient plus de ce système de bonification. Ils intégreront la ligne A dans dix ans et n'y seront pas majoritaires avant 2025.

Du cannabis dans la tour de contrôle de Cayenne

Le Figaro - 14 juillet 2011 - Fabrice Amedeo
Les aiguilleurs du ciel, déjà épinglés pour leurs RTT illicites en 2009, font l'objet d'un nouveau rappel à l'ordre. Le Figaro s'est procuré une note du directeur du centre de contrôle de Cayenne Rochambeau en Guyane, intitulée «Comportements dangereux et incompatibles de certains agents». Le document rappelle à l'ordre les fonctionnaires de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) en indiquant que certains comportements sont «incompatibles avec la sécurité».
Il est ainsi demandé de cesser de consommer des boissons alcoolisées dans le centre de contrôle, de fumer du cannabis ainsi que d'absorber des drogues ou autre substances psychoactives. «Les substances psychoactives ont des effets sur le cerveau qui diminuent la capacité de jugement et de raisonnement et allonge le temps de réaction, rappelle la note datée du 28 juin 2011. Ces effets ne sont pas compatibles avec l'exercice du contrôle aérien. C'est la raison pour laquelle l'absorption d'alcool et autres substances pyschoactives, sous quelque forme que ce soit, est interdite pendant la durée de la vacation.» La «vacation», tel le quart à bord d'un bateau, est le service opérationnel de l'aiguilleur du ciel dans la tour de contrôle. Les contrôleurs aériens français assurent un maximum de 155 vacations de huit heures environ par an.
Afin d'éviter tout malentendu avec les contrôleurs aériens vilipendés, la note détaille les produits dont il est question. «On entend par substances psychoactives les substances suivantes: alcool, opioïdes, cannabinoïdes, sédatifs, hypnotiques, cocaïne, psychostimulants, hallucinogènes et solvants volatils.» Il est également rappelé aux agents qu'il est «déconseillé d'absorber de l'alcool et autres substances psychoactives durant les huit heures qui précèdent la tenue de poste». À raison de deux à trois vacations par semaine, les fonctionnaires ont encore quatre jours par semaine pour s'adonner aux plaisirs des sens. Et la note de conclure que «cette mise en garde destinée à l'ensemble des agents du centre de contrôle de Cayenne n'est autre que de la prévention pour couper court à ces pratiques, afin d'enrayer ces comportements dangereux et incompatibles avec la sécurité des usagers qui ne peuvent plus perdurer».

France, que fais-tu de ta jeunesse ?

Le Monde Magazine - 4 juillet 2010 - Eric Maurin, propos recueillis par Sandrine Blanchard et Luc Bronner
"La peur de l'avenir n'est nulle part aussi grande qu'en France et n'a historiquement jamais été aussi répandue dans ce pays qu'aujourd'hui", constate Eric Maurin, auteur de La Peur du déclassement qui, en 2009, a figuré parmi les vingt essais les plus vendus en France. C'est lui que Le Monde Magazine a choisi d'interroger pour savoir si les difficultés d'insertion des jeunes peuvent créer une "génération sacrifiée". [...] Pour Eric Maurin, les fractures majeures ne sont pas générationnelles, mais plus que jamais sociales et territoriales. Attisant les clivages, la crise pourrait entraîner "un risque majeur de dislocation de la société".
La société française s'organise autour de statuts très protecteurs, mais difficiles et longs à acquérir. L'une des caractéristiques profondes d'un tel système social est de tolérer de très fortes inégalités entre les différents âges de la vie, la jeunesse étant l'âge sur lequel se concentrent toutes les incertitudes. La situation de la jeunesse est en fait la variable d'ajustement qui permet à ce type de société d'absorber les chocs, montée du chômage, pénurie de logements.
Le vieillissement de la population modifie incontestablement l'équation politique du pays. Mais les déchirures majeures ne sont pas générationnelles : elles restent sociales et territoriales. Depuis plus de vingt ans, les classes moyennes du privé sont objectivement en régression par rapport aux autres classes sociales. Elles souffrent de progressions nettement moindres de pouvoir d'achat, d'une exposition beaucoup plus forte au chômage, d'une incertitude croissante sur les retraites. Les classes moyennes du public doivent de leur côté endurer une stigmatisation permanente de leur statut supposé de privilégié, agression ressentie comme d'autant plus injuste que ce statut a été difficile à acquérir. La crise attise ces clivages et un cocktail social explosif se met en place, tout à fait comparable à celui des années 1930. D'autant plus explosif qu'il se superpose aujourd'hui à de redoutables cassures territoriales.
Ce sont les classes populaires qui ont le plus bénéficié de l'expansion scolaire de l'après-guerre, les enfants d'agriculteurs notamment. [...]
En France, les inégalités sont à chaque instant plus faibles qu'aux Etats-Unis, mais elles y sont aussi beaucoup plus permanentes. Il en découle un sentiment d'injustice plus marqué, puisque les inégalités reflètent moins ce que chacun peut démontrer au jour le jour et davantage des positions statutaires acquises très tôt dans la vie, jamais remises en question.
La peur devant l'avenir n'est nulle part aussi grande qu'en France et n'a historiquement jamais été aussi répandue dans ce pays qu'aujourd'hui. Dans toute société, la peur est d'abord et avant tout indexée sur la difficulté anticipée à remonter la pente en cas de déchéance, et cette difficulté n'est nulle part aussi grande que dans des sociétés à statuts, comme la société française.

La méritocratie à la française mise à mal par la multiplication dans tous les domaines d'activité des "fils et filles de", héritiers des puissants de ce monde (dynasties, enfants de stars, ...)

Le triomphe des fils à papa

Marianne - 17 novembre 2007 - Marie-Dominique Lelièvre
Le capitalisme français est-il génétiquement modifiable? Leurs familles prospéraient, ils prospèrent, leurs fils prospéreront. Lorsqu'on parcourt le classement 2007 des fortunes de France du magazine Challenges n°88. , on croit lire un digest du Bottin mondain. Les trois personnes les plus riches de l'Hexagone sont des héritiers: Bernard Arnault, Gérard Mulliez, Liliane Bettancourt. Sur les 20 premiers, 14 sont des fils de famille, de Martin Bouygues à Serge Dassault en passant par Vincent Bolloré. Quant aux grands patrons qui ont fondé une entreprise sans en avoir hérité, la plupart tentent de créer une nouvelle dynastie familiale en passant le flambeau à leurs enfants. Ainsi, l'homme d'affaires François Pinault a transmis les commandes de son empire à son fils François-Henri Pinault, Francis Bouygues à son fils Martin Bouygues, Marin Karmitz les commandes de MK2 à son fils Nathanaël Karmitz (29 ans). Chez Gaumont, Sidonie Dumas a remplacé son père, Nicolas Seydoux, à la tête du directoire et le coiffeur Jacques Dessange a passé ses ciseaux à son fils cadet Benjamin Dessange.
Les calamiteuses tribulations d'Arnaud Lagardère à la tête du groupe légué par son papa montrent pourtant que le sens des affaires n'est pas héréditaire. «Le père était un aigle, le fils un faucon, le petit-fils un vrai con», dit un proverbe bamiléké. L'endogamie s'observe aussi dans la musique, au cinéma, à la télévision, où le talent n'est pas clonable. On se croirait à Monaco, Albert succédant à Rainier... Fils et filles à papa sont partout, et pas seulement dans les états-majors des entreprises. Sur les plateaux de cinéma, comme Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon (filles de Jane Birkin), Julie et Guillaume Depardieu, Laura Smet (fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye), Eva Green (fille de Marlène Jobert), Sarah Biasini (fille de Romy Schneider) ou Arthur Jugnot. Dans les studios d'enregistrement (Marie Modiano, Jennifer Ayache - chanteuse et fille de Chantai Lauby -, David Hallyday, Pierre Souchon, Mathieu Chédid fils de Louis, Arthur H fils de Jacques Higelin), les prétoires (Arno Harsfeld, Antonin Lévy, fils de BHL) et les maisons d'édition (Mazarine Pingeot ou Justine Lévy, fille de BHL) et même chez les top models, comme Marie de Villepin. A la télévision comme Marie Drucker, Benjamin Castaldi ou Guillaume Debré, fils de Jean-Louis Debré [lui-même fils de Michel Debré]. En politique, tel François Baroin, Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet, fille de François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres, et soeur de Pierre Kosciusko-Morizet, 29 ans, PDG de Priceminister [...].
«La tendance à la reproduction sociale et génétique des élites s'est systématisée, observe Frédéric Teulon, qui dirige le département économie et sciences sociales du pôle universitaire Léonard-de-Vinci. Elle conduit désormais à la perpétuation des lignées familiales à la tête des grandes entreprises, des médias et de l'Etat. Un phénomène amplifié par la médiatisation, qui donne au nom de famille une importance toujours plus grande
Dans son livre Les FFD : La France aux mains des fils et filles de... (Bourin éditeur), il dresse la liste des 500 familles les plus visibles ou les plus influentes qu'il classe par espèce: dynasties administratives (Debré, Giscard d'Estaing), familles de chefs d'entreprise (Mulliez, Dassault), famille de comédiens (Cassel, Brasseur, Deneuve), de juristes (Lyon-Caen, Teitgen), e journalistes (Poivre d'Arvor, Servan-Schreiber), d'éditeurs (Fasquelle, Flammarion), etc.
Ce phénomène n'est pas neuf mais prend d'autant plus de relief que le reste de la société française est en crise. Au même moment, les rejetons des classes moyennes - soit 80% de la société française - sont confrontés à un véritable déclassement. Même s'ils sont plus diplômés que leurs aînés, les jeunes de 2007 sont la première génération qui, en période de paix, réussit matériellement moins bien que ses géniteurs. Ces jeunes personnes ont suivi en moyenne deux années d'étude de plus que leurs aînés, et pourtant elles connaissent le chômage, la précarisation, la dépendance aux parents. «En 1968, on pouvait être instituteur à 19 ans, avec un baccalauréat. On pouvait se faire tout seul sans parents derrière soi, dit le sociologue Louis Chauvel, auteur de l'excellent (et déprimant) essai Les classes moyennes à la dérive (La République des idées, Seuil). Il y avait de vraies marges d'ouverture pour se réaliser soi-même par le travail salarié, de vraies capacités de progression.»
Aujourd'hui, dans le monde économique, dans les médias, le show-biz, la presse, l'édition, on assiste à une multiplication des «fils de-fille de», parce qu'il est de plus en plus difficile de se faire tout seul. «Dans la société des Trente Glorieuses salariales, l'éducation et le travail généraient un courant de mobilité ascendante. On assiste aujourd'hui à un véritable retour de manivelle», note Louis Chauvel.[...] «C'est comme si on sélectionnait l'équipe olympique de 2020 parmi les enfants aînés des médaillés d'or de 2000», selon le milliardaire américain Warren Buffett.
[...] Pourquoi accorde-t-on une telle place au fils à papa en France? «Associé au paternalisme, il constitue une stratégie efficace pour limiter les conflits sociaux: l'entreprise familiale est bien adaptée à la jungle des rapports conflictuels», note Thomas Philippon. Il y a une autre raison. Même lorsqu'il n'a pas inventé la Lune comme Arnaud Lagardère, le président honoraire des amis de Roland Garros, le «fils de» naît avec un carnet d'adresses accroché au cordon ombilical. Ce qui aide beaucoup à faire des affaires.[...]
A quoi servent les gens créatifs, compétents ou méritants? Le problème, en fait, c'est qu'une entreprise est faite d'hommes, et que pour les plus talentueux cette situation est frustrante.

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