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La famille et les valeurs familiales dans la société contemporaine

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse - sur la mise à mal de la famille durable, l'évolution des modèles de vie familiale, les non-dits et les tabous sur les victimes de la précarisation de la famille :

Pour les jeunes, la famille durable reste un idéal de vie

A quoi rêve la jeunesse mondiale ?

Le Monde - 21 janvier 2011 - Benoît Vitkine
Comment se porte la jeunesse du monde ? Quelles sont ses valeurs, ses aspirations, ses peurs, ses identités ? Voit-on les choses de la même façon selon que l'on habite à Pékin ou Rabat ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles ont tenté de répondre les chercheurs de la Fondation pour l'innovation politique [...]. Pour ce faire, l'institut TNS Opinion a interrogé 32 700 jeunes de 16 à 29 ans, originaires de vingt-cinq pays.
La jeunesse française entre bonheur privé et peur de l'époque. 83 % des Français se disent satisfaits de leur vie, un chiffre supérieur à la moyenne européenne (78 %). En Europe, seuls les Polonais sont plus satisfaits (85 %). Dans le monde, seule la jeunesse israélienne (83 %) parvient au niveau de satisfaction de la jeunesse française. De même, les Français sont massivement satisfaits de leur temps libre (73 %), de leurs amis (79 %), de leur santé (83 %) ou de leur famille (85 %). Lorsque l'on demande aux Français ce qui correspond le plus, pour eux, à une vie satisfaisante, ce ne sont pas "gagner beaucoup d'argent" (14 %) ni "se sentir libre" (18 %) qui arrivent en tête, mais "fonder une famille" – 47 %, soit un chiffre très supérieur à la moyenne européenne et que ne dépassent ou n'égalent dans le monde que les Polonais, les Estoniens, les Russes ou les Marocains.
Le décor change brutalement lorsqu'il s'agit non plus d'évaluer sa propre situation mais celle du pays tout entier : 25 % seulement des jeunes Français estiment satisfaisante la situation de leur pays et 47 % se disent satisfaits de l'époque dans laquelle ils vivent, contre 55 % des Européens. En écho à cette dissociation entre inquiétude publique et bonheur privé, c'est la famille (à 88 %) qui supplante la nationalité (63 %) dans l'identité personnelle des jeunes Français.
[...] La place centrale de la famille. Partout, les relations familiales sont jugées précieuses. Au point le plus haut, 98 % des Indiens estiment qu'il est important de passer des moments avec sa famille, contre 79 % des Japonais, ce qui constitue le point le plus bas. L'importance des liens familiaux se retrouve dans la place que les jeunes accordent à la famille dans la construction de leur identité personnelle : 95 % des Indiens, contre 73 % des Japonais, lui reconnaissent à ce titre un rôle important.
Non seulement les jeunes accordent une grande importance à la famille en général, mais ils sont aussi satisfaits de leur propre famille : 85 % des Européens, 87 % des Américains et 90 % des Indiens interrogés le disent. La jeunesse japonaise, encore une fois, se distingue par un taux de satisfaction moins élevé (69 %). Toutes les jeunesses regardent la famille comme le fondement de la société : 94 % des Chinois, 89 % des Estoniens, 70 % des Français ou 65 % des Suédois.

Les enfants du divorce croient à l'amour unique

La Vie - 2 février 2011 - Dominique Fonlupt
Mille adultes, soit trois générations d'enfants de divorcés de 18 à 60 ans, ont répondu à un questionnaire sur la façon dont ils ont vécu la séparation de leur parents. Un domaine de recherche encore tabou.
130 000 divorces en 2010, près de trois millions de mineurs ne vivant pas avec leurs deux parents : si l'éclatement des familles est banalisé par les statistiques, la façon dont le désamour est vécu par les enfants reste un sujet rarement exploré par les chercheurs. Une association familiale, l'Union des Familles en Europe, a voulu attirer l'attention sur une réalité occultée, en interrogeant trois générations de 18 à 60 ans, soit plus d'un millier d'adultes dont les parents ont divorcé. La moitié d'entre eux a moins de 35 ans, la moitié est marié et 30 % vivent seuls.
[...] Cette enquête montre surtout un immense besoin d'expression de la part des personnes concernées. Les 80 questions en ligne ont suscité des centaines de témoignages sur la façon dont la séparation a été annoncée, sur ses conséquences matérielles et psychologiques, l'attitude des grands-parents, la relation avec le beau-parent, mais aussi sur les leçons que chacun a tiré de cette expérience pour son propre couple : beaucoup de commentaires insistent sur l'attention mutuelle, la bonne communication que nécessite la vie à deux et montrent que la séparation n'est pas envisagée comme une fatalité, au contraire.
Car si la moitié des enfants de divorcés affirme que la séparation de leurs parents rend leur propre engagement plus difficile, ils sont encore 72% - autant d'hommes que de femmes- à penser qu'un grand amour pour toute la vie est possible. 89% des 18-24 pensent que le mariage avec une seule personne pour toute la vie est un idéal !

Le tabou de la souffrance des enfants, premières victimes de la banalisation du divorce, des familles monoparentales et des familles recomposées

Le succès au bac se joue dès le primaire

Le Figaro - 15 septembre 2010 - Marie-Estelle Pech
La dernière note statistique émanant du ministère de l'Éducation nationale risque fort de donner du grain à moudre à ceux qui ne cessent de dénoncer son inefficacité. Selon une étude de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) comparant le parcours de deux générations d'élèves entrés en sixième, les uns en 1989, les autres en 1995, les chances d'obtenir le bac restent plus que jamais liées au niveau acquis dès l'école primaire, au retard scolaire et à l'origine sociale.
[...] Autre enseignement peu réjouissant à l'heure de la montée en flèche des divorces dans la société française : les élèves vivant en famille monoparentale ou recomposée ont moins de chances de devenir bacheliers que ceux qui vivent avec leurs deux parents. Seulement 51 % des premiers le deviennent contre 67 % des seconds. Le désavantage persiste si on prend en compte le niveau à l'entrée en sixième ou l'origine sociale. Cette moindre réussite est plus prononcée pour les enfants qui vivent dans une famille recomposée que pour ceux qui appartiennent à une famille monoparentale.
Enfin, l'étude met à mal le mythe de l'égalité des chances. «Les écarts de réussite entre élèves originaires de milieux sociaux différents ont plutôt tendance à s'aggraver», souligne la note. Un élève dont le père est enseignant a ainsi quatorze fois plus de chances d'obtenir le bac que celui dont le père est ouvrier non qualifié dans le panel 1995, contre neuf fois dans le panel 1989.

Les souffrances des enfants du divorce

Le Figaro - 2 février 2011 - Agnès Leclair
A l'heure de la banalisation du divorce, la souffrance des enfants a-t-elle été oubliée ? Alors que 2,9 millions de mineurs vivent avec un seul parent et que près d'un mariage sur deux se termine par une rupture, il s'agit de «réussir son divorce» et de «préserver le couple parental».
Un credo illusoire, selon l'Union des familles en Europe. «Comment vit-on vraiment le divorce de ses parents ?», s'est interrogée l'association, qui prône la défense des intérêts des familles et souhaite contrebalancer les thèses actuelles sur le «divorce heureux».
Dans une enquête, elle a posé la question à 1137 personnes, âgées de 18 ans à plus de 56 ans, «victimes» d'une rupture parentale.
Pour l'écrasante majorité (88 %), cette séparation a eu des effets à long terme sur leur personnalité. Certains disent avoir peur d'être abandonné, manquer de confiance, souffrir de dépression. «J'ai un sentiment de culpabilité étouffant», se plaint un sondé. «J'ai peur que tout s'écroule du jour au lendemain», ajoute un autre. «Je ne fais pas confiance aux hommes», constate une troisième. Quelques éclaircies nuancent néanmoins ce tableau. «Je sais m'adapter à toutes les situations», «cela m'a permis de mûrir plus vite», avancent les plus optimistes.
«Le divorce a rendu une poignée d'entre eux plus coriaces. Mais c'est presque devenu un tabou de dire que les enfants souffrent énormément du divorce de leurs parents, s'insurge Dominique Marcilhacy, porte-parole de l'association, aujourd'hui, tout le monde défend la même thèse : si les parents vont bien, les enfants vont bien. Tenir un autre discours serait trop culpabilisant. Avec plus de 55 % de divorces prononcés par consentement mutuel, on entretient le mythe du divorce heureux.
Mais cette procédure ne règle en rien les conflits des parents.» Comme le soulignait le sociologue Paul Archambault dans une enquête pour l'Ined publiée en 2002, le séisme du divorce joue aussi un rôle dans la réussite scolaire des enfants. «La durée des études est réduite en cas de dissociation parentale» , relevait le chercheur. Ce sondage tend à le confirmer. 56 % des personnes interrogées évoquent des études écourtées, des conditions matérielles peu propices à la course aux diplômes ou encore des difficultés de concentration. Pour 41 % d'entre eux, l'onde de choc se répercute jusque dans leur vie professionnelle. Les plus pressés de s'extraire de la vie familiale ont pris le premier travail venu. Les plus affectés disent qu'ils traînent encore leur manque de confiance au bureau. Quelques-uns ont fait le choix d'un métier de «réparation», comme la médiation, pour panser leurs propres blessures.
Enfin, 48 % des personnes interrogées projettent l'ombre de la séparation jusque dans leur propre vie sentimentale. «Beaucoup rêvent d'une union solide et, paradoxalement, peinent à s'engager» , selon le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Si la détresse des enfants de divorcés ne fait plus les gros titres, elle se confesse plus en plus souvent dans les cabinets de pédopsychiatres. «Le nombre de consultations autour de la question du divorce a explosé depuis une quinzaine d'années, souligne Stéphane Clerget. Désormais, les rendez-vous ont même lieu en amont de la séparation.» Les enfants vont-ils mieux pour autant ? «Certains s'en sortent très bien. Pour cela, il faut avant tout qu'ils gardent le lien avec leurs deux parents et que des derniers arrêtent de les impliquer dans leurs disputes» , résume Stéphane Clerget. Une ligne de conduite apparemment difficile à tenir. 40 % des sondés indiquent ne pas avoir maintenu de lien régulier avec le parent qui n'avait pas la garde, généralement le père.
Quant aux querelles, elles ont la vie dure. 61 % des ex-conjoints continueraient à ferrailler sur la question sensible de la pension alimentaire. Dans cette ambiance, près de la moitié des enfants de divorcés avouent qu'ils ont dû faire un choix affectif entre leurs deux parents. Plus des deux tiers ont entendu leur père ou mère refaire régulièrement le procès de l'absent. Un souvenir cuisant. «Ne pas dénigrer l'autre parent et tenir l'enfant à l'écart des disputes» : c'est la leçon qu'ils retiennent tous de cette expérience malheureuse.

Les enfants du divorce au bord de la rupture

20 Minutes - 2 février 2011 - Delphine Bancaud
La séparation des parents est toujours vécue comme un séisme...
En 2010, 130.000 divorces ont été prononcés en France. «Un événement banalisé, même si la souffrance des enfants est énorme», souligne Dominique Marcilaci, porte-parole de l'Union des familles en Europe, qui sort ce mercredi une enquête menée sur 1.137 adultes ayant vécu la séparation de leurs parents.
Un mal nécessaire, selon 42% d'entre eux, car la vie de couple de leurs parents était devenue insupportable. «Mais 38% des sondés portent un regard sévère sur cette décision, qui aurait pu être évitée, d'après eux, avec plus de communication et de réflexion», explique Dominique Marcilaci.
C'est le cas de Frédéric, 34 ans, dont les parents ont divorcé lorsqu'il avait 22 ans. «Ça a été un coup de massue. Au départ, j'ai compris la décision de ma mère, mais j'ai fini par lui reprocher de ne pas avoir essayé de sauver son couple en poussant mon père à plus dialoguer. Du coup, je ne lui parle plus depuis deux ans.» Comme lui, 50% des sondés expliquent avoir été obligés de faire un choix affectif entre leurs deux parents. Plus grave: 40% n'ont pas maintenu de liens réguliers avec le parent qui n'avait pas leur garde, à savoir le plus souvent leur père.
Dans le temps, le divorce laisse aussi des séquelles graves chez les enfants: 88% d'entre eux estiment que cet événement a marqué leur personnalité. «Ils n'ont pas confiance en eux, ont peur d'être abandonnés», souligne Dominique Marcilaci.
Cette souffrance se répercute dans 56% des cas sur leur parcours scolaire, car ils sont démotivés, ont des difficultés à se concentrer ou ne peuvent pas poursuivre leurs études pour des raisons économiques. «Le seul point positif qui ressort de cette étude est que les enfants du divorce se donnent plus les moyens de réussir leur couple, en communiquant davantage.» Un avis partagé par Frédéric: «Avec ma femme, nous communiquons beaucoup, quitte à nous engueuler parfois. C'est plus sain que de laisser s'enliser les conflits.»

Fragilisation du mariage et banalisation du divorce

Les disparités géographiques du divorce

Le Figaro - 17 septembre 2010 - Aude Seres
Un préjugé bien ancré veut que l'on divorce plus à Paris qu'en province. Épuisés par un rythme de vie trépidant, les couples parisiens ne résisteraient pas au sempiternel métro-boulot-dodo de la capitale. Tandis qu'une province plus traditionnelle, plus calme et parfois plus ensoleillée serait épargnée par le tsunami du divorce. [...]
Selon des chiffres établis par l'Institut national d'études démographiques (Ined) [...], si Paris reste en tête et de loin des statistiques de divorce, la capitale est aujourd'hui suivie de près par de nombreux autres départements, dont ceux de la région Provence- Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes. L'étude réalisée par France Prioux et Magali Mazuy, chercheuses à l'Ined montre que le degré d'urbanisation n'est plus le seul critère. Certes, la procédure de divorce par consentement mutuel est plus importante dans les grandes villes, où ce phénomène est entré depuis plus longtemps dans les mœurs, mais elle progresse. [...]
L'autre élément non négligeable de la sociologie du divorce tient à la réforme de 2004, qui privilégie l'écart de revenus pour la fixation des indemnités compensatoires. Autrement dit les femmes qui, en général perçoivent des salaires inférieurs, sont moins angoissées que par le passé. «Dans des départements comme Paris, le Var ou les Alpes-Maritimes, plutôt aisés, la femme peut obtenir une indemnité compensatoire tout à fait raisonnable qui lui permet d'envisager la séparation avec moins d'inquiétude matérielle», explique Jérôme Casey, avocat spécialisé dans les divorces. [...]
Si aucun recoin de l'Hexagone n'est épargné, certains départements semblent a contrario moins touchés. Il s'agit principalement des départements de l'Ouest, en Bretagne et dans les départements limitrophes comme la Manche, la Mayenne, la Vendée et les Deux-Sèvres) et du Sud du Massif central (Cantal, Haute-Loire, Lozère et Aveyron), de tradition catholique bien ancrée. Une carte qui se recouvre quasiment avec la présence très forte de l'enseignement privé catholique.

Les hommes sont-ils des mères comme les autres ?

Le Monde - 9 février 2011 - Olivia Uzan (avocate au barreau de Paris)
On trouve ces derniers temps dans les prétoires des situations en passe de faire vaciller les critères communément admis de la virilité : un homme s'effondre en sanglots à la lecture du rapport établi par une enquêtrice sociale. Désignée par le juge pour éclairer sa décision, elle a émis un avis mitigé sur sa demande de père d'obtenir la résidence alternée de ses fils. Un autre, quant à lui, assigne son ex-épouse, qui a passé outre le jugement de divorce et le droit d'hébergement du père. Elle est poursuivie pour "non représentation d'enfant". C'est un délit, réprimé par le code pénal. Autre cas : celui d'un homme qui s'est constitué partie civile pour les violences dont il est victime ; son agresseur est… son épouse. Dernier exemple, enfin : cet époux qui formule une demande de prestation compensatoire, car sa working-girl et future ex-femme a des revenus plus élevés. Et pour cause, ce père a choisi de passer plus de temps avec ses enfants…
Ces situations sont de plus en plus courantes. Les hommes, autant époux, carriéristes, que pères, cherchent désormais auprès de leur avocat celui qui les accompagnera dans leurs revendications. Ils n'admettent plus ce rôle de "distributeur automatique" dans des procédures où, selon eux, les dés seraient pipés. Si les femmes ont acquis la possibilité d'exercer des "métiers d'hommes", ces derniers, pour leur part, aspirent à ce que l'on reconnaisse leur qualité de père à part entière. Et ce, bien au-delà du seul rôle de géniteur ou de pourvoyeur de fonds.
Bien souvent, ces hommes ont un discours commun ; ils sont ce que les femmes en ont fait, c'est à dire des "pères protecteurs", mais aussi quasiment des "mères de lait". Ce qui les a transformés en compétiteurs de talent, capables d'ébranler le rôle longtemps laissé à l'exclusivité de la mère nourricière : l'usage des biberons, micro-ondes et lait en poudre ne revêt plus aucun caractère mystérieux pour ces pères actifs, au travail… comme à la maison. Le résultat peut être perturbant pour des femmes qui n'ont pas l'habitude d'entendre que le droit de visite et d'hébergement "classique" (un week-end sur deux) ne soit plus la règle absolue. La surprise persiste, lorsque l'on explique à ces mères que "résidence alternée" (une semaine sur deux) signifie "suppression de la pension alimentaire".

Précarisation du couple et individualisme : le PACS et la loi du désir

Un million de pacsés en France au 1er janvier 2010

Le Figaro - 8 février 2011 - Tristan Vey
Mariage ou Pacs ? A en croire l'Insee, la question se pose pour un nombre grandissant de Français. La barre du million de «pacsés» a même été franchie début 2010. L'année qui a suivi, l'institut de statistiques a relevé une proportion de trois Pacs pour quatre mariages. [...] En 2000, juste après sa mise en place fin 1999, il n'était que d'1 pour 20... L'explosion du nombre de Pacs compense ainsi largement la diminution du nombre de mariages (environ 1% de moins par an en moyenne depuis 2001).
Globalement, «le nombre de pacsés reste faible au regard de celui des personnes mariées ou célibataires», analyse toutefois l'Insee, précisant que seuls 3% des 18-39 ans ont signé un tel contrat. Cette forme de reconnaissance du couple séduit plus particulièrement les catégories sociales supérieures : 26% des pacsés sont des cadres. A titre de comparaison, seuls 15% des mariés appartiennent à cette catégorie de population. Le revenu médian des pacsés est ainsi de 24.000 euros annuels, contre 20.000 pour les mariés et 19.000 pour les concubins.
D'autre part, le Pacs est loin de n'être utilisé que par les homosexuels. S'ils représentaient 42% des 22.500 premiers couples à profiter du nouveau dispositif en 2000, ils ne représentaient plus que 6% du nombre total de Pacs toujours en vigueur en 2009. A cette époque, 28.000 hommes et 16.000 femmes étaient ainsi pacsés avec une personne du même sexe. Indépendamment de ce critère, on note qu'une petite proportion des pacsés préfèrent en pas partager le même domicile.
Certaines personnes craignaient que le Pacs ne permette de faciliter les unions «blanches». Le dispositif n'a de toute évidence pas été détourné à cette fin : 2% seulement des Pacs unissent des personnes de nationalités différentes, contre 10% des mariages. «Le Pacs permet de justifier d'une vie commune, d'une attache en France et contribue ainsi, par exemple, à l'obtention d'un titre de séjour. Mais il ne donne pas au conjoint d'un Français le droit de demander la nationalité française», rappelle au passage l'Insee.
Concernant la répartition géographique, l'Insee observe une proportion légèrement supérieure de pacsés dans le Sud-Ouest, mais loin de bouleverser une étonnante uniformité territoriale.

analyse Les craintes initiales sont donc avérées. Le PACS est un mariage au rabais, qui augmente la précarité familiale des plus faibles.
Par ailleurs, cette étude a le mérite de donner en dehors de tout fantasme des statistiques sur la proportion de gays dans la population française : seulement 6% des PACS, soit moins de 3% des officialisations de couples, concernent des paires homosexuelles.

“Mariage” homosexuel - Contre la loi du désir

Valeurs Actuelles - 6 janvier 2011 - Chantal Delsol (philosophe, historienne des idées politiques, romancière, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques)
Dans son édition du 16 décembre, le Nouvel Observateur propose un dossier étoffé sur la situation des homosexuels français désireux de fonder une famille par le mariage et d’obtenir une vraie parentalité.
Dossier d’impatience : quand la France se résoudra-t-elle à rejoindre ses voisins les plus innovants ? On nous décrit des lesbiennes contraintes d’aller se faire inséminer en Belgique et les réclamations sans effet d’autorisation parentale conjointe. Dans cette affaire, tout est campé en termes de compétition. Il s’agit de monter dans le train de l’Histoire. Un exploit : l’Islande possède la première responsable politique de haut rang à s’être mariée à une femme. La France se fait “doubler” par de nombreux pays. Quelle misère de vivre dans un pays si attardé !
On argue de la voix de l’opinion : deux Français sur trois seraient favorables au mariage gay. Une fois n’est pas coutume : quand les Français sont majoritairement pour la peine de mort, ce sont eux qui ont tort et se trouvent en retard sur l’Histoire. Autre argument : la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme conteste le conservatisme français en la matière. Ah, si l’Europe pouvait, à cet égard, imposer des lois à la France… Mais on est bien conscient que dans ce cas, elle devrait les imposer à tous les pays, dont un certain nombre ne se révéleraient pas aussi dociles que nous. Car il y a des sociétés européennes où l’on voit là une question d’opinion, une question anthropologique, et pas seulement une affaire de mode.
L’extension du statut de parents aux homosexuels ne devrait être ni une affaire de mode, ni une course à l’échalote pour monter dans le train de l’Histoire. La compétition historico-progressiste ne constitue en rien un argument en faveur du bien. La Californie a voté récemment par référendum une loi interdisant le mariage gay, qui avait été légalisé auparavant. Avant 1933, certains pays se félicitaient d’être très en avance sur les autres quant à l’application de l’eugénisme. La France peut se féliciter d’avoir été, alors, en retard. Cette course pour être le pays le plus branché, au sens où il faudrait faire n’importe quoi avant les autres, a quelque chose de pathétique, de puéril, et d’irresponsable.
Le Nouvel Observateur fait remarquer que nombre de psychanalystes récusent ces mesures attendues. Et il faut préciser qu’ils ont été les premiers à s’inquiéter des désordres produits chez les enfants par l’anarchie familiale, non pas au nom de je ne sais quels dogmes, mais simplement parce qu’ils voient ces dégâts sous leurs yeux. On en déduit que les psychanalystes représentent un bastion du conservatisme : ils représentent surtout un poste avancé de l’observation sociale.
Il est surprenant de trouver ici l’argument de l’intérêt de l’enfant et de sa “stabilité”, dont on fait bien peu de cas quand on défend le Pacs (contrat sans responsabilité vis-à-vis de l’enfant) ou le divorce. Cet argument altruiste manque de crédibilité, puisque tout provient ici d’un “désir d’enfant”, soit d’un caprice d’adulte (le caprice est un désir arbitraire et narcissique). Et ce désir inassouvi (parce qu’il ne peut s’accomplir sans trucage) s’exprime de surcroît comme une situation tragique de misère et d’injustice : le combat pour le mariage gay prend les mêmes accents que celui du XIXe siècle contre le travail des enfants ; l’ouverture d’un capital décès aux couples pacsés en 2009 sonne comme un rendu de justice enfin accordé à Cosette…
Si l’on part du principe que tout est possible, accorder le mariage et la famille aux seuls couples hétérosexuels est discriminatoire. Hélas ! la nature est discriminante, elle prive par exemple les hommes de la capacité d’accoucher et les chats de la capacité d’aboyer. Naturellement, la vocation d’une loi civilisée consiste à compenser les injustices de la nature, ou de l’état de nature, où le fort écrase le faible. Justement, en ce qui concerne le mariage, la loi a pour but essentiel de protéger le faible : l’enfant. Il n’est donc pas imbécile de se demander ce que doit être la parentalité pour l’enfant. L’enfant, né de la différence sexuée (quels que soient les trucages, on en revient toujours là) et destiné à vivre dans le monde de la différence sexuée (sinon, il n’y aurait très vite plus de monde du tout), n’a-t-il pas besoin d’une éducation à la différence ? “Il est de l’intérêt de l’enfant d’avoir deux protecteurs au lieu d’un seul”, arguent les couples homosexuels, comme si tout était question de quantité et d’addition…
La question de l’image parentale est infiniment plus importante que celle de savoir si des adultes peuvent accéder à tous leurs désirs impossibles. Les parents sont les premiers modèles pour l’enfant, l’image du cosmos culturel. Quel effet produira une image tronquée sur des enfants élevés par une paire plutôt que par un couple ? Il y a là un bouleversement anthropologique qui n’a jamais été tenté sur une grande ampleur. Cela vaut la peine d’en débattre, parce que l’éducation des enfants est une affaire sérieuse, sans doute la plus sérieuse de toutes. On ne joue pas avec ça. Un peuple responsable ne peut pas en faire une affaire de mode ou une affaire de simple “désir”.

analyse Quid du principe de précaution ?

Education des enfants : autorité parentale et rôle des parents

Famille : le retour de l'autorité et des pères

Le Figaro - 15 février 2010 - Natacha Polony
Petits monstres, sauvageons… les enfants d'aujourd'hui feraient passer le «bon petit diable» de la comtesse de Ségur pour un charmant angelot. Une fatalité ? (...) Les résultats [de l'étude] nous racontent les arbitrages quotidiens des parents modernes : «protecteurs, néobobos, tiraillés…», ils s'adaptent à la crise et tentent de transmettre quelques valeurs à leurs petits. (...)
Première remarque : les parents punissent, à 72 %, et même 80 % pour les parents des 3-5 ans. (...) Car si les pères d'aujourd'hui se montrent incontestablement plus investis et plus présents dans la vie de leurs enfants (pour preuve l'intérêt qu'ils ont montré à cette enquête !), c'est sans doute eux qui vont permettre de “rééquilibrer les choses” et de générer une reprise d'autorité !».
Des pères plus impliqués et par qui viendra le salut, pourquoi pas ? Mais on peut aussi supposer que, si ces enfants remarquent davantage la sévérité de leurs parents, c'est justement parce qu'elle est chaque jour à leurs yeux moins naturelle et évidente. Car l'ensemble de l'étude dresse le portrait d'enfants dont on espère avant tout «qu'ils soient bien dans leur peau» et «qu'ils sachent s'adapter aux circonstances». Toujours en tête des principes éducatifs, la politesse a malgré tout perdu vingt points par rapport à 2003 (elle est citée par 69 % des parents au lieu de 89 %), quand l'autonomie progresse de treize points (elle est citée par 55 % des parents). Et si les parents trouvent leur progéniture plus «éveillée» que les générations précédentes, cela «reflète surtout le discours sociétal ambiant».

Le cri d'alarme de centaines de parents battus

Le Figaro - 23 novembre 2009 - Marion Brunet
Le numéro vert «Jeunes Violences Ecoute» enregistre une augmentation sensible des appels de parents agressés par leurs enfants. La plupart d'entre eux, désemparés par cette violence tant physique que verbale, ne savent pas toujours comment réagir.

Pour aller plus loin

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