INFOSELEC.net, des briques d'information sélectionnées sur le Net
Flux RSS Nouveautés (RSS)

Vous êtes ici : Infos > Valeurs et modes de vie > Disparition de la morale > Enfance perdue > Erotisation de la société

Les ravages de l'érotisation à outrance et de
l'hyper-sexualisation des enfants
(lolitas, sexualisation précoce, porno, crimes sexuels)

Rétablir la morale sexuelle : un devoir civique pour sauver l'enfance ?

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

Enfance volée : hyper-sexualisation des fillettes et phénomène des lolitas

Le règne des mini-lolitas à son apogée?

L'Express - 18 août 2011 - Anne-Laure Pham, Mathilde Laurelli
La sexualisation précoce des adolescentes n'est plus une simple lubie des magazines de mode: ce phénomène s'est étendu aux fillettes prépubères, parfois dans une indifférence déconcertante.
La séance photo polémique de Miley Cyrus (15 ans) topless par Annie Leibovitz pour Vanity Fair en 2008? Dépassée! La publicité d'une innocente Brooke Shields (15 ans) sifflotant les jambes écartées pour la marque de jeans Calvin Klein dans les années 1980? Carrément ringarde! Maintenant les "ado-stars" sont limite trop vieilles pour percer dans le show-business: c'est le règne des "baby-stars", des lolitas toujours plus précoces.
Et c'est déjà une véritable institution aux Etats-Unis. Rappelez-vous le récent tollé provoqué par la vidéo du concours Darling Divas. On y voit la minuscule Mia (2 ans) engoncée dans un body au soutien-gorge conique poussée par sa mère à secouer les hanches sur Like a prayer de Madonna. Dans un autre style, un groupe de fillettes âgées de 8 ans, inscrites à la compétition de danse The World of Dance, qui se trémoussent sur le tube Single Ladies en tenues de scène plus dénudées que celle de la chanteuse Beyoncé Knowles dans son clip.
Un couple de parents a réagi dans l'émission Good Morning America sur ABC, justifiant les costumes, pensés "pour faciliter leurs mouvements de danse très techniques".
Autre exemple récent, la jeune Anglaise Soya Keaveney, aujourd'hui enceinte à 15 ans, posait dès 12 ans en bikini, avec ongles manucurés et piercing au nombril, sur les photos de vacances en Egypte, aussitôt mises en ligne par sa maman Janys dès leur retour. "Certaines personnes pourraient penser que ces clichés sont trop sexy. Mais ils vont juste nous aider à faire parler de son profil de mannequin. Ma fille ne montre rien qu'elle ne dévoilerait pas sur une plage", confiait sans gêne aucune la mère au Daily Mail.
Hollywood ouvre grand la voie aux espoirs des toutes jeunes filles: à seulement 12 ans, Elle Fanning foule les tapis rouges moulée dans les robes de créateurs comme Valentino, Marchesa ou Rodarte. La soeurette de Dakota Fanning pose même dans la campagne Marc Jacobs automne-hiver 2011. Sa copine Hailee Steinfled (14 ans), révélée par son rôle dans True Grit, a été choisie par Miu Miu pour incarner la collection automne-hiver 2011. La bimbo Kim Kardashian était la première à poster les photos en maillot deux-pièces de sa petite soeur Kendal Jenner (14 ans) sur Internet avec un enthousiaste message ("C'est magnifique! Je suis tellement fière! Elle va chambouler le monde du mannequinat!").
Sous couvert d'agir pour le bonheur de leur progéniture, "certaines mères instrumentalisent leur fillette innocente sur lesquelles elles projettent leurs rêves sexuels et leurs espoirs déçus de célébrité, ou tout simplement de jeunesse", rappelle la psychanalyste Christiane Olivier. "Une histoire qui n'est pas sans rappeler My Little Princess", observe la pédiatre Edwige Antier: dans son récent film, Eva Ionesco raconte la relation fusionnelle qu'elle a partagé avec sa mère, qui la photographiait dans les années 1970, prenant des poses érotiques à la frontière de la pornographie infantile.
Ces mères ne souhaitent pas remettre en cause l'exposition médiatique de leur fille, devenue le possible objet de fantasmes. Véronika Loubry, mère d'une petite Thylane, mannequin âgée de 10 ans, réagit face à la polémique: "Le seul élément qui me choque sur cette photo, c'est le collier qu'elle porte, qui vaut 3 millions d'euros!", s'exclame la présentatrice de télévision sur le blog de Jean-Marc Morandini.
La mise en scène provocante de son enfant dans le supplément Cadeaux de l'édition française de Vogue -pourtant publié en décembre dernier- vient tout juste de défrayer la chronique dans les médias américains -comme les chaînes ABC (voir la vidéo) et Fox News, qui ont consacré un reportage sur le sujet.
"Les photos sexualisées d'enfants prépubères sont des images pousse au crime. Ce n'est pas seulement un viol de l'imaginaire enfantin, mais un message pervers envoyé à la société", se révolte Edwige Antier. "La publication de photos exposées aux regards de tous permet à des inconnus de projeter des fantasmes malsains sur des clichés dont les enfants ne peuvent pas avoir conscience lors des séances. Et sur le plan de l'intérêt supérieur de l'enfant, elles véhiculent l'idée que les petites filles ont déjà une sexualité de type adulte. Ce qui est une grave erreur", analyse-t-elle. De son côté, Christiane Olivier constate que "les parents n'ont plus conscience de leur responsabilité. Ils jouent la carte de l'indifférence vis-à-vis de la sexualité de leurs enfants. Quand ils ne projettent pas leurs rêves sexuels sur eux. Or, il faut expliquer à une petite fille que c'est une affaire très privée de se maquiller, de se déguiser en femme et d'adopter une attitude de séductrice qui n'est pas de son âge".
Il n'empêche, la sexualisation précoce s'impose comme un véritable argument marketing auprès de marques, qui s'adressent aux enfants comme à des adultes. La ligne de sous-vêtements Jours Après Lunes, lancée en janvier 2011, propose des soutien-gorge à partir de quatre ans. Une collection dont les modèles à rayures rappellent le bikini rembourré vendu "dès 7 ans" par Abercrombie & Fitch. Pour compléter leur panoplie de mini-femmes, les fillettes peuvent désormais se faire bichonner les ongles sur les fauteuils du Mini Kids Spa... ou même allaiter leur poupée Breast Milk Baby à l'aide d'un débardeur avec tétons intégrés. Edifiant. Terrifiant diront certains.

La mode des lolitas dénoncée par un rapport parlementaire

Le Figaro - 4 mars 2012 - Delphine de Mallevoüe
Soutiens-gorge ampliformes dès 8 ans, chaussures à talon en taille 30, ministrings, trousses de maquillage dès 12 ans, poupées en jambières... Véritable phénomène de société, l'hypersexualisation des jeunes filles provoque une telle inquiétude qu'elle fait aujourd'hui l'objet d'un rapport parlementaire pour tenter de mettre en place des garde-fous.
La sonnette d'alarme est tirée par la sénatrice UMP Chantal Jouanno, ex-ministre des Sports, auteur de ce rapport remis lundi à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale. Le phénomène, observé par les spécialistes sur les enfants prépubères de moins de 12 ans, se définit non seulement par la sexualisation de leurs codes vestimentaires mais aussi de leurs expressions, postures et intérêts, jugés trop précoces pour leur âge. Poussée par l'industrie de la mode et les médias, par le retour des stéréotypes dans les jouets et la souveraineté de l'apparence dans les programmes de téléréalité, l'hypersexualisation banalise la pornographie et la violence, constate le rapport parlementaire intitulé «Contre l'hypersexualisation, un nouveau combat pour l'égalité». Conséquence: elle fragilise les enfants dans leur équilibre psycho-affectif et leur construction identitaire. L'intrusion précoce de la sexualité entraîne des dégâts psychologiques irréversibles dans 80 % des cas», affirment les spécialistes du dossier. Mais elle favorise aussi les conduites à risque comme l'anorexie et met en danger, à terme, l'égalité entre les femmes et les hommes qu'ils deviendront, s'alarme le rapport.
Si les parents se disent inquiets, d'après un sondage récent où 84 % des mères jugeaient que l'image des filles allait en se dégradant, la prise de conscience semble difficile. [...]
Chantal Jouanno, connue pour son «caractère féministe» [...] s'étrangle à toutes les pages et se donne les moyens de son indignation en faisant des propositions radicales: interdire les concours de mini-miss et des enfants de moins de 16 ou 18 ans, irrespectueux de «l 'intérêt supérieur de l'enfant et de la dignité de la personne humaine», et rétablir l'uniforme en primaire. Si ce dernier n'est pas «une réponse pertinente à l'hypersexualisation» dans sa problématique globale, dit le rapport, il permettrait au moins de la pousser hors les murs de l'école élémentaire et, dans tous les cas, «demeure pertinent face à la concurrence des marques, facteur de clivages sociaux». Côté juridique, Chantal Jouanno propose également d'interdire que les enfants de moins de 16 ans puissent être l'égérie des marques, «afin de ne pas favoriser l'image d'enfants transformés en adultes». Enfin, elle propose la rédaction d'une «charte de l'enfant», pour «éclairer les pouvoirs publics et le juge dans la mise en œuvre de ces principes».

Enfance perdue : Influence du porno, développement du sexting chez les ados et déformation de l'image de l'amour, du sexe et de la sexualité chez les jeunes

Leçons de porno sur les portables

Le Journal du Dimanche - 7 janvier 2012 - Adeline Fleury
Après les textos osés et les photos coquines, les films pornographiques circulent désormais dans les collèges via les smartphones. Déroutant.
[...] Ce matin de décembre, devant une soixantaine d’élèves de 5e et de 4e des Hauts-de-Seine, Florian Fouchard aborde un chapitre sur les dangers des images pornographiques. Membre de l’association Calysto, il intervient dans les écoles pour décrypter l’impact du numérique dans la vie des jeunes.
Dans l’assistance un peu dissipée, les joues rougissent, les mains se tordent, les rires ont du mal à être contenus. Mais Florian Fouchard n’a aucun doute sur l’accès que les ados ont aux films et images pornographiques. Selon une enquête menée dans 1.132 collèges par Calysto en 2009-2010, 82 % des 11-13 ans ont déjà été confrontés à une image pornographique via la Toile. "Les adolescents passent énormément de temps sur Internet et l’accès à la pornographie est facile, souligne l’éducateur. Une fois qu’un ado a téléchargé un film ou accédé à un site pour adultes, il va recevoir en permanence des pop-up pour l’inciter à y retourner."
L’intervenant explique aux élèves, sans les juger, que ces sites renvoient une image dénaturée de la sexualité, que "ce n’est pas cela l’amour". Mohamed lève la main et prend la parole : "Monsieur, dans un collège de Clichy, y a une fille qui a été filmée nue par son mec et tout le collège a vu la vidéo ; depuis, elle a une sale réputation."
L’anecdote n’étonne personne dans l’assistance. La pratique se nomme "sexting" et consiste dans l’envoi, via le téléphone portable, de vidéos osées, voire pornographiques, où les adolescents se mettent en scène ou se vengent de leurs ex-petits amis en les montrant dans des poses compromettantes. Le phénomène est récent. En 2009, un sondage de l’Unaf (Union nationale des associations familiales) et Action Innocence montrait que 14 % des 12-17 ans avaient déjà reçu des messages à caractère sexuel de la part de leurs camarades. Aujourd’hui, la mode du sexting tend à se banaliser.
Mathieu Ruet, psychologue de l’association Action Innocence, intervient également en milieu scolaire. "Nous avons travaillé avec un millier de collèges. Un chef d’établissement sur trois nous a affirmé avoir eu, cette année, un souci avec une photo d’ado dénudé", souligne-t-il. "Les ados ne mesurent pas les conséquences du sexting", déplore Thomas Rohmer, président de l’association Calysto. "Dans un collège, une fille de 4e s’est laissé filmer par son copain pendant son premier rapport sexuel. Le garçon a envoyé la vidéo à toute sa classe. Résultat, l’adolescente a été victime d’un chantage : des garçons l’ont menacée de mettre le film sur YouTube si elle ne leur faisait pas la même chose."
Depuis septembre, la circulation de films pornographiques sur les téléphones portables a pris le pas sur la mode du sexting. "Des élèves téléchargent des images pornos et les font tourner dans la cour de récré, constate Soline Clair, CPE dans la région lyonnaise. C’est comme un trophée, un rite initiatique. Si tu as une image porno, tu n’es plus un bébé." L’école primaire n’est pas épargnée. "J’ai également des intervenants au primaire. Depuis la rentrée, ils s’étonnent de la circulation de vidéos pornos en CM1 et CM2", raconte Thomas Rohmer.
Pas de contrôle parental sur les mobiles
Au collège, plus la vidéo est trash, mieux l’élève sera considéré par ses pairs. Dominique Delorme, responsable de la ligne Net Écoute [0800 200 000 : numéro vert destiné aux parents et ados confrontés aux possibles dérives d’Internet], s’inquiète de ce "déferlement du porno" via les téléphones mobiles. "Les ados jouent les durs à cuire entre potes, poursuit-il, mais beaucoup ne s’avouent pas le choc, les dégâts psychologiques causés par le visionnage d’images pornographiques hard. Ils ne sont pas passés par la phase nécessaire d’analyse de l’image choquante."
Stanislas, 13 ans, n’a pas encore perdu ses joues de bébé et a à peine mué. Il dit qu’il sait très bien ce qu’est un "gang bang", parce qu’il "en [a] un dans son téléphone". Sans se faire prier, il dégaine son mobile et se connecte sur YouPorn, le YouTube classé X. Il assure que ses parents ne sont pas au courant, que sur l’ordinateur familial il y a un contrôle parental, mais pas sur son portable. "De toute façon, j’ai des potes qui savent faire sauter les filtres", se vante l’adolescent devant la grille de son collège.
Laurence, maman d’une collégienne de 13 ans, a découvert récemment des SMS très crus sur le téléphone qu’elle prête à sa fille. "Des propos que même deux adultes hésiteraient à s’envoyer." Décontenancée, elle a abordé il y a quelques jours le sujet avec sa fille. "Elle m’a rétorqué que tout le monde parlait comme cela au collège et que tous les garçons de sa classe regardaient des vidéos pornos sur leur téléphone, même le premier de la classe! Ma fille me jure qu’elle n’en a jamais vu une en entier."
Une maman d’élève d’un collège parisien confie avoir découvert un film X dans le téléphone de son fils. "Je faisais un peu de ménage dans sa chambre quand son portable s’est mis à vibrer. C’était son meilleur copain qui lui envoyait un film trash. Je lui ai expliqué que le X était dégradant pour l’homme comme pour la femme. Il a soupiré, m’a dit qu’il savait déjà tout cela. J’étais plus honteuse que lui!"

Les 13 et 14 ans seraient 30 % à consulter des sites porno

Le Figaro - 16 février 2012 - Gabriel Petitpont
Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse et à la Vie associative [...] souligne [...] notamment le lien entre l'absence de dialogue et la tentation de la pornographie. [...] «Les jeunes ont des désirs qu'ils réalisent ou qui restent au stade du fantasme... L'adolescence est l'âge des interrogations, des expérimentations, des transgressions... Rien de plus normal. Le rôle des adultes est de préparer les plus jeunes à affronter des choses qui les dépassent. Faute d'aborder les sujets qui ne sont que la vie, l'amour, la tendresse, le désir... ils vont chercher par eux même les réponses à leur questions. Ils se retrouvent à surfer sur le Net sur des sites pornographiques», poursuit-elle.
Et les chiffres sont impressionnants. 30% des consommateurs de pornographie auraient entre 13 et 14 ans. D'après une enquête européenne, 80% des garçons de 14 à 18 ans et 45% des filles du même âge ont vu un film porno dans l'année écoulée! Une tendance qui pourrait se retourner contre les jeunes filles, si ce n'est pas déjà le cas. Ces images, avilissantes pour les femmes, conduisent certains adolecents à reproduire ce qu'ils ont vu», explique Israël Nisand. Et «certaines adolescentes se sentent parfois forcées de tout accepter».
Afin de lutter contre une exposition de plus en plus fréquente à la pornographie, le rapport [signé par le gynocologue Israël Nisand et remis à Jeannette Bougrab] insiste sur la nécessité de développer «l'information précoce des jeunes sur cette addiction sur les dangers de cette addiction». Il préconise aussi de taxer davantage les sites pornographiques ainsi que leurs fournisseurs. Mais il propose surtout de rendre payant l'accès à toute image pornographique.

Conséquences dangereuses de l'hypersexualisation de la société et de l'érotisation excessive pour les fillettes, jeunes filles, adolescentes et futures femmes

«On déguise les petites filles en friandises sexuelles»

Le Figaro - 4 mars 2012 - Chantal Jouanno (sénatrice de Paris, ex-ministre des Sports), interviewée par Delphine de Mallevoüe
INTERVIEW - Chantal Jouanno, sénatrice, auteur du rapport «Contre l'hypersexualisation, un nouveau combat pour l'égalité», s'inquiète du phénomène de la banalisation de la pornographie.
Votre rapport est très alarmiste et sans concession. Quel est, à vos yeux, l'enjeu le plus important de l'hypersexualisation des filles?
Ce phénomène a un véritable enjeu sociétal. Car au-delà des petites filles, c'est l'ensemble de la société qui est hypersexualisée. La banalisation de la pornographie est tellement insidieuse qu'on ne sait même plus la voir, encore moins s'en choquer, or c'est très choquant. Aujourd'hui, les enfants construisent leur identité sur une régression de l'égalité homme-femme, sur le retour des stéréotypes qui se glissent dans les clips, les jouets, les émissions de téléréalité. Le danger est individuel mais aussi collectif: celui de voir naître une génération qui aura intégré dès le plus jeune âge, non par éducation mais par défaut, l'inégalité des sexes. Nous avons, en tant que parents et élus politiques, une grande responsabilité.
Vos propositions sont radicales, comme l'interdiction des concours de beauté pour les moins de 16-18 ans ou l'impossibilité pour ces derniers de devenir l'égérie d'une marque…
Le Dr Boris Cyrulnik (neurologue, psychiatre et éthologue, NDLR) utilise une expression qui résume très bien les choses: aujourd'hui, on déguise les petites filles en «friandises sexuelles», dans une course à l'apparence, à la beauté, à la séduction, au culte de soi. Je ne peux pas accepter ce règne de la futilité et de l'instrumentalisation, qui fait le jeu des médias et de l'industrie de la mode et qui est si contraire à la dignité de la personne humaine. Il faut donner un peu de chair à ses principes, avec des décisions et des engagements politiques clairs.

"Maquiller et habiller sa fillette en femme est criminel"

L'Express - 29 mars 2011 - Serge Hefez (pédopsychiatre), interviewé par Julie Saulnier
La sexualisation des enfants par leurs parents débute de plus en plus tôt. Strings pour fillettes, bikinis rembourrés ou botox à huit ans. Analyse d'une tendance par le pédopsychiatre Serge Hefez.
Des bikinis rembourrés, une fillette déguisée en Madonna, des poupées pour donner la tétée, des strings pour enfants, une petite de 8 ans botoxée, les initiatives destinées à faire des fillettes des femmes miniatures se multiplient. Que pensez-vous de cette tendance à sexualiser les petites filles?
Les parents qui sexualisent leurs filles dès le plus jeune âge jouent à la poupée. Ils maquillent et habillent leurs enfants comme s'ils étaient un objet, un poupon. Ce mécanisme est dangereux car il empêche l'enfant d'être sujet. Les petites filles sexualisées vont avoir du travail pour se déprendre d'être la poupée de leur mère. Car plus l'enfant est idéalisé, plus le processus de désidéalisation est difficile pour la fillette et vis-à-vis de ses relations à l'autre. Dans ce cas de figure, il faut s'attendre à des conflits sévères...
Quels impacts cette sexualisation précoce et forcée peut-elle avoir sur les petites filles?
Ce type d'éducation influence tout le développement d'une fillette. Plus précisément, une enfant élevée comme l'objet de quelqu'un d'autre entre soit en "répétition totale", soit en "rupture totale". Dans le premier cas, l'enfant objet continue, lors de son passage vers l'âge adulte, d'être la poupée de quelqu'un d'autre. Dans le second, elle cherche à tout prix à se désinvestir de l'image de son corps et de sa sexualité. Quelle que soit l'issue, c'est dangereux, voire criminel.
Autre danger: cette érotisation des petites filles peut faire apparaître aux fillettes "classiques" que la norme, c'est d'être un enfant de convoitise et d'envie.
Comment expliquer que des parents s'approprient de la sorte le corps de leurs enfants?
Cette sexualisation précoce peut s'expliquer par le fait que les parents rêvent d'un enfant parfait qui les représente le plus parfaitement possible aux yeux de la société. Toute progéniture est le prolongement narcissique du parent, mais dans les cas évoqués, ça dépasse l'entendement. Les parents projettent sur leur fille leur idéal de beauté et de jeunesse et imposent quelque chose qui est au-delà de la possibilité de l'être.

L'hypersexualisation des jeunes filles, « résultat de l'influence du porno"

Le Monde - 5 mars 2012 - Richard Poulin (professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, auteur de Sexualisation précoce et pornographie), Frédéric Monneyron (spécialiste des questions de mode et de sexualité, professeur de sociologie à l'école Mod'Art International de Paris), propos recueillis par Pauline Pellissier
Richard Poulin, professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, et l'auteur de Sexualisation précoce et pornographie (2009).
L'hypersexualisation, c'est nouveau ou bien cela a toujours existé ?
C'est un phénomène plutôt récent. [...] Nous sommes maintenant en période de régression, puisque la femme et les jeunes filles ressentent l'obligation d'être sexualisées pour plaire. Ces nouvelles normes corporelles apparues des années 1990 nous viennent directement de l'industrie pornographique. C'est pourquoi je suis aujourd'hui très inquiet pour la jeune génération, née dans le porno, dont c'est le lieu principal d'éducation sexuelle. Les études au Canada montrent que la consommation de porno commence aujourd'hui dès 13 ans. Les conséquences seront grandes dans les années à venir.
Pourquoi lier pornographie et hypersexualisation ?
La pornographie, en nous bombardant d'images de jeunes filles hypersexualisées, a affecté la culture en profondeur. Son influence domine les désirs, les fantasmes, mais également les pratiques sexuelles et corporelles. Désormais, on sexualise les jeunes filles en même temps qu'on infantilise les femmes. Dans l'imaginaire collectif, il faut que la femme soit toujours plus jeune pour être belle. Preuve de l'intériorisation de ces nouveaux codes : l'universalisation de l'épilation totale chez les jeunes femmes. A Ottawa, 87 % des étudiantes en sont adeptes. Mais cela n'est pas phénomène proprement canadien. Je me souviens avoir été choqué en tombant sur un exemplaire du magazine 20 ans, qui, dès 1994, recommandait l'épilation totale. Plus choquant encore, la recrudescence des opérations de nymphoplastie, opération des lèvres qui visent à "rajeunir" le sexe féminin. Cela représente aujourd'hui près de 10 % des opérations de chirurgie esthétique au Canada.
Que pensez vous des préconisations du rapport Jouanno ?
C'est une bonne chose de vouloir légiférer, mais les propositions ne traitent que les conséquences de l'hypersexualisation et non la cause. Je suis bien évidemment d'accord avec l'ensemble des mesures proposées, tout comme avec l'idée d'améliorer l'éducation sexuelle, comme le propose de nombreux rapports au Canada, mais pour moi, le plus important est de s'attaquer au porno. Or, on n'y touche jamais. On s'empêche d'y toucher, car pour beaucoup, le porno est assimilé à la liberté d'expression. Son explosion dans les années 1990 s'est fait en parallèle du triomphe de la valeur néolibérale. Pas question, depuis, de le réglementer.

Claude Halmos : "Il faut que les parents réapprennent à dire non"

Le Monde - 6 mars 2012 - Claude Halmos (psychanalyste, auteur de Dis-moi pourquoi: Parler à hauteur d'enfant), propos recueillis par Sylvie Kerviel
Dans un rapport parlementaire intitulé "Contre l'hypersexualisation, un nouveau combat pour l'égalité", remis le 5 mars à Roselyne Bachelot, ministre des solidarités, la sénatrice (UMP) Chantal Jouanno s'inquiète d'une tendance à l'érotisation du corps des petites filles dans la publicité, la mode et les médias, qu'elle met en corrélation avec une "banalisation de la pornographie". Elle propose une sensibilisation des parents et des enfants par le biais d'associations familiales ou de l'école, une charte à destination des marques et distributeurs de mode afin qu'ils s'engagent à ne pas mettre sur le marché de produits inadaptés, ou encore l'interdiction des concours de mini-miss. La psychanalyste Claude Halmos, [...] réagit aux questions soulevées par ce rapport.
Cette "hypersexualisation" des fillettes que pointe Chantal Jouanno, l'avez-vous observée ?
Claude Halmos : Dans les médias, cette tendance est évidente et cela m'inquiète en tant que psychanalyste clinicienne. Pour une petite fille, porter des talons, se maquiller, faire gonfler sa poitrine à l'aide de soutiens-gorge rembourrés, sont des moteurs pour grandir plus vite. Or, si l'on donne l'illusion à une enfant qu'elle est une femme, cela trouble la perception qu'elle a de sa place dans la famille et l'empêche de se construire. A partir du moment où on est habillée, coiffée, maquillée comme maman, c'est compliqué de prendre conscience que l'on n'est pas maman et que l'on n'a pas les mêmes droits qu'elle. Et, surtout, cela a pour effet de désigner la fillette comme objet sexuel. Lorsque l'on sait à quel point les adolescentes ont besoin d'être accompagnées, au moment où leur corps se transforme et où elles voient changer le regard que les hommes posent sur elles, on mesure la violence que cela peut représenter pour une petite fille.
Les garçons sont-ils concernés ?
Non, parce qu'ils sont beaucoup moins soumis que les fillettes à la pression du marketing. Transformer ces dernières en femmes miniatures constitue un marché extrêmement rentable, ce qui ne marche pas pour les garçons. Il n'y a que peu de différence réelle dans les tenues vestimentaires des jeunes garçons et des adolescents.
Les parents n'ont-ils pas une part de responsabilité dans cette dérive ?
On dit les parents d'aujourd'hui laxistes, je pense pour ma part qu'ils sont surtout désemparés. Je vois des enfants de 3 ans qui ont encore un biberon au petit-déjeuner parce que c'est jugé "plus pratique" par leurs parents, des plus grands de 5 ans qui vont à l'école avec une tétine dans la bouche, ce qui est aberrant, des fillettes de 7 ans auxquelles on propose des vêtements de femmes... Tous les repères flottent actuellement en ce qui concerne l'enfance. Notamment parce que les parents ont plus de difficulté qu'hier à s'opposer à leur enfant. Il y a la pression des autres, de l'environnement. Il faut qu'ils réapprennent à dire "non", qu'ils sachent expliquer à leurs enfants que les interdits qu'ils posent visent à les aider à bien grandir.
Le rapport de Chantal Jouanno met aussi en avant la responsabilité d'Internet dans la sexualisation de l'environnement quotidien des enfants...
Surfer sur Internet et les réseaux sociaux n'est pas nocif en soi. Mais cela exige un accompagnement parental qui n'est pas toujours effectif, et demande que les enfants aient plus de repères éducatifs qu'autrefois, ce qui est loin d'être le cas. Plus largement, je crois que la notion d'enfance est aujourd'hui en danger. En thérapie, on a tendance à les traiter comme des adultes, on est en train de détruire la justice des mineurs en la rapprochant de celle des majeurs, on supprime le Défenseur des enfants. C'est très préoccupant.

L'enfance perdue des enfants-femmes : adolescence et puberté plus précoces des jeunes filles

Enquête : l'ère de l'enfant-femme

Le Nouvel Observateur - 21 avril 2011 - Marie Vaton, avec Charline Blanchard
A 10 ans, elles portent déjà des sacs à main, s'habillent, se maquillent, s'épilent comme des femmes. Des études soulignent l'apparition plus précoce des signes de la puberté.
Elles arrivent en classe en minishorts et leggings moulants, cheveux lissés. A la récré, elles ne lâchent pas leur sac à main griffé, pianotent sur leur iPod, les yeux dissimulés sous leur grosse paire de Ray-Ban. Ne leur parlez pas de cartables ou de robes à smocks, elles ne savent pas ce que c'est. Elles ne connaissent que les minirobes à dentelle et froufrous de chez Jennyfer ou H&M. "C'est une véritable épidémie ! se désole une jeune prof de français de la région parisienne. Parfois, on se demande si elles n'ont pas redoublé trois fois tellement elles font âgées. "
Léa, 11 ans et demi, est l'une de ces créatures mi-femme, mi-enfant qui pullulent dans les cours d'école. Face au miroir, elle scrute ses jambes un peu trop maigres, sa poitrine un peu trop plate et ses hanches de gamine. " A cet âge, ils ont de ces complexes ! " s'attendrit sa mère, mi-excédée, mi-ravie devant les minauderies de sa chérie. Il y a d'abord eu les " poils", le fin duvet qui recouvrait ses jambes, et qu'elle a insisté pour épiler. Ensuite les cheveux : "Elle voulait des mèches blondes. " Et puis le maquillage. "Toutes ses copines le faisaient. Alors... " Alors ? Sa mère a cédé." Tant que ça ne fait pas vulgaire ", se justifie-t-elle. Léa pose, bouche en cul de poule, devant la cabine d'essayage. Toute trace de sa fraîcheur enfantine a disparu, mangée par les couches de fond de teint et les traits de crayon noir autour des yeux. Où sont passées les petites filles ? Dès 6 ans, elles réclament un deux-pièces pour la plage, minaudent sur les photos de classe et se trémoussent comme la chanteuse colombienne Shakira. A 10 ans, elles rêvent de se faire tatouer et voient leurs premières images coquines en cachette avec les copines.
Ados avant d'être pubères
A 12 ans, elles se font faire des "épilations intégrales" et affichent sur leur profil Facebook des photos d'elles à moitié nues. Les psychiatres et sociologues sont unanimes : les enfants sont ados de plus en plus tôt, plongés de plus en plus vite dans un univers ultrasexualisé. "Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir des fillettes de 10 ans déjà formées, constate le professeur François Gouraud, chef du service pédiatrie au CHU de Meaux. Cela crée une maturation sexuelle plus précoce chez les fillettes. " Mais les changements physiques ne sont pas les seuls en cause. Pour le sociologue Michel Fize (Les nouvelles adolescentes), " l'adolescence est culturelle et psychique avant d'être biologique, et commence bien avant l'entrée au collège". En clair : en 2011, on est ado avant même d'être pubère. La période chère aux disciples de Freud, dite de "latence ", parenthèse enchantée où l'enfant, studieux et obéissant, se préparait gentiment à grandir, se rétrécit comme peau de chagrin.
Hyperstimulé dès le berceau par ses parents, l'enfant d'aujourd'hui évolue saturé d'écrans, connecté au monde 24 heures sur 24. Le soir, il regarde en streaming les séries pour ados américaines et zappe sur les programmes de télé-réalité. Ses idoles ? Les mêmes que ses aînés, de vraies femmes hyperprovocatrices, soumises ou dominatrices, Rihanna, Lady Gaga, Shy'm ou Miley Cyrus, l'ex-lolita de la série ado culte "Hannah Montana" devenue it-girl branchée. Ce sont les Chantal Goya version 2011. Le lapin est plutôt du genre "Play-Boy". "Des années de luttes féministes pour en arriver là", soupire la sociologue Catherine Monnot (Petites filles d'aujourd'hui : L'apprentissage de la féminité).
Tout est prévu pour piéger les fillettes dans cette voie : les soutiens-gorge rembourrés taille 7 ans, les gammes de maquillage, les ministrings... Aux Etats-Unis et en Angle terre, des parents ont même découvert dans les rayons enfants une ligne de cosmétiques anti-âge et un kit de barres de pole dance (si, si !)... A Noël dernier, le magazine "Vogue" a mis en scène, pour sa campagne de pub, des petites filles ultramaquillées posant lascivement en talons aiguilles et robes lamées sur des sacs de luxe. Indignés, 200 pédiatres ont signé une pétition dénonçant "l'érotisation et l'hypersexualisation des enfants dans la publicité". "Dès lors qu'on valorise le sexy à outrance, il n'est pas étonnant que les petites filles veuillent se conformer au modèle dominant", explique Catherine Monnot. Piquer le rouge à lèvres ou les chaussures à talons de sa maman est vieux comme le monde. Ce qui l'est moins, c'est lorsque certains parents eux-mêmes, poussés par leur narcissisme, deviennent complices du travestissement. "En croyant mettre en valeur leurs fillettes, ils les exhibent pour se valoriser eux-mêmes", décrypte le psychiatre Didier Lauru (La sexualité des enfants n'est pas l'affaire des grands). L'enfant-roi devient une projection d'eux-mêmes. Une petite poupée qu'ils peuvent modeler à leur guise.
Le délire peut aller très loin, exemple avec cette Anglaise prête à tout pour faire de sa fille la nouvelle lolita des magazines. A 8 ans, sa "petite Britney" a déjà subi de multiples injections de Botox et en redemande. "Avant, ça faisait mal, mais maintenant je ne pleure plus tellement...", explique la fillette au "Sun". Un cas extrême illustrant la folie qui parfois s'empare des mères. "Ce qui est triste derrière tout ça, soupire le pédopsychiatre Serge Hefez, c'est de voir certaines gamines jouer sur des codes qu'elles ne comprennent pas pour faire plaisir à leur maman. Pourront-elles un jour se positionner autrement qu'en objet sexuel ?"
Une génération d'enfants perdus
Margot a 11 ans. C'est une jeune fille timide, sans histoires. Les garçons ? Elle dit qu'elle " n'a pas encore l'âge". Mais que, dans sa classe, en 6e, "tout le monde parle que de ça". Ca ? Le sexe. "La baise. Le cul", comme ils disent. Tout le monde, dans la cour de récré, sait qui "l'a fait " ou va le faire. Les pros sont vite fichées "putes" : ce sont celles qui s'enferment dans les toilettes avec des garçons. Les "filles à réputation", Margot les méprise. Mais, dans son collège, mieux vaut encore être une pute qu'une "bolosse" ou un "cas social", ces filles un peu ternes à qui personne ne parle. "N'avoir jamais eu de petit ami, ça, c'est vraiment la honte", soupire-t-elle. Sur les forums adolescents, on se plaint déjà de sa misère sexuelle : "J'ai 12 ans, je suis en 5e et je n'ai jamais eu de copain de toute ma vie ! C'est grave ?" Sous le pseudo " Petite-Miss", une plus grande, 14 ans, interroge : "Pensez-vous que la fellation est obligatoire la première fois avec un garçon ?" En CM2, un élève sur deux a déjà vu des images pornographiques.
Pour le psychiatre et psychanalyste Patrice Huerre, "c'est une génération entière d'enfants perdus, court-circuités en plein vol vers leur adolescence". Ce qui se dévoilait par petites touches avant, au hasard d'un magazine, d'un coin de tableau ou d'une cabine d'essayage, survient d'un coup, au hasard d'un simple clic sur internet. Encombrés par ces images sexuelles dont ils ne savent que faire, les enfants tenteraient alors de les évacuer en s'y frottant aussi vite que possible. En faisant un petit tour sur les blogs de Skyrock, on découvre des lolitas de 11 ou 12 ans qui posent, en soutien-gorge, culotte, comme des pros du X. "Je cherche un mec", écrivent-elles. D'autres s'inventent une vie sexuelle imaginaire pour être "populaire". Laura (4), 11 ans, sage queue de cheval et sac à dos, a prétendu en rentrant en 6e qu'elle avait couché avec plein de garçons, allant jusqu'à décrire que "le sperme ressemblait à du lait".
Etrange norme sociale que celle qui sévit dans les cours de récré : s'afficher si tôt comme une femme d'expérience alors qu'on ne rêve, au fond, que du prince charmant ! Car il ne faut pas s'y tromper : "Bien heureusement, ce n'est pas parce qu'elles en parlent comme des pros que ces petites lolitas passent à l'acte", insiste Patrice Huerre. L'âge moyen des premiers rapports reste le même depuis plusieurs années : 17 ans pour les filles. Selon le psychiatre, plus elles en rajoutent, moins elles en savent. "En exhibant leur corps de presque femmes, elles veulent se prouver qu'elles ne sont plus des gamines." Et dans vingt ans elles regretteront d'avoir quitté trop vite leur vie d'enfant.

La puberté des jeunes filles plus précoce

Le Nouvel Observateur - 21 avril 2011 - Marie Vaton
C'est désormais un fait avéré. Il n'est pas rare qu'une petite fille de 9 ans ait déjà les seins qui poussent.
Plusieurs études le prouvent : alors même que l'âge des premières règles s'est stabilisé depuis une trentaine d'années, autour de 12 ans et demi, l'apparition des glandes mammaires se produit plus tôt.
Aux Etats-Unis, plus d'une petite fille blanche sur dix montre des signes de puberté à 7 ans, soit deux fois plus qu'il y a dix ans. Chez les petites filles noires, le taux monte à une sur quatre. En France, selon les travaux menés par le professeur Charles Sultan, chef du serviced'endocrinologie au CHU de Montpellier, l'âge moyen du développement de la glande mammaire surviendrait en moyenne à 9 ans et 3 mois.
Quelles sont les causes de cette puberté avancée ? D'abord on mange mieux qu'au siècle dernier, ce qui explique qu'on atteigne plus tôt qu'avant l'arrêt de la croissance.
Surtout on mange plus. "Or plus une petite fille est en surpoids, plus elle risque une puberté précoce, car le tissu adipeux synthétise les oestrogènes déclencheurs de puberté", explique le professeur Sultan.
Autres accusés ? L'environnement : pesticides, phtalates présents dans les plastiques, ou bisphénol, à forte activité oestrogénique, interdit dans la fabrication des biberons depuis juin 2010.
Certaines études ont pointé le temps passé devant la télévision : en plus de favoriser la prise de poids, il abaisserait le taux de la mélatonine, l'hormone dite du sommeil, qui joue un rôle central. Enfin, une étude épidémiologique américaine a révélé que les filles qui grandissent sans leur père biologique seraient enclines à se développer plus tôt : élevées sans le regard de leur géniteur, elles auraient tendance à fréquenter plus de garçons, et cette promiscuité les pousserait à accélérer leur développement sexuel.
Les conséquences d'une telle puberté précoce ? Elles ne sont guère réjouissantes : diabète, maladies cardiovasculaires, risque accru de cancer du sein et de l'utérus à l'âge adulte.

Une relation entre la violence sexuelle, notamment les viols, et l'érotisation excessive de la société (pornographie, hypersexualisation) ?

Un proche de la 1ère victime de l'agresseur d'Agnès parle

Le Figaro - 22 novembre 2011 - Fabrice Amedeo
Une autre mineure avait été violée en 2010 par le meurtrier présumé d'Agnès. «La justice a remis un barbare en liberté», se désole l'un de ses proches [...].
Tous les habitants de Nages-et-Solorgues sont sous le choc. Mathieu, le meurtrier présumé d'Agnès a grandi dans ce village d'à peine 2.000 habitants situé à 17 kilomètres de Nîmes. C'est là qu'en août 2010, le jeune homme dont rien ne laissait présager la violence, a violé l'une de ses amies d'enfance.
«Cela s'est passé quelques jours avant les 16 ans de ma petite nièce, témoigne Alain Diaz, un proche de la jeune fille [...]. Elle a été sauvée par le fait qu'ils ont passé leur jeunesse ensemble, Mathieu avait mangé plusieurs fois à la table de la famille. C'est peut-être ce qui l'a retenu de la tuer».
C'est un appel de la mère, inquiète de ne pas voir sa fille rentrer, qui aurait mis fin au calvaire de l'adolescente et lui aurait sauvé la vie. «La maman a appelé au moment fatidique, explique Alain Diaz. Mathieu a été troublé de voir sa photo s'afficher sur le portable. Ma jeune nièce s'est vu partir mais a senti une faille à ce moment là». La jeune adolescente qui vient d'être violée aurait alors usé de toutes les ruses, selon Alain Diaz, pour ne pas être tuée: «les larmes», «les supplications». «Son instinct de survie l'a sauvée, explique avec émotion Alain Diaz. Notre famille pleure mais nous avons une miraculée parmi nous. La famille d'Agnès pleure aujourd'hui une disparue et n'a pas eu droit au même miracle que nous».
Selon la famille de la jeune «miraculée», la justice est coupable. «C'est un barbare qui a été remis en liberté, martèle Alain Diaz. Nous étions certains qu'il recommencerait un jour, de même que nous sommes sûrs que, s'il sort un jour de prison, il recommencera». À en croire Alain Diaz, sous le choc de cette agression et donc très dur dans ses mots, le jeune Mathieu serait programmé pour violer et tuer. «L'agression de ma nièce avait également été préparée avec sang-froid et calcul, explique-t-il. Ce garçon s'est construit comme un monstre dès son plus jeune âge. Le côté médical est une fausse excuse».
Dans l'environnement de la jeune victime, on ne partage pas l'analyse des autorités qui ont décrit un milieu social favorisé : un père enseignant et une mère comptable. Un environnement qui aurait pu plaider pour la libération du jeune homme et pour sa scolarisation au sein du lycée privé Cévenol. «Mathieu a grandi dans un contexte où il pouvait regarder des films pornographiques, raconte Alain Diaz. 16 ans, il regardait des films classés X dès le petit déjeuner».

Pour aller plus loin

Pour chaque extrait, le lien vers l'article complet est disponible en cliquant sur le titre.
La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.

Copyright INFOSELEC.net 2012,
tous droits réservés
Plan du site Contact Valid XHTML 1.0 Strict, excepté sigles et bannières CSS Valide !