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Tendances de fond au niveau planétaire
dans un monde en profonde mutation

Dossier d'information et de réflexion, basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse, sur des sujets internationaux présentant des enjeux pour la France ou un intérêt dans le débat politique, dans un contexte international mouvant :

La bataille mondiale pour contrôler l'accès aux ressources naturelles et aux matières premières de la planète

Néocolonialisme : la prise de contrôle des ressources matérielles et humaines des pays du Sud ?

La république populaire de Chine, nouvelle superpuissance mondiale

Le développement économique de l'Afrique en bonne voie

Japon : la société civile en crise

Les atteintes à la condition humaine, aux droits de l'homme et à la dignité de la personne humaine dans le monde actuel

Violences et persécutions anti-chrétiennes contre les chrétiens victimes de ségrégation, de persécutions et de violences religieuses au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie


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(en cours d'élaboration)
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Développement économique, mondialisation et solidarité internationale

Géopolitique, politique internationale, mondialisation, développement économique, solidarité internationale, ...

En Afrique, une quarantaire d'entreprises témoignent du décollage du continent

Le Monde - 1 juin 2010 - Florence Beaugé
On sous-estime l'Afrique, en oubliant de voir ses avancées en matière économique, celles-ci étant éclipsées par les performances des pays asiatiques et sud-américains. Le continent s'éveille depuis une dizaine d'années, et les clichés misérabilistes qu'on entretient à son propos - en n'évoquant que les conflits, maladies et famines - sont en bonne partie dépassés.

Pascal Lamy : Les pays les plus pro-mondialisation sont les plus pauvres

Le Monde - 24 juin 2010 - Pascal Lamy (directeur de l'Organisation mondiale du commerce : OMC) , propos recueillis par Arnaud Leparmentier
La mondialisation provoque des réactions identitaires, modelées par l'idée qu'on a de l'avenir. Les pays les plus pro-mondialisation sont les plus pauvres. Les plus optimistes. Les Européens sont les plus pessimistes : ils ont le modèle social de loin le meilleur. Pour le maintenir, ils ne peuvent compter que sur la croissance et la démographie. Ils n'ont aucune des deux. Pour y remédier, ils n'ont que trois solutions : rogner sur leur système social, accepter l'immigration, faire des réformes de structure qui augmentent le potentiel de croissance. Plus facile à dire qu'à faire ! Aucun continent n'a une équation aussi difficile à résoudre.

La classe moyenne mondiale a triplé en dix ans

Le Monde - 17 septembre 2010 - Rémi Barroux, Brigitte Perucca
La richesse mondiale se concentre toujours du côté des pays industrialisés, mais la crise financière, dont les effets sont loin d'être digérés, a accéléré le rééquilibrage à l'œuvre en faveur des pays émergents. [...]
L'écart entre la richesse individuelle (79 640 euros en moyenne chez les plus aisés) et la pauvreté (1 800 euros chez les plus défavorisés) reste colossal, mais il tend à se réduire. Et la crise n'est pas seule en cause : la dynamique se situe clairement du côté des pays émergents. Ainsi, en moins de dix ans, la richesse privée par personne a progressé de 16 % dans les pays les plus pauvres, soit sept fois plus vite que dans les pays les plus riches. Au début des années 2000, les actifs financiers des personnes dans les pays les plus riches étaient 145 fois plus élevés que dans les pays pauvres. "Le facteur est tombé à 45 en 2009", note l'étude. Johannes Jütting, économiste à l'OCDE et auteur d'un rapport paru en juin sur "Le basculement de la richesse", estime même que "ce recentrage a commencé dans les années 1990, la vraie accélération débutant dans les années 2000".
[...] L'évolution à l'œuvre dans les pays émergents est encore plus remarquable si l'on prend en compte que la totalité des actifs financiers dans ces pays ne sont pas forcément tous placés dans les banques et que les pays les plus riches sont aussi les plus endettés. L'émergence d'une classe moyenne mondiale définie comme des personnes disposant d'actifs financiers compris entre 5 300 euros et 31 600 euros (soit une moyenne de 17 530 euros à la fin 2009) atteint 565 millions de personnes, contre 200 millions en l'an 2000. Sur ce total, plus de la moitié vit dans des pays émergents, tels que la Chine (130 millions), le Brésil (40 millions) ou encore la Russie (14 millions). Un phénomène dont nous ne vivons que les prémices : "En 2050, 50 % de la consommation globale du monde sera le fait des Chinois et des Indiens, contre 10 % actuellement", estime Johannes Jütting.
Plusieurs bémols pourraient, à court terme, enrayer cette envolée. Les inégalités croissantes dans les pays émergents figurent en tête du tableau. "Il faut y maintenir l'espoir que tout le monde peut profiter de ces richesses, notamment en termes d'accès à la santé, à l'éducation, etc.", souligne Johannes Jütting. Les questions environnementales, de même que les conflits naissants, sur l'accès aux ressources et aux terres agricoles notamment, constituent deux autres risques majeurs.

Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Le Figaro - 16 novembre 2009 - Éric de La Chesnais
Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d'achat de terres cultivables à l'étranger.[...] Au premier rang d'entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale».

À Léogane, la débâcle du corps médical haïtien

Le Figaro - 18 janvier 2010 - Tanguy Berthemet
Les praticiens locaux ne se bousculent pas dans les centres de soins du pays. [...] Dimanche, Médecins sans frontières a commencé à déployer des équipes. Des Japonais installent un hôpital de campagne. «Les médecins locaux n'ont presque rien fait. Jeudi j'en ai même vu un que je connais bien qui jouait aux cartes», glisse, agacé, Armand Marah, un élève infirmier.
«Ce manque d'implication n'est pas vraiment étonnant. Haïti est un pays très individualiste», explique un homme d'affaires européen vivant à Port-au-Prince. «La majorité des élites, souvent formées à l'étranger, ne se sent pas concernée par le bas peuple. C'est particulièrement choquant avec les médecins en ce moment, mais il en va de même avec les propriétaires de camions ou demain avec les importateurs de denrées. Ce n'est pas un tremblement de terre, si dramatique soit-il, qui va changer les choses. Pendant les grands cyclones, en 2004 puis en 2008, on avait dressé un constat identique», explique un homme d'affaires européen vivant à Port-au-Prince.
Dans la capitale, la situation ne vaut guère mieux.

analyse Un regard porté par des secouristes dans le feu de l'action, suite au violent séisme de janvier 2010. Il aurait été intéressant de le comparer à l'avis des populations locales.

«Le coût de la réunification estimé à 1.500 milliards»

Le Figaro - 9 novembre 2009 - Gabriele Suder, propos recueillis par Yann Le Galès
Le coût total de la réunification est estimé à plus de 1 500 milliards d'euros dont une large somme a été versée par l'Allemagne de l'Ouest. Certaines sources parlent de dépenses se situant autour de 15 milliards par an entre 1990 et 2003 ; d'autres parlent encore de 4 % du PIB de l'Allemagne de l'Ouest par an à ce jour. Il est toujours extrêmement difficile de déterminer le coût global d'une évolution géopolitique aussi importante.[...] La fin de la solidarité Ouest-Est ne prendra fin qu'en 2019, soit dans dix ans.
analyse Un effort massif de solidarité malgré le peu de support international

"Le ressort de la diplomatie contestataire sera cassé quand nous comprendrons le mot mondialisation"

Le Monde - 15 juin 2010 - Bertrand Badie (politologue français spécialiste des relations internationales)
Dans la vision classique, les relations internationales étaient affaire de compétition entre puissances. Dans l'Europe du XIXe siècle, et même encore jusqu'à la seconde guerre mondiale, des Etats de puissance comparable venaient à s'affronter, espérant chacun pouvoir l'emporter sur les autres ou du moins améliorer sa propre situation. La bipolarité a, d'un certain point de vue, confirmé et simplifié cette vision, puisque deux blocs de puissance équivalente s'affrontaient avec l'espoir de tirer un avantage sur l'autre.
Aujourd'hui, les choses ont profondément changé : les acteurs sont beaucoup plus nombreux, et surtout, de puissance très inégale. A tel point que la plupart des Etats qui composent la scène internationale n'ont pas le moindre espoir de faire jeu égal avec ceux qui prétendent la dominer.
Dès lors, le jeu des petits ou des moyens renvoie à un dilemme nouveau : soit être clientélisé par une superpuissance, soit se replier sur sa faiblesse pour n'avoir aucune existence au plan international.
Ceux des Etats qui refusent une telle alternative construisent une diplomatie non plus fondée sur la puissance, mais sur la contestation : celle-ci est à la portée de tous, elle est considérablement moins coûteuse, elle mobilise des moyens rhétoriques, symboliques ou, à la rigueur, des instruments très élémentaires de puissance ; elle permet d'exister sur la scène internationale, d'y acquérir même une certaine visibilité, souvent plus grande que le poids réel des Etats qui la pratiquent, et elle peut même créer une situation de nuisance qui pèse grandement sur le jeu diplomatique mondial.
A la limite, le petit et le faible, se trouvant moins entravés par tout un ensemble de contraintes communes aux grandes puissances, peuvent, sur ces bases, développer une politique proactive là où les puissances classiques sont alors condamnées à être réactives.
De tous ces points de vue, la diplomatie contestataire se révèle payante, même si elle connaît des gradations : entre la contestation autoritaire et martiale de la Corée du Nord et celle, plus rhétorique et symbolique, du Venezuela de Chavez, il y a une marge très grande dans laquelle on retrouve des acteurs aussi différents qu'Ahmadinejad, Robert Mugabe ou Loukatchenko.
A l'extrême limite, des diplomaties qui connaissent une assise et une modération plus grandes peuvent également y recourir de manière partielle, à l'instar du Brésil de Lula, de l'Afrique du Sud ou même de la Turquie.
Il ne faut pas tenir une telle diplomatie pour dérisoire ; ce serait une erreur de ne voir chez toutes que de la nuisance : elles contribuent aussi à transformer le système international, à réviser certaines conceptions figées qui s'y sont enkystées, à remettre en cause des dominations faciles et évidentes au premier coup d'oeil, mais dysfonctionnelles à long terme.
[...] Toute contestation n'est pas en soi condamnable. Au contraire, elle s'inscrit dans un débat nécessaire. Ce sont les formes et les usages de cette contestation qui, comme je l'indiquais à l'instant, peuvent conduire à des pratiques bien sûr dangereuses et condamnables. En fait, on ne s'étonnera pas de retrouver à l'échelle mondiale ce que l'on a constaté à l'échelle des sociétés européennes au XIXe siècle : face à une domination qui n'est pas institutionnellement limitée ou contrôlée, se forment des contestations qui dérivent très vite dans la violence, l'arbitraire ou l'absolue intolérance. Ce terrible face-à-face que les vieilles sociétés européennes ont connu au début de l'ère industrielle n'a disparu que grâce à un effort d'institutionnalisation, de redistribution, et surtout, de reconnaissance des altérités.
[...] Le ressort de la diplomatie contestataire ne sera vraiment cassé que lorsque nous comprendrons enfin ce que veut dire "mondialisation", ce que signifie pour la première fois dans l'histoire de l'humanité la coexistence d'Etats si profondément inégaux dans leurs ressources, leur niveau de vie et la reconnaissance dont ils disposent.
Jamais dans l'histoire de tels fossés n'ont été officialisés comme aujourd'hui. On ne sait pas passer d'un système international fait d'un club d'ego à un système englobant une humanité tout entière dont les décalages matériels et symboliques qui les séparent sont si grands.

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