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Condition humaine, droits de l'homme et dignité de la personne humaine à rude épreuve à travers le monde

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

Les faits cités ont lieu encore aujourd'hui. Les crimes de guerre et les guerres civiles - théâtres d'atroces atteintes au principe d'humanité - ne sont pas traités dans ce dossier.

De nos jours, encore 27 millions d'êtres humains réduits en esclavage !

La Mauritanie esclave de son histoire

L'Express - 18 février 2009 - Marc Etcheverry
"Je suis esclave depuis ma naissance. J'ai été séparé de mes parents, de mon frère et de ma soeur. Je travaillais dur pour mon maître, sans rétribution et toute la journée. Quand celui-ci me battait, il me disait de ne pas crier car ça pourrait gêner les voisins". [...] Mardi, Yahiya Ould Brahim participait à une conférence de presse, au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère à Paris, à l'intitulé sensible: "L'esclavage en terre d'Islam. Pourquoi les maîtres mauritaniens n'affranchissent pas leurs esclaves". Ce titre ne doit rien au hasard: il s'inspire pour partie du nom donné par l'anthropologue Malek Chebel, à un de ses ouvrages publié voici deux ans (L'esclavage en terre d'Islam, Fayard, 2007). L'auteur était d'ailleurs présent aux côté de l'ex-esclave. Avec eux, Biram Ould Dah Ould Abeid. Membre de SOS esclaves en Mauritanie, il sillonne le pays pour faire connaître, et surtout reconnaître ce fléau.
"Il persiste toujours un esclavage traditionnel, explique-t-il, la voix empreinte de colère. Celui-ci prend trois formes. Tout d'abord, domestique, par laquelle l'esclave est attaché au maître durant toute sa vie, sans contact avec sa famille d'origine. Ensuite, sexuelle, permettant au maître d'avoir un droit de cuissage sur toute les femmes travaillant pour lui. Enfin, agricole, les esclaves étant chargés des travaux les plus durs, des tâches considérées comme les plus avilissantes par le groupe dominant arabo-berbère". Ainsi en Mauritanie, la population est répartie en deux groupes: les Maures et les Négro-Mauritaniens. C'est au sein du premier ensemble, composé d'arabo-berbère ("Blancs") et de "Maures noirs", que les cas d'esclavage sont relevés en nombre, même si cette pratique existe dans quasiment toutes les ethnies du pays. [...]
Depuis 1981, date de l'abolition de l'esclavage en Mauritanie, aucune poursuite n'a été entreprise à l'égard des maîtres. En août 2007, une loi criminalisant la pratique esclavagiste a pourtant été promulguée. Pour Yahiya Ould Brahim, plus question de faire confiance à l'Etat mauritanien, il se sait désormais bien plus en sécurité en Europe.

Le Prophète et les esclaves

Marianne - 21 février 2009 - Guy Konopnicki
L'esclavage n'est pas seulement le spectre surgi du passé pour hanter les conflits sociaux des Antilles françaises. Il existe toujours. Selon une étude des Nations unies, 27 millions d'êtres humains dont 20% d'enfants sont actuellement réduits en esclavage. Le terme est précis. Il ne s'agit pas des travailleurs surexploités dans les pays émergents, ni des migrants privés des droits élémentaires par les trafiquants de main-d'oeuvre. Il y a bien 27 millions d'esclaves, donc des hommes, des femmes, des enfants, privés de liberté, vendus comme des marchandises et travaillant sous la contrainte.
Selon cette étude de I'ONU, la pratique de l'esclavage demeure impunie, souvent même tolérée en Indonésie, au Pakistan, au Bangladesh, au Niger et en Mauritanie. Ces pays d'Asie et d'Afrique ont en commun d'être en majorité de religion musulmane. En Mauritanie, le temps semble s'être arrêté, les esclaves noirs appartiennent à des maîtres arabes et touaregs. On dira que la Mauritanie n'est qu'un pays arriéré et ruiné par la sécheresse. Au Pakistan, pays moderne doté de l'arme nucléaire, les lois coutumières demeurent en de vastes zones où l'on pratique la traite d'êtres humains. [...] Nous ne cessons pourtant de lire et d'entendre que la religion des émirs pétroliers exprime les aspirations des peuples pauvres. L'idée semble par exemple assez répandue dans les mouvances classées extrêmement à gauche, celles qui débattent avec les théologiens islamistes dans les forums sociaux. L'esclavage, pour ces bons esprits, renvoie à la culpabilité de la France, qui en interdit la pratique depuis 1848. Pour avoir été colonialistes, les Occidentaux porteraient la responsabilité de tous les malheurs des anciens colonisés. Mais l'esclavage est de retour en des pays, comme le Niger et la Mauritanie, où il avait été aboli et réprimé par le colonisateur français.
Les chiffres onusiens montrent une progression de l'esclavage et de la traite. Cette réalité renvoie dos à dos deux croyances antagoniques: d'aucuns imaginent encore que l'indépendance des peuples est toujours une libération. Pourtant, l'esclavage est pratiqué en des pays indépendants. D'autres se persuadent des effets bénéfiques de la mondialisation qui, par le développement des échanges, permettrait à des pays pauvres d'émerger enfin. Or, en dépit de toutes les organisations mondiales, les produits fabriqués par des esclaves se retrouvent sur les marchés civilisés. Il y a tant de marchandises qui circulent, tant de formes de sous-traitance que le contrôle de l'origine d'un produit devient impossible.

L'esclavage - Histoire d'un tabou

L'Express - 12 juin 2008 - Boris Thiolay
Le 8 août 2007, le Parlement mauritanien a adopté une loi condamnant jusqu'à dix ans de prison tout détenteur d'esclave. En République islamique de Mauritanie, la première ordonnance abolissant l'esclavage date de 1981. Ces législations anachroniques soulignent l'ampleur d'une question restée longtemps taboue : pourquoi, quatorze siècles après la Révélation coranique, plusieurs millions de personnes sont-elles aujourd'hui encore réduites en servitude dans certaines sociétés et pays musulmans ? L'islam et la civilisation qui en découle ont-ils combattu les pratiques esclavagistes ou s'en sont-ils finalement accommodés ?
« Au temps du prophète Mahomet et des premiers califes (622-661), on assiste à une tentative sincère d'émancipation et d'affranchissement, alors que l'esclavage est une pratique courante et ancienne, explique l'anthropologue et spécialiste de l'islam Malek Chebel, auteur de L'Esclavage en Terre d'Islam (Fayard). Le Coran, qui aborde le sujet dans 15 sourates, prend globalement la défense des asservis. » [...] Mais cette dimension émancipatrice va trouver ses limites. « En l'absence d'interdiction absolue dans le Coran, les grandes familles féodales vont distordre le sens des versets pour les rendre favorables à leurs intérêts commerciaux », poursuit Malek Chebel. Parallèlement, l'expansion foudroyante de l'empire musulman va susciter un besoin de main-d'oeuvre croissant. Qui sera souvent comblé par la mise en esclavage de captifs de guerre, mais aussi de populations en contact avec les marchands arabes. Dans son essai sur Les traites négrières (Gallimard), l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau estime que la traite orientale, qui perdure du VIIe siècle aux années 1920, a asservi 17 millions d'Africains. A cela il faut ajouter 3 à 4 millions d'esclaves « blancs » raflés par les Turcs, mais aussi les pirates barbaresques du Maghreb.


...plus d'informations sur le tabou de la traite orientale des esclaves

La pratique de la torture reste très répandue au niveau international

La torture, une pratique «régulière» dans le monde

Le Figaro - 9 décembre 2010 - Audrey Pelé
La torture est une pratique «endémique et régulière» dans le monde. C'est le constat fait par l'ONG Action des Chrétiens pour l'abolition de la Torture (ACAT), qui publie jeudi son premier rapport sur le sujet. L'association, qui dresse un tableau de la torture à travers l'étude de 22 pays sur cinq continents, estime que «plus de la moitié des Etats membres de l'ONU recourent à la torture».
«Un grand nombre d'Etats ont signé des traités qui interdisent l'usage de la torture mais en réalité, ils l'a pratiquent abusivement», précise François Walter, président d'ACAT. L'objectif pour ces pays est «d'obtenir des aveux d'une personne qui aurait commis un acte contraire à la loi ou de recueillir des renseignements sur un tiers», précise-t-il. «Mais elle est peut être utilisée à titre gratuit contre des détenus de droits communs». Ces derniers forment la majorité des victimes, même si ce sont les cas de torture à l'encontre de militants des droits de l'homme, d'opposants politiques ou de journalistes qui sont le plus souvent médiatisés, précise le rapport.
Electrocution, abus sexuels, simulation de noyade, ou suspension par les poignets, sont quelques-unes des techniques les plus fréquemment utilisées par les Etats tortionnaires. Le rapport relève d'autres procédés effroyables comme par exemple le supplice de la crucifixion, désigné sous l'appellation «Jésus-Christ» qui se pratique en Erythrée ou la méthode de «lavement forcé à l'eau et au piment» qui se répand en Ouzbékistan.
On retrouve la torture en Asie, notamment en Chine où des cas sont régulièrement dénoncés par les ONG. Mais également en Afrique où «les régimes dictatoriaux ou à tendance dictatoriale, tels que la Mauritanie, le Soudan, le Zimbabwe, l'Ethiopie, l'Erythrée, la Guinée équatoriale et la République démocratique du Congo (RDC), érigent la torture en véritable système d'enquête et de répression au service de l'appareil sécuritaire», précise l'ACAT. Mais elle demeure également très répandue au sein des forces de l'ordre en Amérique latine, «héritage de décennies de dictatures militaires».
L'association relève aussi le danger de certaines législations antiterroristes qui couvrent la recrudescence de l'usage de la torture : «le cas de la Tunisie est à cet égard emblématique».

Goulags et camps d'enfermement n'ont pas disparu dans les pays communistes

Corée du Nord : 200.000 prisonniers dans des goulags

Le Figaro - 5 mai 2011 - Thomas Vampouille
L'ONG Amnesty International a diffusé des photos satellite de camps où le régime de Pyongyang maintient ses prisonniers politiques dans des conditions de vie «atroces».
La Corée du Nord n'a rien à envier aux goulags de la pire époque soviétique. C'est ce que révèle l'ONG Amnesty International, qui a diffusé mercredi des images montrant que les camps d'enfermement coréens ont augmenté en taille et en nombre au cours des dix dernières années. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, 200.000 personnes y sont enfermées.
«Il s'agit d'endroits dissimulés aux yeux de tous, où sont bafouées la quasi-totalité des dispositions protégeant les droits humains», a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Les images satellite diffusées par l'ONG montrent que quatre des six camps - situés dans des zones sauvages des provinces du Pyongan du Sud, du Hamkyung du Sud et du Hamgyong du Nord - occupent une superficie très vaste et se sont considérablement étendus depuis 2001.
Pour avoir une idée de la vie à l'intérieur de ces camps, l'organisation a recueilli le témoignage d'anciens détenus qui ont fui la Corée du Nord. Jeong Kyoungil, incarcéré à Yodok de 2000 à 2003, décrit précisément la de vie quotidienne au camp : «Une pièce d'environ 50 m² sert de dortoir à 30 ou 40 prisonniers politiques». Selon son témoignage, la journée des prisonniers commence à 4 heures du matin et compte pas moins de quatorze heures de travail forcé, auxquelles il faut ajouter deux heures «d'éducation idéologique». Seuls ceux qui achèvent leurs tâches quotidiennes ont droit à un bol de 200 grammes de gruau de maïs. Certains prisonniers en sont donc réduits à manger des rats ou des graines retrouvées dans les excréments d'animaux pour survivre. Selon un autre ancien prisonnier de Yodok, 40% des détenus sont morts de faim entre 1999 et 2001.
Outre ces conditions de travail «proches de l'esclavage», Amnesty évoque l'utilisation de la torture et «d'autres traitements cruels, inhumains et dégradants». Les autorités ont notamment recours à des «cellules de torture», des pièces minuscules où le détenu ne peut ni s'allonger ni se tenir debout. Amnesty signale le cas d'un mineur qui y a passé huit mois. En outre, selon un ancien prisonnier du camp Kwanliso 15, à Yodok, «tout le monde à Kwanliso a été témoin d'exécutions. (…) Tous ceux qui ont essayé de s'échapper ont été attrapés. Ils étaient interrogés pendant deux ou trois mois, puis exécutés». Dans ce camp, le rapport indique que des milliers de prisonniers sont jugés «coupables par association», parce qu'un de leurs proches est lui aussi en prison. Beaucoup ignorent même la raison de leur emprisonnement.
[...] «Les conditions de vie dans ces camps sont inhumaines et Kim Jong-il doit les fermer immédiatement», conclut l'ONG.

Trafic d'organes sur des prisonniers en Europe et chosification du corps humain

analyse Les faits cités ont lieu encore aujourd'hui. Une entorse à cette règle : le Kosovo, au coeur de l'Europe, où en fonction de leurs auteurs certains crimes récents ont été passés sous silence quand d'autres ont été fortement médiatisés.

Le premier ministre kosovar accusé de trafic d'organes

Le Figaro - 14 avril 2008 - S.L. (lefigaro.fr) avec AFP
Selon l'ex-procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie Carla Del Ponte, plusieurs hauts responsables Albanais du Kosovo ont organisé le meurtre de centaines de prisonniers serbes, dont les organes étaient ensuite revendus.
Des prisonniers systématiquement dépouillés de leurs organes quitte à les tuer, leurs reins, leurs poumons revendus à l'international, c'est le scénario de film d'horreur que révèle l'ex-procureure du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie Carla Del Ponte dans un livre à paraître dans le mois.
Selon la procureure, qui a traqué durant huit ans les criminels de guerre de l'ex-Yougoslavie, environ 300 prisonniers, dont des femmes, des Serbes et d'autres ressortissants slaves, ont été transportés au courant de l'été 1999 depuis le Kosovo jusqu'en Albanie où ils étaient enfermés dans une sorte de prison.
Là, «des chirurgiens prélevaient leurs organes». «Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l'aéroport de Tirana vers des cliniques à l'étranger pour être implantés sur des patients qui payaient», écrit Carla del Ponte dans La Traque, les criminels de guerre et moi. Et, précise-t-elle, leurs bourreaux n'hésitaient pas à aller plus loin. «Les victimes privées d'un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu'au moment où elles étaient tuées pour d'autres organes».
Toujours selon Carla del Ponte, «les dirigeants d'un niveau intermédiaire et élevé de l'UCK étaient au courant et étaient impliqués de manière active dans la contrebande des organes». Or, les responsables de l'organisation indépendantiste kosovare à l'été 1999 étaient Agim Ceku, Premier ministre du Kosovo de mars 2006 jusqu'en janvier 2008, et Hashim Thaçi, actuel Premier ministre.
Si les informations de la procureure sont exactes, le scandale est donc énorme. Mais, comme elle l'avoue elle-même, ses sources, des «journalistes fiables» et des membres de l'ONU, ne suffisent pas à enquêter. Elle déplore d'ailleurs, les «violences contre les témoins» prêts à évoquer les crimes de l'UCK durant la guerre du Kosovo.
Le livre de Carla Del Ponte a déjà fait du bruit. Notamment en Suisse, dont l'ex-procureure est ambassadrice en Argentine. Zurich a interdit à Del Ponte de présenter son ouvrage en Italie, estimant qu'il était incompatible avec son statut.

Les autorités kosovares accusées de trafic d'organes

20 Minutes - 17 décembre 2010 - A. Le G.
Un rapport du Conseil de l'Europe accuse le Premier ministre Hashim Thaçi d'avoir protégé des réseaux criminels liés à l'Armée de libération du Kosovo (UCK) se livrant à des trafics d'organes et de drogue.
C'est Dick Marty, membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, connu pour avoir dénoncé les prisons secrètes de la CIA, qui a été chargé de l'enquête. Un travail de deux ans, engagé après les allégations à ce sujet de Carla Del Ponte, l'ancienne procureure auprès du Tribunal pénal international pour l'ancienne Yougoslavie (TPIY), dans son livre La Traque, les criminels de guerre et moi (Ed. Héloïse d'Ormesson).
Très documenté, le rapport de l'ancien magistrat suisse fait très clairement apparaître l'organisation de réseaux particulièrement actifs entre 1999 et 2000. Les victimes auraient été des Serbes, mais aussi des Albanais.
[...] «Au Kosovo, tout le monde est au courant de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore, mais les gens n'en parlent pas, sinon en privé...», affirme de son côté Dick Marty.
Mais à l'étranger aussi, le silence est de mise. «Les grandes puissances connaissaient l'existence d'un trafic d'organes, mais ont fermé les yeux», a-t-il déclaré avant de leur demander de faire la lumière sur ces faits.

Le premier ministre du Kosovo accusé de trafic d'organes

Le Figaro - 15 décembre 2010 - Thomas Vampouille
Selon un rapport publié mercredi par le Conseil de l'Europe, Hashim Thaçi a dirigé pendant la guerre du Kosovo, à la fin des années 1990, un trafic international d'organes prélevés sur des prisonniers serbes.
Une atrocité de plus dans la guerre du Kosovo. Un rapport du Conseil de l'Europe rendu public mercredi affirme que des responsables de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) se sont livrés à la fin des années 90 à un trafic d'organes prélevés sur des prisonniers serbes. Un document accablant pour l'actuel premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, soupçonné d'avoir dirigé ce trafic, et pour la communauté internationale, accusée d'avoir fermé les yeux sur ces crimes.
À la fin des années 1990, le Kosovo est une province de Serbie, elle-même incluse dans la République fédérale de Yougoslavie. La population albanaise, minoritaire dans le pays, est toutefois majoritaire au Kosovo et revendique son indépendance. Après plusieurs années de guérilla, le conflit éclate en 1998 entre l'Armée de libération du Kosovo (UCK), une milice indépendantiste kosovare, et l'armée serbe. Emmenée par Slobodan Milosevic, cette dernière mène une terrible répression à l'encontre de la population albanaise du Kosovo : déportations forcées, meurtres, viols et persécutions valent au président yougoslave le surnom de «boucher des Balkans». Au printemps 1999, l'Otan se décide à intervenir et chasse Milosevic du Kosovo. L'histoire retiendra que l'armée serbe a commis des horreurs et que les membres de l'UCK sont des héros.
Mais en 2008, une révélation fracassante vient troubler ce schéma manichéen. Carla del Ponte, Procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de 1999 à 2008, publie alors un livre témoignage dans lequel elle accuse de hauts responsables albanais du Kosovo d'avoir organisé un trafic d'organes humains prélevés sur quelque 300 prisonniers serbes. La magistrate précise toutefois ne pas disposer de preuves suffisantes sur cette affaire. Mais la gravité de l'accusation, et l'importance de celle qui les porte, interpellent l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui saisit la Commission des droits de l'homme.
C'est le projet de rapport de cette commission qui a été présenté mercredi à Strasbourg par son rapporteur, le Suisse Dick Marty. Celui-ci est formel : les accusations de Carla del Ponte sont fondées. S'appuyant sur «de nombreux indices concrets et convergents », il conclut que l'UCK a bien soumis des prisonniers «à des traitements inhumains et dégradants» et que «des organes auraient été prélevés» sur certains d'entre eux, destinés à un trafic international. Dans un document de 23 pages, Dick Marty détaille le processus. Selon les témoignages recueillis par sa mission, les prisonniers étaient emmenés dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë, à 20 km au nord de Tirana. Là, ils étaient tués d'une balle dans la tête avant d'être «opérés pour qu'un ou plusieurs organes leur soient prélevés». Il s'agissait principalement du prélèvement posthume de reins, qui étaient vendus à des cliniques privées étrangères.
Mais le rapport ne se contente pas de confirmer les crimes, il en désigne aussi les auteurs présumés. Et selon lui, l'organisateur de ce monstrueux trafic n'était autre que l'actuel premier ministre kosovar, Hashim Thaçi [...]. Celui-ci et d'autres dirigeants de l'UCK «sont constamment qualifiés ‘d'acteurs clés' dans les rapports des services de renseignement consacrés aux structures de type mafieux de la criminalité organisée du Kosovo», note le rapport. «Ces individus auraient été condamnés pour crimes graves, poursuit en outre le document, si leur impunité n'avait pas été assurée» : d'une part par l'élimination de témoin, d'autre part par «le manque de volonté politique de la communauté internationale de s'attaquer sérieusement aux anciens chefs de l'UCK». Pour Dick Marty, la volonté de «rétablir l'ordre au plus vite» dans une région en proie au chaos a en effet conduit les grandes puissances à «fermer les yeux sur les crimes de guerre commis» par l'UCK. Un soutien qui aurait donné à Hashim Thaçi «le sentiment d'être intouchable».

Survivance de pratiques barbares de sorcellerie : la traque inhumaine des albinos au Burundi et en Tanzanie

Burundi : un albinos de 6 ans tué

Le Figaro - 24 février 2009 - AFP
Un garçon albinos de six ans a été tué et mutilé hier soir dans le nord du Burundi, le dernier d'une série de meurtres rituels visant les albinos dans le pays et en Tanzanie voisine. "Cette nuit (lundi) vers 22H00 (20H00 GMT), un groupe de malfaiteurs a attaqué une famille de la commune de Ruvumo, dans la province de Kayanza. Ils ont d'abord ligoté les parents d'un garçon albinos de 6 ans puis ils ont coupé ses jambes et ses bras avant de s'enfuir", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale Pierre Chanel Ntarabaganyi.
La province de Kayanza est située à environ 90 km au nord de Bujumbura. "L'enfant a été découpé alors qu'il était encore vivant et ce sont ses cris qui ont réveillé tout le voisinage", a indiqué à l'AFP une source policière à Kayanza, sous couvert de l'anonymat, précisant que les assaillants avaient emporté avec eux les membres de la victime.
Par ailleurs, le procureur Nicodème Gahimbare, en charge des dossiers d'assassinats d'albinos dans le pays, a rapporté à l'AFP la mort "il y a deux semaines" et dans des circonstances similaires d'une femme albinos de 40 ans dans la province de Muyinga (au nord-est).
Ces nouveaux crimes portent à au moins huit le nombre d'albinos tués ces cinq derniers mois dans le pays alors qu'un neuvième est porté disparu. Ils surviennent dans un contexte de recrudescence de crimes rituels à l'encontre des albinos, leurs membres ou leurs organes étant notamment utilisés par des sorciers en Tanzanie pour confectionner des grigris porte-bonheur à l'attention des chercheurs d'or notamment.

Au Burundi, la traque des albinos

Le Monde - 22 décembre 2008 - Pierre Lepidi
Envoyé spécial Bujumbara - Cette nuit-là, les machettes étaient aiguisées. "Sept bandits ont fait irruption dans la maison, raconte Nicodème Gahimbare, procureur de Ruyigi, province située à l'est du Burundi. Trois ont menacé la famille avec des kalachnikovs, pendant que les quatre autres découpaient l'albinos, qui était toujours vivant. Ils ont commencé par les bras puis ont tranché les jambes et enfin la tête. L'un d'entre eux recueillait le sang dans un bidon... Puis, ils sont repartis en laissant dans la pièce ce qui restait du corps." Depuis septembre, les albinos du Burundi sont victimes d'une traque effroyable, sordide et insensée. Cinq meurtres, plus abominables les uns que les autres, ont déjà été commis. Hommes ou femmes, garçons ou fillettes, les albinos sont devenus bien malgré eux les cibles d'un marché fort lucratif.
On ne compte plus les légendes africaines qui entourent les albinos, victimes d'une maladie génétique qui se caractérise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Mi-hommes, mi-dieux, selon les régions, leur "blancheur" pourrait apporter toutes sortes de pouvoirs, bénéfiques ou maléfiques. Au Cameroun, au Mali et dans d'autres pays du continent, on attribue à ces "enfants blancs" nés de parents noirs des forces surnaturelles. "Ici, dans la région des Grands Lacs, nous sommes considérés comme les enfants du soleil, de la chance, explique avec un air de dégoût Cassim Kazungu, président de l'Association des albinos du Burundi. Alors, certains sorciers, principalement originaires de Tanzanie, racontent que s'ils mélangent nos os et notre sang à certaines potions magiques, ils seront capables de confectionner des gris-gris pour obtenir de l'or, de la chance ou une éternelle jeunesse. On nous assassine pour des histoires de sorcellerie..."
[...] C'est l'appât du gain qui nourrit ces massacres humains. "L'un des bandits qui a été arrêté après un meurtre a dit qu'on lui avait promis 1 million de franc burundais (650 euros), explique Cassim Kazungu. La peau des albinos vaut une fortune et nous sommes dans un pays où les gens ont faim... Il faudrait que le gouvernement prenne des mesures très sévères à l'encontre des tueurs." Deux hommes ont déjà été condamnés à la peine capitale, mais celle-ci est en passe d'être abolie, ce qui accroît l'angoisse des albinos.
Sur les rives du lac Tanganyika, où l'espérance de vie est de 43 ans, où l'indice de développement humain (IDH) classe le pays à la 169e place mondiale (sur 177), la guerre civile, qui a opposé les ethnies hutu et tutsi entre 1993 et 2006, a fait près de 300 000 morts. La tension ethnique est aujourd'hui retombée et, jour après jour, la paix avance. [...] Mais les massacres ethniques ont laissé des séquelles psychologiques irréversibles, inquantifiables, et une économie en lambeaux. Le soir, dans certains quartiers de Bujumbura, la capitale, on raconte qu'il suffit de "10 000 francs "bou"" (6,50 euros) pour acheter la vie d'un homme...
C'est en Tanzanie, pays de 40 millions d'habitants qui borde le Burundi à l'est, que les premiers meurtres ont été commis. Depuis le début de l'année, il y en aurait déjà eu une trentaine, alimentant des réseaux dirigés par certains notables. Le Parlement européen a adopté, le 3 septembre, une résolution condamnant "vigoureusement" l'assassinat d'albinos dans ce pays.
Les autorités tanzaniennes ont pris des mesures de protection, comme l'instauration d'un recensement et la mise en place d'un service d'escorte pour les enfants se rendant à l'école. Le gouvernement a surtout annoncé que des sanctions très sévères, allant jusqu'à la peine de mort, seraient prises contre toute personne mêlée à ces crimes rituels. Quelques trafiquants et une cinquantaine de sorciers auraient été arrêtés dans la foulée.
L'apparition de cette traque sur le sol burundais pourrait résulter des mesures prises en Tanzanie. Les frontières sont poreuses, surtout lorsque les trafics génèrent des sommes colossales... "Le gouvernement tanzanien a agi rapidement en faisant du meurtre des albinos un crime puni de la peine capitale, a déclaré Olalekan Ajia, responsable de l'Unicef au Burundi, le 19 novembre. Du coup, les sorciers et autres charlatans sont partis pour le Burundi." Le retour de 100 000 réfugiés burundais vivant dans des camps le long de la frontière tanzanienne est une autre hypothèse avancée.
Jusque-là épargné, le Burundi, qui recense près de 150 albinos sur une population de 8 millions d'habitants, déplore donc aujourd'hui 5 meurtres et un disparu. Début décembre, un homme en tenue militaire armé d'une machette a tenté une agression. Il a été arrêté par le père de l'albinos, qui a été sérieusement blessé lors de l'altercation. Roué de coups par les gens du village, l'agresseur est décédé le lendemain.
Les albinos du Burundi vivent la peur au ventre. "Je ne sors plus de chez moi car, même si la capitale est pour l'instant épargnée, je me sens en insécurité, lâche Pascal, 28 ans, un habitant de Bujumbura. Mais je suis bien obligé d'aller faire mes courses... Sur le trottoir, les gens disent en me regardant : "Regardez, le beau paquet d'argent qui déambule !" D'autres stoppent leur voiture à ma hauteur et me menacent : "Tu vaux l'équivalent de trois camionnettes, on va te vendre en morceaux..." Nous vivons un véritable cauchemar." Quelques ruelles plus loin, Nathalie, 25 ans, n'est guère plus sereine. "La situation est très difficile et j'ai peur, dit-elle. Mais je suis surtout très inquiète pour ceux qui vivent à l'extérieur de la capitale." Rien n'arrête les tueurs. Pour découper les membres d'une adolescente de 16 ans, tuée quelques jours plus tôt, certains sont allés jusqu'à déterrer deux fois son cadavre...
[...] Le gouvernement burundais, avec l'appui de la communauté internationale, vient de lancer plusieurs campagnes de sensibilisation à travers le pays. Mais s'il faudra du temps pour enseigner la tolérance, il en faudra encore plus pour faire taire les croyances. "Autrefois, on disait qu'un albinos qui naissait de parents noirs portait forcément malheur, car il était l'enfant d'une mère volage, lâche Cassim Kazungu. Il était rejeté et vivait comme un marginal, un laissé-pour-compte. Maintenant, on fait croire aux gens que nous portons chance. Alors, on nous massacre !"

Persécutions contre les minorités religieuses dans le monde, notamment contre les chrétiens

La chasse aux chrétiens

Le Nouvel Observateur - 14 octobre 2010 - Jacques Julliard
Ce n'est rien. Rien que des chrétiens qu'on égorge. Des communautés religieuses que l'on persécute. Mais où cela ? - Un peu partout. En Inde, au Bangladesh, en Chine, au Vietnam, en Indonésie, en Corée du Nord. Là où ils sont minoritaires. Et surtout en pays musulman. Et pas seulement en Arabie Saouditele culte chrétien est puni de mort. Mais en Egypte, en Turquie, en Algérie. Dans le monde actuel, le christianisme est de loin la religion la plus persécutée.
Mais c'est au Proche-Orient, là même où le christianisme a pris naissance, que la situation est la plus grave. En Turquie, les communautés chrétiennes qui sont les plus anciennes, antérieures à l'islam, sont menacées de disparition. En Egypte (coptes), au Liban (maronites en particulier), elles se replient sur elles-mêmes ou émigrent en Occident. En Irak, la guerre a précipité les chrétiens dans le malheur. Près de 2 000 morts, des populations déplacées par centaines de mille, notamment vers le Kurdistan turc, plus accueillant. On ne compte plus, à travers le Proche-Orient, les communautés attaquées, les dignitaires religieux assassinés, les églises brûlées, les interdictions professionnelles, de droit ou de fait, dont sont victimes les chrétiens. Un génocide religieux à la petite semaine.
[...] Pendant des siècles, les musulmans, venus ensuite mais devenus majoritaires, et les chrétiens ont fait bon ménage. Que se passe-t-il donc depuis cinquante ans ? D'abord, le réveil de l'islam sous une forme agressive et identitaire, comme si le Proche-Orient appartenait exclusivement aux musulmans. Ce sont les Frères musulmans qui mènent les attaques contre les coptes égyptiens : à Nag Hammadi, à 60 kilomètres de Louxor, en Haute-Egypte, une voiture a mitraillé les fidèles qui sortaient de la messe de Noël (6 janvier 2010). Bilan : sept morts. Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, la démocratisation des régimes renforce l'intolérance et l'exclusivisme musulmans : les chrétiens d'Irak étaient moins menacés sous la dictature de Saddam Hussein qu'ils ne le sont aujourd'hui. Les despotes étaient le plus souvent héritiers du pluralisme traditionnel [...]. Dans la quasi totalité de ces pays, l'islam est désormais la religion d'Etat. Et le djihad anti-occidental ainsi que l'agression américaine en Irak ont transformé les chrétiens en représentants de l'Occident maudit. [...]
C'est à la lumière d'une disparition prévisible à court terme, si rien n'est fait, que le pape a convoqué un synode des évêques d'Orient (10 au 24 octobre 2010) pour tenter d'attirer l'attention sur ces persécutions et de passer un nouveau pacte pacifique avec les populations musulmanes.
[...]
Pendant ce temps, l'Occident fait l'autruche. Pour ma part, ayant passé la plus grande partie de ma vie militante à défendre des populations musulmanes (Tunisie, Algérie, Bosnie, Darfour), j'ai pu constater que, chaque fois qu'il fallait le faire pour des chrétiens (Liban, Sud-Soudan), on voyait, à quelques exceptions près (Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner), les professionnels des droits de l'homme se défiler. Une sorte de Yalta culturel d'un type nouveau est en train de s'instaurer de fait : en Orient, le monopole d'une religion unique de plus en plus intolérante, l'islam. En Occident, le pluralisme, la tolérance et la laïcité. Ce Yalta est, comme l'autre, générateur de guerre froide, pour ne pas dire davantage. Il faut donc, sans arrière-pensée ni faiblesse complaisante, défendre le droit des chrétiens d'Orient à l'existence.

Coptes: "épuration religieuse"

Le Figaro - 7 janvier 2011 - AFP
Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il n'admettrait pas "ce qui ressemble de plus en plus à un plan particulièrement pervers d'épuration religieuse" au Moyen-Orient, à propos des persécutions à l'égard des communautés chrétiennes.
"Nous ne pouvons pas admettre (...) et donc faciliter ce qui ressemble de plus en plus à un plan particulièrement pervers d'épuration du Moyen-Orient, d'épuration religieuse", a affirmé le chef de l'Etat en faisant notamment allusion aux chrétiens d'Orient, dont les Coptes.


...plus d'informations sur les violences et persécutions contre les chrétiens dans le monde

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