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Le désastre d'un néo-colonialisme en expansion envers les pays en voie de développement ?

Le néocolonialisme est généralement décrit en France comme l'accaparement ou l'exploitation par les pays développés des richesses naturelles de pays en voie de développement. La politique internationale de la Chine en Afrique est en ce sens révélatrice. Une autre forme de néocolonialisme semble être perçue par les pays du Sud : le pillage de leurs richesses humaines...

Le pillage des compétences humaines du Sud par les pays industrialisés d'Europe et d'Amérique du Nord

Santé: l'OMS dénonce une fuite des cerveaux du Sud vers le Nord

Le Nouvelliste - 7 avril 2006 - AFP
Vingt-trois pour cent (23%) des médecins formés en Afrique subsaharienne vont travailler dans des pays industrialisés, attirés par des salaires parfois 15 fois supérieurs, souligne l'Organisation mondiale de la Santé dans son rapport annuel. Cette fuite des compétences aggrave une pénurie de personnel médical dans les pays en développpement, où il manque 2,3 millions de médecins et d'infirmières pour répondre pleinement aux besoins (vaccinations, lutte contre le paludisme ou le sida), selon le rapport intitulé "Travailler ensemble pour la santé".
analyse Rappelons que Le Nouvelliste, qui cite cette information peu médiatisée en France, est un journal haïtien

Les immigrés pourront envoyer de l'argent à l'étranger depuis les bureaux de tabac

Le Monde - 9 juin 2010 - Elise Vincent
Les principaux pays de destination des transferts d'argent correspondent en effet aux flux migratoires. L'Afrique représente ainsi le plus gros volume d'envois de fonds de la France vers l'étranger, se classant même devant l'Asie. Selon MoneyGram, le pays qui arrive en tête des transferts est le Maroc, suivi du Sénégal, du Cameroun et de la Côte d'Ivoire. Le Mali, en revanche, dont la diaspora est pourtant très nombreuse, est moins bien placé. La faute, selon l'opérateur, au "trafic informel".
analyse Les flux d'argent envoyés par les migrants dans leur pays d'origine permettent de contrebalancer, d'une certaine façon, le pillage de leurs richesses humaines. Mais ce mode de fonctionnement ne les enferme-t-il en réalité pas dans leur dépendance vis-à-vis des pays plus développés ?

Une politique de contrôle des matières premières et des terres agricoles

La guerre des terres arables aura-t-elle lieu ?

Marianne - 17 novembre 2010 - Régis Soubrouillard
Depuis la crise alimentaire de 2008, l'achat ou la location de terres arables sont devenus la priorité de nombreux pays qui souhaitent assurer leur sécurité alimentaire. En un an, le nombre d'hectares loués a décuplé, selon la Banque mondiale. Une fuite en avant qui n'ira pas sans poser problème à l'avenir. Certains experts évoquent déjà une colonisation par les terres arables et défendent le concept de souveraineté alimentaire.
Actif de plus en plus convoité, élément stratégique pour les pays soucieux d’assurer leur sécurité alimentaire, l'hectare de terre arable tend à devenir un bien précieux. Depuis la forte hausse des matières premières agricoles qui a provoqué les émeutes de la faim en 2008, le rachat des terres arables est devenu la priorité de nombreux pays pour assurer leur autosuffisance alimentaire. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé Rising Global Interest in Farmland : Can it yield sustainable and equitable benefits ? (L’intérêt croissant pour les terres agricoles dans le monde peut-il générer des bénéfices équitables à long terme ?) 45 millions d’hectares ont fait l’objet de transactions en 2009 contre 4 millions entre 1998 et 2008.
Un tableau inquiétant de cette ruée vers la terre. La Chine frôle la ligne rouge et manque de terres cultivables. Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, le pays doit nourrir 22 % de la population mondiale. Les Chinois, mais aussi les Russes, les Brésiliens, le Japon, la Corée du Sud, mais aussi de nombreux pays du proche-Orient se sont donc lancés dans une vaste conquête des terres cultivables. Une véritable course au foncier que se livrent multinationales et fonds souverains. Parmi les clients favoris, en Afrique, l'Ethiopie, le Soudan et le Mozambique sont les pays qui vendent le plus, En Asie, les trois plus gros acquéreurs sont l'Indonésie, les Philippines et l'Australie. Plus récemment, les Chinois sont allés tâter le terrain canadien dont les terres sont parmi les moins onéreuses des pays industrialisés (en moyenne 10 fois inférieur aux autres pays occidentaux).
Chercheuse analyste en relations internationales, Viriginie Raisson revient sur « Le grand monopoly des terres arables » dans un ouvrage très documenté baptisé 2033, l'atlas des futurs du Monde. Surpopulation, crise alimentaire, pénurie de pétrole, guerres de l'eau, comme son nom l'indique, cet atlas du futur revient entres autres sujets, sur « la nouvelle équation alimentaire ». Seulement 1,4 des 4,3 milliards d’hectares cultivables des terres cultivables de la planète est aujourd’hui cultivé. La Russie, l'Ukraine, l'Argentine disposent d'importantes réserves. Le Brésil et l'Indonésie gagnent chaque jour un peu plus sur la forêt. Et même le réchauffement climatique apporte sa pierre à l’édifice en libérant au Canada et en Sibérie des territoires jusque là trop froids pour être exploités. Largement suffisant pour nourrir plusieurs centaines de millions d’êtres humains : « pour être exploitables, bon nombre de ces terres exigeraient de réaliser d’importants aménagements, le plus souvent trop coûteux pour être accessibles. Bien plus que par l’extension des terres cultivables, c'est donc surtout par l'amélioration des rendements à l'hectare qu’on pourra accroître la production alimentaire mondiale » pondère Virginie Raisson.
Si, en théorie, l'agriculture dispose encore de grands espaces pour se développer, en réalité les volumes de terres exploitables sont très inégaux selon les continents et les « meilleures terres sont déjà largement exploitées ». De quoi limiter largement la perspective de réaliser des gains de productions importants. Une équation bien moins simple à résoudre qu’il n’y paraît. D’autant que s’il procède d’une logique agricole, l’essor de ce marché international de terres arables répond également à la recherche de placements rémunérateurs par des fonds spéculatifs. Un mouvement de spéculation sans précédent au point que certains experts du sujet utilisent l'expression de « colonisation par l'achat de terres arables ».
De quoi envisager le pire si ces transactions se multiplient. Virginie Raisson n’exclut ainsi pas que dans les continents vendeurs les plus touchés que sont aujourd’hui l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine, la perte de souveraineté agricole au profit d’acquéreurs étrangers et privés suscite des troubles sociaux ou « une hostilité croissante de la population à l’égard de ce type d’investissements ».
Car l'impact de ces investissements massifs sur le niveau de vie des populations locales n'est pas démontré. Contesté même. Plusieurs acteurs, ONG notamment, dénoncent cet accaparement prédateur de terres et défendent le concept de souveraineté alimentaire, faisant des populations locales l’acteur principal de toute décision liée à l’exploitation agricole de leurs terres.

analysecarte du monde dans le corps de l'article

L'impérialisme et le néo-colonialisme chinois s'appuient sur la puissance financière et une volonté politique forte peu regardante sur les droits de l'homme

...plus d'informations sur la Chine, deuxième superpuissance dans le monde

L'Afrique se rebiffe contre le «néocolonialisme» chinois

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Arnaud Rodier
Au début, la percée de la Chine en Afrique a été accueillie avec enthousiasme. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Elle inquiète. «Il ne faut pas que l'Afrique sorte d'un néocolonialisme pour aller tomber pieds et poings liés dans le néocolonialisme chinois», avertit René N'Guettia Kouassi, directeur du département des affaires économiques de l'Union africaine. «Tout le monde ne voit pas de manière positive l'implication économique grandissante de la Chine», confirme le rapport du South African Institute of International Affairs.
Car, à chaque fois, le processus est le même. La Chine apporte une aide financière et une assistance technique. Elle propose de construire des écoles, des hôpitaux. Elle invite des étudiants africains à venir à Pékin et envoie ses médecins et ses enseignants en Afrique. Le système porte un nom, l'«Angola mode» parce que c'est dans ce pays que les Chinois ont commencé à échanger à grande échelle leur savoir-faire contre des matières premières. Mais aujourd'hui, il suscite plus de critiques que d'admiration. «L'argent investit ne profite pas aux économies domestiques», dénonce Tsidiso Disenyana, un chercheur sud-africain, qui réclame plus de transferts de technologie et de formation pour les employés locaux.
À l'heure où ils sont également décidés à racheter des terres à tour de bras en Afrique pour faire face à leurs besoins alimentaires, les Chi­nois font peur. Et, surtout, avertit Guillaume Moumouni, un économiste au Bénin, «aujourd'hui on parle de la Chine, mais demain ce sera l'Inde ou le Brésil qui mènent beaucoup d'offensives selon le même schéma».

Bienvenue en Chinafrique

Le Figaro - 29 janvier 2011 - Katia Clarens
À Brazzaville comme un peu partout en Afrique, les Chinois raflent tous les gros contrats d'infrastructures. Avec la bénédiction des gouvernements, ils s'enracinent sur le continent noir.
[...] [En République Démocratique du Congo] la présence chinoise s'est affirmée en une décennie, portée par le succès des entreprises de travaux publics. Arrivées avec des tarifs inégalables, elles décrochent désormais la quasi-totalité des grands chantiers: routes, ministères, lotissements, etc. La plus puissante est la Société Zhengwei Technique Congo (SZTC), filiale de la multinationale Weihai International (WIETC). [...]
Les Chinois seraient plus de 10.000 dans le pays, majoritairement employés par les entreprises gouvernementales. Le Congo est un partenaire dévoué de la Chinafrique. «Nous souhaitons que la Chine augmente ses investissements en République du Congo et nous allons accorder des politiques préférentielles», déclarait en décembre, le ministre congolais des Transports, de l'Aviation civile et de la Marine marchande, en visite à Pékin.
[...] «La plupart des chantiers sont attribués arbitrairement, explique-t-on sous couvert d'anonymat. Les appels d'offres sont un décorum.»
Les gouvernements et les puissances influentes se succèdent en Afrique. La corruption reste. Sur le continent, où vit aujourd'hui un demi-million de Chinois, selon Serge Michel *, les entreprises de l'empire du Milieu n'ont pas bonne presse. Elles sous-payent leurs employés, ne respectent pas les règles de sécurité et dégradent l'environnement. Mais elles bâtissent les pays. En République démocratique du Congo (RDC), sur l'autre rive du fleuve, elles ont négocié des échanges «minerais contre constructions». Hôpitaux, routes, rail, accès à l'eau et à l'électricité, elles aménagent la RDC, contribuant à la gloire du président Joseph Kabila qui leur doit ses « Cinq chantiers du cinquantenaire ».

La Chine déverse ses milliards sur la Guinée

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Tanguy Berthemet
La Chine vole-t-elle au secours de la junte guinéenne ? Deux semaines après la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU et mis le pouvoir guinéen au ban des nations, Conakry et Pékin négocient un gigantesque contrat minier et pétrolier.
Pour la junte, au pouvoir depuis le coup d'État de fin décembre 2008, l'annonce de ce contrat est une véritable bouffée d'oxygène. Privé d'aide économique extérieure, mis au ban de la communauté internationale, le gouvernement militaire guinéen était vacillant. Lundi, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait demandé le départ du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara. Mercredi, l'Union européenne a estimé qu'il devait être jugé «pour crime contre l'humanité». Et la Cédéao doit décider samedi de prendre d'éventuelles sanctions contre les dirigeants. La manne chinoise permettrait à Dadis Camara de relâcher un peu la pression. «Il est évident que dans ce dossier la Chine a préféré jouer la carte économique à celle de la solidarité politique», souligne un diplomate.

La Chine, premier prêteur des pays en développement

Le Monde - 18 janvier 2011 - lemonde.fr avec AFP
La Chine a davantage prêté aux pays en développement que la Banque mondiale au cours deux dernières années, notamment pour satisfaire ses besoins en matières premières, a rapporté mardi le Financial Times. Deux banques étatiques chinoises, la China Development Bank et la China Export-Import Bank ont accordé pour 110 milliards de dollars (82 milliards d'euros) de prêts à des pays en développement en 2009 et 2010, selon des calculs effectués par le quotidien économique.
De son côté, la Banque mondiale a financé des projets pour 100,3 milliards de dollars (75,35 milliards d'euros) entre la mi-2008 et la mi-2010, un montant exceptionnellement élevé pour cette institution et dû à sa volonté de contrebalancer les effets de la crise financière. Alors que les banques des pays développés souffraient d'un manque de liquidités, la Chine a notamment signé des accords avec des pays producteurs pour financer de l'extraction de pétrole ou d'autres ressources naturelles, souligne le Financial Times.
Des accords pétroliers comprenant d'importants prêts ont été notamment consentis par les banques chinoises à la Russie, au Venezuela et au Brésil. D'autres ont servi à financer l'achat d'équipements pour la production d'électricité par une société indienne, des infrastructures au Ghana ou encore un chemin de fer en Argentine, précise le quotidien.
Certains de ces prêts ont été libellés en yuans, dans le cadre d'une politique visant à augmenter l'usage de la monnaie chinoise à l'étranger. Le Financial Times relève que certains de ces prêts bénéficiant d'un important soutien du gouvernement chinois ont été accordés à des conditions plus favorables que celles de la Banque mondiale ou d'autres banques, tandis que d'autres l'ont été à des conditions plus proches des normes internationales. Les prêts de la Banque mondiale ont été accordés à travers deux de ses filiales, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement ainsi que l'International Finance Corporation, qui prête au secteur privé.

Pour aller plus loin...

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La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée.

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