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Contrôler les ressources naturelles et sécuriser l'approvisionnement en matières premières :
un enjeu géopolitique planétaire pour l'humanité

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence - sur un sujet au coeur de multiples enjeux géopolitiques et potentiellement porteur de conflits et de guerres : la maîtrise des ressources naturelles dans le monde, l'objectif principal de nombreux Etats étant de sécuriser les besoins vitaux fondamentaux de leurs populations : boire, se nourrir, ...

L'enjeu crucial de l'accès et des ressources en eau douce

Les pays arabes risquent une grave pénurie d'eau dès 2015

Le Nouvel Observateur - 4 novembre 2010 - Jean-Stéphane Brosse
Sans mesures urgentes, les pays arabes risquent une grave pénurie d'eau dès 2015, prévient le Forum arabe pour l'environnement et le développement (Afed) dans une étude [...]. D'ici cinq ans, chaque habitant du monde arabe devra survivre avec moins de 500 m3 d'eau par an, moins d'un dixième de la moyenne mondiale qui dépasse 6.000 m3, estime-t-il. "Le monde arabe connaît déjà une crise de l'eau qui ne cessera de s'aggraver si rien n'est fait", écrit l'Afed, qui note que l'approvisionnement par habitant ne représente déjà plus qu'un quart de son niveau de 1960.
La croissance démographique rapide des pays de la région accentue les tensions: selon les projections de l'Onu, les Arabes, qui sont près de 360 millions aujourd'hui, seront environ 600 millions à l'horizon 2050. Le changement climatique est également cité parmi les causes d'aggravation. D'ici la fin du siècle, les pays arabes pourraient être confrontés à une baisse de 25% des précipitations et à une hausse de 25% des taux d'évaporation, d'après les modèles de changement climatiques cités par l'Afed.
"En conséquence, l'agriculture alimentée par la pluie sera menacée, avec des rendements qui pourraient baisser de 20%."
L'agriculture représente 85% de la consommation en eau de la région, contre 70% pour la moyenne mondiale. L'efficacité de l'irrigation y est estimée à 30% seulement, contre 45% pour l'ensemble du monde.
Treize pays arabes figurent déjà parmi les 19 pays du monde les plus pauvres en eau. Les habitants de huit pays arabes doivent se contenter chacun de moins de 200 m3 par an.
Les situations varient en fonction des pays mais d'ici cinq ans, prédit l'Afed, seuls l'Irak et le Soudan afficheront plus de 1.000 m3 par habitant, si l'approvisionnement en provenance de la Turquie pour l'un, de l'Ethiopie pour l'autre, se maintient au niveau actuel.
Pour remédier à ces risques, l'Afed préconise des changements de pratiques et de politiques radicaux. Le forum déplore ainsi le faible taux de recyclage des eaux usées, l'utilisation excessive de la désalinisation, des gaspillages dus au faible prix de l'eau grâce aux subventions. "L'eau gratuite est de l'eau gaspillée", estime ainsi l'Afed en soulignant que le prix moyen de l'eau dans la région couvre 35% des coûts de production, et seulement 10% pour l'eau issue de la désalinisation.

La faim dans le monde : la lutte contre les dangers de la malnutrition et les risques de famine

La faim recule dans le monde, grâce à l'Asie

Le Figaro - 14 septembre 2010 - Richard Heuzé
Pour la première fois depuis quinze ans, le nombre d'affamés a reculé en 2010 sur la planète: 925 millions d'individus ne mangent pas à leur faim. C'est 108 millions de moins qu'en 2009, la pire année avec 1,023 milliard de personnes souffrant de sévères malnutritions.
Aussi encourageante soit-elle, cette amélioration reste nettement insuffisante. Les affamés sont encore plus nombreux qu'avant la crise de 2008. Pour remplir l'objectif adopté au Sommet du Millénium, à New York, de réduire de moitié le nombre d'affamés dans le monde d'ici à 2015, «il faudrait réduire de 500 millions le nombre d'affamés dans le monde en cinq ans», a relevé mardi Jacques Diouf, directeur général de la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.
L'annonce de cette amélioration précède le sommet qui se tiendra de lundi à mercredi prochain au siège de l'ONU pour faire le point sur les stratégies de lutte contre la pauvreté. Ce sont les pays émergents d'Asie qui connaissent les progrès les plus sensibles, grâce à leur taux de croissance soutenu, malgré la crise. La Chine, deuxième économie mondiale, serait sur le point d'atteindre l'objectif de 2015, de même que le Vietnam.
Autres satisfactions: la situation des marchés reste substantiellement meilleure qu'en 2007-2008, années des dernières grandes pénuries, et «fondamentalement solide», même si la flambée récente des prix du blé, de la viande et du sucre représente une menace pour les plus mal nourris.[...]
D'après le Fonds international de développement agricole (Fida), la pauvreté régresse également dans le monde. Elle atteindrait moins de 25% de la population mondiale, contre 46% en 1990. Des progrès substantiels ont été enregistrés en Asie, mais aussi dans l'Afrique subsaharienne avec des taux de pauvreté tombés de 58 à 44% en vingt ans. La situation se serait améliorée «de manière impressionnante» dans des pays comme le Mali, le Malawi, le Niger, le Sénégal, l'Éthiopie, le Ghana et le Rwanda.
Un progrès qui peut être anéanti du jour au lendemain par une catastrophe naturelle.

Pas d'objectif chiffré pour réduire la faim dans le monde

Le Figaro - 16 novembre 2009 - Richard Heuzé
Alors que la malnutrition frappe plus d'un milliard de personnes sur Terre, les dirigeants du monde invités par l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) tentent de s'entendre sur des moyens pour remédier à ce fléau.
Les dirigeants du monde entier ont approuvé lundi, en ouverture du sommet, une nouvelle stratégie pour lutter contre la faim et aider les pays pauvres. Les signataires se sont engagés à augmenter de façon substantielle l'aide à l'agriculture dans les pays en voie de développement. [...]
Les enjeux sont de taille : comment faire pour nourrir une population mondiale qui augmentera d'un tiers d'ici à 2050 pour atteindre 9,1 milliards d'êtres humains, alors que la malnutrition bat des records et frappe désormais plus d'un milliard de personnes ? Faut-il instituer des règles pour empêcher les pays riches de faire une razzia sur les bonnes terres dans les pays pauvres ?
[...] Faute d'investissements suffisants dans l'agriculture (à peine 7 milliards de dollars par an alors qu'il en faudrait 44 milliards, selon la FAO) et du fait de la flambée des cours des denrées alimentaires en 2008 et en cette fin 2009, jamais la dénutrition n'a été autant répandue.
Cela au moment où le Programme alimentaire mondial (PAM), l'agence de l'ONU qui distribue des vivres et des secours à 102 millions d'êtres humains, traverse une grave crise financière. [...]
Pour résorber la faim, la planète devrait produire, selon la FAO, 70 % d'aliments en plus d'ici à 2050. Les experts s'accordent à penser que cela est possible, à condition de mettre l'agriculture et la lutte contre la malnutrition au centre des priorités. Or, on en est encore très loin. Par exemple, en juin 2004, les pays africains étaient convenus dans une déclaration rédigée à Maputo, au Mozambique, de consacrer à ces actions 10 % de leur budget. Seulement cinq d'entre eux le font. Au Malawi comme au Brésil, la malnutrition infantile a régressé. En revanche l'Inde, malgré sa révolution verte, compte 30 millions d'affamés en plus. Le Pakistan, l'Éthiopie, le Congo, la Sierra Leone, le Guatemala s'enfoncent dans la crise. Au total, trente et un pays éprouvent de grandes difficultés, surtout dans la Corne de l'Afrique.
Du coup, l'idée d'un «partenariat mondial» lancée par Nicolas Sarkozy lors du précédent sommet, en juin 2008, fait son chemin. En plaçant la sécurité alimentaire en tête de ses priorités, l'Administration Obama soutient cette nouvelle approche. En clair, priorité est donnée à l'aide aux petits paysans des zones rurales pauvres, environ deux milliards d'êtres humains. Le sommet de Rome consacrera l'institutionnalisation d'un «comité de la sécurité alimentaire» et la création d'un réseau d'experts de haut niveau chargé d'élaborer de nouvelles stratégies. Il devra aussi concrétiser l'aide de 20 milliards de dollars en faveur de l'Afrique annoncée en juillet lors du G8 de L'Aquila, en Italie.
Il n'est plus question de diminuer le nombre d'affamés de moitié en 2015, comme le sommet de l'alimentation l'avait affirmé en 1996. Même l'appel à «éradiquer substantiellement» la faim d'ici à 2025 a été abandonné. Ces objectifs sont jugés irréalistes, faute de moyens. L'approche se veut plus pragmatique. Reste à voir si elle fonctionnera.

1,3 milliard de tonnes de nourriture gaspillées chaque année dans le monde

Le Monde - 11 mai 2011 - Lemonde.fr avec AFP
Environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit un tiers des aliments produits, sont gaspillées chaque année, selon le Fonds des Nations unies pour l'alimentation (FAO) qui a appelé à "réduire les déchets alimentaires pour nourrir le monde". Ce volume équivaut à plus de la moitié de la production céréalière mondiale (2,3 milliards de tonnes en 2009-2010), alors que près d'un milliard de personnes – 925 millions – souffre de la faim.
Selon les experts de la FAO, les pays industriels et les pays en développement gaspillent grosso modo les mêmes quantités de nourriture, soit respectivement 670 millions et 630 millions de tonnes, mais pour des raisons différentes. Dans les pays en développement, les pertes alimentaires sont importantes "aux stades de la production, de la récolte, de l'après-récolte et de la transformation", en raison notamment d''infrastructures défaillantes et de technologies dépassées". Dans les pays industriels, le gaspillage de nourriture, "est trop souvent le fait des commerçants et consommateurs qui jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles". En Europe et en Amérique du Nord, chaque consommateur gaspille entre 95 et 115 kg par an.
Soulignant, que "les pertes et le gaspillage alimentaires entraînent la dilapidation des ressources, notamment l'eau, la terre, l'énergie, le travail et le capital", les auteurs du rapport apportent des suggestions pratiques. Dans les pays en développement, la FAO propose "le renforcement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire en facilitant l'accès direct des petits paysans aux acheteurs". Les secteurs privé et public devraient également investir davantage dans les infrastructures, le transport, la transformation et l'emballage.
Pour les pays industriels, la FAO met en cause les normes de qualité qui "exagèrent l'importance de l'aspect extérieur", entraînant la perte de "grandes quantités d'aliments". Elle appelle donc les consommateurs, "disposés à acheter des produits dont l'aspect n'est pas exactement conforme aux normes pourvu qu'ils soient sûrs et bons", à exercer leur influence sur ces normes. Autre suggestion : la vente directe des produits de la ferme au consommateur, donc sans se conformer aux normes des supermarchés, et l'utilisation par les organisations commerciales et caritatives de produits destinés à la poubelle "mais encore acceptables en termes de salubrité, goût et valeur nutritive".
D'une façon générale, il conviendrait de changer les habitudes du consommateur, "généralement poussé à acheter plus de nourriture qu'il n'en a besoin". En finir avec les promotions du genre "trois pour le prix de deux", les plats surdimensionnés déjà cuisinés ou les buffets à prix fixes qui poussent le client à remplir abondamment son assiette. "Il convient de faire comprendre aux consommateurs des pays riches qu'il est inacceptable de jeter inutilement à la poubelle de la nourriture qui aurait pu servir", conclut la FAO pour laquelle "l'éducation à l'école et les initiatives politiques constituent de bons points de départ".

La bataille autour des terres agricoles au coeur des enjeux de souveraineté et de sécurité alimentaire

La Banque mondiale dénonce le Monopoly agricole

Le Figaro - 8 septembre 2010 - Arnaud Rodier
Avec son rapport publié ce mercredi, la Banque mondiale met le pied sur une poudrière. Intitulé «L'intérêt croissant pour les terres agricoles dans le monde peut-il apporter de bénéfices équitables à long terme?», il relance la guerre entre industriels et paysans. Aujourd'hui, partout sur le globe, les acquisitions de terres cultivables ou riches en minerais se transforment en véritables champs de bataille.
[...] Flambée des prix des matières premières, volatilité des cours du pétrole, explosion des besoins alimentaires, tout concourt à favoriser la spéculation. Spéculation des États qui, comme la Chine, veulent s'assurer leur autosuffisance. Spéculation des multinationales qui flairent un marché plus que prometteur.[...] La Banque mondiale, qui souligne qu'un milliard d'individus ne mangent pas à leur faim sur terre,[...] remarque que les investissements étrangers peuvent être un moyen de corriger la faiblesse des moyens financiers des pays visés, d'apporter des transferts de technologie, d'améliorer la productivité de leur agriculture et de réduire la pauvreté. Mais elle reconnaît aussi que ces investissements peuvent être source de conflits sérieux, voire d'opérations purement et simplement frauduleuses.
Son rapport passe en revue quatorze pays (Brésil, Cambodge, Congo, Éthiopie, Indonésie, Liberia, Laos, Mexique, Mozambique, Nigeria, Pérou, Soudan, Ukraine, Zambie) et note qu'en Afrique, en particulier, les promesses sont rarement tenues, contrairement au Pérou, au Brésil, au Mexique où les règles du jeu concernant les acquisitions de terres sont clairement définies. Car les étrangers ne sont pas seuls en cause. Les gouvernements sont souvent responsables, faute de législation, de cadres compétents ou, tout simplement, de volonté politique d'organiser leur développement agricole. Autant d'éléments qui, conjugués au manque d'information, favorisent la corruption.
«L'ampleur et souvent l'aspect spéculatif des transactions sur les terres observés ces derniers temps ont pris tout le monde par surprise», plaide la Banque mondiale. Et d'ajouter: «Du coup les acquisitions se font souvent au détriment des populations locales, en particulier celles qui sont les plus vulnérables, sans leur apporter les compensations appropriées.» Outre la Chine, la Corée du Sud, le Japon, les pays du Golfe participent également à ce gigantesque Monopoly.

La guerre des terres arables aura-t-elle lieu ?

Marianne - 17 novembre 2010 - Régis Soubrouillard
Depuis la crise alimentaire de 2008, l'achat ou la location de terres arables sont devenus la priorité de nombreux pays qui souhaitent assurer leur sécurité alimentaire. En un an, le nombre d’hectares loués a décuplé, selon la Banque mondiale. Une fuite en avant qui n'ira pas sans poser problème à l'avenir. Certains experts évoquent déjà une colonisation par les terres arables et défendent le concept de souveraineté alimentaire.
Actif de plus en plus convoité, élément stratégique pour les pays soucieux d’assurer leur sécurité alimentaire, l’hectare de terre arable tend à devenir un bien précieux. Depuis la forte hausse des matières premières agricoles qui a provoqué les émeutes de la faim en 2008, le rachat des terres arables est devenu la priorité de nombreux pays pour assurer leur autosuffisance alimentaire. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé Rising Global Interest in Farmland : Can it yield sustainable and equitable benefits ? (L’intérêt croissant pour les terres agricoles dans le monde peut-il générer des bénéfices équitables à long terme ?) 45 millions d’hectares ont fait l’objet de transactions en 2009 contre 4 millions entre 1998 et 2008.
Un tableau inquiétant de cette ruée vers la terre. La Chine frôle la ligne rouge et manque de terres cultivables. Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, le pays doit nourrir 22 % de la population mondiale. Les Chinois, mais aussi les Russes, les Brésiliens, le Japon, la Corée du Sud, mais aussi de nombreux pays du proche-Orient se sont donc lancés dans une vaste conquête des terres cultivables. Une véritable course au foncier que se livrent multinationales et fonds souverains. Parmi les clients favoris, en Afrique, l’Ethiopie, le Soudan et le Mozambique sont les pays qui vendent le plus, En Asie, les trois plus gros acquéreurs sont l’Indonésie, les Philippines et l’Australie. Plus récemment, les Chinois sont allés tâter le terrain canadien dont les terres sont parmi les moins onéreuses des pays industrialisés (en moyenne 10 fois inférieur aux autres pays occidentaux).
Chercheuse analyste en relations internationales, Viriginie Raisson revient sur « Le grand monopoly des terres arables » dans un ouvrage très documenté baptisé 2033, l’atlas des futurs du Monde. Surpopulation, crise alimentaire, pénurie de pétrole, guerres de l’eau, comme son nom l’indique, cet atlas du futur revient entres autres sujets, sur « la nouvelle équation alimentaire ». Seulement 1,4 des 4,3 milliards d’hectares cultivables des terres cultivables de la planète est aujourd’hui cultivé. La Russie, l’Ukraine, l’Argentine disposent d’importantes réserves. Le Brésil et l’Indonésie gagnent chaque jour un peu plus sur la forêt. Et même le réchauffement climatique apporte sa pierre à l’édifice en libérant au Canada et en Sibérie des territoires jusque là trop froids pour être exploités. Largement suffisant pour nourrir plusieurs centaines de millions d’êtres humains : « pour être exploitables, bon nombre de ces terres exigeraient de réaliser d’importants aménagements, le plus souvent trop coûteux pour être accessibles. Bien plus que par l’extension des terres cultivables, c’est donc surtout par l’amélioration des rendements à l’hectare qu’on pourra accroître la production alimentaire mondiale » pondère Virginie Raisson.
Si, en théorie, l’agriculture dispose encore de grands espaces pour se développer, en réalité les volumes de terres exploitables sont très inégaux selon les continents et les « meilleures terres sont déjà largement exploitées ». De quoi limiter largement la perspective de réaliser des gains de productions importants. Une équation bien moins simple à résoudre qu’il n’y paraît. D’autant que s’il procède d’une logique agricole, l’essor de ce marché international de terres arables répond également à la recherche de placements rémunérateurs par des fonds spéculatifs. Un mouvement de spéculation sans précédent au point que certains experts du sujet utilisent l’expression de « colonisation par l’achat de terres arables ».
De quoi envisager le pire si ces transactions se multiplient. Virginie Raisson n’exclut ainsi pas que dans les continents vendeurs les plus touchés que sont aujourd’hui l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine, la perte de souveraineté agricole au profit d’acquéreurs étrangers et privés suscite des troubles sociaux ou « une hostilité croissante de la population à l’égard de ce type d’investissements ».
Car l’impact de ces investissements massifs sur le niveau de vie des populations locales n’est pas démontré. Contesté même. Plusieurs acteurs, ONG notamment, dénoncent cet accaparement prédateur de terres et défendent le concept de souveraineté alimentaire, faisant des populations locales l’acteur principal de toute décision liée à l’exploitation agricole de leurs terres.

Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Le Figaro - 16 novembre 2009 - Éric de La Chesnais
Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d'achat de terres cultivables à l'étranger.
Depuis 2007 et la forte hausse des matières premières agricoles, qui a provoqué les émeutes de la faim, l'acquisition des terres cultivables est devenue la priorité numéro un de nombreux pays du globe, pour assurer leur autosuffisance alimentaire. Au premier rang d'entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale», explique un consultant agricole, Axel de Martene.
Les Chinois se sont donc lancés à la conquête de bons terrains. Résultat, une quarantaine de sociétés agricoles chinoises sont implantées dans 30 nations sur les cinq continents. Depuis 2007, les autorités de Pékin ont déboursé 1,5 milliard d'euros pour acquérir des terres. Ces fermes produisent surtout les denrées qui manquent en Chine : riz, soja, maïs... Près de 400 km² de terres kazakhes ont ainsi été cédées récemment à Pékin. À première vue, ce système paraît profitable aux nations - souvent pauvres - bénéficiant de ces investissements. Mais cette démarche a ses limites. «La Chine arrive avec sa propre main-d'œuvre, ses semences et tient peu compte du contexte local de biodiversité», remarque l'ONG espagnole Grain.
Les voisins de la Chine se lancent également dans ces opérations de rachat de terres à grande échelle : la Corée du Sud a ainsi acquis des terres en Argentine pour se fournir en viande. Le Japon s'est intéressé à l'Égypte pour son huile végétale et son sucre, l'Inde à la Malaisie pour l'huile de palme. Sans oublier la Russie et les pays du Golfe comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït qui participent aussi à ce grand Monopoly. Évidemment, tous ces mouvements ne font pas l'unanimité. Ainsi, l'opinion publique malgache n'a pas supporté qu'à l'automne 2008 son président Ravalomanana ait donné son accord pour vendre 1,3 million d'hectares à un prix dérisoire au coréen Daewoo. Le président a donc été renversé par des émeutes et son successeur a annulé la transaction.

analyse Carte du monde présentant les enjeux mondiaux des terres agricoles

Les acquisitions de terres agricoles peuvent être bénéfiques pour les investisseurs, sans nuire aux paysans

Le Monde - 28 juin 2010 - Laetitia Van Eeckhout
Nourrir huit milliards d'êtres humains en 2030 suppose un apport massif en capital dans les filières agricoles des pays du Sud. Ces investissements sont donc nécessaires. Mais, insiste M. Chriqui [directeur général du centre d'analyse stratégique (CAS)], s'ils ne relèvent que d'une logique court-termiste, spéculative, ils peuvent entraîner une paupérisation de la population rurale locale, des dommages environnementaux, sans contribuer à l'amélioration de leur sécurité alimentaire.

Sécurisation de l'approvisionnement en matières premières

L'Afrique se rebiffe contre le «néocolonialisme» chinois

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Arnaud Rodier
Au début, la percée de la Chine en Afrique a été accueillie avec enthousiasme. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Elle inquiète. «Il ne faut pas que l'Afrique sorte d'un néocolonialisme pour aller tomber pieds et poings liés dans le néocolonialisme chinois», avertit René N'Guettia Kouassi, directeur du département des affaires économiques de l'Union africaine. «Tout le monde ne voit pas de manière positive l'implication économique grandissante de la Chine», confirme le rapport du South African Institute of International Affairs.
Car, à chaque fois, le processus est le même. La Chine apporte une aide financière et une assistance technique. Elle propose de construire des écoles, des hôpitaux. Elle invite des étudiants africains à venir à Pékin et envoie ses médecins et ses enseignants en Afrique. Le système porte un nom, l'«Angola mode» parce que c'est dans ce pays que les Chinois ont commencé à échanger à grande échelle leur savoir-faire contre des matières premières. Mais aujourd'hui, il suscite plus de critiques que d'admiration. «L'argent investit ne profite pas aux économies domestiques», dénonce Tsidiso Disenyana, un chercheur sud-africain, qui réclame plus de transferts de technologie et de formation pour les employés locaux.
À l'heure où ils sont également décidés à racheter des terres à tour de bras en Afrique pour faire face à leurs besoins alimentaires, les Chi­nois font peur. Et, surtout, avertit Guillaume Moumouni, un économiste au Bénin, «aujourd'hui on parle de la Chine, mais demain ce sera l'Inde ou le Brésil qui mènent beaucoup d'offensives selon le même schéma».

La Chine encadre le commerce des terres rares dans le monde

Le Figaro - 29 décembre 2010 - Arnaud Rodier
Pékin va réduire ses exportations de ces minéraux mais crée un organisme chargé de négocier avec l'étranger.
La carotte et le bâton. La Chine va lancer en mai 2011 l'Association industrielle des terres rares, un organisme présenté comme indépendant mais en réalité sous contrôle du gouvernement, chargé de toutes les négociations avec les acheteurs étrangers de ces matières premières essentielles pour les nouvelles technologies, dans l'électronique, la téléphonie et l'automobile.
Accusée d'abuser de sa position parce qu'elle assure plus de 95 % de la fourniture des terres rares dans le monde, elle fait ainsi un geste envers les États-Unis et l'Europe, pour qui ces ressources sont stratégiques. Mais, dans le même temps, les Chinois ont annoncé mardi qu'ils appliqueraient une réduction de 11 % de leurs exportations à partir du 1er janvier 2011, au grand dam de leurs clients étrangers.
Le ministre du Commerce extérieur, Chen Deming, avait expliqué dès la mi-décembre que ces réductions, de 5 % à 10 % par an, en vigueur depuis 2006, s'expliquent par la baisse de la part de la Chine dans les réserves mondiales, de 43 % il y a quelques années à 30 % aujourd'hui. «Des pays qui ont un territoire d'une taille semblable à la Chine possèdent également des réserves abondantes de terres rares. Pourtant, jusqu'ici, ils n'ont pas puisé dans ces réserves», dénonçait-il. C'est le cas des États-Unis et de l'Australie, qui disposent respectivement de 15 % et de 5 % de ces réserves.
Les 17 terres rares répertoriées, que l'on trouve en abondance en Mongolie, mais aussi au Brésil et en Inde, ne valent pas grand-chose en tant que telles. C'est leur traitement qui en fait la valeur. Traitement sur lequel la Chine casse les prix. Les États-Unis, qui viennent de porter plainte à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) contre la Chine pour qu'elle cesse ses subventions à l'industrie éolienne, elle aussi consommatrice de terres rares, ne l'acceptent pas. Ils ont autorisé le groupe américain Molycorp à se lancer dans leur production en Californie.
De leur côté, les Européens veulent aussi sécuriser leurs approvisionnements. Ils doivent présenter une communication sur 14 matières premières à Bruxelles le 26 janvier pour mieux exploiter le sous-sol du Vieux Continent et constituer des stocks stratégiques. [...]
Quant au Japon, également directement concerné, Pékin se sert de ses matières premières pour renforcer ses pressions diplomatiques sur ce pays. Celui-ci se tourne donc vers l'Inde et vers l'Australie, où deux entreprises nippones ont des projets d'ouverture d'usines.
Mais la Chine, qui s'impose désormais en grand argentier des États-Unis et de l'Europe, a la réponse toute trouvée. Elle propose ses services à l'étranger. «Nous sommes prêts à aider les pays qui souhaitent exploiter leurs réserves en jachère», affirmait mardi le président de la Chambre chinoise du commerce des métaux.

Maîtrise des stocks, de la production et de la distribution de pétrole et d'énergie

La Chine, premier prêteur des pays en développement

Le Monde - 18 janvier 2011 - lemonde.fr avec AFP
La Chine a davantage prêté aux pays en développement que la Banque mondiale au cours deux dernières années, notamment pour satisfaire ses besoins en matières premières, a rapporté mardi le Financial Times. Deux banques étatiques chinoises, la China Development Bank et la China Export-Import Bank ont accordé pour 110 milliards de dollars (82 milliards d'euros) de prêts à des pays en développement en 2009 et 2010, selon des calculs effectués par le quotidien économique.
De son côté, la Banque mondiale a financé des projets pour 100,3 milliards de dollars (75,35 milliards d'euros) entre la mi-2008 et la mi-2010, un montant exceptionnellement élevé pour cette institution et dû à sa volonté de contrebalancer les effets de la crise financière. Alors que les banques des pays développés souffraient d'un manque de liquidités, la Chine a notamment signé des accords avec des pays producteurs pour financer de l'extraction de pétrole ou d'autres ressources naturelles, souligne le Financial Times.
Des accords pétroliers comprenant d'importants prêts ont été notamment consentis par les banques chinoises à la Russie, au Venezuela et au Brésil. D'autres ont servi à financer l'achat d'équipements pour la production d'électricité par une société indienne, des infrastructures au Ghana ou encore un chemin de fer en Argentine, précise le quotidien.

La Chine déverse ses milliards sur la Guinée

Le Figaro - 14 octobre 2009 - Tanguy Berthemet
La Chine vole-t-elle au secours de la junte guinéenne ? Deux semaines après la répression sanglante d'une manifestation de l'opposition qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU et mis le pouvoir guinéen au ban des nations, Conakry et Pékin négocient un gigantesque contrat minier et pétrolier.
Pour la junte, au pouvoir depuis le coup d'État de fin décembre 2008, l'annonce de ce contrat est une véritable bouffée d'oxygène. Privé d'aide économique extérieure, mis au ban de la communauté internationale, le gouvernement militaire guinéen était vacillant. Lundi, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait demandé le départ du président autoproclamé, le capitaine Moussa Dadis Camara. Mercredi, l'Union européenne a estimé qu'il devait être jugé «pour crime contre l'humanité». Et la Cédéao doit décider samedi de prendre d'éventuelles sanctions contre les dirigeants. La manne chinoise permettrait à Dadis Camara de relâcher un peu la pression. «Il est évident que dans ce dossier la Chine a préféré jouer la carte économique à celle de la solidarité politique», souligne un diplomate.

Le risque d'épuisement des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables, limitées sur le globe

L'humanité engloutit l'équivalent d'une planète et demie

Le Monde - 13 octobre 2010 - lemonde.fr
Selon le rapport "Planète vivante 2010" de l'organisation écologiste WWF,[...] l'humanité utilise désormais "l'équivalent d'une planète et demie" pour subvenir à ses besoins, principalement en raison de la "surconsommation" des pays les plus riches. L'empreinte écologique de l'humanité, c'est-à-dire la surface de terre et le volume d'eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population sur une année, a doublé depuis 1966, ajoute l'organisation. Si rien ne change dans nos modes de consommation, l'humanité aura besoin de "deux planètes par an" en 2030, s'alarme le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Le WWF souligne le rôle prépondérant des pays les plus riches dans cette évolution en relevant que, toujours sur les données de 2007, les pays membres de l'OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, "représentaient 37 % de l'empreinte écologique de l'humanité". "Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l'humanité et absorber les émissions de CO2", souligne le texte. "Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l'humanité n'utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète", ajoute-t-il.
Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l'Estonie, le Canada, l'Australie, le Koweït et l'Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique, ajoute l'organisation. "La surconsommation du Nord se fait à crédit sur les ressources du Sud", souligne le WWF, dont le rapport relève également qu'"un déclin de la biodiversité est plus élevé dans les pays à faibles revenus".
Le rapport du WWF fait état d'une diminution globale de la biodiversité de 30 % entre 1970 et 2007. Dans les zones tropicales, cette diminution atteint 60 %.

Pour aller plus loin...

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La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection de sujets et d'articles proposée est progressivement enrichie et affinée.

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