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Les effets négatifs du régime électoral français sur les élus...
Obsession de la réélection et défense des intérêts particuliers
ou recherche de l'intérêt général et du bien commun ?

Sélection d'extraits d'articles de presse sur les impacts malheureux du système électoral sur la vie politique française et les pratiques de la classe politique dans notre démocratie représentative :

Manque de représentativité, corporatisme et conflits d'intérêts : forte sur-représentation parmi les élus des fonctionnaires et des professions libérales

analyse Les contraintes imposées par une campagne électorale favorisent les professions permettant de libérer du temps pour préparer une élection et d'avoir la disponibilité pour mener campagne, notamment les professions libérales (médecins, avocats) et la fonction publique. Certaines catégories de la population sont ainsi sur-représentées au détriment d'autres corps sociaux, d'autres sensibilités. Et se retrouver en majorité à la fois juge et partie pour le vote d'une loi.
Tous les hommes sont égaux devant la loi. Mais l'élaboration de la loi n'est pas égale pour tous

Dans l'Assemblée, les médecins font la loi

Libération - 18 février 2009 - Eric Favereau
La petite trentaine de députés qui suit les débats sur la loi sur la réforme de l'hôpital ont un point commun: ils appartiennent tous ou presque au corps médical. Les députés sont pour la plupart assidus, présents à chaque séance, défendant amendement sur amendement. Ils le font avec aisance et facilité. Ils sont même souvent pertinents. [...]
A-t-on déjà vu un débat parlementaire à ce point là tenu par une profession? Imagine-t-on un débat sur la police, uniquement fait avec d'anciens policiers devenus députés? Voire un débat sur l'Education nationale, alimentée uniquement par des enseignants devenus élus du peuple? Tout le monde crierait alors au crime de lèse-consanguinité. Là, ce n'est pas le cas. C'est normal, ou presque. Quand le député, Bernard Debré, chef de service d'urologie à l'hôpital Cochin de Paris et toujours en exercice, s'inquiète non sans raison de la place des médecins dans la nouvelle direction de l'hôpital, il sait certes de quoi il parle, mais n'est-on pas là en pleine confusion des genres? En tout cas, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, pharmacienne de profession, lui répond en toute intelligence.

Le statut des députés retouché

Le Figaro - 17 décembre 2010 - AFP
Une députée UMP, Muriel Marland-Militello, veut retoucher le statut des députés qui sont fonctionnaires pour qu'ils cessent de bénéficier de l'avancement pendant leur mandat en étant en "disponibilité" plutôt qu'en "détachement" [...]. Cet amendement, signé par plus de trente députés UMP, sera déposé dans le cadre de l'examen du projet de loi organique sur l'élection des députés (conditions d'éligibilité, régime des inéligibilités, incompatibilités et contentieux électoral) qui débute lundi à l'Assemblée. Un deuxième amendement impose au député qui est fonctionnaire de choisir entre la fonction publique et son mandat après deux mandats, donc pour son troisième mandat. Il s'agit de lutter contre "une sur-représentation des fonctionnaires parmi les candidats aux élections législatives et parmi les députés élus", a fait valoir cette députée. "Ces deux mesures d'équité seront également sources d'économies d'argent public", a-t-elle ajouté. Selon son décompte, les députés fonctionnaires et retraités de la fonction publique sont un peu plus 200 sur les 577 élus.

La pression de la prochaine échéance électorale conduit les politiques à céder à des lobbys faiblement représentatifs mais politiquement nuisibles, à favoriser les minorités agissantes et les leaders d'opinion électoralement rentables, et augmente le risque de pratiques clientélistes

analyse La "professionnalisation" de la politique, avec la nécessité pour les hommes politiques d'assurer leur carrière, conduit à des pratiques indignes : des régimes de faveur accordés aux faiseurs et aux leaders d'opinions (privilèges fiscaux pour les journalistes, artistes et intermittents du spectacle).
L'obsession de l'élection, ou de la réélection, pousse aussi à favoriser certaines franges du corps électoral électoralement rentables, à pratiquer un clientélisme ciblé notamment sur les minorités agissantes, plutôt que la recherche du bien commun et de l'intérêt général.

WikiLeaks dévoile aussi comment fut gérée la crise bancaire

Le Monde - 10 janvier 2011 - Paul Jorion (économiste et anthopologue)
Il y eut une époque où des fonctionnaires intègres, empreints du sens de l'Etat, constituaient un rempart. Leur credo était précisément que leur intérêt particulier devait s'effacer devant l'intérêt général dont ils se considéraient les porte-parole et les défenseurs.
La pratique du lobbying a eu raison d'eux. C'est l'intérêt particulier qui trouve désormais accès aux instances supérieures pendant que l'intérêt général négligé languit dans les antichambres.
Les défenseurs des intérêts particuliers l'ont emporté, sous le prétexte - né au XIXe siècle à l'école de Vienne et grandi au département d'économie de l'université de Chicago - que l'intérêt général, même s'il existait, est impossible à définir, alors que les intérêts particuliers de ceux qui disposent des moyens de se faire entendre sont, eux, clairs.

Enquête sur le financement des nouvelles mosquées

Le Figaro - 22 décembre 2008 - Cécilia Gabizon
Les pouvoirs publics apportent désormais 30 % des fonds nécessaires à l'édification des lieux de culte. «Aujourd'hui, les maires sont les premiers bâtisseurs de mosquées», affirme Dalil Boubakeur, un sourire aux lèvres. (...) Partout des mosquées sortent de terre. Quelque 150 projets sont lancés. Souvent marqués par le gigantisme. Créteil vient d'inaugurer une mosquée cathédrale qui a coûté 5 millions d'euros. (...)
Imperceptiblement, en cinq ans, les élus locaux sont passés de la prudence, voire de la méfiance envers l'islam, à l'adoubement. Certes, des réticences persistent, ici et là, «mais cela s'améliore à vive allure», confirme le président du CFCM, Mohammed Moussaoui. Les maires s'impliquent, avec parfois la volonté de mieux contrôler, mais aussi de récolter des voix qui pèsent désormais sur des scrutins serrés.

Le PS demande la démission de la ministre Penchard

Libération - 16 février 2010 - AFP
Lors d’un meeting aux Abymes, en Guadeloupe, où elle est numéro deux sur la liste UMP pour les régionales menée par le maire de Sainte-Anne Blaise Aldo, Marie-Luce Penchard, Guadeloupéenne, a déclaré que son «coeur est et restera» dans ce département. «Et je n'ai envie de servir qu'une population, c'est la population guadeloupéenne», a-t-elle aussitôt ajouté, déclenchant un grand émoi outre-mer, notamment à La Réunion (...).
Auparavant, la ministre de l'Outre-Mer avait affirmé dans son discours: «Il y a des enjeux considérables financiers, nous en sommes à une enveloppe de plus de 500 millions d'euros aujourd'hui pour l'outre-mer.» «Et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique, et de me dire, enfant de la Guadeloupe, je ne suis pas capable d'apporter quelque chose à mon pays, mais à quoi je sers?», ajoutait-elle.

Luc Chatel désavoué

Valeurs Actuelles - 17 novembre 2011 - Fabrice Madouas
L’inscription de la théorie du genre dans les manuels scolaires trouble les Français et indispose les électeurs de l’UMP. [...]
Luc Chatel ne peut plus faire semblant d'ignorer les problèmes que pose l’enseignement de la “théorie du genre” au lycée. C’est la principale conclusion du sondage réalisé par l’Ifop pour Valeurs actuelles. Ses résultats sont clairs : 55 % des Français contestent le caractère “non scientifique” de cette théorie, 54 % jugent que l’intitulé du chapitre de biologie concerné est “source de confusion pour des adolescents”, 61 % estiment que députés et sénateurs sont fondés à demander une mission d’information parlementaire. Enfin, 55 % souhaitent que l’épreuve de biologie du baccalauréat ne porte pas sur ce sujet controversé. [...]
Quoi qu’on en pense, une nette majorité se dégage pour demander au ministre de réagir, soit en intervenant auprès des éditeurs pour qu’ils retirent ou corrigent les manuels contestés, soit en transmettant une circulaire corrective aux enseignants. En un mot, les Français donnent raison à tous ceux qui déplorent que l’Éducation nationale ait cédé sur ce sujet aux revendications d’une minorité militante.
[...]
Bien qu’il s’en défende dans l’entretien que nous publions (le premier qu’il accorde à la presse sur ce sujet), Luc Chatel a mis le doigt dans un engrenage. Il vient d’ailleurs de concéder une autre victoire aux théoriciens du genre : à la rentrée prochaine, les élèves de terminale L étudieront « la notion d’homoparentalité » dans le cadre d’un nouvel enseignement, “Droit et grands enjeux du monde contemporain”. « Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera par une analyse juridique et historique qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire élargie) et on proposera aux élèves d’en rechercher une définition », précise le Bulletin officiel de l’Éducation nationale du 13 octobre.
Cette innovation est revendiquée par l’Association des familles homoparentales (ADFH). Constatant que la première mouture de ce programme excluait toute référence aux “familles” homoparentales, l’ADFH est intervenue auprès de la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), dirigée par Jean-Michel Blanquer. Bien qu’elle ne compte que 600 adhérents, son lobbying a payé : « Les experts de la Dgesco ont finalement accédé à notre demande », se réjouit l’ADFH, qui « veillera à ce que le thème de l’homoparentalité soit traité de manière correcte et approfondie dans les manuels ».
Contrairement à ce qu’affirment les théoriciens du genre, la critique des manuels et des programmes scolaires est largement partagée. La pétition lancée sur Internet par deux professeurs de SVT enseignant dans des lycées publics a recueilli plus de 40 000 signatures : ils demandent au ministre de l’Éducation nationale d’« interdire l’usage des manuels incriminés » (http://ecoledeboussolee.org). C’est aussi ce que réclament 114 sénateurs et 80 députés dans un courrier adressé à Luc Chatel. [...] Pour l’instant, le ministre fait la sourde oreille.

...plus d'informations sur la théorie du genre

Conflits d'intérêts : la plupart des membres du gouvernement cumulent les mandats

Le Monde - 26 janvier 2011 - Eric Nunès
Cumuler à un poste ministériel un mandat de maire, de président de conseil général, de conseiller régional et même de président de région est pourtant une pratique très largement partagée par la plupart des 31 membres du gouvernement Fillon. Un double, triple, voire quadruple mandat... auquel on pourrait ajouter, pour la majorité des ministres et secrétaires d'Etat, un siège de député ou de sénateur qu'ils récupéreront en cas de remaniement ministériel malheureux. [...]
La question du cumul des mandats et conflits d'intérêts locaux et nationaux avait été identifiée par Nicolas Sarkozy lui-même. En août 2009, alors que la majorité présidentielle se préparait pour la bataille des régionales de 2010, le président [de la République] déclarait que la charge de la gestion d'une région n'était pas compatible avec un ministère [...].
En novembre 2010, cette profession de foi est oubliée : Philippe Richert, le seul président de région UMP, est nommé ministre sans avoir à démissionner. Interrogé, le 16 novembre , dans les Dernières Nouvelles d'Alsace sur le cumul de ses fonctions, M. Richert évoque une "synergie". René Dosière, député apparenté socialiste, parle lui, déjà, de "conflit d'intérêts". "Il est le ministre chargé des collectivités locales, il doit rendre des arbitrages concernant l'ensemble des territoires tout en étant le président de l'un deux, la région Alsace. Une situation inacceptable." Celle-ci perdure malgré les déclarations de bonnes intentions.
La limitation des fonctions et des mandats des politiques, comme elle est suggérée par les magistrats, entraînerait un bouleversement radical des pratiques du personnel politique.

Envisager l'engagement politique comme une carrière professionnelle conduit aux excès de la stratégie du "tout communication" et de la "politique spectacle" : campagne permanente, tactiques politiciennes et risque de se couper du réel

Mélenchon en tête des ventes de livres politiques

Le Monde - 11 novembre 2010 - Eric Nunès
Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, a été omniprésent dans les cortèges qui ont rythmé l'automne. Les vidéos sur Dailymotion et YouTube où on l'entend traiter David Pujadas de "larbin" font un tabac, avec plus de 300 000 vues. Et son livre, Qu'ils s'en aillent tous ! (Flammarion), se classe numéro un des ventes d'essais écrits par des personnalités politiques publiés depuis la rentrée 2010.
L'animateur du Front de gauche aurait vendu, depuis le 10 octobre, 16 215 exemplaires de son livre [...]. Un joli score qui s'explique par la convergence entre la contestation sociale que traverse le pays et la montée en puissance médiatique de l'auteur, très offensif dans la presse. Selon une étude récente de Livres Hebdo réalisée auprès de 400 librairies, la télévision reste le premier média déclencheur de ventes de livres.
Cette analyse, Jean-Luc Mélenchon l'expose d'ailleurs dans un chapitre consacré aux médias : "Il y a le phénomène 'vu à la télé', mais aussi son contraire 'vu nulle part'. Et si on ne le voit pas, c'est que ça n'existe pas. Ou que ce n'est pas important", résume le député européen, qui était, le 7 novembre, l'invité de Michel Drucker sur France 2. L'inusable animateur et "ami des stars" de la télévision publique lui a consacré un numéro de "Vivement dimanche", où les personnalités politiques viennent soigner leur image sans crainte d'être bousculées. Jean-Luc Mélenchon a attiré 3,7 millions de téléspectateurs entre 19 heures et 20 heures, davantage qu'Olivier Besancenot.
[...] Les livres creux, qui n'existent que pour faire mousser leur auteur, n'intéressent personne", juge Thierry Billard. La riche rentrée littéraire des politiques ne s'est pas faite sans quelques bouillons. Flammarion, qui aura publié en cette fin d'année les best-sellers de personnalités politiques, figure aussi en queue de classement. Travail au bord de la crise de nerfs, un ouvrage signé par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, ne compte que 270 ventes après trois semaines passées sur les étals des libraires. Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, très discrète depuis l'enterrement du projet de taxe carbone, a également publié un livre, Sans tabou (La Martinière). Après six semaines, moins de 200 exemplaires ont été vendus.

Les «communicants» de DSK se rebiffent

Le Figaro - 27 mai 2011 - Carl Meeus
Ils refusent d'endosser la responsabilité de la descente aux enfers.
«C'est un drame qu'ils se soient occupés de DSK.» «Ils étaient là pour tout verrouiller.» Depuis une semaine, c'est l'hallali. Des socialistes aux spécialistes en communication, des anciens collaborateurs de Dominique Strauss-Kahn aux élus, nombreux sont ceux qui veulent régler leurs comptes. Leur cible: Stéphane Fouks, patron de l'agence Euro RSCG, Gilles Finchelstein, ancienne plume de DSK à Bercy et aujourd'hui collaborateur d'Euro RSCG, Anne Hommel, attachée de presse de DSK, collaboratrice elle aussi d'Euro RSCG, et Ramzi Khiroun, porte-parole du groupe Lagardère. Tous sont davantage que de simples exécutants à la solde de leur mentor. Ils sont devenus au fil du temps des amis du couple Strauss-Kahn-Sinclair, partageant notamment des vacances dans leur riad de Marrakech.
Est-ce cette proximité qui a suscité des jalousies? [...] En une dizaine d'années, la bande d'Euro RSCG a su se faire de nombreux ennemis irréductibles. Ceux qui se remémorent les pressions exercées directement ou indirectement pour protéger DSK d'éventuelles révélations. Christophe Deloire et Christophe Dubois, les auteurs de Sexus politicus, se souviennent «d'intenses pressions, vu le caractère sensible des informations» du chapitre concernant l'ancien ministre. Des politiques n'ont pas oublié non plus qu'ils n'avaient plus directement accès au patron du FMI. Même eux devaient passer par l'intermédiaire de l'un des quatre pour transmettre des messages. L'année dernière, DSK avait changé ses numéros de téléphones portables et d'adresses e-mails pour éviter les importuns. Et les fuites. Dès qu'il parlait à l'un de ses «camarades», la plupart du temps l'info se retrouvait dans les médias quelques jours plus tard. DSK avait effectué quelques tests pour éprouver la solidité de ses soldats. En gros, seuls les quatre d'Euro RSCG savaient garder un secret. Alors, quand les politiques ou les anciens conseillers leur demandaient «Tu sais comment je peux le joindre?», ils s'entendaient répondre invariablement: «Non.»
Compagnons des bons et des mauvais moments, ces quatre-là refusent de porter le chapeau de la descente aux enfers de DSK. Leurs détracteurs les accusent de l'avoir poussé à se déclarer candidat «pour défendre leurs propres intérêts»? Ils répondent qu'ils étaient plutôt «modérés» dans cette affaire. [...]
Mais voilà, les sondages plaçaient systématiquement DSK en tête au premier tour et vainqueur de Nicolas Sarkozy au second. «Cela prouve que notre stratégie de communication était efficace puisqu'il était populaire», soutient Stéphane Fouks, en digne héritier de Jacques Séguéla et, surtout, de Jacques Pilhan. N'est-ce pas ce dernier, conseiller de Mitterrand, puis de Chirac à l'Elysée, qui expliquait que «tout homme porte en lui six ou sept visages différents. L'art de la communication n'est pas de les montrer tous à la fois ou même de choisir celui qui serait le vrai. C'est de trouver le bon au moment juste. Car c'est toujours le plus efficace»? Ce n'est donc pas leur faute, pense-t-il, si le mauvais visage a effacé tous les autres au plus mauvais moment...

Les Cocus

Marianne - 14 juillet 2007 - François Darras
L'électeur de droite, floué. N'empêche: imaginez un instant l'électeur UMP moyen découvrant que tous les ministres qui ne peuvent que susciter des critiques ou des mécontentements [...], que tous les mauvais rôles, donc, sont confiés à des personnalités de son camp, mais qu'en revanche on propose systématiquement à des personnalités issues de la gauche les fonctions qui ne peuvent qu'attirer les sympathies ou susciter les applaudissements. D'un côté, les décisions impopulaires réservées à la droite, de l'autre le champ de la réflexion, du droit-de-l'hommisme ou de la justice sociale abandonné à la gauche. Constat traumatisant: il convient de penser, de réfléchir, de conceptualiser? On s'adresse à Hubert Védrine, à Jacques Attali, à Claude Allègre, à Dominique Strauss-Kahn, à Jack Lang et tutti quanti. Comme si, à droite, il n'y avait que des boeufs ou des activistes à courte vue. Les grandes affaires du monde? Bernard Kouchner! Une vision prospective de la mondialisation? Hubert Védrine! La réforme du système financier mondial? Dominique Strauss-Kahn! La lutte contre la misère? Martin Hirsch! L'avenir des institutions? Jack Lang, mais aussi le rocardien Guy Carcassonne ou l'ancien chef de cabinet de Lionel Jospin, Olivier Schrameck! Pour le ministère de la Défense, on a même pensé au président socialiste de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et, pour la justice, à Christiane Taubira. Julien Dray, Manuel Valls et Malek Boutih? Un mot, un seul, et on leur confie le ministère des bons sentiments ou la lutte contre la maltraitance des enfants. Fadela Amara n'a-t-elle pas obtenu celui du combat contre la ségrégation dans les banlieues? Apparemment, à droite, il n'y avait personne pour cela.
Donc, l'électeur sarkozyste, celui du moins qui représente la vraie droite, mettez-vous un instant à sa place: qu'est-ce qu'il détestait le plus au monde? A qui destinait-il, non sans raisons souvent, ses flèches les plus empoisonnées? Qu'est-ce qui peuplait ses cauchemars? La gauche caviar et cachemire, la gauche parisiano-mondaine et germanopratine, la gauche libertaire postsoixante-huitarde, la gauche Jack Lang, col mao, chemise rosé bonbon et idéologie du «culturellement, tout se vaut», la gauche affairisto-mitterrandolâtre, la gauche SOS Racisme, la gauche techno-jospinienne. Et voilà que tout cela - horreur! - fait soudain partie du système sarkozyste ou presque: Lang, Jouyet, Attali, Kouchner, Sevran et même Bernard Tapie, bientôt Georges Frêche!
Vous vous souvenez du journal Globe? La caricature de ce que, vu de droite, il y avait de pire à gauche: la bien-pensance gauchisto-libertaro-petite-bourgeoise poussée à son paroxysme. La frime, le flouze. Eh bien, son créateur et directeur, Georges-Marc Benamou, est aujourd'hui conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Même Philippe Herzog, le communiste sapé Dior, ou Jean-Luc Mano, le coco fric, ont rejoint la galaxie. Il faut comprendre l'électeur de droite: il l'a dans le gosier!
Coup de grâce! D'autant que ça n'est pas tout: qu'elle était son obsession, tout à fait légitime, à notre électeur sarkozyste? Les déficits publics qui se creusent, la dette de la France qui s'alourdit, les chèques sans provision que devront payer nos enfants et petits-enfants, ce faramineux taux d'endettement par Français, et patati et patata... Et, soudain, pschit!, ça n'a plus d'importance, on verra ça plus tard, à la fin du quinquennat. La gauche, forcément laxiste, disait «dépensons plus d'abord, engrangeons les recettes ensuite». «Totale hérésie!» hurlait la vraie droite. Eh bien, il paraît que la gauche n'avait pas tort. Qu'elle avait même raison. Sarkozy l'a confirmé à Bruxelles: à bas l'orthodoxie financière! [...]
[...] Conséquence: les vrais électeurs de droite, tous ceux du moins qui ne comprennent pas qu'en réalité il s'agit d'une énorme ruse, ont l'impression d'être les dindons de la farce. Bref, des cocus!

analyse "Enorme ruse" qui s'est révélée un échec et s'est retournée contre Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012...

... plus d'exemples de l' hypocrisie des politiques

Importance du rôle des partis politiques dans la vie et la carrière politique : la question de l'investiture, du financement et de l'indépendance des hommes et femmes politiques

Yannick Jadot : les dessous d'une démission

Le Point - 23 novembre 2011 - Le Point.fr
Expliquant ne plus partager la "ligne politique" de prise de distance avec les socialistes, Yannick Jadot, le porte-parole d'Eva Joly, a annoncé à la surprise générale qu'il quittait sa fonction. […]
Voilà qui ajoute encore un peu plus à la confusion qui règne au sein d'Europe Écologie-Les Verts, de plus en plus tiraillé entre les soutiens à la ligne radicale de la candidate à la présidentielle et ceux qui se verraient bien ministre une fois François Hollande élu président.
"Il y a effectivement un hiatus entre notre candidate issue de la société civile et un parti qui s'est professionnalisé", reconnaît Patrick Farbiaz, membre du staff d'Eva Joly et membre historique de l'écologie politique. C'est un euphémisme : selon un chiffre qui circule dans les rangs militants, plus de 50 % des adhérents d'EELV (peu nombreux, il est vrai) tireraient leur principale source de revenus du parti. EELV est devenu un parti d'élus. Dans ce milieu, Eva joly détonne. "Elle n'est pas une professionnelle de la politique. Elle est combative et ne jette pas l'éponge", insiste Farbiaz.

"Je serai candidate contre Duflot à Paris"

L'Express - 16 novembre 2011 - Danièle Hoffman-Rispal (députée 6° circonscription de Paris), propos recueillis par Michel Veron
Le PS a décidé de céder la 6e circonscription de Paris à Cécile Duflot. Mais la députée actuelle Danièle Hoffman-Rispal n'a pas l'intention d'abandonner son siège et compte bien se représenter. Interview.
Après l'accord conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot sera candidate aux élections législatives dans la 6e circonscription de Paris dans laquelle vous êtes élue. Cette candidature vous parait-elle légitime?
Ce parachutage est inacceptable et immoral. Quand on prétend du matin au soir faire de la politique autrement, quand on donne des leçons d'éthique, on ne demande pas à être parachuté. Cette pratique est d'un autre temps. Cécile Duflot est élue dans le Val-de-Marne, elle ne vit pas à Paris. Moi, je milite ici depuis 1974. Je suis très présente sur le terrain. A l'Assemblée nationale, je travaille beaucoup. J'ai arraché cette circonscription à Georges Sarre en 2002. A l'époque, personne ne misait un kopeck sur moi. En 2007, j'ai été réélue à 69%. Je ne vois donc pas pourquoi je n'aurais pas le droit de me représenter.
D'après vous, pourquoi le PS a accepté qu'elle se présente dans votre circonscription?
Europe Ecologie-Les Verts en avait fait un casus belli. Cécile Duflot voulait absolument venir ici car elle sait que cette circonscription est assurée de rester à gauche. Personnellement, j'ai toujours été favorable à un accord avec les écologistes. Mais je n'accepte les parachutages. Par ailleurs, je trouve étrange, quand on entend respecter la parité, que l'on évince une femme. Ce n'est que mon second mandat et moi je ne cumule pas.
[...] Je n'ai rien contre Cécile Duflot, c'est une brave dame mais il me semble qu'elle avait une circonscription reservée dans le Val-de-Marne. Alors certes, elle n'est pas assurée d'être élue là-bas. Mais ce n'est pas parce qu'elle est secrétaire générale des Verts qu'elle peut s'octroyer le droit d'aller là où bon lui semble et que cela la dispense de faire du terrain.

Micropartis et maxistratégie

le Monde - 21 juillet 2010 - Arnaud Leparmentier
C'était juste avant la clôture des listes pour les régionales de mars 2010. Les candidats de la liste UMP en Ile-de-France conduite par Valérie Pécresse sont invités à faire la photo de famille traditionnelle… et à apporter un chèque de 6 500 euros. Pour financer la campagne électorale. Curieusement, le chèque n'est pas à libeller à l'AFCVP, l'Association pour le financement de la campagne de Valérie Pécresse, comme y sont invités les militants-donateurs. Non, il faut faire un chèque au nom de "Changer, c'est possible", le miniparti fondé fin 2008 par la ministre de la recherche. "On a découvert qu'il fallait financer le parti personnel de Valérie Pécresse", peste un poids lourd de l'UMP, qui dénonce une "taxe sur l'investiture". "On a tous fait un chèque, sinon on ne pouvait pas être candidat", raconte un jeune candidat, qui parle de "matraquage". [...] Le chèque n'a été débité qu'après les élections et uniquement pour les 57 candidats élus. [...] L'entourage de Mme Pécresse explique que, dans toutes les régions, les candidats doivent payer. [...]
"Les ministres en profitent tous pour assurer leur survie politique". Etre libre, c'est l'obsession de Mme Pécresse et des personnalités politiques qui veulent vivre leur vie sans être écrasées par l'UMP et l'Elysée, où tout se décide lorsqu'on est dans la majorité. C'est encore plus nécessaire pour les ministres qui ne sont plus député et n'ont pas de base de repli. Il faut donc réunir trois ingrédients : un fief électoral, un club de réflexion et une source de financement.

PS du Pas-de-Calais: ce que révèle le livre "Rose Mafia"

L'Express - 20 février 2012 - Jacques Trentesaux
Dans un livre choc, "Rose mafia", l'ex-maire d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, lève le voile sur les étranges circuits de financement d'élus de la fédération socialiste. Lui-même mis en cause par la justice, il refuse d'être le seul à payer.
Emplois fictifs, enveloppes de billets données de la main à la main par des dirigeants d'entreprises, doubles facturations, corruption, achat de complaisance d'un magistrat... Dans un ouvrage de 300 pages truffées de détails [...], Gérard Dalongeville, ancien maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), a décidé de mettre à nu les étranges moeurs de ses anciens amis socialistes.
Un témoignage rare de la part d'un initié sur un "système pourri jusqu'à la moelle", écrit-il. Après être passé huit mois par la case prison - il est mis en examen pour détournements de fonds publics, favoritisme, faux en écriture, corruption... -, l'homme a décidé de tout dire... pour ne pas payer seul.
L'ouvrage guide le lecteur dans les incroyables méandres du financement politique. Et fait brusquement resurgir une époque qu'on pensait révolue depuis l'adoption des lois sur le financement des partis. Mais il faut croire que, dans l'ancien bassin minier où le PS est sans concurrence sérieuse depuis des décennies, les mauvaises habitudes ont perduré.
A écouter Gérard Dalongeville, les flux d'argent empruntent divers chemins sinueux. Parfois, les militants versent des dons en liquide de 100, 500, voire 1000 euros à un candidat socialiste - ou directement à la fédération PS du Pas-de-Calais - qui leur sont aussitôt restitués par virements d'entreprises "amies". En échange, celles-ci disposent de facilités d'accès aux marchés publics.
De façon plus classique, l'ancien maire d'Hénin-Beaumont évoque des surfacturations "de 10 à 15%" récupérées sous la forme de publicité dans les journaux municipaux. Les sociétés Soginorpa, gestionnaire d'un parc de 62 000 logements miniers, et Adévia, principal acteur public d'aménagement, seraient au coeur de ces circuits occultes. Une affirmation rendue d'autant plus crédible par la publication de plusieurs rapports très sévères de la chambre régionale de la Cour des comptes. Et par d'étranges vols d'archives intervenus récemment à la mairie ­d'Hénin-Beaumont ainsi qu'à la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin.
L'auteur se fait plus précis lorsqu'il raconte comment un major régional du BTP a versé un chèque de "215 280 euros" à un homme d'affaires peu scrupuleux au titre de dépenses de sponsoring. "L'explication est tout autre, rectifie Gérard Dalongeville, c'est une rétrocommission au profit du PS."
Pis! L'ancien édile soutient que son ancien premier adjoint s'est rendu en avion au Luxembourg à plusieurs reprises pour blanchir de l'argent et que ces déplacements étaient liés au financement du PS. "Je n'ignore pas la gravité de ces accusations", soutient-il. Et d'annoncer qu'il ne craint pas les procès en diffamation, car il possède les preuves de ses allégations.

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