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La politique de la France sous influence étrangère ?
Le subtil lobbying américain sur les élites politiques françaises

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence :

La politique de la France, expression de la volonté libre du peuple souverain, ou travaillée par des influences internationales ? Le lobbying américain à long terme auprès des futures élites politiques françaises

Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains

Atlantico - 22 mai 2012 - Benjamin Dormann
La French American Fondation est connue pour sa formation, les "Young Leaders", réservée à une dizaine de jeunes surdiplômés chaque année. Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six rentrent dans son gouvernement cette semaine. Le plus "atlantiste" n'est pas toujours celui qu'on croit...
Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab... Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc.
« Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders » de l’UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste. Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ». Tous ont été minutieusement sélectionnés et « formés » par ce très élitiste réseau Franco-Américain, inconnu du grand public, sponsorisé entre autres par la banque Lazard. En d’autres termes, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre ce programme phare mis en place par la FAF, la French American Fondation. La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New-York, créée en 1976 conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing. A noter qu’entre 1997 et 2001, John Negroponte présida la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (DNI), dirigeant l’US States Intelligence Community (qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA).
Crée en 1981, ce programme Young Leaders permet de développer « des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays ». Pressentis par qui ? Par un très strict comité de sélection, composé majoritairement d’anciens Young Leaders, qui ne retient qu’une dizaine d’admis par an. Seuls 13 hommes ou femmes politiques ont été admis depuis 1995, soit moins d’un politique par an en moyenne. Ces heureux « élus » sont choisis comme d’habitude parmi l’élite française : seuls 4% des Young Leaders français ne sont pas diplômés de l’ENA ou pas titulaires d’au moins un diplôme Bac+5, les trois quarts sont des hommes, à 80 % Parisiens... Autant dire qu’on reste en famille avec ce gratin issu de nos grandes écoles. [...] Bref, notre nouveau président et ses nouveaux ministres cités ici sont de purs produits de nos grandes écoles, « ces acteurs influents (qui) personnifient la "pensée dominante" depuis de nombreuses décennies » selon la FAF.
Dès que l’on parle de réseaux d’influence, certains de leurs membres crient aux « obsédés du complot » et s’empressent généralement de préciser que le rôle de telles organisations est marginal et informel. Pour ce qui est de l’efficacité des « Young Leaders », les chiffres parlent plus que tous les longs discours : sur les 8 socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, 6 rentrent dans son gouvernement [...]. (Ne restent sur la touche, pour le moment, que Bruno Le Roux, qualifié par beaucoup de « ministrable », et Olivier Ferrand, l’ambitieux président du think-tank Terra Nova ayant permis l’élection de François Hollande aux élections primaires ; deux candidats impatients de rejoindre leurs camarades Young Leaders au gouvernement). Beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain («The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996»”), tandis que le site français n’en dit pas un mot. Il est vrai que, depuis l’affaire DSK, chacun aura compris que les deux pays n’ont pas la même culture de la transparence…
En septembre 2006, lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy avait prononcé un discours à la French American Foundation (FAF), rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique », paraphrasant ainsi les statuts de la fondation dont l’objectif est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». A ceux nombreux qui me demandent, à l’occasion de la visite de François Hollande à Barack Obama, « pourquoi est-ce que les journalistes ne nous parlent pas de ça, à propos de François Hollande, au lieu de nous parler de son séjour d’étudiant et de son goût des cheeseburgers dont on a rien à faire? ». Qu’ils demandent donc la réponse aux journalistes qui ont l’art de nous servir ces hamburgers, préparés par les communicants, en prenant leurs lecteurs pour des cornichons ! Qu’ils la demandent en particulier aux Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions, ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et du JDD), en passant par Matthieu Pigasse, Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)… Et la liste hommes de médias Young Leaders est longue, comme on peut la lire plus intégralement dans l’enquête « Ils ont acheté la presse ».

La stratégie sécuritaire des Américains d'influence et de formation de leaders d'opinion musulmans en France

Washington à la conquête du 9-3

Le Monde - 5 juin 2010 - Luc Bronner
Depuis le 11 septembre 2001, les Américains ont en partie réorienté leur stratégie d'influence vers les leaders musulmans des pays occidentaux. Une démarche renforcée par l'élection de Barack Obama. "Notre volonté est d'identifier les futurs leaders français, ceux qui pourront émerger, ceux qui seront amenés à prendre des responsabilités", explique Lora Berg, attachée culturelle de l'ambassade [des Etats-Unis en France]. Les Américains misent sur un changement socio-démographique en France, complète le chercheur Vincent Geisser, 42 ans, spécialiste de l'islam. Ils font le calcul que les élites françaises, aujourd'hui âgées et blanches, vont forcément évoluer, et identifient ceux qui, aujourd'hui en périphérie du système, pourront être demain des leaders.

Les militants français formés à la méthode Obama

Le Monde - 5 juin 2010 - Luc Bronner
Pour la troisième fois depuis la victoire d'Obama, l'ambassade [des Etats-Unis] organise une formation électorale en visant prioritairement les leaders des minorités. L'ancien leader démocrate Howard Dean était ainsi venu à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, en novembre 2009, pour expliquer les méthodes du Parti démocrate. De leur côté, des jeunes militants français sont partis à Chicago en mars pour observer comment les Américains font émerger des leaders locaux. "Des réseaux sont en train de travailler pour promouvoir la diversité en politique. Il est très important de vous connaître entre vous, parce que vous avez des intérêts en commun", explique l'attachée culturelle de l'ambassade, Laura Berg, à l'assemblée.

Diversité : les USA soutiennent une association à Lyon

Le Figaro - 13 décembre 2010 - Olfa Khamira
Dans le cadre d'une volonté politique forte en faveur des minorités, le consulat américain de Lyon s'attache à promouvoir la «diversité à la française» à travers son soutien à une association.
Les Etats-Unis restent très impliqués en France sur la question de la diversité. Début décembre, le consul américain de Lyon Mark Shapiro a accompagné le lancement d'une nouvelle association baptisée Confluence pour le respect et la diversité, une structure visant à promouvoir les minorités et particulièrement la minorité musulmane. Ce projet est le résultat d'un partenariat entre la région Rhône-Alpes et le Département d'Etat américain, l'équivalent de notre ministère des Affaires étrangères.
Cette association ambitionne «de créer, d'animer et de gérer à Lyon, un centre dédié à la diversité et à la lutte contre les discriminations», selon le magazine . «Ce n'est ni l'officine des Etats-Unis, ni d'un parti politique. Il s'agit d'un espace de rencontre et de réflexion non partisan», a assuré Abdelaziz Dahhassi, le directeur de l'association au magazine Lyon Capitale. Cette nouvelle association est à la recherche des fonds publics et privés car «le consulat amércain n'apporte qu'un soutien symbolique», a affirmé au Figaro.fr Paul Patin, le porte-parole de l'Ambassade à Paris.
Mais pourquoi cet intérêt pour nos minorités ? La France, avec 4 à 5 millions de musulmans, forme un cas à part vu de Washington. [...] Plus récemment, l'ambassadeur Charles Rivkin écrivait : «Nous estimons que si la France, sur une longue période, ne réussit pas à améliorer les perspectives de ses minorités et à leur offrir une véritable représentation politique, elle pourrait s'affaiblir, être plus divisée, peut-être encline à des crises et repliée sur elle-même en conséquence, être un allié moins efficace».
Considérant que «les populations défavorisées restent une cible évidente pour les recruteurs extrémistes», l'ambassade évoque dans une note du 25 janvier 2007 de possibles aides financières pour lutter «contre les conséquences des discriminations et l'exclusion des minorités en France». Les programmes en direction des banlieues et des Français d'origine étrangère coûte chaque année 3 millions de dollars à l'ambassade des Etats-Unis. La stratégie américaine est simple : financer des projets de renouvellement urbains, des conférences ainsi qu'un programme d'échange permettant à de jeunes musulmans français de visiter l'Amérique.
Ce type de programmes, lancé au lendemain du 11 septembre 2001, vise dans un premier temps à améliorer l'image des Etats-Unis, mais aussi à repérer les talents émergents dans les banlieues. Les Américains souhaitent ainsi renforcer leur présence économique et culturelle en France tout en participant au développement de villes au potentiel ignoré. L'objectif principal des Etats-Unis est d'aider et accompagner les jeunes issus de l'immigration, afin de les éloigner d'éventuelles dérives extrémistes. Mais Washington s'est également aperçu d'un intérêt politique, en s'assurant les bonnes grâces de ceux qui seront peut-être les décideurs de demain.

Pour en savoir plus

Pour chaque extrait, le lien vers l'article complet est disponible en cliquant sur son titre.
La liste des sujets abordés n'est pas exhaustive, la sélection d'articles est progressivement enrichie et affinée. N'hésitez pas à nous contacter.

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