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L'influence bobo du milieu politico-médiatique parisien sur la vie politique française

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection d'extraits d'articles de presse de référence sur la la sphère politico-médiatique :

Le microcosme politico-médiatique, prisonnier de ses préjugés

analyse Le manque de neutralité visible dans l'animation des débats sociaux et politiques, révélateur de l'atmosphère gauchiste dans les médias ?

Affaire Boutin : au fait, Aphatie, il est compétent, lui ?

Marianne - 11 juin 2010 - David Desgouilles
Après 48 heures de tornade médiatique, Christine Boutin a été contrainte de renoncer à l'indemnité de 9500€ octroyée par l'Elysée pour sa mission sur la mondialisation. Du coup, Jean-Michel Aphatie en a profité pour remettre en cause sa compétence sur le sujet. Le blogueur associé David Desgouilles lui fait remarquer qu'il ne pose pas ce genre de question pour Luc Chatel ou Alain Minc... [...] Car si Aphatie prend Boutin pour une demeurée - alors qu’elle a travaillé sur les dossiers sociaux pendant vingt ans et qu’elle a tout de même pu observer les conséquences de la globalisation sur nos industries, les délocalisations et la montée du chômage - c’est parce qu’elle n’a pas, surtout dans le milieu bobo dont le Grand Journal constitue l’émanation médiatique, très bonne réputation. Une catho, une grenouille de bénitier, forcément homophobe puisqu’elle a lutté contre le PACS et refuse l’homoparentalité, voilà ce que représente Christine Boutin pour la joyeuse bande du Grand Journal, Aphatie compris. Et un personnage de cet acabit ne peut en aucun cas s’avérer pertinent sur un sujet aussi grave que la mondialisation et ses conséquences, n’est ce pas…

Baldelli n'a pas plié face à l'inquisition

Marianne - 22 novembre 2010 - David Desgouilles
La bande de Denisot a voulu le faire condamner son éditorialiste, mais Christophe Baldelli n'a rien lâché. Invité du Grand Journal, le responsable de RTL a assumé son choix de recruter Eric Zemmour.
[...] Michel Denisot conviait à son Grand Journal, les dirigeants de RTL, Radio France et de RMC afin de commenter avec eux les derniers résultats d’audience de leurs stations respectives annoncées le matin même par Médiamétrie.
Christophe Baldelli, qui préside aux destinées de RTL, est interrogé par Denisot sur les bons résultats de la mère des tranches horaires, la matinale. Il répond qu’ils sont notamment provoqués par l’arrivée de deux belles signatures, celles d’Eric Zemmour à 7h15 et d’Yves Calvi à 8h15.
Mais Baldelli, juste après qu’il ait prononcé le mot « Zemmour », est coupé par un Baddou qui sur un ton, mi-rigolard mi-méprisant lance « Une belle ! ». Le chroniqueur continue de ricaner et Massenet embraye: «Zemmour, vous avez eu peur, quand même ?! ». Baldelli ne se démonte pas tandis qu’Aphatie se cache pour rigoler : «Peur de quoi ?». « Peur des excès, des dérapages ! ». Christophe Baldelli explique que les études qualitatives ont démontré que l’argumentation à base de références historiques était appréciée des auditeurs de la station. «Mais vous, personnellement !», relance Baddou. «Je tiens à ce que diverses pensées, sensibilités, puissent être représentées sur RTL. J’y tiens beaucoup », affirme la dirigeant de la station. « Vous pourriez faire de la politique», conclut Denisot.
[...] Baldelli a de la classe. D’une part, il a assumé son choix. Il a dit à quel point il avait fait une bonne affaire en recrutant Zemmour dont les analyses sont appréciées par un public qui n’avait jusque-là que Duhamel (depuis combien de temps, déjà ?) et Aphatie à se mettre sous la dent. La bande de Denisot voulait absolument qu’il expie, qu’il avoue sa faute morale dans le procès cool -mais procès quand même- qu’on lui faisait. Qu’il lâche qu’il n’était pas d’accord, mais alors pas du tout, avec tout ce que disait Zemmour au micro de sa station. Il ne l’a pas fait.
Vous me direz que c’est la moindre des choses puisque c’est lui-même qui a embauché Zemmour et qu’il aurait été plutôt lâche de se comporter autrement. Certes. Mais il l’a assumé d’une belle manière. En insistant sur la nécessité d’un certain pluralisme sur une antenne. Denisot, alors, n’y a vu que du feu en pensant qu’il s’agissait d’une réponse politique. Alors que c’était une flèche acérée qui le visait.

...plus d'informations sur l'affaire Eric Zemmour

Goldnadel : «Sarkozy a apaisé la communauté juive»

Le Figaro - 3 février 2010 - William Goldnadel (président de France-Israël et d'Avocats sans frontières, élu au comité directeur du CRIF), propos recueillis par Judith Waintraub
"Je me réjouis que cette année encore, ni les Verts ni le PCF ne soient conviés au dîner du Crif. Cela nous sort de l'hémiplégie intellectuelle et politique que je dénonce depuis vingt ans, qui consiste à vouloir exclure l'extrême droite et excuser l'extrême gauche.[...]
N'en déplaise à ces mauvais perdants, mon élection [au comité directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)] est moins une victoire de la droite qu'une défaite de la gauche ringarde et courtisane ! Quand cette gauche était en majesté dans la communauté [juive], elle a monté en épingle un antisémitisme largement fantasmé en faisant entendre des bruits de bottes. Elle a crié au loup au risque de perdre toute crédibilité. Et lorsque l'antisémitisme nouveau est arrivé, elle s'est mise aux abonnés absents, parce que cet antisémitisme venait de la partie soi-disant la plus réprouvée du corps social. Celle qui ne pouvait pas incarner le mal. Ce faux angélisme, comparable à celui qui sévit dans une certaine gauche sur la délinquance, a été censuré par la communauté lorsqu'elle a élu ses représentants, comme par le peuple français quand il a élu ses dirigeants."

La capacité d'influence du microcosme parisien sur la vie politique

La délicate mue de l'AP-HP

Le Figaro - 23 mars 2010 - Olivier Auguste
La révolte de l'AP-HP ? Une colère de «privilégiés», soupirent discrètement certains représentants des autres CHU - ceux de province. «En proportion, Nantes, Nancy ou Lyon réduisent davantage les effectifs, sans faire tant de bruit», grince un important «patron».
Il est vrai que la proximité des médias et des cercles politiques donne aux revendications des blouses blanches parisiennes beaucoup d'écho. Un sentiment d'exception parfois entretenu par le pouvoir lui-même. Le dossier est censé relever de la nouvelle Agence régionale de santé mais Roselyne Bachelot fait savoir qu'elle reçoit les médecins parisiens. Le cabinet de la ministre reçoit la presse pour présenter la réforme, tandis que Nicolas Sarkozy invite à déjeuner une douzaine de professeurs à la tête de la contestation…
Il est tout aussi vrai que l'AP-HP écrase les autres établissements français par sa taille, sa renommée internationale, sa recherche, et qu'elle draine des patients bien au-delà de la région parisienne.

Drucker et Ruquier veulent bien recevoir Jean-Luc Mélenchon, mais pas Marine Le Pen

Le Point - 8 novembre 2010 - Emmanuel Berretta
Si Michel Drucker n'a eu aucun problème moral à inviter Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, en revanche, Marine Le Pen n'aura pas les faveurs de son divan rouge dans Vivement dimanche. C'est en répondant à une question de Laurent Ruquier, samedi, dans On n'est pas couché, qu'on apprend, par incidence, cet ostracisme tranquillement décrété à l'encontre de la fille de Jean-Marie Le Pen. "Je n'ai pas invité le père. Comme vous, nous choisissons librement nos invités", ajoute l'animateur des dimanches de France 2. Laurent Ruquier adopte, du reste, la même position : pas de Marine Le Pen le samedi soir face à Éric Naulleau et Éric Zemmour.
Ces prises de position ont quelque chose d'étonnant. Qui sont Michel Drucker et Laurent Ruquier pour décréter si le Front national et ses représentants sont fréquentables ou non ? Jusqu'à preuve du contraire, le Front national est considéré comme un parti politique légal sous la Ve République. D'autre part, les temps de parole des hommes et des femmes politiques à la télévision et à la radio ne sont pas aussi libres que Michel Drucker le laisse entendre. Des règles existent, surveillées par le CSA, différentes selon qu'on se situe dans le cadre ou hors cadre d'une campagne électorale. L'équité commande enfin que tous les courants d'expression républicains soient représentés à la télévision et à la radio.
Ne nous cachons pas la vérité, l'émission de Michel Drucker est une émission d'empathie. Elle rend sympathiques ceux qui y participent parce qu'ils y invitent les gens qu'ils aiment. Ils se montrent sous un jour plus aimable que dans la joute des émissions politiques traditionnelles, où ils ne sont pas à l'abri de tomber sur un tracassin...
Dans ces conditions, pourquoi Olivier Besancenot, qui promettait, en 2007, un salaire maximum à 7.500 euros, serait plus fréquentable que Marine Le Pen, qui entend donner la préférence nationale ? On peut trouver l'un et l'autre détestables, on peut être d'accord avec l'un et non avec l'autre, il n'empêche, aujourd'hui, on apprend que les juges de paix de leurs passages à la télévision sont Michel Drucker et Laurent Ruquier. Peut-on sérieusement, sur le service public, laisser le soin à deux sympathiques saltimbanques de faire le tri ? Voilà où nous conduit la confusion des genres entre les émissions politiques et les émissions de divertissement.

Des rebelles contre l'ordre établi parisiano-mondain, à droite comme à gauche

Les nouveaux insoumis

Valeurs Actuelles - 10 juin 2010 - Laurent Dandrieu
« Le problème, explique Élisabeth Lévy, est qu’on a des politiques qui sont à plat ventre devant les médias, et des médias qui sont dans une espèce de bulle bien-pensante – c’est le camp du Bien, complètement coupé du réel ; et que le conformisme de gauche est extrêmement répandu à droite. Un certain nombre d’opinions ont été érigées en vérité, et notre rôle est de les ramener à leur statut d’opinion, c’est-à-dire de chose contestable, discutable, sur laquelle on peut s’empailler. »

Georges Frêche, un habitué des dérapages

Le Monde - 28 janvier 2010 - lemonde.fr avec AFP
Depuis dix ans, M. Frêche est l'auteur de nombreux dérapages verbaux. Le 27 janvier 2007, il a d'ailleurs été exclu du Parti socialiste par la commission nationale des conflits du PS pour avoir estimé qu'il y avait trop de Noirs dans l'équipe de France de football. "Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze, déclarait-il en novembre 2006. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre (...). S'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls (...). Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine."
[...] Georges Frêche est également célèbre pour ses coups de colère lancés en plein conseil régional.[...] Devant le conseil, il entonne le chant colonial : "C'est nous les Africains qui revenons de loin."
[...] En juin 2000, il inaugure le tramway de Montpellier. De nombreux maghrébins résident dans la zone de terminus. Georges Frêche s'illustre à nouveau : "Ici, c'est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous sortez à Ouarzazate." Puis, à propos d'une femme en chador : "Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons et on lui tient les oreilles au chaud."

...pour voir un exemple vidéo du franc-parler de Georges Frêche sur la vie politique

Le provocateur, espèce en voie de disparition ?

Marianne - 26 décembre 2010 - Philippe Bilger (magistrat)
L’authentique provocateur ne cherche pas à provoquer, il provoque parce que, naturellement, son propos s’inscrit dans un espace que la multitude ne fréquente pas et, de ce fait, se trouve à contre-courant. Ce qui le distingue du provocateur bête, c’est que la provocation résulte de ce qu’il a pensé et dit et qu’elle ne se trouve pas à la source comme un désir maladif. Elle vient comme une conséquence possible, non comme une cause automatique. Ce qui explique que dans le premier cas on rencontre peu de provocateurs sans intérêt alors que pour le second ils foisonnent. Quand Robert Ménard, pour moi le plus remarquable provocateur parce que d’une extrême rectitude d’esprit et d’une honnêteté sans faille, glisse, au sujet d’affaires terribles, qu’il n’aurait pas été hostile à la peine de mort, il n’est pas mû par une quelconque vanité, l’envie de placer son personnage en pleine lumière mais par le souci d’exprimer ce qu’il estime nécessaire à ce moment et sur ce sujet. Peu lui importe alors que la tonalité générale lui soit hostile puisque son rapport à la vérité, de soi à soi en quelque sorte, compte plus que les diverses réactions extérieures.
Pourquoi la provocation s’affiche-t-elle presque inéluctablement dans l’extrémisme ? Parce que la liberté d’expression, dès lors qu’on attache le plus haut prix à ce principe démocratique en acceptant qu’il bénéficie aussi à ses ennemis et qu’il ne soit pas seulement réservé aux sujets paisibles à l’exception de tous les autres, entraîne inéluctablement vers un extrémisme de la pensée. Comme si la liberté de la parole - l’écrit peut davantage être maîtrisé - portait en elle-même le pire et le meilleur, le poison et son remède, en tout cas une incandescence et un évident maximalisme qui rendent indulgent à l’égard de la langue de bois des politiques classiques. Si ceux-ci font preuve le plus souvent de modération et de retenue, avec un ennui certain comme conséquence fréquente, c’est sans doute parce qu’ils ont perçu depuis longtemps les risques d’une liberté d’expression qui, dans le camp large des bienséants, les ostraciserait. J’ai le droit de continuer à rêver d’une liberté d’expression qui se mettrait au service du « juste milieu » et de discours équilibrés sans être insipides mais je crains que l’alternative nous ballotte toujours entre le provocant libre ou le conforme maîtrisé.
Une autre raison fondamentale fait qu’aujourd’hui les provocateurs se situent quasi exclusivement - en tout cas selon leurs adversaires qui dégainent vite les qualificatifs de fasciste, de populiste, de raciste, d’antisémite, etc. - dans cette zone encore permise par la République, que d’aucuns jugent toujours trop magnanime à l’égard de ces trublions. Eric Zemmour l’a lumineusement exposé en échangeant avec Audrey Pulvar dans l’émission de Laurent Ruquier [...]. Eric Zemmour, sans être contredit de manière convaincante, a montré à quel point le climat intellectuel dominant était de « gauche » en dépit d’affichages politiques apparemment divers. Ainsi, il faut être en faveur des sans-papiers, contre la police et Brice Hortefeux, pour la mondialisation, pour l’homosexualité, en faveur de toutes les minorités, pour l’exception contre la règle, contre Marine Le Pen, contre Nicolas Sarkozy, pour des humoristes qui n’en sont pas, adorer tout de même Carla Bruni, se prosterner devant les pires manifestations de l’Islam, jurer que le communisme est un beau rêve, se moquer du pape et ne pas trop respecter sa patrie… A partir de ce corpus dont l’inventaire, même s’il est hétéroclite, me semble assez bien refléter l’ambiance des poncifs d’aujourd’hui, il est manifeste que ce qui s’oppose à ce catéchisme impérieux qui fait la loi ne se trouve que dans la frange réactionnaire, sulfureuse, notamment d’extrême droite. C’est cette mouvance dont il convient de protéger le droit à l’expression s’il se tient dans les limites légales, sauf à rêver d’une démocratie qui ferait place nette pour n’autoriser l’existence qu’à ceux qu’elle agréerait. Parfois on se prend à songer que le discours classique est impuissant à conjurer cette puissance qui n’a pour ambition que d’exploiter le réel quand d’autres l’occultent. Ne savoir opposer à Marine Le Pen que le reproche d’être haineuse est un terrible aveu de faiblesse. La morale, devenue supplétive, perd tout crédit.
Cette défense républicaine de la parole d’autrui, force est de reconnaître que je ne serais pas gêné, au contraire, de l’user pour l’autre extrême mais étrangement, à part quelques émotions suscitées par Alain Badiou, Edgar Morin ou Jean-Luc Mélenchon, je n’ai jamais dû, avec d’autres, m’employer au bénéfice de ces personnalités qui profitent, tous comptes faits, de l’atmosphère complice d’aujourd’hui.
Les vrais provocateurs sont rares. Parce que penser librement ne vous conduit pas nécessairement à la vérité. Parce que le troupeau qui vous tient chaud, dans lequel on a l’approbation de tous et de BHL, est rassurant. Qu’on préfère avoir tort avec la majorité que peut-être raison tout seul. Parce qu’il faut du courage. Parce qu’il est doux d’avoir l’esprit et l’échine souples.

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Un ouvrage récent publié par quatre jeunes, "Regards croisés de quatre jeunes sur leur pays", donne un témoignage direct et authentique, bien loin du prêt-à-penser idéologique du microcosme politico-médiatique, du sentiment de jeunes actifs face à la société française et aux défis à relever par leur génération. Cet ouvrage suit une logique radicalement différente de la politique adoptée par Infoselec pour la sélection de ses sources d'information.

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