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Quelle pratique religieuse dans la France d'aujourd'hui ?
catholique, protestante, juive, musulmane

Dossier d'information et de réflexion basé sur une sélection structurée d'extraits d'articles de presse :

La forte sécularisation de la société française, un "progrès" ? Les Français moins croyants que les autres peuples... mais deviennent plus superstitieux

La France, l'un des pays les moins croyants au monde

Le Figaro - 10 février 2009 - Pierre Bohm
Les Français dans le top dix des pays les moins croyants du monde. C'est le résultat d'une étude menée par l'institut américain Gallup sur l'importance de la religion dans 143 pays. La France se classe neuvième : seul un Français sur quatre estime que la religion tient «une place importante dans (sa) vie quotidienne». Un taux similaire à celui du Japon. L'Estonie est le pays le moins croyant au monde (14%), devançant d'autre pays d'Europe de l'est ou du nord. Les Etats-Unis sont le pays occidental le plus dévot avec 65% de «oui» à cette question, soit deux fois et demi plus que la France. A l'autre extrémité du classement, l'Egypte remporte la palme du pays le plus croyant du monde. 100% des sondés répondent que la religion tient une place «importante dans leur vie». (...) En moyenne dans le monde, 8 personnes sur 10 répondent positivement à la question.

Superstition : les Français accros à leurs grigris

Le Figaro - 6 février 2009 - Agnès Leclair
Ils sont 41 % à s'avouer superstitieux. Presque un sur deux évite de poser le pain à l'envers sur la table. (...) De petites ou grandes superstitions que plus de deux Français sur cinq déclarent partager, selon un sondage TNS Sofres publié cette semaine. «Cela augmente à chaque sondage», relève Éloïse Mozzani, auteur du Livre des superstitions : Mythes, croyances et légendes. «Pendant longtemps, la superstition a été mal vue en France. Critiquées par les philosophes du siècle des Lumières et pendant tout le XIXe siècle, ces croyances étaient considérées ­comme une faiblesse d'esprit», rappelle-t-elle. «L'athéisme est le vice de quelques gens d'esprit, et la superstition le vice des sots», se moquait alors Voltaire. Les Français ont néanmoins conservé leurs superstitions, «tout en s'en cachant», explique Éloïse Mozzani. Et depuis quelques années, le tabou s'effrite. (...)
Bon gré mal gré, sans y croire vraiment mais sans vouloir prendre de risque, nombre de Français fabriquent leurs croyances dans leur petit chaudron personnel. Optant pour des grigris branchés comme le bracelet brésilien, ou des objets traditionnels comme la ­patte de lapin. Parmi les grands classiques, le trèfle à quatre feuilles fait figure de favori puisque 37 % des Français estiment que cette trouvaille porte chance. Voir une étoile filante et toucher du bois représentent aussi un bon présage pour environ un tiers d'entre eux.
Quand on en vient aux signes de malchance, les habitudes se font plus puissantes. Presqu'un Français sur deux évite en effet de poser le pain à l'envers sur la table. Quatre personnes sur dix refusent de passer sous une échelle et une sur trois d'ouvrir un parapluie dans une pièce !
[...] Moins complexés, les 15-34 ans se disent pour leur part superstitieux à 51 % contre seulement 31 % des plus de 60 ans.

La France mauvaise élève pour la connaissance de la Bible

Le Figaro - 29 avril 2008 - Delphine de Mallevoüe, Hervé Yannou
La France mais aussi l'Espagne apparaissent comme les mauvais élèves dans une enquête sur «La lecture des Écritures dans certains pays», présentée hier au Vatican. Interrogés pour savoir s'ils avaient lu au moins un passage de la Bible depuis un an, les Français et les Espagnols sont arrivés en dernière position, avec respectivement 21 % et 20 % de réponses positives, loin derrière les Américains (75 %), les Polonais (38 %), les Britanniques (36 %), les Russes (35 %), les Néerlandais (31 %), les Allemands (28 %) et les Italiens (27 %).
Réalisée dans ces neuf pays auprès de non-croyants et de fidèles pratiquants de confession protestante, catholique et orthodoxe, cette enquête a été commanditée par la Fédération biblique catholique internationale, dans la perspective du synode des évêques sur la parole de Dieu qui se tiendra en octobre au Vatican.
Autre point saillant du sondage : moins de 50 % des Français possèdent un exemplaire de la Bible chez eux. En revanche, seuls 7 % des Américains ne possèdent pas de Bible à la maison, et 15 % de Polonais.
L'enquête s'est également penchée sur la connaissance du contenu, en posant des questions de base : Jésus est-il l'auteur de livres de la Bible ? Est-ce que Moïse est un personnage de l'Ancien Testament ? Qui de Luc, Jean, Paul et Pierre a écrit un Évangile ? Ce sont les Polonais qui arrivent en tête avec plus de 20 % de sans-faute, suivis par les États-Unis (avec plus 17 %). Juste derrière, la Grande-Bretagne enregistre 17 % de bonnes réponses et l'Allemagne 15 %. Là encore, la France et l'Espagne ne brillent pas par leurs résultats (11 % et 8 % sans erreur). Pour autant, ce sont les Russes qui arrivent en toute dernière position avec seulement 7 % de bonnes réponses.
«Attention aux confusions, prévient le père Laurent Villemin, professeur de théologie à l'Institut catholique de Paris, ce n'est pas parce qu'on ne lit pas la Bible qu'on ne la connaît pas, ou bien qu'elle ne joue pas de rôle dans sa vie. Simplement, on y accède par d'autres voies, notamment la catéchèse, la messe, les célébrations, etc. » L'absence de lecture n'exclut pas non plus la prière, comme le souligne l'enquête. En effet, les Français, peu fervents des textes, sont seulement 49 % à dire qu'il ne leur «arrive jamais de prier». Les Néerlandais sont 42 % à l'avouer aussi, les Allemands 38 % et les Britanniques 36 %. Quant aux Américains, 87 % affirment prier et même chaque jour pour 63 % d'entre eux tout comme 85 % de Polonais et d'Italiens, 77 % de Russes et 73 % d'Espagnols.
Au vu de ces résultats, l'enquête indique notamment que la France est le pays qui présente «le plus grand niveau de sécularisation». Le père Villemin confirme : «La France est le pays le plus touché par la disparition du religieux dans l'espace public, et par ricochet dans l'espace privé.» Pour lui, rien d'étonnant à ce que les Français ressortent comme les plus mauvais élèves du sondage. «Contrairement à beaucoup d'autres pays, le fait religieux n'est pas un fait culturel en France, il est très marginalisé.»

Les USA, pays occidental le plus dévot

Le Figaro - 10 février 2009 - AFP
Les Américains sont deux fois et demie plus dévots que les Français, selon un sondage de l'institut Gallup qui a mesuré l'importance de la religion dans 143 pays. Selon cette étude, la France arrive au neuvième rang des pays les moins croyants, 25% des sondés seulement avouant que la religion tient "une place importante dans leur vie quotidienne". Ce taux est le même que celui du Japon. A la même question, 65% des Américains ont répondu "oui", un score très supérieur à la moyenne des pays développés (38%) où se situent par exemple la Suisse (42%) et le Canada (45%). L'Egypte prend la tête du classement mondial avec 100% des sondés déclarant que la religion est importante dans leur vie, devant un grand nombre de pays musulmans et/ou d'Afrique comme la République démocratique du Congo (5e, avec un score de 98%). La moyenne mondiale s'inscrit à 82%.

Renouvellement et tendances de la pratique religieuse catholique dans la société contemporaine

analyse Pratique dominicale, renouveau des catholiques pratiquants, enthousiasme des jeunes cathos, développement des communautés nouvelles, maintien des pèlerinages traditionnels comme Lourdes.

A Paris aussi, les prêtres se font plus rares

La Croix - 5 septembre 2012 - Hugues-Olivier Dumez
La crise des vocations est vécue dans toute la France depuis plusieurs décennies. Longtemps épargné, le diocèse de Paris doit désormais se confronter à cette réalité. Il comptait environ 700 prêtres en 2005, or ils sont 565 actuellement pour une population de 2,2 millions d’habitants. [...]
Paradoxalement, cette relative pénurie s’explique aussi par une augmentation de la pratique religieuse dans la capitale, bien loin des idées reçues sur le déclin de l’Église catholique. Le diocèse s’adapte, et a par exemple fait le choix de maintenir quatre jeunes prêtres de 35 à 52 ans dans la paroisse populaire et très fréquentée de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville, dans le nord de Paris (19e), qui propose désormais deux messes quotidiennes pendant la semaine.
« Si certains peuvent ressentir une pénurie de prêtres, cela s’explique d’abord par la croissance du nombre des fidèles », constate ainsi le P. Henri de l’Eprevier, curé de la paroisse voisine de Notre-Dame-de-l’Assomption des Buttes-Chaumont, qui note lui aussi l’essor des demandes de baptêmes d’adultes et la hausse de la pratique dominicale.

La France reste catholique, mais moins pratiquante

La Croix - 28 décembre 2009 - Isabelle de Gaulmyn
Si deux tiers encore des Français se reconnaissent comme catholiques, rares désormais sont ceux qui considèrent que cette appartenance passe par une présence à la messe : en effet, 4,5 % seulement de nos concitoyens disent fréquenter une église chaque dimanche, 15 % y allant régulièrement, de l'ordre d'une fois par mois environ. [...]
Premier constat, donc : la présence à l'église le dimanche n’est plus, pour les personnes interrogées, « le » critère d'appartenance religieuse. Comme on le constate, les deux courbes de l'affirmation de l'identité catholique et de la pratique dominicale se sont complètement disjointes. « Avec 4,5 %, la France est aujourd'hui le pays catholique où la pratique dominicale est la plus basse », note Denis Pelletier, historien à l'École pratique des hautes études. À titre de comparaison, 20 % des Espagnols vont à la messe une fois par semaine, et si l'on ajoute ceux qui y vont au moins une fois par mois, on obtient plus de 30 % de la population. Par ailleurs, dans ce même pays, 75 % de la population se dit catholique.
[...] Aujourd'hui, la minorité des catholiques pratiquants est [...] très sensiblement plus âgée que la moyenne de Français. Sa répartition sur le territoire reste la même : on la retrouve essentiellement dans les régions nord-ouest et nord-est de la France. Plus nouveau en revanche : la très forte pratique des départements de l'ouest parisien, ce qui peut s'expliquer par la composition socioprofessionnelle des pratiquants.
Le « noyau dur » des catholiques qui disent aller régulièrement à la messe est en effet surreprésenté au sein des classes sociales les plus hautes : on ne compte que 18 % d’ouvriers et employés parmi eux, contre 32 % parmi l'ensemble des Français. [...]
L'enquête Ifop permet d’avoir une idée plus précise des catholiques non pratiquants, le fameux « troisième cercle » qui reste attaché à cette identité et se tourne vers l'Église au moment des grandes étapes de la vie : naissance, mariage et surtout mort. Ces catholiques-là sont bien à l'image de l'ensemble des Français : il est frappant de voir combien sur les questions politiques ou de société, l'opinion des catholiques déclarés, mais non pratiquants, rejoint celle des Français en général, signe d'une imprégnation toujours profonde de la société par l'identité catholique. [...] ces catholiques non pratiquants se montrent ainsi attachés aux racines chrétiennes de la France, à 54 %. Cette appartenance de type quasi « patrimonial » (et non plus de type militant) pourrait expliquer que la religion soit aujourd'hui revenue au centre du débat sur l'identité.
Dernier enseignement de cette enquête : la montée, certes encore discrète mais sensible, des autres religions en France. L'appartenance religieuse y reste certes marquée fortement (92 %) par le binôme catholiques-sans religion, mais on voit, en 2009, 8 % des personnes sondées afficher une autre appartenance confessionnelle, soit deux fois plus qu'en 1987. Parmi eux, la progression des nouvelles formes de protestantisme (évangéliques, baptistes) commence à devenir perceptible dans les sondages.

Le grand retour des cathos

L'Express - 9 avril 2008 - Claire Chartier
Dans une France où même le président, gardien de la laïcité, met leur rôle en avant, un vent nouveau souffle sur les catholiques. Des militants d'une parole plus radicale dans la société aux simples fidèles qui veulent témoigner de leur foi, ils revendiquent leur droit à s'affirmer. Sans complexes. Et pas seulement à la messe du dimanche.
[...] De plus en plus de catholiques éprouvent tout simplement l'envie de témoigner de leur foi. «N'ayez pas peur», leur avait lancé Jean-Paul II, le pape de la «nouvelle évangélisation». Alors ils y vont, ces missionnaires, en terre séculière. Dans son église du XIXe arrondissement de Paris, le père Frédéric Roder, 47 ans, invite ses paroissiens à «annoncer aux passants que le Christ est ressuscité». Il y a quelques mois, le curé a même proposé à ses ouailles de faire du porte-à-porte. Trop «Témoins de Jéhovah»: «Je me suis pris un grand vent, avoue-t-il en souriant. Seulement cinq personnes ont accepté.»
Les membres des cours Alpha ont plus de succès. Une dizaine de fois par an, ces laïques invitent leurs voisins, amis ou collègues de bureau à un dîner suivi d'une conférence sur l'Evangile. Une catéchèse grand public, importée de Grande-Bretagne en 1999, et proposée dans 400 paroisses. Le but? Faire naître l'étincelle qui ramènera les «chrétiens du seuil», catholiques de culture, dans leur port d'origine.
D'autres signes confirment l'embellie. Le quotidien La Croix (97 000 exemplaires) a vu grimper sa diffusion de 10% depuis l'an 2000, au moment où la presse non confessionnelle, elle, est en crise. Sur Internet, les jeunes «chattent» rock et rap catho, festivals et encyclique du pape, dans une multitude de blogs et de forums.
Depuis les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de 1997, ils raffolent aussi des «temps forts»: la Toussaint 2004 (une semaine pleine d'évangélisation de rue); le festival Holy Wins (riposte annuelle à Halloween); sans oublier les pèlerinages (43 millions de visiteurs en 2006, soit 5 millions de plus en deux ans) ou les séjours dans la communauté de Taizé, en Bourgogne, qui rassemblent des milliers de jeunes.
Partout dans le pays, des rituels de piété populaire resurgissent, comme les chemins de croix - à Lyon, à Nice et à Marseille, par exemple - ou les nuits d'adoration du Saint Sacrement. Les séjours monastiques et les retraites, en couple ou en solo, ont donné naissance à un vrai filon éditorial: les guides touristiques spirituels. Une douzaine ont fleuri sur le marché. Même Le Routard s'y est mis! Les livres-témoignages se multiplient, à l'exemple de ceux du producteur de télévision Thierry Bizot (Catholique anonyme, Seuil) ou de l'essayiste et éditeur Jean-Paul Guillebaud, dont l'ouvrage Comment je suis redevenu chrétien (Albin Michel) s'est vendu à 50 000 exemplaires.
Foi et modernité ont fini par s'entendre: on n'est plus catho par tradition, on l'est par choix. 2 708 adultes ont ainsi reçu le baptême en 2007, soit 400 de plus qu'en 2000. La force du catholicisme ne se mesure plus à l'aune de ses communiants, mais au mal que se donnent les fidèles pour vivre leur foi au quotidien. Beaucoup «se considèrent comme pratiquants par le biais de l'engagement dans un mouvement (scoutisme, communautés nouvelles) ou dans un service d'Eglise (catéchèse, aumônerie, préparation aux sacrements)», souligne le prêtre et journaliste Michel Kubler dans La Croix. Ce sont aussi les premiers à prêter main-forte aux associations caritatives, pas forcément confessionnelles d'ailleurs, comme les Restos du cœur et ATD Quart Monde.

Sondage exclusif : qui sont les jeunes cathos des JMJ ?

La Vie - 4 août 2011 - Jean-Pierre Denis
Motivés, engagés, pratiquants, proches des positions sociales et morales de l'Eglise mais aussi ouverts à un monde pluriel..., tel est le profil des jeunes cathos qui seront aux JMJ de Madrid, selon notre grande enqûete.
Rassembler tous les deux ou trois ans un ou deux millions de jeunes issus de la mondialité catholique… La géniale intuition de Jean Paul II n’a rien perdu de sa force. Plus d’une génération après les premières JMJ, la source ne s’est jamais tarie. Un million et demi de personnes sont attendues à Madrid, dont des dizaines de milliers de Français. C’est le paradoxe de notre catholicisme : le vieillissement du tissu paroissial s’accompagne d’un renouvellement continu, dans un public aussi minoritaire que motivé. Le Vatican continue à s’offrir la carte jeunes.
[...] Qui ils sont et ce qu’ils pensent. Comment voient-ils Dieu et le monde ? Se montrent-ils en tous points proches de leur Église ? Le grand sondage réalisé en exclusivité par La Vie avec le soutien de l’équipe nationale des JMJ mesure cela de manière précise et profonde, en huit grandes leçons.
Leçon n° 1 : Ils sont le cœur du corps
Jamais donc on n’avait étudié avec une telle précision le cœur même du catholicisme en devenir. [...] Les jeunes qui vont à Madrid ne sont pas de simples curieux attirés par l’auberge espagnole. La quasi-totalité a reçu une éducation religieuse. La plupart s’avèrent très étroitement insérés dans les réseaux paroissiaux et communautaires, mais aussi très engagés dans la pratique religieuse. 88 % sont, au sens de la sociologie religieuse, des pratiquants réguliers, puisqu’ils vont à la messe au moins une fois par mois, et même au moins une fois par semaine pour 58 % d’entre eux. Enfin, ils se montrent très à l’aise avec toutes les positions de leur Église.
Leçon n° 2 : Ils aiment l’extra et l’ordinaire
Malicieux ou intuitifs, nous avions spécialement demandé si certains se rendaient à la messe tous les jours. Une question que l’on a renoncé à poser depuis belle lurette dans les sondages sur la pratique religieuse des Français. Signe des temps : 6 % d’entre eux ont répondu par l’affirmative ! Les jeunes des JMJ adhèrent à ce que l’on pourrait appeler le « catholicisme régulier », par choix et non par habitude. Mais ils s’avèrent tout aussi familiers des grands rassemblements. 90 % ont déjà participé à d’autres temps forts de jeunes, comme le Frat des Franciliens. Goûtant le pèlerinage comme ils apprécient la messe, ils conjuguent donc avec la même aisance l’exception et la règle, le spectaculaire et l’ordinaire, la fête et le rite.
Leçon n° 3 : Ils disent adieu à la cafétéria
Depuis une dizaine d’années, les sociologues parlent volontiers de « religions à la carte ». Aux États-Unis, on parle d’un « catholicisme de cafétéria », cette religion sans menu imposé, cantine plus que chapelle où l’on choisit librement son entrée, son plat, son dessert… À l’échelle de la population catholique de notre pays, la religion de cafétéria reste la norme. On peut, par exemple, vouloir être enterré à l’église sans guère y avoir mis les pieds de son vivant. On peut demander le baptême pour ses enfants sans avoir l’intention de les inscrire au catéchisme. [...] Ceux qui vont aux JMJ semblent rejeter cette philosophie libérale. 71 % d’entre eux estiment que les parents « devraient transmettre à leurs enfants leur propre culture religieuse », plutôt que de leur laisser la « possibilité de choisir ».
Leçon n° 4 : Ils prennent tout
Ils ont grandi dans une culture saturée d’offres et de sollicitations. Ils arrivent à l’âge adulte à un moment où l’on se sent, comme jamais, libre de croire… et pressé de ne pas croire. [...] Par contraste, au lieu de trier, ils sont d’accord avec tout. Pour eux, dans le catholicisme, tout est bon. La « génération cathoplus » succède à la « génération Jean Paul II ». « Cathoplus », ils adhèrent en premier à la « doctrine sociale » : trois sondés sur quatre se sentent « proches » des positions de l’Église en matière de pauvreté, d’immigration, de développement ou de mondialisation. « Cathoplus », ils approuvent à plus de 70 % le discours de l’Église sur la vie. « Cathoplus », ils admettent, de manière nette (58 %) la morale sexuelle. Enfin, quand leurs aînés se seraient définis comme « chrétiens » ou « en recherche », ils se disent très volontiers catholiques (72 %).

JMJ: Des jeunes à genoux

Témoignage Chrétien - 1 septembre 2011 - Nathalie Becquart (religieuse xavière, responsable de la pastorale étudiante pour l’épiscopat), propos recueillis par Philippe Clanché
Comment voyez-vous évoluer la typologie de ces jeunes catholiques ?
Aujourd’hui, les JMJ fédèrent l’ensemble des sensibilités ecclésiales et des types de mouvements. Si les groupes issus de l’Action catholique et des aumôneries apparaissaient moins à Madrid, c’est parce qu’ils attirent moins de jeunes toute l’année. Les JMJ ne sont pas sélectives mais reflètent la diversité de l’Église telle qu’elle existe aujourd’hui. [...]
Le contenu des JMJ a-t-il évolué vers une multiplication des temps cultuels ?
Le canevas reste le même : catéchèse le matin, messe, Festival de la Jeunesse avec des propositions très diverses l’après-midi et grandes célébrations le soir. Ce qui a changé, à la demande des jeunes, c’est le style des célébrations.
Entre Longchamp en 1997 et Madrid, les temps de silence se sont allongés.
La demande d’intériorité, de relation à Dieu, d’adoration, est plus forte et les JMJ répondent à cela. On vit la même évolution dans toutes les aumôneries. À Créteil, avec des jeunes de quartiers populaires, des étrangers, on m’a demandé des temps d’adoration.
Pourquoi les JMJ fonctionnent si bien ?
D’abord parce qu’elles sont une expérience concrète de la mondialisation, de la rencontre des autres et, à travers eux, du Christ. Qui peut réunir aujourd’hui des jeunes de 180 pays différents ? Cette génération a besoin de grands rassemblements. Les JMJ ont une dimension sociale et politique car on y dépasse les préjugés et une vision réductrice des autres. On y travaille à l’avenir du monde. Ensuite ressort l’expérience spirituelle et humaine.
La pastorale des jeunes en France est-elle uniquement axée sur les JMJ ?
L’événement est incontournable. Il ne se réduit pas à cinq jours à Madrid. Les JMJ marchent parce que des milliers d’animateurs sur le terrain font fonctionner des petits groupes. Cela génère de la créativité, des initiatives pour financer le voyage. Des liens sont tissés. On en voit les fruits depuis 25 ans : les moins de 45 ans engagés ont été marqués par les JMJ, qui font rêver leurs successeurs. Les jeunes sont divers et il n’y a pas de recette pour les intéresser tous. Les relations interpersonnelles, le charisme d’animateurs et les projets sont indispensables. En plus des JMJ, de nombreux pèlerinages, retraites et camps se sont tenus cet été, souvent à partir d’initiatives venant des jeunes eux-mêmes. La pastorale est de plus en plus éclatée et les JMJ n’occultent pas tout cela. [...]
À quoi ressemble cette nouvelle culture des jeunes catholiques ?
Ce n’est pas parce que les jeunes expriment une demande d’intériorité et de prière qu’ils ne veulent que du spirituel. Ils sont aussi intéressés par les autres religions, l’engagement de solidarité. Le concert de Glorious a fait le plein tout comme une table-ronde sur l’engagement social et politique. Cette génération ne se demande pas « faut-il » mais « comment » vivre en chrétien dans ses engagements confessionnels, politiques et sociaux. Les jeunes qui ont assisté à ce débat sont allés à l’adoration ensuite. Ils vont aller manifester pour une cause, mais en allant prier avant et en s’agenouillant. [...]
Aujourd’hui, dans la culture des jeunes, quand on découvre quelque chose de bon, on le partage. C’est le principe de Facebook. Celles et ceux qui ont fait une expérience du Christ — la découverte d’un guide, quelqu’un qui donne un sens à leur vie — ne peuvent pas le garder pour eux. Ils veulent l’annoncer, deviennent missionnaires, quitte à aller évangéliser dans la rue. On voit souvent de manière négative cette nouvelle culture, mais cette valeur du partage est profondément évangélique.
À quelle condition cette nouvelle génération peut trouver sa place ?
Si l’on accepte de penser que les choses se vivent autrement, avec d’autres manières de faire que celles qui ont façonné la génération précédente – la mienne –, je n’ai aucune inquiétude sur l’avenir de l’Église en France. Il faut expliquer aux plus âgés que le déclin de leur manière de concevoir l’engagement chrétien ne signifie pas la fin du monde.

L’Eglise revivifiée par de jeunes catholiques sans complexe

Le Progrès - 24 avril 2011 - Nicolas Ballet
A l’occasion des fêtes de Pâques, tour d’horizon des pratiques observées dans des paroisses urbaines et rurales du diocèse de Lyon/Roanne
Qui a dit que l’Eglise catholique était en crise ? Bien sûr, les prêtres sont toujours en nombre insuffisant et forment une population vieillissante : sans l’aide des laïcs, faire tourner les paroisses serait mission impossible. L’institution continue de souffrir, sur fond de pratique religieuse érodée, mais un relatif renouveau -voire un début de résurrection- se dessine. A la ville, comme à la campagne, de jeunes catholiques décomplexés — collégiens, lycéens, étudiants — semblent plus nombreux à afficher sans honte leur foi. Une tendance plus visible cette année que les précédentes, pour les fêtes de Pâques. Sous le soleil de Lyon, vendredi après-midi, le père David Gréa rejoint au pas de course l’église Sainte-Blandine pour préparer la messe du Vendredi Saint. Ce jeune curé d’une quarantaine d’années a les traits tirés. La veille, pour le Jeudi Saint, il a confessé dans sa paroisse « toute la nuit entre 21 h 30 et 7 h 30 du matin, avec seulement un quart d’heure de pause ». « Il y avait plus de monde que l’an dernier et 80 % de jeunes âgés entre 20 et 30 ans » observe-t-il, en évoquant « un vrai retour au spirituel » et « une soif », « dans une société qui essaie de faire en sorte qu’on ne manque de rien, et où existe tout de même un manque profond ». A la chapelle Sainte-Croix de Lyon, les rendez-vous animés depuis plus de deux ans par le groupe de pop louange « Glorious » expriment ce renouvellement, qui s’observe aussi en milieu rural et plus encore, périurbain. Une belle illustration en est fournie à la paroisse Saint-Paul et Saint-Pierre en Val d’Azergues, aux portes du Beaujolais. Cette année, une procession a regroupé une trentaine d’adolescents dans les rues de Civrieux-d’Azergues, le 17 avril, pour les Rameaux. D’habitude, cette manifestation se cantonnait au parvis de l’église. Ces adolescents font partie de « l’Alliance des gônes », un groupe créé il y a deux ans, sous la houlette du père Przemek Krezel, de Catherine Follie et de Nathalie Sidhoum, qui s’occupent de la pastorale des jeunes dans le secteur. « Nous leur faisions le catéchisme et ils voulaient que ça continue après » raconte Nathalie. Leurs réunions ont lieu dans une salle derrière l’église de Chazay-d’Azergues. « Ils sont une trentaine et viennent de collèges publics où ils ne peuvent exprimer leur foi, et de familles dont les parents sont parfois contre l’Eglise. C’est un vrai renouveau, peut-être lié à un besoin d’entraide dans une société individualiste. L’Esprit saint travaille à fond la caisse ! » « Nous, les » vieux », faut qu’on suive ! » plaisante le père Paul Gay, curé de Chasselay. « Les jeunes ne viennent pas forcément à la messe. Mais quand il y a un événement, c’est porteur, ils prennent des initiatives ». A « l’Alliance des gônes », les ados tissent des liens, apprennent à coudre… et à se débrouiller comme des adultes. Pour Noël, ils ont fabriqué une crèche dont la revente contribuera au financement d’un pèlerinage à Lourdes. Cet esprit de responsabilité se ressent ailleurs, comme à Tassin, près de Lyon. « Au moins 200 jeunes viennent à l’office chaque dimanche, avec une tendance à la hausse. Ils ne sont pas passifs, aident à préparer le culte », dit le curé, Mgr François Duthel, en rapportant que « pour la première fois, des collégiens de 5e ont même demandé à faire leur profession de foi ». Pour lui, « c’est un effet de ce que Jean Paul II avait engagé avec les Journées mondiales de la jeunesse : on peut être chrétien et intelligent ». « Jean Paul II a tenu un discours de responsabilité aux jeunes », analyse le spécialiste du Vatican, Bernard Lecomte, en concluant : « A notre époque, nous souffrions d’avoir vu l’Eglise devenir « minoritaire ». Les gosses d’aujourd’hui sont nés avec ça : ils n’ont pas nos complexes ».

Catholicisme: le moral revient après une année difficile

Le Figaro - 13 août 2010 - Jean-Marie Guénois
La plus grande des cathédrales de France est une immense tente de toile posée pour l'été sur une pelouse de Paray-le-Monial. Les voûtes sculptées des splendides églises romanes de cette région de Saône-et-Loire pourraient pâlir de jalousie mais comment bouder ces milliers de jeunes et de familles réunis pour des retraites spirituelles d'une intensité rare ? Depuis 1975, trente mille catholiques viennent en effet ici, en juillet et août, pour vivre une semaine avec la communauté charismatique de l'Emmanuel.
Le succès de la formule se confirme. Il s'accroît avec une progression de 10 % par an et a même transformé ce lieu en un incontournable creuset du catholicisme français. Ambiance garantie et très significative du moral des «troupes» catholiques [...]. Certes, on trouve ici des gens motivés, soit par leur recherche personnelle (seulement 10 % sont membres de la communauté de l'Emmanuel, selon cette organisation), soit par leurs convictions, mais ils sont de tous âges, de toutes origines sociales et viennent de toute la France. [...]
Plutôt «gonflé à bloc», répond du tac au tac Benjamin, jeune diplômé d'une vingtaine d'années. Il se prépare à partir à Haïti pour deux ans dans le cadre de la Fidesco, une organisation humanitaire dépendant de la communauté de l'Emmanuel qui envoie 200 volontaires chaque année dans une trentaine de pays. [...]
Anne, mère de quatre enfants, engagée avec son mari Xavier, dans le «Rocher», une autre ouvre de l'Emmanuel, consistant à aller vivre en HLM, dans les «cités» des grandes villes, Bondy en l'occurrence, se dit également plus motivée que jamais. [...]
Veillant, téléphone portable à la main, sur ce qui ressemble plus à un campus décontracté de la foi qu'à un club rigoriste, un laïc marié de 37 ans, Éric de Courville, responsable élu de la communauté de l'Emmanuel pour la France assure que le programme de ces sept sessions d'été (conférences, échanges, temps de prières et de célébrations) n'a pas été influencé par la crise [...].
Ceux qui viennent ici, confirme le père Bernard Peyrous - il voit défiler des milliers de pèlerins en tant que recteur des sanctuaires de Paray-le-Monial -, sont bien plutôt «en attente d'espérance ». Cet historien [...] a abandonné une carrière universitaire pour devenir prêtre.

Lourdes : une nouvelle guérison reconnue par l'Église

Le Figaro - 28 mars 2011 - Jean-Marie Guénois
Handicapé des jambes, Serge François a vu son mal disparaître lors de son pèlerinage.
[...] À la suite de complications chirurgicales (fibrose postopératoire) liées à deux opérations, une hernie discale avait fini par lui faire partiellement perdre l'usage de la jambe gauche. Serge François se déplaçait donc avec une grande difficulté. Seul un système sous-cutané injectant régulièrement un mélange à base de morphine lui permettait d'atténuer un peu sa douleur, constante. Mais devant la grotte de Lourdes, le 12 avril 2002, sa vie a changé. Au point qu'il a ensuite entrepris, pour «rendre grâce», le chemin de Compostelle dans son intégralité… Soit 1570 km à pied!
Dimanche après-midi, au sanctuaire Notre-Dame-des-Gardes, l'évêque d'Angers, Mgr Emmanuel Delmas, médecin de formation, a reconnu «publiquement le caractère “remarquable” de la guérison» dont a «bénéficié» Serge François. Le prélat a observé: «Cette guérison peut être considérée comme un don personnel de Dieu pour cet homme, comme un événement de grâce, comme un signe du Christ Sauveur. S'étant produite au cours d'un pèlerinage à Lourdes, au moment où Serge François, après avoir prié devant la grotte et s'être rendu aux fontaines pour boire et se laver le visage, quittait le domaine, on peut voir dans cette guérison une prévenance particulière de la Vierge Marie à l'égard de cet homme.»
Serge François serait donc le soixante-huitième «miraculé» de Lourdes. Le dernier, reconnu en 2005, concernait Anna Santaniello, une Sicilienne. Et le précédent, reconnu en 1999, concernait également un Français, Jean-Pierre Bély. Depuis les apparitions de la Vierge en 1858, 1% des 7000 déclarations de guérison ont été reconnues comme «miraculeuses». Mais l'Église catholique reste très prudente. Lourdes, insiste Mgr Jacques Perrier, évêque du lieu, «c'est d'abord les apparitions de la Vierge! Elles n'ont pas “besoin” des guérisons pour être authentifiées».
À tel point que cet évêque a décidé, en 2006, de réformer les procédures de reconnaissance des guérisons. Serge François est le premier à passer par cette nouvelle grille d'analyse. Sur le plan médical, l'Église a intégré la complexité de la recherche portant sur le diagnostic des maladies et l'efficacité des traitements modernes. En ce qui concerne la théologie, elle peut maintenant reconnaître des «guérisons inexpliquées par la science» sans pour autant parler de «miracle».
«On est enfin sorti de la logique binaire, miracle ou pas miracle», se félicite Mgr Perrier. Sorti, en somme, d'une approche spectaculaire, ajoute-t-il, «pour pouvoir prendre en compte de multiples guérisons qui tombaient dans l'oubli». Une quarantaine sont signalées en moyenne chaque année à Lourdes. Des nuances qui ne troublent pas Serge François. Devant la petite grotte de Lourdes qu'il s'est construite depuis dans son jardin, il raconte avec passion «l'instant» de sa guérison. Après avoir prié et bu de l'eau aux fontaines près de la Grotte, il a ressenti «une douleur fulgurante». Puis «ma jambe qui me faisait tant souffrir et qui était toujours froide s'est réchauffée».
Son bonheur actuel est seulement contrarié par le scrupule d'«avoir été choisi, lui: c'est injuste, tant d'autres souffrent». Souci qu'il transforme en attention et prières redoublées pour ceux qui sont malades. Il se souvient également de ce mauvais souvenir que furent les vérifications médicales: «Ils ont essayé de me piéger sous toutes les coutures», assure-t-il. Mais les médecins ont dû objectivement reconnaître pour lui un avant et un après… Lourdes.

analyse L'ensemble du processus et des critères de reconnaissance d'un miracle est détaillé au bas de cet article (à lire en cliquant sur le titre ci-dessus)

La pratique religieuse des protestants est très différente entre les luthéro-réformés et les évangéliques

En France, un protestantisme à deux vitesses s’esquisse

La Croix - 18 novembre 2010 - Céline Hoyeau
Un protestant sur quatre assiste chaque semaine au culte (26 %), un sur trois lit la Bible au moins une fois par semaine (34 %) et près d’un sur deux dit prier chaque jour (45 %)... Avec 39 % de pratiquants réguliers, la minorité protestante, qui représente entre 2,5 % et 2,8 % de la population de l’Hexagone, affiche à l’évidence une bonne santé.
« On en a fini avec la thématique du protestantisme “peau de chagrin”, appelé à se diluer dans le monde moderne », relève le sociologue Sébastien Fath, qui voit même « une très légère augmentation » de la part du protestantisme en France depuis 10 ans.
Tandis que son collègue Jean-Paul Willaime, directeur à l’École pratique des hautes études (Ephe), s’étonne de constater que « contrairement au schéma classique de la sociologie des religions selon lequel plus on est jeune, moins on pratique », les protestants de moins de 35 ans, toutes sensibilités confondues, sont plus pieux que leurs aînés.
Pour autant, ce premier constat de l’enquête Ifop réalisée pour Réforme , La Fédération protestante de France, "La Croix" et l’Institut européen en sciences des religions (Ecole pratique des hautes études), ne doit pas occulter les disparités de cette « famille recomposée ».
Si la majorité du protestantisme français reste à dominante luthéro-réformée (56 %), le sondage [...] confirme l’importance prise par le pôle évangélique en France (environ un tiers) : une frange jeune (41 % ont moins de 35 ans), plus « populaire », très pratiquante, animée du zèle des nouveaux convertis et confiante en l’avenir.
Les écarts entre ces deux sensibilités sont, de fait, considérables. À titre d’exemple, entre 8 % et 9 % des luthéro-réformés vont chaque semaine au culte… contre 65 % des évangéliques et pentecôtistes. Ce qui se confirme géographiquement : les chiffres de la pratique sont très élevés en Île-de-France, là où les grands bastions du protestantisme traditionnel (Cévennes, Languedoc, Alsace-Moselle…) marquent le pas.
[...] Comment expliquer ces écarts ? Le fossé « spectaculaire » entre les chiffres de la pratique de l’Alsace Moselle (où l’on ne compte que 15 % d’évangéliques) et de l’Île-de-France, région qui connaît de la façon la plus manifeste les recompositions contemporaines du protestantisme – avec l’impact des protestants évangéliques et de diverses Églises ethniques – illustre parfaitement, selon Jean-Paul Willaime, « le passage d’une religion par héritage à une religion par choix ». En attestent les deux premiers motifs d’adhésion au protestantisme indiqués par les personnes interrogées : tradition familiale et liberté d’esprit pour les luthéro-réformés, place accordée à la Bible et façon d’exprimer la foi chrétienne pour les évangéliques.
[...] L’enquête confirme du reste l’importance significative de la conversion dans le monde évangélique : 48 % se disent « convertis », contre 11 % parmi les luthéro-Réformés. Il est intéressant de voir que les évangéliques attirent des convertis de l’athéisme, là où les nouveaux luthéro- réformés sont issus majoritairement du catholicisme.

"Pour les évangéliques, l'idée reste qu'être croyant, cela doit se voir"

Le Monde - 3 février 2012 - Jean-Paul Willaime (professeur à l'Ecole pratique des hautes études à Paris, spécialiste du protestantisme), propos recueillis par Flora Genoux
Il s'agit d'une véritable stratégie militante de développement. D'après l'expression utilisée par le CNEF, cela fait partie de "l'ADN" évangélique de vouloir convertir : l'évangélisme est une religion de conversion. Il faut témoigner de sa foi auprès d'autres personnes. Ainsi, la moitié des évangéliques sont des personnes converties. Et ils atteignent tous les milieux : les classes populaires, mais également les cadres moyens et supérieurs, les jeunes.
Les jeunes évangéliques sont d'ailleurs particulièrement pratiquants : 76 % d'entre eux sont des pratiquants réguliers, alors que ce n'est le cas que de 25 % des jeunes luthéro-réformés. Il faut noter que les protestants évangéliques représentent un bon tiers du monde protestant en France, mais une majorité des pratiquants réguliers. Sur cent protestants qui se rendent au culte au moins une fois par mois, on compte cinquante-cinq évangéliques. Ce sont donc des protestants pratiquants, engagés dans l'évangélisation. Et ce qui frappe beaucoup, c'est leur zèle évangélisateur. Entre l'ambition affichée de construction d'églises et la réalisation, il y aura toujours un écart. Mais une croissance relative de cette sensibilité est à prévoir.
Quelles sont les raisons de leur succès ? On peut en dégager trois. D'abord, ils ont bien compris qu'on devenait chrétien pas par héritage, mais par choix. La place donnée à l'individu est en totale adéquation avec notre société, où c'est le choix individuel qui est au centre.
Ensuite, ils utilisent tous les moyens modernes de communication : Internet, mais aussi la musique, la scnénographie. Dans les églises évangéliques, il n'y a pas un orgue, mais une batterie. Ils sont "à la page". Les églises apparaissent comme des assemblées chaleureuses, réconfortantes.
Troisième point, il s'agit d'une expression religieuse qui part de l'expérience personnelle, au plus près de la réalité des gens. C'est à l'opposé d'une approche doctrinale, cérébrale. Et cela séduit en particulier les jeunes, mais aussi des gens perdus, à la recherche d'une identité. Cette Eglise offre une structuration, une cohérence et une espérance. Les évangéliques ont bien compris qu'en France, ils évoluent dans une société très séculaire où il n'est pas évident d'être religieux et ils parviennent à mettre le message religieux en relation avec des éléments concrets. En cela ils sont très modernes. Lors des prières par exemple, ils évoquent la situation des fidèles – la maladie, le chômage, la souffrance sociale, les difficultés psychologiques. Ils accrochent sur les difficultés du quotidien.
[...] our les évangéliques, l'idée reste qu'être croyant, cela doit se voir. C'est en totale réaction avec la grande pudeur des affaires religieuses en France. On peut remarquer que cette tendance est également en train de s'inverser chez les juifs, les catholiques et les musulmans : on note cette volonté de rendre plus visible l'option religieuse.
[...] Les évangéliques ont des positions très marquées sur les grands sujets de société : s'ils sont en faveur de la contraception, ils rejettent en revanche le mariage gay, l'homoparentalité, l'euthanasie ou encore l'avortement. [...] Ils sont en effet intransigeants sur un certain nombre d'évolutions sociales et cela contribue à leur succès. Leurs positions sur les enjeux de la société sont nettes et en cela ils rejoignent le magistère romain. Ils insistent aussi sur le modèle de la famille hétérosexuelle avec enfants. Quand ils se présentent, ils disent souvent "marié, avec quatre enfants". Ils valorisent l'engagement conjugal et la fécondité. Cette réassurance identitaire, l'importance des "valeurs traditionnelles", rencontrent les aspirations de la société française. Une aspiration qui se traduit aussi sur le plan politique.

La pratique religieuse des juifs

Les juifs de France sous le signe de la diversité

Le Figaro - 29 décembre 2006 - A. Barluet
« Il existe autant de juifs que de manière de pratiquer le judaïsme. » Le trait d'humour fuse souvent lorsqu'on s'enquiert, auprès de l'un des membres, du « rapport à la religion » de la communauté juive. Il est vrai que judaïsme a toujours rimé avec pluralisme. Mais l'expression n'a sans doute jamais été aussi vraie qu'aujourd'hui.
Émergence de mouvements aux dénominations et aux convictions diverses, apparition de nouvelles tendances souvent importées du monde anglo-saxon, création d'oratoires, de centres et d'écoles, développement associatif : depuis quelques années, le monde juif en France est en pleine mutation. Il suffit, pour s'en convaincre, d'entamer un voyage dans l'univers d'une foi aux visages et aux expressions multiples. Ce périple, jalonné par les rites et éclairé par la mémoire, passe nécessairement, mais pas seulement, par les synagogues où se rassemblent les communautés et leurs guides spirituels, les rabbins. « Même si la sécularisation est la tendance lourde, il y a un retour à la pratique religieuse dans le judaïsme français », note la sociologue Régine Azria.
Ce phénomène s'explique entre autres par l'arrivée dans l'Hexagone, à partir des années 1950, de nombreux juifs d'Afrique du Nord, les séfarades. Ceux-ci représentent actuellement plus de 60 % des juifs de France et imposent leur trace. « La première génération de juifs après un exil cherche à se refaire une situation matérielle et cela se fait souvent au détriment de la préservation du patrimoine culturel », explique le grand rabbin Gilles Bernheim. « La deuxième ou la troisième génération, en panne d'identité, veut se réapproprier cette mémoire. C'est ce que nous vivons actuellement en France avec le retour du religieux dans la communauté juive », constate-t-il.
Ce retour de la foi est pourtant loin d'être une réalité massive. « Pour certains, l'assimilation a même cessé d'être un but parce qu'elle est devenue un mode de vie, si l'on peut dire », observe encore Gilles Bernheim. L'éclipse du religieux dans la société française affecte le judaïsme comme les autres confessions, davantage même, selon certains. « Le respect, pour ceux qui croient, diminue dans ce pays et cela touche tout particulièrement le judaïsme, qui entretient un rapport étroit aux rites et aux règles », dit le rabbin Haïm Korsia, aumônier général israélite de l'armée de l'Air. Même si les chiffres sont difficiles à appréhender, la pratique religieuse ne concernerait qu'environ 100 000 des quelque 600 000 juifs de France. Ils vivent à Marseille, Lyon, Strasbourg, Nice, Toulouse et, pour la moitié d'entre eux, en Île-de-France. Mais de quelle « pratique » s'agit-il ? Celle des « juifs de Kippour », qui, ce jour du grand Pardon, saint entre tous, retrouvent, une fois l'an, le chemin de la synagogue. Celle des juifs du mouvement libéral qui, comme le souligne l'une de leurs figures de proue, le rabbin Daniel Farhi, veulent « vivre leur judaïsme sereinement, fidèlement par rapport aux traditions et sans rigidité dans la pratique ». Celle du mouvement ultra orthodoxe des Loubavitch, fortement implanté aux États-Unis et qui compte désormais plusieurs dizaines de centres dans la région parisienne. Issu du hassidisme, né au XVIIIe siècle en Europe de l'Est, il conjugue mysticisme, rigorisme et activisme sur le terrain social. Très présents dans certains quartiers, tel le XIXe arrondissement de Paris, ces prosélytes qui ont le vent en poupe n'en demeurent pas moins minoritaires, comme les « libéraux » d'ailleurs, eux aussi en relatif essor.
Les dissensions entre ces mouvements ne portent pas sur un corps de doctrine, mais sur la pratique. Elles séparent ceux qui optent pour une application stricte des règles religieuses, et ceux qui préconisent une certaine souplesse, voire des réformes sur certains aspects. Dans l'ensemble toutefois, cette pratique n'a souvent qu'une faible visibilité. Elle reste familiale, domestique ou individuelle. Prières murmurées au petit matin. Retrouvailles festives des soirs de shabbat. Autant de juifs que de manières de pratiquer... Tom, lycéen parisien de 17 ans qui fréquente la synagogue libérale de la rue Copernic raconte sa joie « de se consacrer un jour par semaine au Créateur ». « Vendredi soir, le shabbat est avant tout une fête, l'occasion de se réunir en famille, raconte-t-il. À la synagogue, avant tout, nous étudions. Chaque vendredi, nous lisons un passage différent de la Torah. Samedi matin, j'assiste à l'office », poursuit le jeune homme. [...] « Celui qui veillera à respecter la Torah sera quelqu'un de bon », affirme Tom en constatant parmi les jeunes de son âge « un retour vers la religion », qu'il s'agisse du judaïsme mais aussi de l'islam. Un jour, il ira en Israël d'abord « pour voir », souhaite-t-il, et « pourquoi pas ? » pour y vivre.
Ce retour vers la religion s'accompagne d'un renouvellement de la pratique qui s'effectue souvent sous l'influence de groupes minoritaires. Les Loubavitch mettent l'accent sur « l'idée d'amener Dieu dans tous les recoins de l'existence, particulièrement par l'intensité dans les prières et la joie dans les chants ». Les libéraux, de leur côté, ont introduit des réformes, notamment dans la liturgie en y apportant de la musique et des sermons. Les juifs laïques, a priori surtout sensibles aux aspects culturels du judaïsme, cherchent pourtant eux aussi à se réapproprier les rites. « Parce que cela permet de faire passer quelque chose aux enfants ou tout simplement parce que cela fait plaisir, ils empruntent à la tradition religieuse les symboles qui correspondent à leurs valeurs », explique la sociologue Martine Cohen. Des repas solennels de Pâque (le seder) sont maintenant organisés par les associations de juifs laïques, tel le Cercle Bernard Lazare qui rassemble des sionistes de gauche. Dans le récit de la sortie d'Égypte que l'on évoque traditionnellement ce soir-là, l'accent est mis sur la libération de l'esclavage. Un shabbat laïque est aussi expérimenté à petite échelle, de même qu'une Bar Mitsvah laïque, dirigée non par un rabbin mais par un « animateur » qui insiste notamment sur le lien de l'enfant et de sa famille avec la Shoah et l'histoire d'Israël. « Ces initiatives marginales témoignent de l'attente d'un judaïsme plus affirmé et plus ouvert, dans un contexte où les minorités agissantes, surtout les ultra-orthodoxes, gagnent du terrain en proposant des solutions»clé en main excessivement rigides », estime Martine Cohen.
Dans la communauté, certains soulignent aussi que les institutions du judaïsme français ne correspondent plus à sa réalité sociologique. Organisation centralisée et pyramidale, le Consistoire a été créé en 1808 par Napoléon qui voulait « aligner l'organisation du culte juif sur le modèle chrétien ». Quinze consistoires régionaux ont chacun à leur tête un grand rabbin, et des compétences propres. Ils élisent les membres du Consistoire central, majoritairement composé de laïcs, qui gère diverses instances comme le séminaire israélite ou le tribunal rabbinique. « Cette organisation centralisée du culte a fait que la France est restée à l'écart du mouvement de diversification qui a traversé le judaïsme au XIXe siècle, en Europe et aux États-Unis », explique l'historienne Rita Hermon-Belot. L'explosion de l'« offre » déborde le vieux cadre consistorial : mouvement libéral, groupes ultra-orthodoxes, mais aussi « juifs massorti » (entre les libéraux et le Consistoire), « ultra-libéraux », et communautés hassidiques se situant hors de la mouvance Loubavitch... Sans compter les nombreux juifs qui échappent aux catégories. Un foisonnement auquel les autorités consistoriales s'efforcent de répondre, notamment en prenant en compte les ultra-orthodoxes.
« Le Consistoire n'est plus ni en position d'arbitre, ni de représentativité », affirme le rabbin libéral Daniel Farhi. Par rapport à l'« orthodoxie » du Consistoire, son mouvement défend une interprétation plus souple de la loi religieuse (la hallakah, NDLR), notamment sur la question des mariages mixtes, des conversions, du rôle des femmes et du respect du shabbat. « Nous nous situons dans une perspective culturelle, là où le judaïsme consistorial adopte une conception strictement juridique et applique la loi de façon littéraliste », ajoute le rabbin Farhi. Certains parlent de « malaise » dans la communauté et appellent l'institution consistoriale à repenser le pluralisme.
« Avec les libéraux, les différences relèvent de la pratique religieuse », reconnaît le grand rabbin Bernheim. « Pour un rabbin orthodoxe, les lois ne peuvent être réévaluables en fonction des situations vécues, ou alors, quand elles le sont, c'est en fonction de règles talmudiques très strictes et rigoureusement appliquées », déclare-t-il. « Le Consistoire, plaide encore Gilles Bernheim, est ce lien qui unit le monde juif orthodoxe et ceux qui n'en font pas partie. Il est aussi le lien entre ceux qui se replient sur eux-mêmes et ceux qui font confiance à l'universel. Le Consistoire reste ouvert à toutes sortes de juifs. C'est pour cela que, jusqu'à preuve du contraire, on n'a pas trouvé mieux ». Autant de juifs, autant de pratiques...

La pratique religieuse (ou culturelle ?) musulmane en France et en Europe

Enquête sur la montée de l'islam en Europe

L'Express - 24 juillet 2006 - Eric Conan, Christian Makarian
Pendant quelques décennies, les pays européens ont cru que leurs modèles respectifs permettraient à ces populations nouvelles [venant de pays de cultures islamiques] de trouver leur place en pariant sur la force intégratrice de contrées pacifiées et ordonnées par le marché et l'initiative individuelle.
Aujourd'hui, la plupart des pays européens révisent cette vision optimiste en reconnaissant, de manière simultanée, avoir négligé deux phénomènes plus puissants que prévu. D'une part, l'intensité de la crise du monde musulman face à la modernité: les violents conflits internes que connaît cette religion, au bénéfice croissant des islamistes - dont des milliers de musulmans dans le monde sont les premières victimes - se propagent sur le sol européen. D'autre part, la redécouverte de la prégnance religieuse dans une Europe qui s'en était affranchie au point de ne même pas vouloir en garder trace dans le préambule de sa Constitution. L'Européen moyen qui feuillette vaguement un quotidien gratuit dans le métro s'étonne de voir son voisin psalmodier sur le Coran avec une ferveur oubliée, y compris en Espagne ou en Italie. Les statistiques de Bruxelles confirment ce décalage religieux: plus du tiers des Européens du Nord se disent sans religion, pour 1% de ceux originaires de Turquie, et, parmi les Européens de l'Ouest croyants, 25% seulement des catholiques, juifs et protestants se déclarent pratiquants, pour 72% des musulmans.
Ce hiatus entre des sociétés sécularisées et des populations pour lesquelles le religieux reste un argument d'autorité est devenu problématique en raison d'une particularité de l'islam: son rôle prescriptif fort. Les pratiquants stricts considèrent le Coran comme source de règles transcendant les identités nationales.

Les musulmans pratiquent plus qu’il y a vingt ans

La Croix - 17 août 2011 - Isabelle de Gaulmyn
70 % des musulmans de France respectent le Ramadan. Une participation en hausse qui marque le dynamisme de la pratique religieuse de cette communauté.
Le Ramadan marque le moment où la communauté musulmane se rassemble et se compte : cette année, selon une enquête de l’Ifop pour La Croix sur les musulmans en France, près des trois quarts (71 %) des personnes se déclarant de religion musulmane vont jeûner durant tout le mois.
« Le Ramadan est une pratique autant culturelle que religieuse, respectée par l’ensemble de la communauté, même par ceux qui ne croient pas ou ne pratiquent plus », constate Franck Frégosi, spécialiste de l’islam, qui fait la comparaison avec ce que représente la fête de Yom Kippour pour les juifs.
D’ailleurs, l’enquête indique que le jeûne est suivi presque de la même manière que l’on soit homme (73 %) ou femme (68 %), jeune ou âgé : les deux catégories les plus assidues sont même les 18-24 ans et les plus de 55 ans, toutes deux avec une participation de 73 %.
Second enseignement, le suivi du Ramadan a fortement augmenté, 10 points de plus qu’en 1989, date de la première enquête réalisée en France sur le sujet. C’est le signe, plus général, d’un accroissement de la pratique religieuse au sein de la population musulmane française.
En effet, selon cette enquête Ifop, et pour la première fois, la proportion de musulmans qui se considèrent croyants et pratiquants est plus importante que ceux qui se disent uniquement croyants, 41 % contre 34 %.
Certes, tout dépend de ce que chacun met derrière ce terme de « pratique », et la mesure est forcément subjective. Reste qu’elle est beaucoup plus forte que pour la population catholique, pratiquante à 16 %. Il est vrai que, traditionnellement, la pratique religieuse est plus accentuée dans les communautés minoritaires, où le besoin d’affirmation identitaire se fait plus sentir.
Tout aussi significative, la croissance de la fréquentation de la mosquée le vendredi, de 16 % en 1989 à 25 % en 2011. Les musulmans de France se rendent plus volontiers aujourd’hui dans un lieu de prière. L’augmentation est surtout sensible depuis 1994. « C’est aussi que “l’offre” de mosquées existe aujourd’hui, permettant aux musulmans d’aller prier », analyse encore Franck Frégosi.
On compte environ 2 000 mosquées et lieux de culte en France, qui assurent un maillage à peu près complet dans les zones où habitent les musulmans, à savoir les centres industriels et urbains à l’est d’une ligne Le Havre-Perpignan. Selon Franck Frégosi, « on est en train d’en finir avec l’islam des caves ». Ainsi, à Strasbourg, l’inauguration pour ce Ramadan de la Grande Mosquée devrait sensiblement influer sur la pratique.
On note que l’augmentation de la fréquentation est plus importante chez les plus jeunes. En revanche, la mosquée reste l’apanage des hommes : 84 % des femmes disent ne pas aller à la mosquée le vendredi.
Au total, et au-delà des polémiques récentes sur la laïcité, les 3,5 millions de musulmans qui vivent en France affichent donc désormais une pratique religieuse bien installée, et bien vivante. C’est aussi une communauté ancrée dans le tissu social, et jeune : 62 % ont moins de 35 ans, contre 29 % pour l’ensemble de la population.

Pour aller plus loin

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