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Le monde protestant en profonde évolution :
luthéro-réformés, anglicans, évangéliques

Sélection structurée d'extraits d'articles de presse sur l'évolution des églises issues de la Réforme protestante :

La recomposition du paysage protestant français : rééquilibrage en faveur des évangéliques au détriment des luthéro-réformés

Le protestantisme en pleine mutation

Le Figaro - 30 octobre 2009 - Jean-Marie Guénois
La diversité du protestantisme s'affiche de plus en plus aujourd'hui avec une incontestable croissance du pôle évangélique. La croissance évangélique est en effet exponentielle. Près de 800 églises évangéliques - minoritaires - en 1970, quasiment 2 000 aujourd'hui (selon les derniers chiffres 2009), avec une moyenne - constante - de 35 créations par an ! Daniel Liechti, vice-président de la Fédération évangélique de France, l'une des branches fondatrices du Cnef, explique : «[...] Nous cherchons à ouvrir de nouvelles paroisses, une tous les dix jours depuis quarante ans. Notre objectif est d'arriver à 4 200 églises supplémentaires, 6 200 au total, soit une pour 10 000 habitants sur le sol français

En France, un protestantisme à deux vitesses s’esquisse

La Croix - 18 novembre 2010 - Céline Hoyeau
Un protestant sur quatre assiste chaque semaine au culte (26 %), un sur trois lit la Bible au moins une fois par semaine (34 %) et près d’un sur deux dit prier chaque jour (45 %)... Avec 39 % de pratiquants réguliers, la minorité protestante, qui représente entre 2,5 % et 2,8 % de la population de l’Hexagone, affiche à l’évidence une bonne santé.
« On en a fini avec la thématique du protestantisme “peau de chagrin”, appelé à se diluer dans le monde moderne », relève le sociologue Sébastien Fath, qui voit même « une très légère augmentation » de la part du protestantisme en France depuis 10 ans.
Tandis que son collègue Jean-Paul Willaime, directeur à l’École pratique des hautes études (Ephe), s’étonne de constater que « contrairement au schéma classique de la sociologie des religions selon lequel plus on est jeune, moins on pratique », les protestants de moins de 35 ans, toutes sensibilités confondues, sont plus pieux que leurs aînés.
Pour autant, ce premier constat de l’enquête Ifop réalisée pour Réforme , La Fédération protestante de France, "La Croix" et l’Institut européen en sciences des religions (Ecole pratique des hautes études), ne doit pas occulter les disparités de cette « famille recomposée ».
Si la majorité du protestantisme français reste à dominante luthéro-réformée (56 %), le sondage [...] confirme l’importance prise par le pôle évangélique en France (environ un tiers) : une frange jeune (41 % ont moins de 35 ans), plus « populaire », très pratiquante, animée du zèle des nouveaux convertis et confiante en l’avenir.
Les écarts entre ces deux sensibilités sont, de fait, considérables. À titre d’exemple, entre 8 % et 9 % des luthéro-réformés vont chaque semaine au culte… contre 65 % des évangéliques et pentecôtistes. Ce qui se confirme géographiquement : les chiffres de la pratique sont très élevés en Île-de-France, là où les grands bastions du protestantisme traditionnel (Cévennes, Languedoc, Alsace-Moselle…) marquent le pas.
[...] Comment expliquer ces écarts ? Le fossé « spectaculaire » entre les chiffres de la pratique de l’Alsace Moselle (où l’on ne compte que 15 % d’évangéliques) et de l’Île-de-France, région qui connaît de la façon la plus manifeste les recompositions contemporaines du protestantisme – avec l’impact des protestants évangéliques et de diverses Églises ethniques – illustre parfaitement, selon Jean-Paul Willaime, « le passage d’une religion par héritage à une religion par choix ». En attestent les deux premiers motifs d’adhésion au protestantisme indiqués par les personnes interrogées : tradition familiale et liberté d’esprit pour les luthéro-réformés, place accordée à la Bible et façon d’exprimer la foi chrétienne pour les évangéliques.
[...] L’enquête confirme du reste l’importance significative de la conversion dans le monde évangélique : 48 % se disent « convertis », contre 11 % parmi les luthéro-Réformés. Il est intéressant de voir que les évangéliques attirent des convertis de l’athéisme, là où les nouveaux luthéro- réformés sont issus majoritairement du catholicisme.
[...] Il est surtout frappant de voir les profils de ces deux mondes. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle il y aurait d’un côté des protestants luthéro-réformés très engagés socialement et de l’autre une frange évangélique plus conservatrice, les protestants convergent sur les questions sociales.
En politique, l’attachement à la laïcité est relativement identique.[...] Une large majorité des protestants (61 %) pense que les minarets, et donc la présence de mosquées, ne sont pas compatibles avec l’identité de la France, 36 % d’entre eux étant d’un avis contraire.
En réalité, les clivages ne sont pas tant politiques qu’éthiques : les écarts sont de fait particulièrement forts sur le droit à l’avortement, la bénédiction des couples homosexuels et le choix du moment de sa mort. Les évangéliques tenant des positions plus conservatrices sur ces sujets. Dernier enseignement de ce sondage : les luthéro-réformés apparaissent un peu plus ouverts à la perspective de relations plus étroites entre catholiques et protestants, sans que la distinction avec les évangéliques soit très forte sur le sujet.

Protestantisme évangélique : le fort développement des églises évangéliques

Les protestants ne parlent plus d'une seule voix

Le Figaro - 14 juin 2010 - Jean-Marie Guénois
Les évangéliques créent mardi une structure nationale, indépendante de la Fédération protestante de France, [...] le Conseil national des évangéliques de France (CNEF). [...] En France, cette dynamique évangélique est essentiellement portée par les quatre piliers fondateurs du nouveau Cnef : l'Alliance évangélique française, la Fédération évangélique de France, les Assemblées de Dieu, les pentecôtistes et charismatiques. [...] Au total, les évangéliques - environ 400.000 personnes - représentent un tiers des protestants français. Alors que les six Églises historiques de la Fédération protestante de France ont perdu 32% de leurs effectifs depuis 1959, le protestantisme français doit aujourd'hui, de facto, son maintien et sa progression relative à la seule expansion numérique des évangéliques.

Comment l’Eglise évangélique conquiert les Français

Le Monde - 2 février 2012 - Flora Genoux
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, cette branche du protestantisme comptait 50 000 fidèles. Aujourd'hui, 600 000 Français pratiquent cette religion, "avec les non-pratiquants qui se définissent comme évangéliques, on dénombre au total 700 000 personnes", estime Sébastien Fath, chercheur au CNRS, spécialiste du protestantisme évangélique. Ils représentent aujourd'hui un tiers des protestants Français et plus de la moitié de ses membres pratiquants, selon Jean-Paul Willaime, professeur à l'Ecole pratique des hautes études à Paris et spécialiste du protestantisme.
[...] Autre manifestation de cette progression : toutes les tendances de l'Eglise évangélique, historiquement marquée par de nombreux clivages, sont désormais réunies au sein d'une institution, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF). Jeudi 26 et vendredi 27 janvier, ils étaient quelque 850 pasteurs à assister au congrès du tout jeune CNEF, né il y a dix-huit mois. Pour une Eglise traditionnellement caractérisée par l'autogestion et le refus de l'institutionnalisation, cette étape est un signe fort, "une machine qui se met en marche", analyse Jean-Paul Willaime. Désormais, l'Eglise mutualise ses moyens, notamment en matière de conseil juridique. Elle lance un journal, opportunément nommé Connexion, et met surtout en branle un programme, "1 pour 10 000". Derrière cette formule, la volonté d'atteindre le ratio d'une église pour 10 000 habitants, au lieu de une pour 30 000 actuellement.
"Il s'agit d'une véritable stratégie militante de développement", commente Jean-Paul Willaime. "C'est une volonté affichée mais les évangéliques n'ont pas attendu ce slogan publicitaire pour ouvrir des églises", nuance Sébastien Fath. C'est précisément pour capitaliser sur l'expérience de nombreux nouveaux pasteurs, que l'Eglise évangélique vient également de créer une école totalement dédiée à la formation de pasteurs implanteurs.
Les églises évangéliques reposent sur le don des fidèles, qui donnent davantage que dans d'autres églises. Un jeune membre, ingénieur informaticien de 25 ans, affirme ainsi laisser 10 % de son salaire quand il le peut. Le pasteur Lefillatre, le principal prédicateur de l'église, insiste sur la transparence des comptes, "consultables dans le Journal officiel. Le budget s'élevait à 270 000 euros pour 2011 et je touche 2 300 euros nets par mois, les [trois] autres pasteurs également".
Lors du culte de 11 h 15, des voix s'élèvent spontanément. Ici "merci Seigneur", là "je t'adore, je t'adore de tout mon cœur", plus loin émergent des bribes d'une prière dispersée : "au rocher de ta foi"... Deux caméras professionnelles filment, le montage sera ensuite mis en ligne sur le site Internet de l'église. Entre deux chants, l'atmosphère reste électrique.
Le culte évangélique se caractérise par une prise de parole plus libre. "Il existe l'idée que si l'on s'exprime, on sera écouté (...) ; cela permet aux gens de reprendre contrôle de leur vie religieuse", observe Sébastien Fath. Les églises sont ainsi des lieux d'autogestion : l'assemblée générale des fidèles vote pour son pasteur, ses finances. Un contrôle exercé par la base qui limite les possibilités de dérive sectaire, même si, selon Sébastien Fath, ces dérives peuvent exister avec l'émergence d'"un pasteur gourou (...) et des détournements de fonds". Des pratiques qu'il est difficile d'évaluer mais qui resteraient marginales, pour Jean-Paul Willaime et Sébastien Fath.
A l'église Paris Bastille, le temps de recueillement est interrompu par la reprise des chants, sur un des rythmes contemporains. C'est cette musique qui a séduit Guillaume il y a sept ans. Agé de 20 ans, il accompagnait un ami récemment converti, par curiosité. "Jésus, je n'ai pas accroché. Le message, je n'y ai rien compris. Mais la musique, j'ai tout de suite aimé." Cet ancien catholique non pratiquant raconte, souriant, l'idée qu'il se faisait de l'église : "un gros bâtiment sombre et humide, une vieille dame à l'orgue, un curé qui dit des choses que personne ne comprend en latin et tout le monde qui dort au bout de dix minutes". Enthousiaste, il explique sa surprise lorsqu'il a aperçu une batterie à l'église évangélique. Après une difficile rupture amoureuse, il s'est reconnu dans un chant. "Je me suis dit, 'tu n'as plus rien à perdre, prie'. Cela a été une délivrance. (...) Dieu m'a donné du courage. Les frères de l'église ont pu m'entourer là où les psychologues ont failli, là où les amis n'ont pas réussi."
L'histoire de Guillaume est emblématique : comme la moitié des évangéliques, il est converti. Comme beaucoup de convertis, il a moins de 30 ans. Comme la plupart des conversions, elle trouve son origine dans un lien personnel. Son témoignage illustre aussi le rôle crucial du chant et de la musique. Les évangéliques "utilisent tous les moyens modernes de communication", explique Jean-Paul Willaime, qui y voit une des clefs de leur réussite, notamment auprès des plus jeunes. "L'offre religieuse met l'accent sur l'épanouissement personnel, ici et maintenant", explique encore Sébastien Fath, qui analyse également le succès des églises évangéliques par la "mise en place de sociabilités très chaleureuses (...) : c'est l'image de la famille que l'on n'avait pas". Les prêches des pasteurs, les prières s'inscrivent dans une "pertinence", un lien concret avec la vie des fidèles : les prières sont dirigées vers un examen à la fac, la maladie, la perte d'un emploi d'un membre. "Cela donne l'impression d'une prise en charge symbolique, beaucoup de catholiques viennent dans les églises évangéliques pour cela", commente Sébastien Fath.
Cette Eglise englobante, où les fidèles peuvent se retrouver tous les jours, pour des réunions de prière avant et après la journée de travail, cultive la proximité et la souplesse. Luc Maroni, pasteur à Lens, affiche volontairement une attitude moderne : lui qui "kiffe Internet" et fait ses prêches sur Power Point, met en avant "un engagement à la carte". [...]
Comme d'autres églises, son lieu de culte propose le parcours Alpha : une lecture rapide de la Bible, "en diagonale", en quelques semaines. "Après, on voit si on a envie de continuer", rajoute Luc Maroni. [...]
Son église distribue également, une fois par semaine, deux cents à trois cents repas pour les plus démunis. Luc Maroni fait figure de pasteur "hyperactif" : il est également ajdoint au maire de sa ville, investi à la Cimade (comité d'aide aux étrangers) et à la tête d'un CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale). Ce réseautage est, selon Jean-Paul Willaime, un des leviers de progression de l'Eglise évangélique. Mais le plus gros relais reste la base des fidèles, qui pratiquent un réel "zèle évangélisateur". L'évangélisme, un "christianisme de conversion", se définit en effet d'abord par la diffusion du message autour de soi et le choix personnel pour cette religion.
[...] L'aide aux migrants tient une place importante dans l'église évangélique, "la volonté de dire l'humain" et "peut-être ce que ne font pas d'autres Eglises", commente le pasteur Maroni. L'œuvre sociale apparaît aussi comme une façon de séduire de nouveaux fidèles. "L'Eglise évangélique attire beaucoup de migrants, notamment en région parisienne", confirme Sébastien Fath. "L'évangélisme n'est pas une religion de mémoire, c'est une religion pour espoir (...). Au cœur du message il y a l'idée que 'demain ce sera mieux'". Un message dans lequel les migrants se reconnaissent, analyse le sociologue.
[...] Selon le sociologue Jean-Paul Willaime, l'évangélisme inverse deux tendances ancrées dans la société française : la corrélation entre la jeunesse et l'absence de pratique religieuse et, face "à la pudeur des affaires religieuses", la volonté d'afficher publiquement sa foi.

"Pour les évangéliques, l'idée reste qu'être croyant, cela doit se voir"

Le Monde - 3 février 2012 - Jean-Paul Willaime (professeur à l'Ecole pratique des hautes études à Paris, spécialiste du protestantisme), propos recueillis par Flora Genoux
Il s'agit d'une véritable stratégie militante de développement. D'après l'expression utilisée par le CNEF, cela fait partie de "l'ADN" évangélique de vouloir convertir : l'évangélisme est une religion de conversion. Il faut témoigner de sa foi auprès d'autres personnes. Ainsi, la moitié des évangéliques sont des personnes converties. Et ils atteignent tous les milieux : les classes populaires, mais également les cadres moyens et supérieurs, les jeunes.
Les jeunes évangéliques sont d'ailleurs particulièrement pratiquants : 76 % d'entre eux sont des pratiquants réguliers, alors que ce n'est le cas que de 25 % des jeunes luthéro-réformés. Il faut noter que les protestants évangéliques représentent un bon tiers du monde protestant en France, mais une majorité des pratiquants réguliers. Sur cent protestants qui se rendent au culte au moins une fois par mois, on compte cinquante-cinq évangéliques. Ce sont donc des protestants pratiquants, engagés dans l'évangélisation. Et ce qui frappe beaucoup, c'est leur zèle évangélisateur. Entre l'ambition affichée de construction d'églises et la réalisation, il y aura toujours un écart. Mais une croissance relative de cette sensibilité est à prévoir.
Quelles sont les raisons de leur succès ? On peut en dégager trois. D'abord, ils ont bien compris qu'on devenait chrétien pas par héritage, mais par choix. La place donnée à l'individu est en totale adéquation avec notre société, où c'est le choix individuel qui est au centre.
Ensuite, ils utilisent tous les moyens modernes de communication : Internet, mais aussi la musique, la scnénographie. Dans les églises évangéliques, il n'y a pas un orgue, mais une batterie. Ils sont "à la page". Les églises apparaissent comme des assemblées chaleureuses, réconfortantes.
Troisième point, il s'agit d'une expression religieuse qui part de l'expérience personnelle, au plus près de la réalité des gens. C'est à l'opposé d'une approche doctrinale, cérébrale. Et cela séduit en particulier les jeunes, mais aussi des gens perdus, à la recherche d'une identité. Cette Eglise offre une structuration, une cohérence et une espérance. Les évangéliques ont bien compris qu'en France, ils évoluent dans une société très séculaire où il n'est pas évident d'être religieux et ils parviennent à mettre le message religieux en relation avec des éléments concrets. En cela ils sont très modernes. Lors des prières par exemple, ils évoquent la situation des fidèles – la maladie, le chômage, la souffrance sociale, les difficultés psychologiques. Ils accrochent sur les difficultés du quotidien.
[...] our les évangéliques, l'idée reste qu'être croyant, cela doit se voir. C'est en totale réaction avec la grande pudeur des affaires religieuses en France. On peut remarquer que cette tendance est également en train de s'inverser chez les juifs, les catholiques et les musulmans : on note cette volonté de rendre plus visible l'option religieuse.
[...] Les évangéliques ont des positions très marquées sur les grands sujets de société : s'ils sont en faveur de la contraception, ils rejettent en revanche le mariage gay, l'homoparentalité, l'euthanasie ou encore l'avortement. [...] Ils sont en effet intransigeants sur un certain nombre d'évolutions sociales et cela contribue à leur succès. Leurs positions sur les enjeux de la société sont nettes et en cela ils rejoignent le magistère romain. Ils insistent aussi sur le modèle de la famille hétérosexuelle avec enfants. Quand ils se présentent, ils disent souvent "marié, avec quatre enfants". Ils valorisent l'engagement conjugal et la fécondité. Cette réassurance identitaire, l'importance des "valeurs traditionnelles", rencontrent les aspirations de la société française. Une aspiration qui se traduit aussi sur le plan politique.

Oecuménisme : une fraction de l'église anglicane se rapproche de Rome

Grande-Bretagne: 5 évêques anglicans rejoignent Rome

Le Figaro - 8 novembre 2010 - AFP
Cinq évêques anglicans traditionnalistes, opposés au virage "libéral" de leur hiérarchie, ont rejoint l'Eglise catholique romaine, a annoncé lundi la Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles. Les évêques Andrew Burnham, Keith Newton, John Broadhurst, Edwin Barnes et David Silk ont rejoint l'Eglise catholique, en vertu de la Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus (latin pour "relatif à des groupes d'anglicans"), a indiqué la Conférence, représentante locale des catholiques. Cette Constitution (nom donné aux plus importantes lois du Vatican) permet depuis novembre 2009 la création de structures pouvant accueillir les anglicans dans la foi catholique tout en les autorisant à garder une partie de leur héritage, et en particulier de rester mariés.
[...] La défection des évêques anglicans, qui survient moins de deux mois après une visite historique du pape Benoît XVI au Royaume-Uni, va permettre la création d'un ordinariat, une structure spécifique pour l'Angleterre et le Pays de Galles qui regroupera les anglicans transfuges. La création de cette structure fera l'objet d'une réunion de la Conférence épiscopale catholique "la semaine prochaine". "Nous exprimerons l'accueil le plus chaleureux à ceux qui veulent en faire partie", ajoute le communiqué de la Conférence.

À Folkestone, une paroisse anglicane rejoint Rome

Le Figaro - 19 octobre 2010 - Cyrille Vanlerberghe
Un mois après le succès populaire de sa visite en Grande-Bretagne, le Pape a remporté une nouvelle victoire en terre anglaise. Après un vote à la majorité, les paroissiens de l'église anglicane St Peter's de Folkestone, dans le Kent, ont décidé de se convertir au catholicisme. Emmenés par leur prêtre, le père Stephen Bould, ces anglicans traditionalistes veulent quitter l'Église d'Angleterre en raison de leur opposition à une décision récente qui ouvre la voie à la nomination de femmes évêques. Au même moment, un évêque anglican a lui aussi provoqué un beau tollé en annonçant qu'il se rallierait à l'autorité du Pape, critiquant sèchement la tendance de plus en libérale de l'Église anglicane. John Broadhurst, évêque de Fulham, a expliqué qu'il n'avait «pas d'autre choix que d'accepter l'offre du Pape». «Le synode [de l'Église d'Angleterre] est devenu vindicatif et méchant à notre égard, agissant de manière fasciste en marginalisant ceux qui s'opposent à l'ordination des femmes», a-t-il ajouté.
[...] Malgré tout le soin prévu par le Vatican pour accueillir les nouveaux convertis, le changement ne sera pas facile. Les paroissiens de Folkestone risquent de se retrouver sans lieu de culte, puisque l'évêché anglican n'a pas l'intention de leur abandonner la jolie petite église St Peter's, qui fait face à la Manche à tout juste 35 km des côtes françaises.
Même si les différences sont minimes entre le rite anglican de la «high church», la branche traditionaliste, et la liturgie romaine, ces défections sont des symboles très forts de la crise qui agite la communion anglicane dans le monde, et le divorce croissant entre les branches traditionalistes et réformistes.
Malgré des différences importantes entre ces deux visions, le rejet de l'autorité du Pape a toujours été un fil conducteur de l'anglicanisme. Les causes historiques de ce divorce ont disparu, mais cela n'empêche pas de nombreux Anglais de conserver une forte hostilité vis-à-vis du Saint-Père.

Pour aller plus loin

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