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La république laïque contre les religions ?
Laïcité positive, racines chrétiennes de l'Europe, islam, ...

Dossier d'information et de réflexion - basé sur une sélection structurée d'extraits d'articles de presse - sur l'évolution de la théorie et de la pratique de la laïcité à la française :

La laïcité n'implique pas de nier le passé et les racines judéo-chrétiennes de notre culture

Max Gallo : «L'ancienne conception de la laïcité est dépassée»

Libération - 15 septembre 2008 - Max Gallo, propos recueillis par Laurent Joffrin
Un peu d'histoire. Le catholicisme était avant la Révolution l'idéologie de la monarchie, même s'il pouvait y avoir des conflits entre le Pape et le roi. Ensuite, il a été mis au service de l'idée de Restauration et plus largement au service de la réaction politique. La République a donc logiquement pratiqué une laïcité très ferme, souvent agressive, comme au moment de la lutte pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat [en 1905, ndlr]. Depuis, l'Eglise s'est largement retirée de la vie politique. Benoît XVI l'a rappelé : il ne faut pas que la religion soit une politique, ni que la politique soit une religion. Du coup, l'ancienne conception de la laïcité est dépassée. La nouvelle est positive.
[...] La démocratie ne répond pas aux questions fondamentales, qui touchent à la vie et à la mort, au sens même de l'existence humaine. Il est légitime, dans ces conditions, qu'un dialogue s'instaure avec les Eglises, qui ont élaboré depuis longtemps des réponses argumentées aux questions de la transcendance, de la spiritualité, de l'origine du monde et du rôle de Dieu. Je rappelle d'ailleurs qu'aux temps des Lumières, auxquelles on se réfère à juste titre, les athées étaient très minoritaires. Voltaire lui-même disait que si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.
[...] Mais il faut reconnaître l'origine chrétienne de la France, qui est une réalité historique. C'est un fait incontournable, même s'il faut aussi respecter l'incroyance ou les autres religions. La raison est à la base de notre société. Mais elle trouve aussi ses limites. A moins de postuler l'absurdité de la vie humaine, elle doit dialoguer avec la foi.

Nicolas Sarkozy souligne les racines chrétiennes de l'Europe

Le Point - 30 janvier 2008 - Yves Clarisse, Elizabeth Pineau
Le président Nicolas Sarkozy estime que l'Union européenne a eu tort de renoncer à mentionner les racines chrétiennes de l'Europe dans le projet de Constitution rejeté par la France en mai 2005. "Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier d'une certaine façon des racines qui sont évidentes", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une convention de l'UMP sur l'Europe . "Qu'on ne vienne pas nous dire qu'on remet en cause la laïcité", a-t-il ajouté, en présence de la chancelière allemande Angela Merkel. "Il suffit de survoler la France pour voir son long manteau d'églises". Pour le président français, "dire qu'en Europe il y a des racines chrétiennes c'est simplement faire preuve de bon sens. Renoncer à le dire, c'est tourner le dos à une réalité historique".
La France avait mené le combat contre la mention des racines chrétiennes de l'Europe dans le texte préparé par la convention présidée par l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, ainsi que pendant la Conférence intergouvernementale qui avait abouti à l'adoption de ce texte par les gouvernements.

Goldnadel : «Sarkozy a apaisé la communauté juive»

Le Figaro - 3 février 2010 - William Goldnadel, propos recueillis par Judith Waintraub
William Goldnadel, président de France-Israël et d'Avocats sans frontières, vient d'être élu au comité directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France. (...) "N'en déplaise à ces mauvais perdants, mon élection est moins une victoire de la droite qu'une défaite de la gauche ringarde et courtisane ! Quand cette gauche était en majesté dans la communauté, elle a monté en épingle un antisémitisme largement fantasmé en faisant entendre des bruits de bottes. Elle a crié au loup au risque de perdre toute crédibilité. Et lorsque l'antisémitisme nouveau est arrivé, elle s'est mise aux abonnés absents, parce que cet antisémitisme venait de la partie soi-disant la plus réprouvée du corps social. Celle qui ne pouvait pas incarner le mal. Ce faux angélisme, comparable à celui qui sévit dans une certaine gauche sur la délinquance, a été censuré par la communauté lorsqu'elle a élu ses représentants, comme par le peuple français quand il a élu ses dirigeants."
"Je n'ai pas peur de dire que la France s'est construite historiquement autour de sa culture judéo-chrétienne, et notamment de ses églises."

La laïcité n'est pas l'exclusion du religieux, la pensée catholique a beaucoup à apporter à la société

André Vingt-Trois : "La laïcité doit permettre de vivre ensemble de façon paisible"

La Vie - 2 février 2012 - Monseigneur Vingt-Trois ( cardinal-archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France), interview par Jean Mercier
Faut-il renforcer la laïcité par une nouvelle contrainte ?
La laïcité n’est pas une contrainte. Elle doit permettre à des gens qui ont des convictions différentes de vivre ensemble de façon paisible. La laïcité n’a pas pour but d’établir un no man’s land de la croyance, de telle sorte qu’elle n’existerait que là où il n’existerait plus de religions. Dans le débat qui a marqué la loi de 1905, c’est le courant libéral qui l’a emporté pour l’adoption de la loi et sa mise en œuvre. Nous devons être fermement attachés à une vision consensuelle de la laïcité, et ne pas céder à une pratique conflictuelle.
Peut-on instrumentaliser la laïcité en politique ?
La laïcité ne doit pas être instrumentalisée comme moyen de gestion des situations difficiles, comme substitut à des débats importants. Elle n’est pas une façon de partager la population en clans, mais un moyen pour aider les citoyens à ­surmonter ce qu’il peut y avoir de tendances claniques entre eux, afin de constituer une nation.
Dans le programme du candidat socialiste figure la légalisation de l’euthanasie et du mariage homosexuel, ce qui entre en choc frontal avec le magistère catholique. Qu’en dites-vous ?
L’euthanasie ou l’union homosexuelle entrent en choc frontal, pas seulement avec le magistère ­catholique, mais aussi avec une conception générale de l’existence humaine. Sur ces sujets, le magistère catholique fait valoir une longue tradition de sagesse. Nous ne défendons pas des bastions propres, des idées dont nous aurions l’exclusivité. Nous appelons nos contemporains à se poser les questions fondamentales pour leur avenir, et à réaliser que tout n’est pas bon pour l’homme et ne contribue pas au bien commun.
Cela oblige-t-il les catholiques à ne pas voter pour François Hollande ?
Nous n’entrerons jamais dans une forme de prédétermination confessionnelle des votes. Les évêques de France ont établi un texte en vue des élections, qu’ils ont publié en octobre dernier. Ils y donnent les éléments nécessaires au discernement. Les électeurs sont responsables de leur vote en conscience. [...]
La laïcité n’est-elle pas invoquée pour museler les acteurs des religions, dès qu’ils s’expriment de façon critique ?
Ce qui me paraît malsain, c’est le procédé qui consiste à récuser les questions ou les débats en discréditant les interlocuteurs pour des raisons religieuses ou morales. Certains sont pour la démocratie mais voudraient que les idées de leurs interlocuteurs correspondent à leurs points de vue. Mais alors, ce n’est plus la démocratie. Autre exemple, l’expression artistique. On peut produire n’importe quoi sans que personne ne bronche, au nom de la liberté de création… Et, au nom de cette même liberté de création, ceux qui, professant des croyances bien définies, critiquent ces productions se trouvent censurés ! Il ne faut pas que la laïcité se fasse au prix de l’interdiction faite aux religions d’exprimer ce qu’elles croient, sous réserve du respect de l’ordre public, naturellement.
On disqualifie volontiers l’Église, et les religions comme opposées au progrès social, en leur niant toute légitimité dans le débat…
C’est pourtant nous qui posons les questions de savoir ce que va devenir l’humanité et non pas les gens qui disent : « On peut faire telle chose, donc faisons-le, et on verra bien après ce qu’il en est. » C’est nous qui appelons à privilégier ce qui est meilleur pour l’ensemble de l’humanité, et non pas ce qui concerne une petite catégorie de citoyens…
Où est le progrès ? En matière sociétale, ne sommes-nous pas dans une phase de régression sur beaucoup de sujets ? Prenons l’exemple du couple. Est-ce que nous n’étions pas arrivés à un véritable progrès, notamment grâce au christianisme, par rapport à ce qui se vivait dans des temps reculés ? N’est-il pas meilleur que les gens se marient librement plutôt que sous la contrainte ? La monogamie n’est-elle pas un progrès par rapport à la polygamie antique ? Or, la multiplication des divorces et l’éclatement des familles ne sont-ils pas une forme de polygamie qui ne dit pas son nom ? Ils nous ramènent pratiquement à des temps où l’éducation reposait sur la mère seule. On connaît bien les conséquences malheureuses de cette situation pour les enfants (difficultés scolaires, adaptation sociale, etc.), mais on ne veut pas le reconnaître.
L’Église doit-elle fonctionner comme un lobby ?
Non, l’Église n’est pas un groupe de pression. Sa mission est d’aider à découvrir le Christ. Elle doit exprimer des convictions qui peuvent pousser les hommes à réfléchir et leur apporter une espérance. Cela n’empêche pas que nous puissions peser, comme des citoyens honnêtes, sur le débat public.
Le catholique n’est-il pas pris dans un dilemme : sur le plan de la justice sociale, il pencherait à gauche. Sur l’anthropologie, il pencherait à droite ?
Dire cela consiste à céder aux clichés qui imaginent qu’il y a d’un côté le conservatisme moral, et de l’autre, la justice sociale. Je crois que la recherche d’une vie juste et honnête comme de la justice sociale n’est l’apanage d’aucun parti.
Vous avez souvent dénoncé la tentation de la xénophobie. [...] Cela vous inquiète-t-il ?
Face aux problèmes de notre société, certains de nos contemporains tombent dans la déprime et l’isolement. Au niveau économique, si on pense que des réflexes protectionnistes seront la solution et que quelques milliards d’êtres humains vont nous laisser prospérer sur notre île au soleil alors qu’ils affrontent de graves difficultés, on se trompe. [...] La force de la foi catholique est sa vision de la totalité de l’univers placé sous le regard de Dieu.

Les valeurs chrétiennes sont-elles affaire d'opinion ?

Le Monde - 18 janvier 2011 - Patrick Kéchichian (ancien journaliste au "Monde", écrivain et critique littéraire, auteur de Petit éloge du catholicisme)
Là encore, les chrétiens sont invités à la plus grande discrétion, à garder leur foi pour eux, leur famille et leurs murs – à ne pas se montrer "ethnocentristes" en somme. Ce que la vision chrétienne du monde et de l'homme peut avoir de spécifique et de cohérent, de dûment réfléchi et pesé (depuis une bonne vingtaine de siècles), doit-il être fondu dans une vaste et molle morale interchangeable ? Et pourquoi donc, dans le but de séduire qui, faudrait-il cesser de parler de "valeurs chrétiennes", parfaitement identifiables, reconnaissables et défendables ? En quoi la haute et claire affirmation de ces valeurs contredirait la tolérance et le respect ? Veut-on suggérer que si les chrétiens d'Irak, d'Egypte et d'ailleurs apprenaient à se montrer plus discrets, ils courraient moins de danger ?
[...] De grâce, sortons de ces clichés, de ces facilités de langage auquel le journalisme, parfois, conduit. L'unité de la doctrine morale de l'Eglise est une nécessité. Elle n'est pas défendue comme un privilège, selon le caprice, l'arbitraire ou les opinions de tel ou tel pape. En revanche, elle entend légitimement poser des principes, mûrement réfléchis, donner une armature de pensée et de conduite, servir de référence. Loin d'être immobile et "coupée du monde", elle propose à ce monde, et justifie, une vision, une cohérence, un but. Quoi qu'on en dise, jamais l'Eglise n'a prétendu que cette doctrine résumait toute la complexité du monde, ou était apte à la solutionner. Enfin, il faut impérativement renoncer à cette caricature qui présente le pape (celui-là ou un autre) comme un "théologien dogmatique et coupé du monde". Par la même occasion, on pourra cesser d'employer les mots "dogme" et "dogmatique" dans le sens péjoratif qu'ils ne méritent pas.

Cathos: "Nous avons le droit et le devoir de prendre la parole"

L'Express - 20 avril 2011 - Monseigneur Philippe Barbarin (archevêque de Lyon), propos recueillis par Claire Chartier
Pourquoi entend-on davantage les catholiques aujourd'hui?
En France, nous avons longtemps été majoritaires, et une assez forte autocensure régnait, parce que nous ne voulions pas donner l'impression, dans un pays laïque, d'incarner une voix prépondérante. Nous avons aussi reconnu le bien-fondé de certaines critiques contre le cléricalisme. [...] Aujourd'hui, le contexte est tout autre. Nous avons à faire entendre notre voix, d'abord pour le bien de l'homme, et non pas pour défendre l'Eglise.
Certains vous accusent pourtant d'agir comme un lobby.
C'est inévitable dès lors que l'on s'exprime, mais sans importance. Nous ne nous comportons pas comme un groupe de pression; nous donnons seulement notre témoignage, même s'il est mal reçu. Lorsqu'il s'agit de la protection de la vie humaine, du décalage entre les riches et les pauvres sur la planète, des manipulations biologiques qui risquent de faire perdre le sens de la dignité de l'homme, ce serait de la lâcheté de ne rien dire, alors que les autres parlent! Nous avons le droit et le devoir de prendre la parole. J'encourage souvent les jeunes et les adultes à s'engager sur le chemin des responsabilités, à s'investir dans la vie sociale et politique pour témoigner avec courage contre l'argent roi, ou contre la science, lorsqu'elle se croit toute-puissante. J'admire les progrès de la technique et de la médecine, dont je suis comme tout le monde l'heureux bénéficiaire, mais les scientifiques peuvent eux aussi succomber à la tentation de l'orgueil, dont je parlais plus haut pour nous, les clercs. [...]
L'Eglise et ses fidèles sont-ils pour autant davantage écoutés?
Je le pense, oui, parce que nous parlons clairement et que notre message ne varie pas dans le temps. Un élu communiste m'a dit un jour: "Nous, il y a vingt ans, nous parlions de la dictature du prolétariat, aujourd'hui, c'est fini; tandis que vous, il y a mille cinq cents ans, vous disiez non à l'avortement et dans trois cents ans vous le direz encore. Continuez, car vous êtes le seul repère!" Il y a des points dans l'enseignement de l'Eglise qui traversent les siècles. Parfois, cela ne pose pas de problème parce que cet enseignement est en harmonie avec la société, d'autres fois, cela crée des conflits terribles, qui jettent les catholiques en prison.

Les nouveaux réseaux catholiques - Interview d'Augustin de Romanet

Challenges - 27 janvier 2011 - Augustin de Romanet (directeur général de la Caisse des dépôts), propos recueillis par Marc Baudriller
Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts est aussi un catholique pratiquant. A la demande de Challenges, il s'exprime pour la première fois sur ses convictions religieuses.
Challenges. Peut-on être catholique affirmé et diriger une des plus puissantes institutions républicaines ?
Augustin de Romanet. Ce qui serait gênant, c'est qu'en raison de ses convictions religieuses, quelles qu'elles soient, on ne puisse pas exercer une responsabilité au sein des institutions de la République, dès lors que l'on est attentif, comme je le suis, à la stricte distinction entre sphères privée et professionnelle. Jusqu'à présent, j'ai privilégié la phrase de saint Matthieu : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. » Mais le même évangéliste dit qu'« on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ». Je n'ai pas à cacher mes convictions dès lors que l'on me sollicite et que nous avons la chance de vivre dans un pays qui permet de les exprimer. Je crois que ces valeurs aident à rechercher une société humaine et équitable, et je suis heureux de les partager.
[...] Vous distinguez vie privée et vie professionnelle. La foi n'est-elle pas une affaire strictement privée ?
Bien sûr, la foi concerne la sphère privée. Mais la liberté d'exercer sa religion dans le respect des autres religions ou opinions philosophiques est un des fondements de la loi de 1905. Dès lors que, dans cet esprit, le responsable public ne mélange pas les genres, pourquoi lui interdire de se dire chrétien ? Cela le met de plain-pied avec les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Il n'existe pas de sciences, de techniques ou de solutions « chrétiennes », mais un regard sur l'homme et sur le monde qui rejoint et respecte chacun dans sa pleine dignité de personne.
En quoi être un patron chrétien influe-t-il sur la gestion d'une entreprise ?
Les valeurs chrétiennes peuvent aider dans le management d'une équipe. J'en citerai trois : la primauté de la personne humaine, le souci du long terme et le sens de la vérité.
D'abord, le christianisme place le bien de l'homme et de la femme au coeur de ses préoccupations. C'est un point essentiel : ne jamais considérer les salariés comme de simples moyens pour l'obtention d'une fin. La deuxième valeur est l'importance du long terme. Pour les chrétiens, c'est la vie éternelle qui donne tout son souffle au progrès humain. Enfermé dans une histoire courte, l'homme risque de se limiter à la croissance de l'avoir. Sans profondeur de champ, le progrès peut manquer de sens. La vision du long terme permet de « bâtir sa maison sur le roc » pour anticiper et maximiser la croissance de nos projets.
La troisième valeur qui peut servir de référence au manager est le souci de la vérité. « Sans vérité, sans confiance et sans amour du vrai, il n'y a pas de conscience ni de responsabilité sociale et l'agir social devient la proie d'intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour effets d'entraîner la désagrégation de la société », écrit Benoît XVI dans Caritas in veritate. Sans vérité, pas de confiance et, sans confiance, il est difficile de construire la paix et la prospérité. Mais attention, vérité ne veut pas nécessairement dire transparence absolue dans l'entreprise. Le plus important est que celle-ci se donne des règles de gouvernance claires, et que le mensonge soit exclu de sa culture.
Entre libéralisme et socialisme, le Vatican prône une troisième voie, la doctrine sociale de l'Eglise. Crédible ?
S'il s'agit de rejeter à la fois le collectivisme et le système du renard en liberté dans le poulailler, alors l'Eglise voit juste. Son approche est d'ailleurs modeste. Dans la préface du document de 2005 présentant la doctrine sociale de l'Eglise, le cardinal Martino souligne que ses interventions dans le domaine social « ne semblent pas à première vue relever de sa compétence », mais qu'il est utile que chacun connaisse ses réflexions. Pour ma part, je me référerai au général de Gaulle, dont la pensée économique est proche de cette doctrine. Condamnant le laisser-faire et le communisme, il prônait une troisième voie, « la construction d'un régime économique qui règle les rapports humains de telle sorte que chacun participe directement aux résultats de l'entreprise, à laquelle il apporte son effort ». Il était attaché au développement de l'intéressement et de la participation qui apportent aux individus la dignité d'être coresponsables d'une oeuvre collective.
Les origines chrétiennes de l'Europe sont-elles un atout ?
Plus que des origines, elles sont un modèle de rapport à soi et à l'autre. Le professeur Rémi Brague a montré comment l'Europe avait pu réitérer le modèle romain fondé sur la reconnaissance de la supériorité de la culture grecque et sa réinterprétation. La chrétienté a assumé cet héritage, comme celui de la culture juive. Les origines de l'Europe, ce sont les Evangiles, mais aussi Aristote, Cicéron et la Torah. L'Europe dispose ainsi d'un logiciel intégré d'apprentissage et d'ouverture qu'elle s'est efforcée de diffuser dans le monde. Un autre apport décisif du christianisme est la distinction entre Dieu et César. Elle libère de la tentation d'absolutisme-totalitarisme qui conduit si souvent les dirigeants à vouloir se rattacher à la source ultime du pouvoir dans sa dimension religieuse.
La persécution des chrétiens d'Orient et la façon dont les médias occidentaux la relatent ne risque-t-elle pas de créer pour de bon un choc des civilisations ?
Le choc des civilisations n'est qu'un brillant choc de mots. Une formule. A moins que l'on considère le terrorisme comme une forme de civilisation. Nous devons mieux connaître les autres, l'Islam en particulier, mais aussi faire progresser les droits universels de l'homme. A commencer par celui de pouvoir pratiquer sa religion et d'exprimer ses convictions. La haine et la peur n'ont jamais fait progresser quiconque.

L'islam dans la république laïque, l'incompréhension est loin d'être finie

analyse La république française doit-elle s'adapter à l'islam ? Ou les Français musulmans doivent-ils construire un islam de France ?

Dix élèves tentent de présenter le bac voilées

Le Figaro - 23 juin 2010 - Marie-Estelle Pech
Dix jeunes filles, sur un total de 309 candidats, se sont présentées voilées aux épreuves écrites du bac technologique des séries sciences sanitaires et sociales, et gestion, au lycée Gutenberg de Créteil. Trois d'entre elles étaient revêtues d'un niqab et de gants, les sept autres avaient un voile simple. Toutes avaient néanmoins pris la précaution de laisser l'ovale de leur visage apparent pour qu'on les reconnaisse. Certaines auraient demandé à ne pas travailler en compagnie d'hommes et se seraient munies d'un papier notifiant qu'elles avaient «le droit», selon la loi, de composer voilées. Elles ont été autorisées par le proviseur à présenter leurs examens voilées les trois premiers jours, dans une salle isolée des autres candidats.
Choqués, des enseignants ont envoyé une pétition au rectorat. L'affaire les a d'autant plus heurtés que les dix candidates inscrites dans ce même établissement pendant l'année n'avaient jamais porté le voile!

Islam : de nouvelles revendications en entreprise

Le Figaro - 15 décembre 2009 - C. G.
De nouvelles exigences religieuses en entreprise et dans les hôpitaux irritent ou inquiètent. Au gré des auditions, les députés ont découvert de nouvelles exigences religieuses ou communautaristes.[...] À l'hôpital,on compte quatre à cinq incidents par semaine dans les services d'obstétrique car les maris de femmes voilées ne veulent pas qu'elles soient vues par un médecin homme.

Voile islamique : malaise dans les entreprises

Le Figaro - 7 février 2011 - Cécilia Gabizon
La salariée voilée contre la crèche laïque: l'affaire Baby Loup avait révélé au grand jour des tensions d'ordinaire étouffées dans les prétoires. Les prud'hommes ont finalement approuvé le licenciement et la Halde, qui avait soutenu la salariée en foulard, a senti combien sa «position, fondée en droit, pouvait passer à côté de l'enjeu du vivre-ensemble». Sous la houlette de son nouveau président, Éric Molinié, son collège s'est donc réuni [...] pour peaufiner sa doctrine sur les pratiques religieuses dans le secteur privé. Elle a rendu ces dernières années une dizaine de délibérations concernant les signes religieux. «Maintenant, nous devons donner une lisibilité à nos décisions: tracer la ligne rouge entre les accommodements raisonnables et ceux qui vont entamer le modèle français, dégrader la cohésion nationale. Il ne faut pas laisser la question de la laïcité se résoudre uniquement devant les tribunaux», explique Éric Molinié.
Des questions nouvelles ont surgi, dans une société où les droits individuels ont pris le pas sur les règles collectives. Désormais, ce qui n'est pas interdit est considéré comme autorisé. [...] Éric Molinié [...] aimerait élargir l'obligation de neutralité aux personnels qui s'occupent d'enfants, dans les crèches, mais aussi les colonies. «Lorsque le caractère religieux est explicite, comme pour les scouts, les parents font un choix. En revanche, s'ils envoient leurs enfants dans des structures laïques, alors il faut éviter le prosélytisme.»
Le président de la Halde souhaiterait plus largement protéger les «publics sensibles», comme les malades, les personnes âgées. On lui a signalé des difficultés dans les maisons de retraite. Des pensionnaires déstabilisées face à des employées portant le foulard, nombreuses dans ce secteur. «À cet âge, je ne crois pas qu'on puisse leur demander de s'ouvrir à la diversité.» Une femme de service a porté plainte pour discrimination, car la direction lui demandait de porter une charlotte en cuisine et un voile léger pour s'occuper des patients. La Halde n'y a pas vu discrimination. [...]
La question des signes religieux préoccupe également les chefs d'entreprise. Vingt représentants réunis à la Halde la semaine dernière ont évoqué la montée en puissance des revendications, notamment ces femmes qui décident de travailler voilées après un congé maternité. Les entreprises réclament des conseils, des éclaircissements. [...] Faute d'un droit clair, chacun bricole alors des réponses. Dans un audit étonnant, le cabinet de conseil First & 42nd évoque la disparité des pratiques, voire une certaine improvisation dès qu'il s'agit d'islam. Un tiers des entreprises se montrent laxistes, «cédant à toutes les revendications religieuses pour éviter les complications», selon la consultante Anne Lamour, qui a réalisé l'étude.
Des salariés ont ainsi demandé s'ils pouvaient prier dans une salle de réunion inoccupée. Le chef a obtempéré. Quelques semaines plus tard, la salle avait été transformée en mosquée. «La société s'est demandé quand elle aurait dû intervenir: dès le début, en stoppant toute tentative de prière, ou au premier tapis laissé dans la salle?» raconte encore l'auteur du rapport.
À côté des entreprises qui aménagent les horaires pour le ramadan et les prières et adaptent les menus de la cantine, d'autres interdisent tout. Elles invoquent notamment le principe de «neutralité» pour prohiber le foulard alors que cette obligation ne concerne que les fonctionnaires! D'autres s'abritent derrière le «principe de laïcité» pour interdire les signes religieux? Ignorant là aussi la loi sur l'école ne vaut que pour les mineurs, dans le cadre scolaire, pour protéger les consciences de tout prosélytisme. Que la laïcité n'impose guère d'obligation dans le cadre privé. Enfin, un tiers des sociétés privées s'accommodent au cas par cas, ce que recommande d'ailleurs l'association des DRH.

Une affaire de voile au travail prend une tournure politique

Le Figaro - 9 novembre 2010 - Charlotte Menegaux
L'affaire remonte au mois de décembre 2008, lorsqu'une salariée revient d'un congé parental de cinq ans, couverte d'un voile noir de la tête aux pieds. On ne voit que son visage. Or, le règlement intérieur de la structure interdit le port de signes religieux au nom du principe de «neutralité». Face au refus de porter le voile qui lui est opposé, l'employée demande des indemnités de départ. Nouvelle fin de non recevoir. On lui propose alors de démissionner. Après plusieurs jours de conflits, la directrice décide de la licencier pour faute grave.
S'ensuit une longue période de tensions dans la crèche : arrêts maladie intempestifs et refus de travailler de certains personnels, qui tentent d'imposer à leur tour le voile, demandes de faire faire les prières aux enfants... Les parents se divisent. Le fragile consensus pour «maintenir un espace de neutralité et sauvegarder le vivre ensemble» menace de voler en éclats [...].
La désormais ex-salariée saisit ensuite le conseil de prud'hommes et réclame environ 80.000 euros de dommages et intérêts. Pour cette association financée à 90% par des fonds publics qui accueille 200 enfants par an environ, le règlement d'une telle somme impacterait ses finances. Et ce, de façon possiblement irréversible.
L'ex-employée saisit également la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), qui a, depuis, rendu un avis en sa faveur. Dans sa délibération rendue en mars, la Halde considérait le licenciement de cette femme comme «discriminatoire».
Mais en octobre, nouveau rebondissement : la présidente de la Halde Jeannette Bougrab, qui a pris ses fonctions en avril, annonce que la Haute autorité étudie à nouveau le différend. «La question se pose : est-ce que Baby Loup, qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, est une activité de service public et donc astreinte à la neutralité ?», interroge-t-elle. Pour elle, ce dossier ne soulève «pas une question administrative ou de procédure mais porte sur un principe fondamental de notre République qui est la laïcité».

Badinter: "Le combat doit se mener à Chanteloup"

Le Journal du Dimanche - 31 octobre 2010 - Elisabeth Badinter (philosophe)
Défendre le principe de laïcité est certes plus confortable Rive gauche! Je pense néanmoins que le combat doit se mener à Chanteloup-les-Vignes, dans une des villes les plus démunies de France, où le taux de population immigrée est l'un des plus importants. Les musulmans, puisque ce sont principalement des musulmans qui vivent là, ne seraient pas aussi légitimes que les autres pour bénéficier d'une totale liberté de conscience? Pour l'instant, à Chanteloup, Natalia Baleato, la directrice de Baby loup, défend seule ce principe. J'ai été touchée par le fait que c'est une ancienne réfugiée politique chilienne qui se bat pour ces idéaux républicains. On aurait préféré qu'elle se taise, qu'elle laisse faire?
[...] Je ne remets pas en cause la probité intellectuelle de la Halde et de son ancien président. Nous sommes face à un débat philosophique très important. La Halde se place dans une optique anglosaxonne différentialiste qui débouche sur une laïcité "ouverte", où toutes les croyances sont respectables et peuvent coexister, cohabiter dans l'espace public? Je pense, moi, qu'elles doivent s'exprimer dans un espace privé et consenti.
-Les musulmans français ne vont-ils pas, une fois de plus, se sentir stigmatisés?
- Je ne supporte plus ce terme. Depuis vingt ans, la gauche officielle se cache derrière pour pouvoir garder le silence et brocarder les "extrémistes laïcs". Je refuse de me laisser traiter d'islamophobe ou d'intolérante! C'est totalement faux [...]. C'est l'avenir de notre société qui se joue à Chanteloup.

Quatorze restaurants Quick passent à la viande halal

Le Figaro - 7 septembre 2010 - Anne-Hélène Pommier
Fort du succès de l'expérience entamée en 2009, la chaîne de restauration poursuit son incursion sur le marché halal.[...] Fort de résultats économiques encourageants - le chiffre d'affaires des restaurants-tests ont doublé et l'enseigne affirme avoir créer 25 emplois par site en moyenne - Quick a donc décidé de poursuivre l'expérience dans 14 autres restaurants, portant à 22 le nombre total de Quick proposant de la viande exclusivement halal. La liste a été dévoilée mardi, et les maires informés par courriers dans la journée... avec des réactions plus où moins virulentes.
[...] A Strasbourg, Roland Ries (PS) dénonce une décision «inopportune» qui conduit à la «communautarisation». Quant à Michel Humbert, le maire (PCF) de Fleury Mérogis, s'il n'est pas défavorable à la proposition de nourriture halal, il se dit très attaché à ce que tout ne soit pas halal. «Je vais écrire à la direction de Quick pour lui rappeler l'importance de la mixité dans l'alimentation. Je pense aussi écrire à l'Etat pour qu'il fasse respecter le principe républicain de la diversité qu'il impose dans les cantines scolaires», affirme-t-il. [...] Le maire (UMP) de Rosny-sous-Bois a tenté à plusieurs reprises de prendre contact avec la chaîne de restauration pour discuter des conditions de changement dans l'offre de nourriture. Sans succès. «Ma réaction est aujourd'hui une grande déception», affirme Claude Capillon. «C'est une décision économique que je comprends, et je suis tout à fait d'accord pour que Quick propose de la viande halal, mais cette offre exclusive ne correspond pas à l'idée que je me fais du vivre ensemble et je regrette le manque de concertation», poursuit le maire de Rosny qui s'incline cependant devant le choix libre d'une société privée.

Entorses à la laïcité des pouvoirs publics en faveur de la religion musulmane

Enquête sur le financement des nouvelles mosquées

Le Figaro - 22 décembre 2008 - Cécilia Gabizon
Les pouvoirs publics apportent désormais 30 % des fonds nécessaires à l'édification des lieux de culte. «Aujourd'hui, les maires sont les premiers bâtisseurs de mosquées», affirme Dalil Boubakeur, un sourire aux lèvres. [...] Partout des mosquées sortent de terre. Quelque 150 projets sont lancés. Souvent marqués par le gigantisme. Créteil vient d'inaugurer une mosquée cathédrale qui a coûté 5 millions d'euros. [...]
Imperceptiblement, en cinq ans, les élus locaux sont passés de la prudence, voire de la méfiance envers l'islam, à l'adoubement. Certes, des réticences persistent, ici et là, «mais cela s'améliore à vive allure», confirme le président du CFCM, Mohammed Moussaoui. Les maires s'impliquent, avec parfois la volonté de mieux contrôler, mais aussi de récolter des voix qui pèsent désormais sur des scrutins serrés. [...]
Depuis, les dispositifs s'affinent. Les mairies utilisent de surcroît les activités culturelles de la mosquée, parfois un simple salon de thé, pour verser des subventions. Au total, les pouvoirs publics contribueraient ainsi à 30 % du financement des lieux de culte [musulmans], selon une estimation du ministère de l'Intérieur.
[...] Nicolas Sarkozy avait souhaité un temps modifier la loi, pour permettre un «rattrapage». Et accompagner la mutation de l'islam, devenu la «deuxième religion de France». Si la pratique ne concerne que 20 % des familles musulmanes, la prégnance religieuse est beaucoup plus large. Le ramadan n'a jamais suscité autant d'adeptes, tout comme le halal et même le port du foulard. Les jours de fête, les salles de prière débordent de croyants agenouillés, qui prient sur la voie publique.
Cette image alimente les spéculations sur le nombre de lieux de culte manquant. «Il faut passer des 2 000 actuels à 4 000», assure ainsi le CFCM. Des ­maires participent à cette ­surenchère, quelle que soit leur étiquette ­politique. Chaque grande ville prépare sa grande mosquée, à coups de millions d'euros. Et le mouvement s'étend à des zones moins urbaines. Des dizaines de projets, bloqués, faute de fonds ou perdus dans les méandres des autorisations administratives, sont maintenant relancés... Car depuis la création du CFCM en 2003 et malgré ses défaillances, le statut de l'islam dans la République se banalise doucement. D'autant que le financement étranger s'est réduit. [...] Au total, ces fonds représenteraient toujours près de 50 %.

Polémique autour de la nuit de ramadan de la mairie de Paris

Le Figaro - 24 août 2011 - Cécilia Gabizon
Malgré l'indignation des associations laïques et l'opposition du préfet, la mairie de Paris a décidé de maintenir mercredi une soirée à l'occasion du ramadan.
Mercredi soir, la mairie de Paris a organisé une soirée à l'occasion du ramadan. Elle y a proposé un «Iftar léger», un repas de rupture de jeûne... Un événement qui fait des vagues. Après les associations laïques et des députés, comme Jerome Dubus du Nouveau Centre, le préfet de Paris s'est lui aussi inquiété de voir la mairie organiser cette cérémonie «religieuse».
Dans un courrier du 19 août, [...] il a jugé que cette soirée de ramadan heurtait le principe de laïcité. «Après examen de la jurisprudence administrative et consultation de la direction des libertes publiques et des affaires juridiques du ministère de l'Intérieur, il apparaît que votre décision d'organiser une telle soirée à caractère cultuel semble contraire au principe de neutralité des services publics», met en garde le préfet.
La direction juridique proposait même de faire annuler la manifestation car la soirée du ramadan organisée par la Mairie de Paris et explicitement axée sur la fête du ramadan et la rupture du jeûne imposé aux musulmans ne répond à aucun des cas de dérogation, précise leur note. «Il n'existe aucun interêt public local à l'organiser, celle ci pouvant être organisée dans le cadre des mosquées. En outre, aucune autre fête de cette nature n'a été organisée pour d'autres cultes (rupture de jeûne pour kippour, Pâques...), ce qui ne respecte pas le principe d'égalité entre les cultures», écrivent les auteurs. Le préfet a préféré questionner le maire Bertrand Delanoë sur le financement de cette nuit du ramadan.
La mairie s'est défendue le 22 août, insistant sur le fait que cette soirée, «organisée traditionnellement par la Ville tous les ans depuis 2001», constituait une «soirée culturelle», s'ouvrant par un concert, se poursuivant par des chants. [...]
La mairie rappelle d'ailleurs qu'elle participe «à des manifestations traditionnelles de différentes confessions ou communautés représentées à Paris telles qu'Hanouka, Vesak, la saint Maroun, le nouvel an chinois, le nouvel an berbère, l'arbre de Noël...».
Le maire de Paris détaille également le coût de ce marché public pour le repas de l'iftar de 29.000 euros et de près de 70.000 euros pour la partie culturelle. Les années passées, des entreprises sponsorisaient l'événement, entretenant le flou sur un lien désormais sur la sellette entre les religions et les institutions publiques.

Il veut se marier à sa compagne marocaine, la mairie lui demande de se convertir à l'islam

Libération - 7 janvier 2012 - AFP
Un habitant d'Aubervilliers qui voulait se marier s'est vu demander un document nécessitant sa conversion à l'islam.
Pour épouser sa compagne marocaine et rendre le mariage valide au Maroc, un Français habitant Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) s'est vu demander par la mairie un document qui nécessitait sa conversion à l'islam, a-t-on appris samedi auprès de l'intéressé et du maire de la commune.
Frédéric Gilbert, journaliste, qui désirait se marier avec sa compagne marocaine, Hind, avec qui il a une petite fille, devait fournir à la mairie "un certificat de coutume" délivré par le consulat du Maroc, qui exige une conversion à l'islam, selon ces sources confirmant des informations de presse.
"La mairie m'a demandé un certificat de coutume. Or ce certificat n'est délivré par le consulat que lorsqu'on accepte la conversion à l'islam, ce que j'ai refusé car c'est contraire à l'esprit de la République française", a dénoncé le journaliste, qui se dit "laïc intégriste" et "fils de curé défroqué".
Sur le site du consulat général du Maroc à Paris, parmi les documents à fournir pour obtenir le certificat de coutume figure l'"Acte de conversion à l'islam du futur conjoint pour la Marocaine désirant se marier avec un non musulman".
"Ce que je conteste, c'est que les maires puissent exiger un document qui demande la conversion à l'islam", a expliqué le journaliste, dénonçant un "excès de zèle" des services d'état civil.
"J'ai téléphoné à quelques amis qui se sont mariés avec des Marocaines ou des femmes d'autres nationalités et qui se sont dits +tant pis, on se convertit+", a-t-il regretté.
"La loi dit que pour réaliser un dossier de mariage, dès lors que l'un des conjoints est étranger, il faut un certificat de coutume", a expliqué le maire PS d'Aubervilliers, Jacques Salvator, à l'AFP. L'élu a avoué cependant "être tombé de (sa) chaise" en apprenant les conditions soumises à son administré.
"Il n'est pas normal de se soumettre à des exigences confessionnelles pour se marier avec un homme ou une femme étrangère", a-t-il dit.
Les amoureux ont décidé de passer outre ce document [...]. Sans certificat de coutume toutefois, "le mariage n'aura pas de valeur légale au Maroc", a regretté le futur marié.

Entorses à la laïcité des pouvoirs publics à l'encontre de la religion catholique : des subventions publiques allouées au financement d'oeuvres christianophobes et anti-catholiques

Des élus de gauche critiquent "la démarche provocante" de Golgota Picnic

La Vie - 18 novembre 2011 - Olivier Nouaillas
Dans le climat de tension entre les partisans de la liberté d'expression et ceux qui manifestent contre la "christianophobie", la position de trois élus radicaux de gauche de la ville de Toulouse tranche par son appel au respect des croyances et à l'apaisement. Au nom de la laïcité.
Alexandre Marciel, Cécile Ramos et Maryse Jardin-Ladam sont tous les trois élus radicaux de gauche à la municipalité de Toulouse, dirigé par Pierre Cohen (PS). Alors que ce dernier, accompagné par d'autres élus de gauche, avait manifesté mercredi devant le théâtre Garonne où se jouait la pièce controversée Golgota Picnic, au nom de la "liberté d'expression" - en réponse à l'autre manifestation appelée par le mouvement intégriste Civitas qui lui, dénonçait "la christianophobie" de la pièce -, les trois élus de gauche en appellent à l'apaisement.Ceci alors que la pièce doit être jouée au théâtre du Rond Point à Paris, à partir du 8 décembre.
Alexandre Marciel, 37 ans, jeune élu radical de gauche en charge de la voirie au Grand Toulouse, explique à La Vie leur motivation : "En tant qu'élus notre rôle n'est pas forcément de manifester avec des écharpes tricolores. Notre rôle, en ces temps de crise où les extrémismes ne demandent qu'à prospérer, est de créer de la paix et d'éviter d'exacerber les tensions. Si on prend de la hauteur à l'échelle mondiale, on ne peut qu'être soucieux du danger de confrontation entre les religions, notamment entre l'islam et le catholicisme. Notre devoir, en tant qu' élus responsable, doit être, à mon avis, d'éviter de mettre de l'huile sur le feu. Autant on doit continuer à être libre de penser ce qu'on veut dans la sphère privée, autant je pense que les subventions publiques ne doivent pas servir à financer ce genre de spectacle. D'où le sens de notre appel qui vise à briser ce manichéisme en noir et blanc et à favoriser la concorde".
Le communiqué intégral des trois élus :
"Si les radicaux de gauche sont par essence pour la liberté d’expression et de manifestation, dans la limite où ces libertés ne nuisent pas à la liberté de l’autre, attachés viscéralement à l’application du principe de laïcité, séparation de la sphère religieuse et publique, il n’en demeure pas moins que les récentes tensions autour des pièces de théâtre Golgota Picnic à Toulouse, Le concept du visage du fils de Dieu à Paris, nous font réagir, en tant qu'élus radicaux du Grand Toulouse.
D’un point de vue moral, il nous apparaît, en effet, que les questions religieuses en ces temps de crise étant extrêmement sensibles, la provocation se doit d’être constructive plutôt que destructive ou clivante, s’inscrire dans la recherche de la concorde, de la pacification des relations humaines. Chacun doit entendre le point de vue de l’autre.
[...] D’un point de vue républicain, il est de notre responsabilité politique de toujours réaffirmer certes le principe de liberté mais dans l’objectif qu’il soit au service de l’épanouissement de l’homme en particulier, de la fraternité des peuples en général.
Au nom du principe républicain de laïcité, nous réaffirmons que les fonds publics alloués à la culture, aux œuvres artistiques ne doivent participer ni au prosélytisme religieux ni à l’intolérance religieuse, en clair, nous réaffirmons le principe fondamental de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En ces temps de crise politique, toutes nos énergies doivent être mobilisées au service de la protection de nos concitoyens et de la défense des valeurs de notre République."

Pour aller plus loin

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